SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

Le butin

 

Concernant le butin de guerre, les Musulmans purent s’octroyer dans les derniers forts mille flèches, quatre cents sabres, cinq cents arcs arabes avec leurs carquois ce qui était considéré comme une importante quantité pour l’époque.

 

Quant au butin non-militaire, il ne put être estimé vu les richesses que recelait la région de Khaybar. Si l’on sait que seulement à al-Koutayba les Musulmans recensèrent quarante mille palmiers. Que peut-on alors dire des autres oasis de Khaybar ?

 

D’autre part, les Musulmans lors du recensement du butin, prirent aussi quelques parchemins de la Torah cependant, quand les Juifs allèrent les demander au Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), ce dernier ordonna immédiatement de les leur remettre parce qu’elles contiennent des paroles d’Allah et qu’elles sont sacrées pour les gens du Livre. On les remit alors aussitôt à ces Juifs[16].

 

Pour nous Musulmans, c’est là un fait très significatif, qui donne une preuve irréfutable que l’Islam est tolérant avec les religions monothéistes[17]. C’est une preuve qui rejette l’accusation qui consiste à dire qu’ils contraignent les non-musulmans à embrasser l’Islam. Lisez nos Abrégé pour être convaincu du contraire et que c’est plutôt les mécréants qui sont les champions des conversions forcées. En Islam, la conversion est un choix personnel.

 

La remise des pages de la Torah à ces juifs traduit avec fidélité l’esprit du Qur’an en termes de tolérance et de liberté de croyances. Et profitant de cela, un très grand nombre de mécréants endurcis et ennemis de l’Islam se font passer pour des croyants mais ils ne trompent qu’eux-mêmes en vérité.

 

Pourquoi le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) permit-il aux Juifs de rester à Khaybar ?

 

Comme stipulé par l’accord, les Juifs tomberaient sous la menace de la condamnation à mort et de la captivité, s’ils violaient un seul article pendant l’application du traité qui consistait en la remise des clefs de Khaybar et qu’ils étaient tenus de quitter définitivement le pays pour aller s’installer en Syrie.

 

Cependant, la suite des évènements ne permit que l’application d’une partie de cet accord car les Juifs violèrent certaines clauses[18] et la condamnation à mort ne frappa que Kinana Ibn Abou al-Houqayq et son frère ar-Rabi’ car ils furent les premiers responsables de la violation de l’accord.

 

Quant à leur départ vers la Syrie, il n’eut pas lieu car le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) accepta en définitive leur proposition qui consistait à rester travailler en tant que salariés dans les jardins et dans les palmeraies en contrepartie d’une partie de la récolte.

 

Dans Nasb ar-Rayah, t.III, d’az-Zayla’i, nous trouvons à la page 399 : « Nous (les Juifs) connaissons cette terre mieux que vous. » Alors, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se mit d’accord avec eux sur la base de la moitié de la récolte tout en leur rappelant : « Nous avons le droit de vous en expulser. »

Les mêmes faits concernant la raison qui amena le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à accepter la présence des Juifs à Khaybar furent aussi rapportés par Ibn Ishaq, al-Waqidi, al-Boukhari et d’autres historiens et chroniqueurs.

 

Après la conclusion du contrat de métayage, les Juifs commencèrent d’abord par reprendre leurs biens confisqués comme butin de guerre par les Musulmans, moyennant des sommes importantes d’or et d’argent qu’ils avaient cachées avant la défaite. Cependant, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ne prit aucune mesure répressive ou coercitive et ferma au contraire les yeux sur cette transgression manifeste.

 

Dans al-Maghazi d’al-Waqidi, t II, pp. 669-670, il est écrit : « Lorsque le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) donna l’Aman aux Juifs, ces derniers se mirent à acheter, à vendre, à conseiller. Ils dépensèrent beaucoup pour racheter leurs habits et leurs biens ménagers. »

 

La tentative d’assassinat du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam)

 

D’autre part, sur un autre plan parce que lié aux retombées de la bataille de Khaybar, une femme juive essaya d’attenter aux jours du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) par une offrande empoisonnée.

