SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

L’expédition punitive des Bani Fazara

 

Du vivant du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), Fazara était l’une des plus grandes tribus du Najd. Son chef était, comme nous l’avons déjà mentionné ‘Ouyaynah Ibn Hisn, surnommé le stupide, avait sous ses ordres dix mille hommes.

 

Cette tribu qui était l’un des plus redoutables ennemis des Musulmans et voisin immédiat de Médine essayèrent à plusieurs reprises de s’attaquer aux Croyants en plus du fait que les Juifs utilisaient cette tribu dans maintes circonstances.

 

Ainsi, il était tout à fait normal que le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) entreprenne des actions militaires contre cette tribu et comme les Musulmans étaient sur le point d’affronter d’autres ennemis, il fallait donc sécuriser les arrières de Médine c’est pourquoi au mois de Ramadan de l’an 6 de l’Hégire, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) nomma, d’après Mouslim dans son Sahih, Abou Bakr as-Siddiq à la tête d’une importante force militaire dont le nombre n’a pas été rapporté par les historiens. Cependant Ibn Sa’d a rapporté dans ses Tabaqat que le commandant de l’expédition fut Zayd Ibn Haritha.

Les historiens ne divergent pas sur les détails importants, exception faite pour la date de l’envoi des troupes ; Ibn Hazm situe l’expédition au mois de Ramadan de l’an 6 de l’Hégire tandis que les autres la rapportent en l’an 7.

Quant à nous, nous choisissons la version de Mouslim parce que l’authentification de son Sahih est plus rigoureuse. Et, pour la même raison nous croyons que l’an 6 est plus plausible.

 

Lorsque les Musulmans arrivèrent dans les terres de l’ennemi, les Bani Badr un clan des Fazara, ils attaquèrent aussitôt avant l’aube. Ils firent plusieurs victimes et prirent plusieurs prisonniers dont la redoutable Oum Qarafa, le véritable chef des Bani Badr, qui ordonna à trente de ses fils et de ses petits-fils d’assassiner le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à Médine même[1].

En plus d’Oum Qarafa, sa fille, Jariyah Bint Malik Ibn Houdayfah Ibn Badr qui était l’une des beautés de l’Arabie fut aussi prise prisonnière. C’est grâce à elle que le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) libérera plus tard les prisonniers Musulmans détenus par les Mecquois qui demandaient une rançon.

 

La Sariyyah de Karz al-Fihri

 

Au mois de Shawwal de l’an 6 de l’Hégire, huit ‘Ourayni vinrent déclarer leur conversion au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et tombèrent malades peu après. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) donna alors l’ordre de les emmener à Joudour, près de Qouba, à six miles de Médine ou le climat était meilleur afin qu’ils guérissent rapidement et ou le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) y laissait ses meilleures chamelles laitières qu’il leur recommanda d’utiliser jusqu’à ce qu’ils retrouvent leur santé.

 

Ils s’y rendirent donc, se rétablirent et prirent même du poids mais ils se comportèrent comme des perfides, volèrent les chamelles du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et essayèrent de s’enfuir vers leur territoire. Yassar, l’affranchi du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) vit leur vil comportement et se jeta à leurs trousses avec un petit groupe de Musulmans et après un accrochage, les ‘Ourayni eurent le dessus et tuèrent Yassar, lui coupèrent une main et un pied et lui enfoncèrent des épines dans la langue et les yeux.

Informé de leur actes barbares, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) choisit vingt cavaliers dont il donna le commandement à Karz Ibn Jabir al-Fihri et lui ordonna de rattraper les assassins. Le commandant de Sariyah put rattraper les ‘Ourayni et les ramener au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui leur infligea une peine correspondant à leur crime.

 

L’expédition de Zayd Ibn Haritha à Madian

 

Ni la date et ni l’objectif de cette expédition ne sont rapportés par les historiens. Les seuls détails mentionnés nomment Zayd Ibn Haritha commandant de la mission, le lieu et un nombre inconnu de prisonniers.

 

Cependant, la date peut se situer en l’an 5 de l’Hégire car cette expédition est citée, dans as-Sirah al-Halabiya, tout juste avant l’expédition de ‘Ali Ibn Abi Talib contre les Bani Sa’d au mois de Sha’ban de cette même année.

 

La mort du roi de Khaybar, Abou Rafi’

 

Après l’exécution de Houyay Ibn Akhtab an-Nadri, Abou Rafi’ Sallam Ibn Abi al-Houqayq devint le chef de Khaybar. Son animosité envers le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) n’avait d’égale que celle de Houyay avec qui, il fut l’un des instigateurs du siège de Médine par les Coalisés. Il fut aussi derrière la tentative d’assassinat du le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui, confiant, se rendit avec quelques Sahaba chez les Bani Nadr pour discuter avec eux sur des engagements stipulés par le pacte signé.

