SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

La Trêve d’al-Houdaybiyah

 

Les évènements qui précédèrent la trêve historique d’al-Houdaybiyah ne furent pas d’ordre militaire contrairement aux expéditions de Badr, Ouhoud, al-Ahzab et Khaybar, puisqu’il n’y eut aucun affrontement. Si les conséquences heureuses de cette trêve ne furent pas moins importantes que ces batailles, al-Houdaybiyah réalisa sur tous les plans : politique, spirituel, militaire et psychique ce qu’aucune de ces batailles ne put réaliser.

Cela fut reconnu par les grands Compagnons du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui manifestèrent leur opposition farouche à la trêve et le Qur’an qualifie lui-même al-Houdaybiyah comme étant une victoire éclatante.

 

Donc, c’est pour ces raisons que nous avons placé cette trêve dans les campagnes du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui ne parvint à ce pacte qu’après maintes difficultés soit avec ses Compagnons, qui étaient contre toute trêve, soit contre les Qouraysh qui voulurent le défier. Quant à lui (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), il voulut éviter la guerre, coute que coute et n’y avait recourt qu’en dernier lieu pour ne rien imposer aux autres.

 

Les évènements entre le siège des Banou Qouraydah et la Trêve d’al-Houdaybiyah

 

A l’avènement de l’Islam, presque toutes les tribus arabes païennes eurent un comportement hostile à l’égard de cette nouvelle religion. Leur animosité s’accentua après que le Prophète trouva assistance auprès des Ansar qui surent le protéger aux dépens de leurs enfants et de leurs épouses. Ces Arabes (bédouins Arabes) attendirent le moment propice pour mettre un terme à la religion naissante et plusieurs d’entre eux voulurent attaquer Médine, la capitale du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 

Et, puisqu’à la fin de la quatrième année après l’Hégire, la bataille d’al-Ahzab eut lieu entre les Musulmans d’un part et les Arabes de Najd, du Hijaz et les juifs d’autre part, il était tout à fait conforme dans l’ordre des choses que le reste des Arabes païens fussent de tout cœur avec leurs frères qui s’étaient déclarés ennemis de l’Islam et espérèrent que la victoire soit du côté des Coalisés mais les choses se déroulèrent contrairement à leurs aspirations et les Coalisés se dispersèrent entre le Najd et La Mecque après leur échec humiliant laissant leurs alliés juifs à leur sort douloureux ainsi que le principal conspirateur Houyay al-Akhtab an-Nadri.

Quant à son ami, l’autre conspirateur, Sallam Ibn Abi al-Houqayq, il fut exécuté, après sa fuite à Khaybar, par un commando de cinq hommes des Ansar après quoi, le rapport de force pencha au profit des Musulmans d’une lanière remarquable, surtout lorsqu’ils furent convaincus que rien n‘arrêterait les agissements hostiles des Juifs et des Arabes excepté des expéditions militaires pour assurer la sécurité de la région.

 

Pour cette raison, le Messager d’Allah Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) décida d’augmenter le nombre des opérations militaires au Najd et au Hijaz et de mettre définitivement un terme au danger que représentait les Juifs.

 

L’expédition de Qarta

 

L’expédition de Qarta le 10 Mouharram 05 de l’Hégire fut la première expédition punitive que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) envoya après les batailles des Coalisés et des Banou Qouraydah contre les tribus Najdi des Bani Bakr Ibn Kilab à Qarta près de Dar’iyah, à sept nuits de marche de Médine.

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) donna le commandement d’un groupe de trente cavaliers à Muhammad Ibn Maslamah al-Ansari avec l’ordre d’attaquer ces tribus sans toutefois toucher aux femmes et aux enfants.

 

Ibn Maslamah quitta Médine marchant de nuit et s’arrêtant de jour pour surprendre les Bani Bakr chez eux. Ces derniers résistèrent peu et finalement prirent la fuite en laissant derrière eux, d’après as-Sirah al-Halabiya, dix victimes. Quant à Ibn Sa’d, dans ses Tabaqat, il affirme que les Musulmans prirent cinquante chamelles et trois mille brebis en butin. Cette expédition dura dix-neuf nuits[1].

 

De même en cours de route, les membres de l’expédition mirent la main sur l’un des chefs des Bani Hanifah, Thoumamah Ibn ‘Outhal al-Hanafi qui sur l’incitation de Moussaylimah le menteur, se dirigeait vers Médine pour assassiner le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui toutefois, le traita avec égard et un court emprisonnement où Thoumamah fut touché par le bon comportement des Musulmans et c’est l’une des raisons qui le poussa plus tard à embrasser l’Islam.

 

L’expédition de Ghamr

 

Les tribus des Bani Assad, qui étaient l’une des plus puissantes tribus du Najd commandée par Toulayhah Ibn Khouwaylid avaient déjà participé à la bataille des Coalisés contre les Musulmans et il était donc tout à fait logique que le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) les considèrent comme des ennemis et entreprenne des mesures punitives contre elles afin de leur prouver que les Musulmans n’étaient pas aussi faibles qu’elles le pensaient et qu’ils pouvaient frapper au cœur même de leurs ennemis.

