TATARS

MONGOLS

Les deux forces en puissance avant l’apparition des Tatars

Les Tatars apparurent au début du septième siècle de l’Hégire et afin de comprendre les circonstances de la montée de cette force, nous devons préalablement voir comment était le monde et voir qu’elle était la force en puissance à cette époque.
Les deux puissances de l’époque étaient l’Oummah Islamique et les croisés, terme utilisé pour désigner les adorateurs de la croix sans distinction de race ou de pays.



La puissance islamique

La première puissance, l’Oummah ou Communauté Islamique, occupait à cette époque une superficie équivalente à la moitié des terres habitables du monde. Les frontières de l’état islamique s’étendaient de la Chine à l’est jusqu’aux portes de l’Europe en Andalousie à l’ouest. Une immense superficie sans aucun doute mais malheureusement la situation des Musulmans n’était pas à l’image de l’immensité de leur territoire malgré le nombre considérable de gens, de leurs richesses, de leurs ressources, de leurs armes et de leurs sciences. Le monde musulman était profondément divisé et la politique multiple et désordonnée bien que quelques dizaine d’années auparavant le monde islamique était à l’apogée de sa puissance, dominateur et unifié : « Ainsi faisons-Nous alterner les jours (bons et mauvais) parmi les gens, afin qu’Allah reconnaisse ceux qui ont cru, et qu’Il choisisse parmi vous des martyrs ».

D’autre part, à cette époque, le gouvernement islamique était dans un état de faiblesse extrême et il s’agit du califat abbasside, un long califat datant depuis l’année 132 de ‘Hégire avec approximativement 500 années d’existence et qui avait son siège à Baghdad. Ce califat était tellement faible que l’étendue de son pouvoir ne s’étendait pas au-delà de l’Irak et même pas de la totalité de l’Irak puisqu’il contrôlait uniquement le centre et le sud du pays. Et au-delà de l’Irak, des dizaines d’émirats totalement indépendants du pouvoir central, gouvernaient le reste de l’état islamique sans revendiquer le titre de califat, c’est pour cette raison, que le califat abbasside paraissait être le califat de tous les musulmans.
Bien que l’exemple est incomparable, nous pourrions prendre celui de la reine d’Angleterre qui bien qu’elle soit reine n’a qu’un pouvoir symbolique limité sur la politique du pays mais aussi de celui de tous les dirigeants occidentaux puisque ce sont les services secrets qui font réellement la politique des pays, les dirigeants n’étant que des façades utilisées pour justifier leur démocratie factice, et ainsi était le calife, plus un symbole qu’un réel pouvoir.

Ainsi tous les Musulmans du monde pensait avoir pour calife un descendant d’al-‘Abbas puisque les sermons étaient lus en son nom sur tous les Minbars alors que ce dernier n’était que le calife d’un infime partie du monde islamique, les deux tiers de l’Irak !
Personne à cette époque, ou si peu comme nous l’avons vu pour les Mourabitine, ne donna de l’importance ou se sentit concernés par ce nom, ou porta vraiment allégeance au calife au sens réel du terme de Bay’a (voir l’explication dans nos précédents volumes). Bien que le peuple à une responsabilité certaine envers le calife, il est cependant, à un degré moindre, responsable comparé aux hommes de pouvoirs, les sultans, les gouverneurs, les émirs, les commandants et les chefs des musulmans dont le seul intérêt de l’époque était la recherche des biens et du pouvoir.
Et ces derniers, et nous parlons de manière générale puisqu’il y a toujours de rares exceptions, ne se sont jamais considérés comme des gens de pouvoir exerçant l’autorité sur des peuples hormis pour lever les taxes et les impôts. Jamais l’un d’entre eux n’a pleinement réalisé qu’il était responsable de son peuple et de sa sécurité, de son bien-être et de sa protection. Non plus qu’ils n’ont pensé qu’il était de leur devoir de lever des armées, de se préparer pour les éventualités des guerres, d’envoyer des gardes aux postes frontières et de veiller à la sécurité de l’état.
Comme vous le savez la responsabilité s’étend, en cas de conditions particulière, à la totalité des Musulmans donc nul n’est censé être irresponsable et si en cas de guerre, les habitants du pays sont incapables de se défendre, les Musulmans les plus proches doivent se charger de leur défense et ainsi de suite jusqu’à la totalité des Musulmans si bien que le femme n’a plus besoin de la permission de son mari pour combattre, le fils de son père, l’enfant de sa mère etc., la responsabilité s’étend donc à tous les Musulmans c’est ce qu’on appelle Fard ‘Ayn ou l’obligation renforcée.