 

Malgré cela, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) pardonna à Abou Rafi’ mais ce dernier, ne changea pas son comportement et comme nous l’avons déjà mentionné, dès son arrivée à Khaybar, il contacta les tribus du Najd et du Hijaz pour mettre un terme à l’Islam qui résultat par la bataille d’al-Khandaq, le Fossé. Après sa fuite à Khaybar, ce riche usurier utilisa sa fortune pour inciter les tribus païennes, particulièrement celle de Ghatafan, contre les Musulmans dans le but de déclencher une autre guerre, un acharnement qui causera sa mort.

 

Le commandement suprême des Musulmans se vit convaincu de la nécessité d’arrêter ces manigances mortelles et l’élimination d’Abou Rafi’ était la seule et unique solution surtout que les ennemis de l’Islam en Arabie ; Qouraysh et les autres tribus du Hijaz et du Najd, les hypocrites qui se trouvaient à Médine et enfin les Juifs de Khaybar, à soixante-dix miles de Médine attendaient non seulement nombreux mais attendaient tous le moment propice.

 

Ce danger urgent préoccupait particulièrement les Musulmans et la disparition d’Abou Rafi’ pousserait peut-être les juifs de Khaybar à la neutralité c’est pourquoi, au mois de Ramadan de l’an 6 de l’Hégire, l’Envoyé d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) confia l’élimination d’Abou Rafi’ à un commando de cinq Ansar de la tribu de Khazraj :

1 – ‘AbdAllah Ibn ‘Outayk, le chef,

2 – Mas’oud Ibn Sinan,

3 – ‘AbdAllah Ibn Ounays,

4 – Al-Harith Ibn Rab’i Abou Qatada et,

5 – Khouza’i Ibn Aswad.

 

Al-Boukhari a rapporté l’opération : « Le groupe musulman arriva au coucher du soleil et approcha du fort d’Abou Rafi’ au Hijaz au moment où les gens retournaient des pâturages avec leurs troupeaux. ‘Abdallah dit à ses Compagnons :

– « Restez-ici ! Je vais m’approcher du portier peut-être me laissera-t-il entrer. » Il s’approcha de la porte se couvrant avec son vêtement et mima un besoin au moment-même alors que les gens regagnaient la citadelle.

Le portier lui dit :

– « Hé toi, veux-tu entrer ou non, je vais fermer la porte ? »

Et ‘Abdallah de poursuivre le récit : « J’entrai et me retira dans un coin isolé tandis que les gens entraient toujours. A la fin, le portier ferma la porte, accrocha les clés et partit.

Je me glissai alors, pris les clés et me dirigea pour ouvrir la porte d’Abou Rafi’ qui était dans une pièce en haut de sa demeure avec d’autres personnes. Une fois que ces derniers le quittèrent, je montai vers lui pour l’abattre. A chaque fois que j’ouvrais une porte je la fermais tout de suite derrière moi en me disant : « Ainsi ils ne pourront me rattraper qu’après l’avoir abattu ! »

En entrant dans une pièce, je me rendis compte de sa présence dans une chambre au milieu de sa famille mais sans pouvoir exactement le localiser du fait de l’obscurité. Je pris alors le risque de crier : « O Abou Rafi’ ! »

– « Qui est là » demanda-t-il ? Je dirigeai immédiatement mes coups d’épée vers la source de la voix sans pouvoir l’abattre car j’étais agité. Il cria et je sortis de la chambre pour aller me cacher mais je revins en lui disant cette fois : « O Abou Rafi’ ! Qu’est-ce que c’est que ces cris ? »

– « Il y a un homme à l’intérieur de la maison qui vient de me frapper avec son épée ! » Sur ce, je le frappai de nouveau, mais cette fois je pus le toucher gravement sans toutefois l’abattre puis je mis la pointe de mon épée au milieu de son ventre et le transperçais.

Ayant terminé, je retournai en ouvrant les portes une à une mais en arrivant à la fin de l’escalier, je crus que j’étais arrivé au rez-de-chaussée mais malheureusement tombai et me fracturait la jambe que je pus bander avec un turban et m’assit près de la porte en me disant : « Je ne quitterai ces lieux qu’en s’assurant si je l’ai vraiment tué ! »

Enfin, au premier chant de coq, le Na’i (celui qui annonce la mort d’une personne), monta sur la muraille et cria : « J’annonce la mort d’Abou Rafi’, le grand commerçant du Hijaz. » En entendant la nouvelle, je me dirigeai tout de suite vers mes Compagnons et leur dit : « Sauvez-vous, Allah Exalté a tué Abou Rafi. »

 

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