 

C’est dans cette atmosphère que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) chargea ‘Oukkashah Ibn Mihsan, à la tête de quarante hommes, d’attaquer les Bani Assad dans leur propre territoire.

Au mois de Rabi’ al-Awwal de l’an 5 de l’Hégire, ‘Oukkashah quitta Médine avec ses hommes et se dirigea vers l’ennemi qui fut informé de l’opération avant que l’arrivée des Musulmans et se retranchèrent dans les montagnes avoisinantes si bien qu’en arrivant, ‘Oukkashah ne trouva personne. Il chargea alors Shouja’ Ibn Wahb de patrouiller la région et qui à son retour, informa ‘Oukkashah de l’existence de traces d’un troupeau de chamelles. ‘Oukkashah donna alors l’ordre de suivre ces traces qui menèrent à un homme endormi. Interrogé sur les Bani Assad, celui-ci répondit : « Ils ont été informés de votre venue et se sont retranchés dans les montagnes de leur pays. » Interrogé ensuite sur les troupeaux, effrayé, il désigna aux Musulmans un pâturage de deux cents chamelles.

 ‘Oukkashah se contenta alors de ce butin et rebroussa chemin vers Médine.

 

Dans cette expédition il n’y eut donc pas de combat mais cela suffit et prouva aux bédouins que les Musulmans étaient une puissance qu’il fallait craindre et éviter.

 

 

L’expédition des Bani Lihyan

 

En l’an 4 de l’Hégire, les Bani Lihyan arrivèrent du Hijaz à Médine en prétendant avoir embrassé l’Islam. Ils demandèrent au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) de leur envoyer un groupe de ses Compagnons afin qu’ils enseignent aux membres de cette tribu les principes de leur nouvelle religion.

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) accepta leur demande et leur envoya dix Sahabi à leur tête ‘Assim Ibn Thabit. Malheureusement, ces Sahabi furent trahis par les Bani Lihyan qui les exécutèrent avant même d’arriver dans leurs tribus. La perte de ces Compagnons instruits peina fortement le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui décida de corriger les Bani Lihyan mais la menace des Juifs et des Coalisés ne lui laissa pas l’occasion de la faire.

 

Il fallut attendre l’an 5 de l’Hégire, deux mois après la bataille des Coalisés, pour voir le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) en personne quitter Médine à la tête de deux cents hommes dont vingt cavaliers et pour le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), l’expédition des Bani Lihyan fut la première après la bataille des Bani Qouraydah.

 

Le territoire de l’ennemi était situé à plus de deux cents miles autrement dit, un parcours assez pénible pour une expédition mais cela ne découragea pas le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui, pour dérouter les espions, prit la route du nord bien que les Bani Lihyan se trouvaient au sud de Médine.

Ayant gardé l’expédition secrète, même ses Compagnons crurent que l’expédition se dirigeait vers la Syrie. Ce n’est qu’à Batra, à 20 miles au nord de Médine, que Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) changea de direction vers le sud et qu’ils furent informé de leur destination.

 

Cependant malgré ces discrétions, les Bani Lihyan furent toutefois informés des mouvements de la petite armée et en arrivant, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) trouva la place vide puisqu’ils s’étaient enfuis aux sommets de leurs montagnes. Il campa alors avec ses hommes au milieu de leurs habitations puis donna l’ordre de les poursuivre. Cette mission vaine dura deux jours après quoi, et en guise de défi, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) décida de rester deux autres jours dans le territoire de l’ennemi pour prouver aussi aux autres tribus que les Musulmans étaient sont seulement capables de frapper là où ils voulaient et défiaient leurs ennemis dans leur propre camp.

 

D’autre part, et puisque La Mecque était en état de guerre avec les Musulmans, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) décida de profiter de sa présence dans les lieux et de faire une parade militaire pour impressionner les polythéistes de Qouraysh et arrivé à Wadi-‘Ousfan, il convoqua Abou Bakr as-Siddiq et lui donna l’ordre de se diriger à la tête de dix cavaliers aux alentours de La Mecque qui s’exécuta et se rapprocha de la Cité sacréee, à Koura al-Ghamim.

A La Mecque, la peur s’empara de ses habitants et les Qouraysh s’alarmèrent aussitôt, craignant une attaque musulmane. Après quoi, Abou Bakr rejoignit le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui donna alors l’ordre de retourner à Médine après une absence de quatorze nuits.

 

A son retour, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), d’après Ibn Sa’d[2] dit : « Nous revenons repentants, en adorant notre Seigneur… en (Le) louant. »

 

En cours de route, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) arriva à Ghouran, l’endroit où furent assassinés ses Compagnons, ou il invoqua la miséricorde d’Allah et pria pour eux.

 

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