SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

L’expédition d’al-Ghaba

 

‘Ouyaynah Ibn Hisn al-Fazari, surnommé le stupide, était l’un des plus redoutables chefs Najdi et avait sous ses ordres dix mille guerriers qui participa en plus dans le siège de Médine lors de la bataille des Coalisés. Donc, après la bataille d’al-Ahzab, l’état de guerre fut déclaré et les Fazari, se comportèrent avec hostilité contre les Musulmans dans la logique des choses.

 

Al-Ghaba était une terre fertile, où les Musulmans avaient quelques propriétés agricoles et l’un des importants pâturages de Médine proche du territoire de ‘Ouyaynah Ibn Hisn.

Une fois, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) envoya un nombre considérable de chamelles dans ces pâturages et en plus du serviteur du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), Abou Dar al-Ghifari, son fils et Salamah Ibn al-Akwa’ conduisirent le troupeau.

En arrivant à al-Ghaba, ils furent surpris, à l’aube, par une attaque Fazari menée par ‘Abd ar-Rahman Ibn ‘Ouyaynah Ibn Hisn à la tête d’un groupe de plusieurs cavaliers. Après avoir tué le fils d’Abou Dar, les Fazari s’emparèrent du troupeau et emmenèrent l’épouse de ce dernier comme captive.

Quant à Salamah Ibn al-Akwa’, qui montait un cheval appartenant à Talha Ibn ‘Oubaydillah, il lui fut impossible d’affronter seul tous ces cavaliers. Il appela Rabah, le seul berger encore vivant, lui céda son cheval afin que ce dernier parte à Médine informer le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Et comme Salamah était un très bon archer, il commença à cribler de flèches les assaillants. Quelques temps plus tard, le berger arriva en criant : « Au danger, au danger ! » et ces mots suffirent pour alarmer tout Médine.

 

Les Musulmans virent cet acte hostile d’un œil sérieux : « Il se pourrait, se dirent-ils, que les Fazari sont en train d’évaluer le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) pour mener une autre attaque beaucoup plus importante » et au mois de Rabi’ al-Awwal de l’an 5 de l’Hégire, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) quitta Médine à la tête de sept cents hommes et se dirigea vers al-Ghaba précédé par Sa’d Ibn Zayd Ibn Malik al-Ansari à la tête d’un petite nombre de cavaliers pour occuper les Fazari avant l’arrivée de la force principale menée par le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 

Les cavaliers musulmans accrochèrent ‘Abd ar-Rahman Ibn ‘Ouyaynah et avant que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) n’arrive, ils purent, malgré leur petit nombre, repousser l’ennemi, récupérer le troupeau et se lancer à la poursuite de de l’ennemi. Quant à l’épouse du fils d’Abou Dar, elle put s’échapper toute seule et rejoindre Médine.

 

Les victimes de cette expédition furent au nombre de six ; trois Musulmans (Mihraz Ibn Nazala, Waqqas Ibn Mihraz, et le fils d’Abou Dar) et trois Fazari (Habib et ‘Abd ar-Rahman, les deux fils de ‘Ouyaynah Ibn Hisn et un cavalier du nom de Mas’adah).

 

La patrouille de Dzil Qassa

 

Au mois de Rabi’ al-Akhir de l’an 5 de l’Hégire, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) envoya une patrouille de reconnaissance de dix hommes récolter des informations sur les Bani Tha’labah, une tribu Ghatafani. En arrivant à Dzil Qassa, à vingt-quatre miles de Médine, les dix Musulmans ne remarquant rien d’anormal cédèrent au sommeil sans se rendre compte du piège mortel préparé par les Bani Tha’labah qui avaient déjà été informé sur la mission de Muhammad Ibn Maslamah al-Ansari et ses hommes.

A peine endormis, ils se réveillèrent en sursaut pour se voir encerclés par cent cavaliers. Ils se jetèrent vainement sur leurs armes mais n’eurent aucune chance devant l’attaque fulgurante des Bani Tha’labah qui les abattirent tous, excepté le commandant Muhammad Ibn Maslamah qui blessé, échappa à la mort. Les attaquants dépouillèrent leurs victimes puis s’en allèrent.

Quelques temps après, un Musulman passant par les lieux, trouva Ibn Maslamah encore vivant et l’emmena avec lui à Médine où il se rétablira de ses blessures.

 

L’expédition de Dzil Qassa

 

Ayant reçu des informations que les Bani Mouharib, les Bani Tha’labah et les Anmar se dirigeaient sur Taghlibin et Marad, à trente-six miles de Médine, dans le but d’attaquer les pâturages[3] des Musulmans, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) nomma aussitôt Abou ‘Oubaydah Ibn al-Jarrah à la tête de quarante cavaliers pour sortir défendre les troupeaux.

