SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) consulte ses Compagnons

 

Après ces précieuses informations, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) regroupa les Compagnons et les informa des dernières nouvelles : huit mille hommes stationnés dans la vallée de Baldah et deux cents cavaliers à al-Ghamim, tout près pour empêcher les Musulmans d’accomplir leur pèlerinage.

« O Musulmans, que dites-vous à propos de ces gens (les Qouraysh) qui viennent de regrouper ceux qui leur obéissent afin de nous interdire l’accès à la Mosquée Sacrée ?

Voulez-vous que l’on continue notre chemin, vers la Demeure (la Ka’bah) et combattre toute personne qui voudrait nous repousser » demanda le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ?

– « O Messager d’Allah, Allah Exalté et son Envoyé en sont plus informés. Je pense que l’on doit poursuivre notre chemin et combattre toute personne qui nous repoussera » dit Abou Bakr !

– « Mais la cavalerie de Qouraysh sous les ordres de Khalid Ibn al-Walid est à al-Ghamim, »  dit le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

– « O Messager d’Allah » dit al-Miqdad Ibn ‘Amrou al-Kindi, « nous n’allons pas te dire ce que les Banou Isra’il dirent auparavant à Moussa : « Va avec ton Seigneur, et combattez ; nous, nous restons ici, » nous te dirons plutôt : « Va, toi et ton Seigneur, et combattez ; nous sommes avec vous pour combattre. Par Allah ! Si tu nous conduisais (combattre) à Barak al-Ghamad, nous irons tous avec toi ; aucun homme ne restera. »

Oussayd Ibn al-Houzayr, le chef des Aws, prit aussi la parole et présenta un avis proche de celui d’Abou Bakr.

 

Donc, et après tous ces avis, il se révéla que les Musulmans tenaient à faire leur pèlerinage et qu’ils étaient prêts à faire face à Qouraysh s’ils décidaient de recourir à la force.

 

Cependant, et comme les Khouza’i étaient les alliés des Musulmans, leur chef, Boudayl Ibn Warqa exposa son avis et attira l’attention du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) sur l’insuffisance des armes pour affronter Qouraysh ce qui provoqua la colère d’Abou Bakr qui adressa à Boudayl de dures paroles car il croyait qu’il avait un penchant vers les Mecquois. Boudayl se défendit : « Par Allah, je t’aurais répondu autrement si je ne te réservais pas un certain respect. Ce n’est ni moi et ni ma tribu qu’on accuse de ne vouloir que Muhammad ait le dessus. Seulement voilà, j’ai constaté, (ô Muhammad) que Qouraysh veut te combattre aux dépens de leurs enfants et biens. Les voilà avec leurs femmes et leurs enfants qui campent à Baldah. Ils s’entraident à égorger des chamelles pour soutenir ceux qui se sont ralliés à eux pour vous faire la guerre. Cela dit, tu es libre d’adopter ton propre avis. »

 

Quant au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), parfaitement au courant de la situation des Musulmans et du comportement injustifié de Qouraysh, résuma la situation :

« Malheur à Qouraysh ! La guerre les a rompus. Qu’ont-ils donc à perdre s’ils me laissent seul avec les Arabes ? Si ces derniers me mettent dehors alors il m’arrivera ce qu’ils voulaient déjà mais si c’est moi qui ai le dessus, alors, avec l’Islam, ils gagneront. De plus, s’ils s’abstiennent maintenant de me faire face, ils pourront dans ce cas récupérer plus tard leurs forces et me faire la guerre. Par Allah Exalté, je lutterai pour quoi Allah Exalté m’a envoyé, et ce jusqu’à ce qu’Il lui accorde le dessus ou que « ce cou s’isole. »

 

Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) évite la guerre 

 

Malgré tous les préparatifs de guerre que La Mecque mis sur pied, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) les ignora tout simplement pour ne verser aucune goutte de sang et donna l’ordre aux pèlerins d’éviter la route principale où se trouvaient Khalid et ses cavaliers.

Khalid, avec une étonnante rapidité, préféra pousser la provocation jusqu’à l’extrême et ordonna à ses hommes de quitter al-Ghamim et de se rendre dans la vallée de ‘Ousfan où se trouvaient les Musulmans. Mais ces derniers purent se contenir et se remirent aux directives du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) alors qu’ils priaient en groupe et virent la cavalerie mecquoise couvrir leur Qibla. Par cet acte, Khalid voulut les provoque d’une part et prouver la force militaire de Qouraysh d’autre part.

 

Cependant, se contenir est une chose et prendre ses précautions en est un autre et le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ordonna sur le champ à ‘Abbad Ibn Bishr de se mettre avec ses cavaliers face à Khalid Ibn al-Walid pour parer toute attaque sur les Musulmans pendant la prière. Ce face-à-face aurait pu déclencher la guerre ce qui poussa le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) semble-t-il, dire à ‘Abbad de ne réagir qu’en cas de légitime défense.

 

Le danger que représentait Khalid contraignit les Musulmans à accomplir la prière dite de crainte.

Al-Waqidi a rapporté [11]:

« Et Khalid dit (à ses hommes) : « Ils étaient incapables de nous faire face[12]  et si nous les avions attaqué, nous les aurions surement battu mais cela ne fait rien, il reste encore une prière[13] qui leur est plus chère que leurs enfants et leur propre personne.

Et, juste après le début du temps canonique de la prière de ‘Asr, Bilal lanca le Adhan puis l’Iqama. Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se leva et se mit en face de la Qibla, l’ennemi devant lui. Il (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) prononça le Takbir d’entrée de la prière et les deux rangs de Musulmans qui étaient derrière lui firent de même. Puis, il s’inclina suivit par les deux rangs et quand il se prosterna, seul le premier rang suivit le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) tandis que l’autre resta debout pour surveiller (l’ennemi). Lorsque le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) termina la prosternation avec le premier rang et qu’ils se relevèrent, le deuxième rang fit ses deux prosternations. Il (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) demanda ensuite au premier rang de reculer et de laisser le deuxième s’avancer. A ce moment-là, tous les Musulmans suivaient le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) mais lorsqu’il se releva de l’inclinaison pour se prosterner, seul le premier rang le suivit tandis que le second garda la position debout face à l’ennemi pour le surveiller. Puis lorsque le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) accomplit les deux prosternations, le second rang fit de même. Enfin, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) (S.B sur lui) prononça le Tashahoud suivit du Taslim (salutations de fin de prière). »

 

 

 

[1] Sirah al-Halabiya, t II, p 303.

[2]

[3] Ibn Sa‘d, Tabaqat t II, p 92

[4] Ibn Hisham, as-Sirah t II, p 618.

[5] Sirah al-Halabiya, t II, p 132.

[6] A vingt-huit miles de Médine, d’après Yaqout dans son Mou’jam.

[7] A quarante miles de Médine.

[8] Les évènements prouveront le contraire.

[9] Maghazi, t II, p 579.

[10] Al-Waqidi, Maghazi, t II, p 58.

[11] Maghazi, t II, p 582.

[12] Pendant qu’ils (les Musulmans) étaient en train de prier Zouhr.

[13] Celle du ‘Asr.

 

Houdaybiyah puit vu de derrière (gauche) et ancienne mosquée

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