TATARS

MONGOLS

La chute de Boukhara

En l’an 616 de l’Hégire, Shinjiz Khan réorganisa son armée et marcha sur Boukhara (dans l’Ouzbékistan actuel) après avoir traversé le Kazakhstan (3 millions de km²) sans marquer un arrêt ni même trouver sur son chemin une armée pour l’empêcher d’avancer et mit le siège sur la ville. Puis il demanda à la ville de se rendre en échange de leur sécurité tandis que Muhammad Ibn Khawarizm Shah était à des centaines de kilomètres de là dans sa capitale d’Ourjanda (eu Turkménistan actuel).
Les habitants de Boukhara se consultèrent et penchèrent pour deux choix : un groupe voulut combattre et défendre la ville, ce qui me parait la solution la plus honorable connaissant les mécréants tandis que le second groupe voulut se rendre et ouvrir les portes de la ville pour éviter le bain de sang, la pire solution à mon avis connaissant les mécréants. Et ainsi les habitants se divisèrent en deux groupes : un groupe de Moujahidine décidèrent de combattre et se retranchèrent dans la forteresse de la ville ou les rejoignirent les savants et le second groupe, les soumis, persuadés que les Tatars leur accorderaient la vie sauve, ouvrirent la porte à leurs ennemis.
Shinjiz Khan entra alors dans la grande ville et accorda aussitôt la sécurité aux habitants juste pour mettre la main sur le fortin de la ville qu’il assiégea aussitôt et, faites le rapport avec l’histoire actuelle, demanda aux musulmans de l’aider à combler la douve du fort pour lui faciliter l’assaut. Et ils lui obéirent, Louanges à Allah ! Et combien de Musulmans et d’armées musulmanes, communément appelés apostats dans le jargon juridique islamique combattirent dans les armées de mécréants contre leur « frères » un peu partout dans le monde, ci ne n’est partout ?
« Et l’Heure Dernière ne viendra pas avant que des tribus de mon peuple ne rejoignent les polythéistes (combattent à leur côtés), » Allah et Son Messager ont dit vérité !
Le fort fut assiégé durant dix jours et ouvert par la force. Quand Shinjiz Khan, malédiction d’Allah sur lui, entra, il tua tout ce qui s’y trouvait mais ce fut une fin honorable pour les assiégés tandis que ceux qui aidèrent les ennemis d’Allah ne cesseront d’avoir des remords.
Shinjiz Khan demanda au gens de lui ramener toutes les richesses de la ville, l’or, l’argent, les joyaux et l’argent qu’il prit pour lui puis sortit de la ville en la laissant à ses soldats qui commirent dans la ville ce que nul raison ne peut imaginer à moins d’être un Tatar ou un mécréant.
Et les gens de la ville moururent sur une double trahison, celle de leur frère avant d’être trahit à leur tour puisque Shinjiz Khan va dénoncer son engagement et ordonner le massacre de toutes les créatures vivantes. Y a-t-il une mort plus ignominieuse ? Qu’Allah nous préserve !

L’Imam Ibn Kathir, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde, a rapporté dans al-Bidayah wal Nihayah : « Ils massacrèrent tellement de gens que seul Allah Exalté connait le nombre puis ils prirent prisonniers les femmes et les enfants qu’ils violèrent sous les yeux de leur époux. Femmes et filles furent violées devant leur époux, certains Musulmans tentèrent de défendre leur famille et furent exécutés et d’autres capturés et torturés des plus terribles manières .
Le pays se remplit de clameur de pleurs et de gémissements, de cris et d’hurlements, de sanglots et de hoquets sous la terrible vision de la sanglante réalité et les Tatars mirent alors le feu aux mosquées, les écoles, les hôpitaux, les librairies, les marchés, les dépôts, qui s’embrasèrent alors et effacèrent toute trace de vie et de civilisation de l’une des plus belles villes de l’époque. »
DOULEUR !