Si les Musulmans ont donc abandonné leurs obligations, les gens de pouvoir n’ont pas remplis les conditions de leur statut, ils n’ont pas veillé à la sécurité des musulmans, ils n’ont pas veillé à les nourrir et a amélioré leur confort, ils n’ont pas veillé à leur bien-être, ils n’ont pas empêché les injustices, ils n’ont pas rendus les droits aux opprimés, ils n’ont pas puni les oppresseurs (comme vous avez dû le remarquer dans nos Abrégés nous avons ajouté un grand nombre d’informations diverses, sur les famines, les brigandages afin que vous réalisiez ces vérités), ils n’ont pas réellement appliqués les lois d’Allah Exalté sur les individus ni approuvé le bien et désavoué le mal, ils n’ont pas cherché à élever l’Islam et à défendre ses valeurs, ils n’ont pas cherché à unifier les rangs et les cœurs.
Non, en vérité, ils étaient bien loin de ses préoccupations majeures et ce qu’ils voulaient c’étaient juste garder un peu plus longtemps le pouvoir et à leur enfants après eux. Ce qu’ils voulaient c’était faire profiter le pouvoir à leur proche et leur famille. Ce qu’ils voulaient c’était ramasser des sommes considérables d’argent et faire des fêtes sans fins, des danseuses, du vin, al-‘Oud (guitare orientale) wa at-tabbala (tambour).

La vie des gouverneurs de cette époque n’était ni utile et ni profitable pour personne. La vie des gouverneurs de cette époque n’était réservé qu’à eux seulement et le reste du peuple ne devait surtout pas faire partie de cette élite mais croupir et subir. Le calife devint une relique, la raison du califat oubliée et l’entourage du calife égaré et ainsi était le califat abbasside au début du septième siècle de l’Hégire. Et naturellement vous ne manquerez pas, à chaque ligne, de comparer cette époque à la nôtre.

La seconde partie du monde islamique, l’Egypte, la Syrie, le Hijaz et le Yémen était sous le contrôle de la dynastie des Ayyoubi, les descendants de Salah ad-Din puisse Allah lui faire miséricorde mais malheureusement les gens qui dirigèrent ces pays ne ressemblaient absolument pas à cet homme puissant à l’excellente mention dans l’histoire pour l’éternité. Ils divisèrent le pays que Salah ad-Din arracha au croisés après leur humiliante défaire à Hattin et libéra Bayt al-Maqdis, le pays qu’il avait unifié par la force qu’ils partagèrent en petit royaume et dirigèrent de la plus mauvaise manière.
L’Egypte se détacha de la Syrie ainsi que le Hijaz et le Yémen tandis que la Syrie fut divisée en principautés ennemies les unes des autres. Hims se détacha de Halab et Damas, la Palestine de la Jordanie et la majeure partie des terres que Salah ad-Din avait libérée au prix d’un immense effort et qui furent abreuvées du sang des Musulmans retombèrent entre les mains des croisés quand elles ne furent pas offerte à cause de la division des gouverneurs et il n’y a de force et de puissance qu’en Allah.

Quant au Maghreb et l’Andalousie, ils étaient sous le contrôle des Mouwahhidine, les usurpateurs du pouvoir et des efforts des Mourabitine qui avaient unifié le Maghreb et l’Andalousie et si les Mouwahhidine étaient puissant, ils ne le devaient qu’à ces derniers dont l’état s’étendait de la Lybie au Maghreb et de l’Andalousie à l’Afrique centrale. Néanmoins au début du septième siècle, les Mouwahhidine étaient sur le déclin et après la célèbre défaite d’al-‘Iqab en 609 de l’Hégire en Andalousie, une partie de l’état des Mouwahhidi s’effondra suite à l’assaut répété des croisés tant en Andalousie qu’en Afrique.