 

Une juive, Zaynab, la fille d’al-Harith, femme de Sallam Ibn Moushqim et la nièce de Marhab, le frère d’al-Harith, prit la décision d’empoisonner le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) pour venger la mort de son père, de son oncle et de son mari, tous les trois tués à an-Natat. Elle égorgea un mouton quelle enduit de poison mortel et grilla puis juste avant la tombée de la nuit, elle alla se mettre devant la tente du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) avec la ferme intention d’assouvir sa vengeance.

 

Lorsque le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) arriva avec ses Compagnons après l’accomplissement de la prière du Maghrib, la juive lui donna le mouton empoisonné comme une offrande car elle savait que le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ne refusait pas les cadeaux.

Il invita alors ses Compagnons à diner avec lui se rendit compte très rapidement que ce cadeau avait été empoisonné. Il alerta alors vite ses Compagnons de ne pas continuer à manger mais seulement après qu’il eut avalé une bouchée. Un autre Compagnon qui participait au repas, Bishr Ibn al-Bara’, qui pris aussi une bouchée ne put résister longtemps à l’effet du poison et il mourut paralysé, une année plus tard.

 

Hammad Ibn Salma a dit que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) pardonna pour sa part à cette femme mais qu’il ordonna de l’exécuter pour la mort de Bishr al-Bara’ en application de la loi du talion[19].

 

 

 

 

[1] Aslam, tribu de Khouza’a des Qahtan dont les terres se situaient près de Médine.

[2] Maghazi al-Waqidi, t.2, p.660, al-Bidayah wa an-Nihayah, t.IV, p.195, Sirah Ibn Hisham, t.2, p.332, as-Sirah al-Halabiya, t.2. p.164. 

[3] Imta‘ al-Asma‘, p.316 et as-Sirah al-Halabiya, t.II.

[4] Parmi ces historiens, al-Maqrizi dans son livre Imta‘ al-Asma’.

[5] Maghazi al-Waqidi, t.II, p.666.

[6] Zad al Mi’ad, t.II, p.331, Maghazi al-Waqidi, t.II, p.666, al-Bidayah wa an-Nihayah, t.IV, p.198, as-Sirah al-Halabiya, t.I. p.165.

[7] Al-Bidayah wa an-Nihayah, t.IV, p.198.

[8] Maghazi al-Waqidi, t.II, p.667.

[9] Maghazi al-Waqidi, t.II, p.p.667-668.

[10] Al-Bidayah wa an-Nihayah, t.IV, p.198, as-Sirah al-Halabiya, t.II. p.165 et Maghazi al-Waqidi, t.II, p.p.668-669.

[11] Sirah Ibn Hisham, t.II. p.336.

[12] Maghazi al-Waqidi, t.II, p.669.

[13] Maghazi al-Waqidi, t.II, p.674.

[14] Sirat Ibn Hisham, t.II, p.337.

[15] Sirat Ibn Hisham, t.II, p.330

[16] Al-Waqidi, al-Maghazi, t.II, p.680, as-Sirah al-Halabiya, t.II, p.166

[17] Contrairement chez les mécréants qui brulent et dégradent des milliers de copies au jour le jour, en Iraq en Afghanistan, en Inde et même en Amérique ou il existe le jour de « combustion du Qur’an » comme à l’époque de l’inquisition. Et bien que les Musulmans savent très bien que la Bible n’est qu’une grosse imposture, jamais l’un d’entre eux n’a manqué de respect à son égard. Vous comprendre pourquoi donc les mécréants le sont véritablement, en effet il n’y a qu’eux pour faire cela.        

[18] Al-Maghazi al-Waqidi, t.II, p.670.

[19] Zad al-Mi’ad, t.II, p.332, al-Bidayah wa an-Nihayah, t.IV, p.199, Sirah Ibn Hisham, t.II, p.336, Maghazi al-Waqidi, t.II, p.672, Imta’ al-‘Asma’, p.320, as-Sirah al-Halabiya, t.II. p.167, Tabaqat al-Koubra Ibn Sa’d, t.II, p.112.

 

 

Ruines de Khaybar

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