Toujours ce même mois, après la prière du Maghrib, Abou ‘Oubaydah quitta Médine en toute hâte et en arrivant, à l’aube, il trouva les polythéistes sur le point d’attaquer.

Cependant, il ne leur laissa pas l’initiative et les attaqua en profitant de l’effet de surprise ce qui les poussa à prendre alors la fuite en se dirigeant vers les montagnes avoisinantes. Ce fut pour eux une belle leçon.

 

Abou ‘Oubaydah rebroussa chemin avec ses hommes en ramenant avec lui un prisonnier et quelques biens enlevés comme butin. Le prisonnier, après avoir embrassé l’Islam, recouvrit sa liberté. Quant au butin, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), après avoir prélevé le Khoums[4], le partagea entre les cavaliers.

 

L’expédition d’al-Jamoum

 

Les Bani Soulaym qui étaient en guerre avec les Musulmans pour avoir participé avec sept cents de leurs hommes au siège des Coalisés étaient sur la liste des ennemis du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et il était tout à fait normal qu’il prouve à ses ennemis qu’il était capable de punir tous ceux qui voulaient du mal à l’Islam, même s’il s’agissait de tribus lointaines, comme les Bani Soulaym dont le territoire était près de La Mecque.

 

Toujours au mois de Rabi’ al-Akhir de cette même année, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) donna le commandement de cette expédition à Zayd Ibn Haritha, à qui il ordonna d’attaquer la tribu dans un endroit appelé al-Jamoum. Zayd accomplit sa mission et put même ramener à Médine des prisonniers, des chamelles et des ovins, grâce à une femme Mouzayni qui lui avait indiqué l’endroit où se trouvaient les Bani Soulaym.

 

Malgré l’aide de cette femme, Zayd la fit ligoter et la ramena à Médina avec les prisonniers et à son retour, Zayd raconta l’expédition au Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui l’a fit libéré avec son époux que les Musulmans avaient aussi capturé[5].

 

L’expédition d’al-‘Is

 

Qouraysh, qui était en guerre avec les Musulmans, attendait une caravane de commerce[6] en provenance de Syrie et il fallait s’attendre à ce que les Musulmans interceptent toute les ressources pouvant aider les Mecquois polythéistes dans leur guerre contre le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), surtout après leur participation au siège d’al-Khandaq qui faillit mettre un terme à l’Islam et aux Musulmans.

 

C’est dans cette atmosphère tendue que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) reçut des informations qu’une caravane Qouraysh de retour de Syrie venait de traverser les frontières du Hijaz.

Aussitôt après au mois de Joumadah al-Awwal de l’an 5 de l’Hégire, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) donna le commandement de cent soixante-dix cavaliers à Zayd Ibn Haritha en lui ordonnant de s’emparer de la caravane et Zayd quitta aussitôt Médine.

En arrivant à al-‘Is, les Musulmans croisèrent la caravane qu’ils prirent sans aucune résistance des caravaniers qu’ils prirent prisonniers avec leur chef, Abou al-‘As Ibn ar-Rabi’ Ibn Oumayya Ibn ‘Abd ash-Shams, l’ex-époux de Zaynab, la fille du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 

D’après les historiens, amené à Médine, Abou al-‘As Ibn ar-Rabi’ sollicita la protection de Zaynab (radhiyallahou ‘anha) qui, après que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) eut terminé la prière de Fajr, se leva et dit aux gens : « Je viens d’accorder ma protection à Abou al-‘As » Sur ce, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) s’adressa aux présents et leur dit : « Avez-vous entendu ce que j’ai entendu ? »

– « Oui, » répondirent-ils.

– « Par Celui qui détient mon âme entre Ses mains, je n’étais pas au courant de cela, » reprit le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) avant d’approuver Zaynab et de dire : « Et nous accordons notre protection à celui à qui tu as accordé la tienne. »

 

Mais Zaynab (radhiyallahou ‘anha) ne se contenta pas de cette protection et demanda aussitôt au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) de rendre la caravane à son ex-époux, toujours polythéiste. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ne lui signala aucun refus de sa part cependant il préféra appeler Zayd Ibn Haritha et les membres qui avaient participé à l’expédition pour leur dire : « Vous connaissez le lien qui est entre nous et cet homme, à qui vous avez enlevé quelques biens. Si vous voulez par charité, vous pouvez lui rendre ce qui lui appartenait. Nous aimerions cela, mais si vous refusez, (ces biens) sont des prises de guerre qu’Allah Exalté vous a accordés. Vous en avez plus le droit. »

– « O Messager d’Allah, répondirent-ils, nous préférons les lui rendre. » Et ils lui rendirent tous ses biens, même ceux que les Mecquois lui avaient confiés[7].

 

 

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