Une autre partie du monde islamique s’étendait pratiquement sur l’Asie, une immense et vaste région, était celle du Khwarezm qui s’étendait de l’ouest de la Chine à l’est, et englobait une large partie de l’Iran à l’ouest. Le Khwarezm était en conflit depuis très longtemps avec le califat abbasside et il fut responsable d’un certains nombres de conflits et de coup d’états. Le Khwarezm conduisit un grand nombre de guerre non seulement avec l’état abbasside mais aussi avec les Seljouks, les Ghouriyine, les Turcs et d’autres dynasties musulmanes.
Le Khwarezm était aussi profondément divisé de l’intérieur qu’il l’était à l’extérieur et il causa un très grand nombre de problème à l’état islamique en conduisant par exemple régulièrement des guerres contre l’empire musulman d’Inde qui à l’époque était sous le contrôle des sultans Ghouriyine. Cette région était donc instable mais elle n’était pas la seule. Une autre région du monde islamique très large et montagneuse au centre de l’Asie, Farès (l’Iran actuel) à l’est, au nord et au sud était sous le contrôle des sultans khwarizmi.
La région ouest de Farès qui était au voisinage du califat abbasside était sous le contrôle d’une secte ismaélienne shiite, une vile et immonde secte hérétique sur qui un très grand nombre de savants musulmans jetèrent l’anathème. Cette secte descendante des mages adorateurs du feu (majous) mélangeait la philosophie avec leur dogme corrompu. Cette secte qui reniait le Qur’an, les Prophètes et les lois se spécialisa dans la manipulation des armes blanches et les poisons, la construction de forteresse dans des endroits inaccessibles et elle était la plus dangereuse des sectes battini. Cette secte enseignait à ses seuls adeptes des charlatanismes ésotériques qui feraient même hocher de perplexité la tête d’un âne et le but de cette secte était aussi le pouvoir et le sultanat.
Cette secte et vous aurez très certainement reconnu les maudits ismaéliens al-hashashiyine causèrent un très grand nombre de problème à l’état islamique et assassinèrent un très grand nombre de célèbres personnalités, des sultans, des Imam, des savants et des émirs. Cette secte se trouvait donc à l’est de l’Irak et à l’ouest du Khwarezm était donc totalement indépendante de ces états.


Le dernier et grand état du monde islamique était l’Anatolie (Sultanat de Roum), une partie de la Turquie actuelle, ou l’Asie mineure qui était contrôlée par les Seljouks Roum d’origine turque qui eurent une fabuleuse histoire et menèrent un grand Jihad sous le règne du triomphant commandant musulman Alp Arsalan, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde. Cependant ses enfants qui étaient chargés de la protection de ce dangereux état qui avait pour voisin l’empire byzantin étaient à l’aube du septième siècle de l’Hégire dans le même état de faiblesse que les autres états musulmans qui les conduisirent à une lamentable et pénible condition.

Malgré l’immensité de ces états islamiques sous l’ombre du califat islamique abbasside absent, à quoi auraient-ils pu servir sans un homme fort pour contrôler l’ensemble c’est pourquoi ils furent ravagés par les guerres fratricides et les dissensions, les troubles et les divisions par les désobéissances et les péchés et seule la recherche des biens devint le but des Musulmans. Le monde islamique se remplit d’injustice, de brigandages, de vols et de tromperie et il brilla par l’absence de toute justice. Les Musulmans devinrent des déchets les uns pour les autres, sans valeurs et sans respects, volés, opprimés et tués par leur propre frère. Ou était les savants et leurs frères en religion, les simples musulmans, ou était la conscience islamique ?
Sachez alors et soyez en convaincu que celui qui se trouve dans un tel état doit vraiment changer rapidement s’il veut survivre.

Le monde islamique devint suspendu et figé, transi et paralysé, broyé et soumis, prêt à être cueillit par le premier venu. Les Musulmans restèrent dans l’attente d’un renouveau, d’une génération qui apporterait un changement à son statut avec la grâce d’Allah Exalté, qui lèverait le drapeau du Tawhid et restaurerait l’authentique pouvoir du califat qui lui ramènerait sa gloire mais sans rien faire pour permettre ces changements.

Ainsi était cette puissance à l’époque, la puissance de la Oummah Islamique. Une puissance qui n’avait pas une longue histoire mais une puissance fragmentée et dispersée.

 

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