A Allah nous sommes et à Lui reviendrons ! Et il n’y a de force et de puissance qu’en Allah !
La grande ville, la ville de l’Imam al-Boukhari, puisse Allah lui faire miséricorde, disparut dans le brasier. Disparurent les Moujahidine qui bienheureux ne purent voir ce qui s’ensuivit et disparurent les soumis, les vaincus, sur le plus effroyable spectacle qui leur soit donné d’assister !

Boukhari et Mouslim ont rapporté d’Oumm al-Mou’minin Zaynab Bint Jahsh (qu’Allah soit satisfait d’elle) quelle demanda au Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) : « O Messager d’Allah, serons-nous détruit alors qu’il y a parmi nous des pieux ? » Il répondit : « Oui, si les péchés sont nombreux. »
Et al-Khabath (les péchés, le mal) étaient largement commis dans cette ville au point que les Musulmans n’étaient pas capable de se défendre, de défendre leur famille et leur honneur. Au point que les Musulmans prirent la parole de leurs ennemis pour véridiques. Au point que les Musulmans vendirent à leurs ennemis ceux d’entre eux qui avaient décidés de lever la bannière du Jihad. Et c’est un péché pour le Musulman de se diviser entre eux et de combattre leurs frères. C’est un péché pour les Musulmans de ne pas avoir recourt aux Lois d’Allah à Lui les Louanges et la Gloire et la Sounnah de leur Messager Muhammad (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) pour juger leurs différents entre eux.

Et si les péchés sont nombreux alors nul ne peut prévenir le châtiment de tomber sur ses épaules et si les péchés sont nombreux comment pourrions-nous alors lever les mains et demander assistance aux Maitre des Cieux et de la Terre que nous avons précédemment ignoré et oublié ?


L’année 617 de l’Hégire

Et en l’an 616 de l’Hégire, Boukhara fut rasée comme si elle n’avait jamais existé. Mais est-ce la fin de cette funeste histoire ? Est-ce la fin de la douleur et de la terreur ?
Non hélas, ceci n’est que l’introduction de l’histoire, un aperçu éclair d’une longue nuit qui allait tomber sur le monde islamique et l’endeuiller. Une courte introduction d’une longue histoire plus sauvage, plus barbare et plus sanglante.
Les Musulmans vont entrer dans l’année 617 de l’Hégire qui sera l’une des plus terrible et plus funeste année telle que l’Humanité n’a jamais connu de précédant. Une année que les Musulmans n’ont jamais connue de similaire (mais connaitront encore dans le futur comme en Algérie, en, Irak et ailleurs) depuis l’avènement du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) jusqu’à nos jours.

Pour débuter cette année nous allons rappeler ce qu’a dit le savant Ibn al-Athir, qu’Allah lui fasse miséricorde, dans son al-Kamil fit-Tarikh et ce qu’il dit est de prime importance et a plus de valeur que n’importe quelle autre narration sur ce sujet puisqu’il était contemporain à ces évènements et celui qui a vu n’est pas comme celui qui a entendu ! Il dit pour introduction à l’histoire des Tatars : « J’ai hésité un certain nombre d’années à l’idée de rapporter ces évènements par respect pour eux, révulsé par leurs souvenirs. A chaque fois que j’avançais un pied, je reculais l’autre ». C’est à dire qu’il ne consigna pas l’histoire des Tatars en 616 de l’Hégire mais qu’il recula leur enregistrement année après année et ce n’est qu’après une longue période qu’il décida d’écrire cette histoire par respect et par répugnance à la pensée de celle-ci.
Puis il poursuit et dit cette terrible parole: « Qui oserait écrire la fin de l’Islam et des Musulmans … » Les évènements furent si traumatisants pour les Musulmans de cette époque qu’ils pensèrent que c’étaient la Fin et que le Jour de Qiyamah était imminent. Plus personne n’imaginait que la nation islamique existerait encore après ces évènements « … et qui penserait que ce soit aisé de le faire ? O mère puisses-tu ne jamais m’avoir donné le jour, ô puissè-je être mort avant cela et puissè-je être oublié. Cependant, un groupe de mes amis m’ont pressé à les enregistrer malgré mon hésitation et il m’est apparu que ne pas les rapporter ne serait pas utile… » C’est-à-dire, que cet enregistrement ne pourrait rien reculer ni avancer alors pourquoi ne pas l’écrire pour qu’elle bénéficie aux Musulmans.
Il poursuit : « mais nous disons que pour le faire cela implique se rappeler du plus terrible désastre et du plus grand malheur que les jours et les nuits successives ne peuvent produire de similaire qui toucha le monde et particulièrement les Musulmans. Et si quelqu’un disait, depuis qu’Allah Exalté à créer Adam jusqu’à maintenant nul n’a été éprouvé par quelque chose de semblable, il aurait été véridique. Nulle histoire n’a rapporté de semblables évènements et le pire qui n’a jamais été rapporté (dans l’histoire précédente) est ce que Boukhtanassar (Nabuchodonosor) fit au Bani Isra’il et la destruction de Bayt al-Moudaqqas. Mais qu’est donc Bayt al-Maqdis comparé à la destruction des pays par ces maudits, pays qui ont des villes bien plus vastes que Bayt al-Maqdis. Et que sont ceux les tués des Bani Isra’il par rapport à nos tués. » C’est-à-dire que les habitants d’une seule ville musulmane étaient plus nombreux que l’ensemble des bani Isra’il de l’époque.
Et Ibn al-Athir continue : « Peut-être le monde ne verra jamais plus ce genre de choses jusqu’à ce que la vie et le monde prenne fin, excepté pour Gog et Magog. Quant au Dajjal, il épargnera ceux qui le suivent et éliminera ceux qui s’oppose à lui mais ceux-là n’ont épargné personne. » Ibn al-Athir veut dire que pour lui la Fitnah du Dajjal est moindre que celle des Tatars mais Allah Exalté à lui les Louanges et la Gloire a bien dit que le Fitnah du Dajjal sera la pire des Fitnah que l’humanité ai connu ! Je n’ose imaginer ce qu’elle sera alors, qu’Allah nous préserve ! Et si Ibn al-Athir a dit cela c’est pour vous montrer la douleur et l’accablement que ressentaient les Musulmans de l’époque.
Puis, il finit disant : « Ils tuèrent les femmes, les hommes, les enfants, éventrèrent les femmes enceintes et tuèrent leur fœtus. Nous sommes à Allah et à Lui nous retournons et il n’y a de force et de puissance qu’en Allah le Très Haut, le Puissant.

C’était une partie de ce qu’a rapporté al-‘Allama Ibn Athir, des paroles pénibles et douloureuses et c’est ce qui fut ressenti dans le monde islamique dans son ensemble lorsque les gens apprirent ces terribles évènements tandis qu’en Europe les cloches des églises endiablées de frénésie sonnaient le glas des Musulmans (Voir notre Abrégé de l’Histoire des Abbassides, Volume II ou ces évènements ont été intégralement traduits).

Par Allah, je comprends parfaitement ce qu’a ressenti Ibn al-Athir car j’ai traduit un certains nombres d’évènements et je peux vous dire combien il est douloureux de le faire et j’ai aussi été peiné par les khawarijes sous les Omeyyade et en Afrique du nord, l’assassinat d’al-Houssayn (qu’Allah soit satisfait de lui), les shi’a, par Youssouf Ibn Hajjaj ath-Thaqafi, les zanj, les qarmates, l’impuissance des derniers califes abbassides, les Mouwahhidine, le ‘oubaydi juif, les ismaéliens, les croisades, les Tatars pour les évènements passés quant aux évènements récents, ils ne sont qu’une répétition du passé et je vous assure que pour brûler des tribus entières avec leur bétails dans des grottes ou raser des villages entiers avec des bombes au phosphore, il faut avoir un cœur de Tatar pour le faire.

 

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