SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

Une autre intercession

 

Voici l’histoire d’une autre intercession pour un vieux guerrier juif obstiné qui suscite l’étonnement. Ce Juif, du nom d’az-Zoubayr Ibn Bata avait été dans son jeune âge et dans la Jahiliyyah, un des chefs des Banou Qouraydah. Avant l’avènement de l’Islam, il épargna par une faveur, Thabit Ibn Qays Ibn ash-Shammas al-Khazraji, un des Compagnons du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

Lors de l’exécution des Banou Qouraydah, ce vieux musulman intervint en faveur de son bienfaiteur auprès du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui accepta la demande du vieillard et annula la décision. Mais le Juif refusa en définitive la grâce du Messager d’Allah et préféra être exécuté pour rejoindre les siens.

 

Les détails de cette histoire insolite : La tribu des Banou Qouraydah était considérée comme une partie de la tribu des Aws, en temps de paix comme en temps de guerre. Par conséquent, quand une guerre éclatait entre les Aws les Khazraj, les Qouraydi se rangeaient au côté de leurs alliés Aws comme le faisaient aussi les Banou an-Nadr et les Banou Qaynouqa’ avec les Khazraj.

Lors de la bataille de Bou’ath qui ensanglanta ces tribus et qui tourna en faveur des Aws, Thabit Ibn Qays al-Khazraji fut pris prisonnier par le chef juif az-Zoubayr Ibn Bata mais qui le libéra après lui avoir coupé son toupet de cheveux et ce geste ne fut pas oublié par Thabit Ibn Qays.

Quand les Banou Qouraydah abdiquèrent devant le siège de l’armée du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), Thabit se rappela alors sa dette envers Ibn Bata et voulut alors le sauver de la mort comme l’avait fait Ibn Bata lors de la bataille de Bou’ath.

 

Suivons le récit de l’histoire dans la Sirah d’Ibn Hisham: « Thabit Ibn Qays ash-Shammas alla trouver az-Zoubayr Ibn Bata al-Qouraydi.

– « O Abou ‘Abd ar-Rahman. Me reconnais-tu » demanda Thabit ?

– « Est-ce quelqu’un comme moi peut oublier quelqu’un comme toi ? »

– « J’ai voulu te rétribuer pour le bien que tu m’as fait. »

– « L’honorable ne rétribue que l’honorable, » dit simplement az-Zoubayr.

Sur ce, Thabit Ibn Qays alla trouver le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et lui demanda : « O Messager d’Allah, j’ai une dette envers az-Zoubayr et j’aimerai le rétribuer. Fais-moi don de son sang. » Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) lui répondit : « Il est à toi. »

Quand Ibn Bata su qu’il était sauvé, il dit à son sauveur que serait sa vie sans sa femme et sans son fils. Alors Thabit revint chez le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et dit : « Tu me tiens lieu de père et de mère, ô Messager d’Allah, fais-moi don de sa femme et de son fils. » « Ils sont à toi » lui répondit le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) (de même que les biens de ce vieux guerrier).

-« Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) vient de m’octroyer tes biens. Ils sont à toi, » dit Thabit à son ancien bienfaiteur.

– « Oh Thabit, qu’est devenu celui dont le visage ressemble à une glace chinoise où l’on peut voir les pures filles du quartier, Ka’b Ibn Assad ? »

– « Il est mort. »

– « Et le seigneur des citadins et des campagnards, Houyay Ibn ‘Akhtab ? »

– « Mort aussi. »

– « Et Ghazzal Ibn Samaw’al ? »

– « Mort aussi. »

– « Et l’assemblée des notables (les Banou Ka’b et les Banou ‘Amrou) ? »

– « Ils sont partis, ils sont morts. »

– « Oh! Thabit, je te supplie par ce que ma main t’a fait de me laisser les rejoindre. Par Allah Exalté, la vie n’a pas de gout après la mort de ceux-là. » Alors Thabit le laissa prendre son chemin vers la mort[20]. »

 

 

Les captifs et le butin

 

Toujours dans le respect des décisions prises par Sa d Ibn Mou’ad, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) désigna un groupe pour recenser tous les biens des Banou Qouraydah (maisons, jardins, armes, meubles, chevaux, chameaux…) ainsi que leurs femmes et enfants. Mille femmes et enfants, mille cinq cents sabres, deux mille flèches, trois cents boucliers, et cinq cents cuirasses furent dénombrés.

Le groupe trouva aussi de nombreux tonneaux pleins de vin qui furent détruits plus tard sur ordre du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ce qui prouve que la consommation du vin fut interdite bien avant la campagne de Khaybar.

 

L’opération terminée, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) partagea alors tout le butin entre les combattants qui participèrent au siège des Banou Qouraydah. La distribution se fit selon le texte du Qur’an : un cinquième au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui le géra pour l’intérêt commun et les quatre cinquièmes restants pour les combattants : « Et sachez que, de tout butin que vous avez ramassé, le cinquième appartient à Allah, au Messager, à ses proches parents, aux orphelins, aux pauvres, et aux voyageurs (en détresse), si vous croyez en Allah et en ce que Nous avons fait descendre sur Notre serviteur, le jour du Discernement : le jour où les deux groupes se rencontrèrent et Allah est Omnipotent. » (Qur’an 8/41)

 

 

Les quatre cinquièmes furent distribués par le procédé des parts: trois parts pour le cavalier (une pour lui et deux pour son cheval) et une part pour le fantassin car le poids du cheval dans les batailles était décisif en ces temps-là.

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) octroya aussi une part qu’il évalua lui-même à sept femmes musulmanes qui participèrent au siège. Ces femmes étaient: Oum ‘Oumara, Safiyah Bint ‘Abd al-Mouttalib, la tante du Prophète, Oum Salit, Oum al-‘Oula, as-Soumayrah Bint Qays, Oum Sa’d Ibn Mou’ad et Kabsha Bint Rafi’. Ce fut la première fois où le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) donna une part aux femmes comme ce fut la deuxième fois où elles prirent part à la bataille.

Ce fut la première fois aussi où le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) donna deux parts à deux Shouhadah : Khallad Ibn Souwayd (tué par Mazina) et Abou Sinan Ibn Mouhsin (décédé de mort naturelle pendant le siège des Banou Qouraydah). Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) dit à propos de Khallad : « Il a eu une rétribution égale à celles de deux Shouhadah. »

 

Lors de la distribution des prises, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) insista fortement sur le fait de ne pas séparer l’enfant de sa mère ainsi que la sœur de sa sœur.

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) dit : « Celui qui sépare une mère de son enfant. Allah Exalté le séparera de ceux qu’ils aiment le Jour de la Résurrection. » (At-Tirmidi).

 

Selon ‘Oubadah Ibn as-Samit (radhiyallahou ‘anhou), le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) a dit : « Ne séparez pas la mère de son enfant. »

– « Jusqu’à quand » lui fut-il demandé ?

– « Que le garçon devienne pubère et la fille menstruelle. »

 

At-Tirmidi a rapporté que ‘Ali Ibn Abou Talib (radhiyallahou ‘anhou) a dit : « Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) me fit don de deux garçons. Quand je vendis l’un d’eux, il me demanda : « Qu’est devenu ton garçon ? » Je lui répondis que je l’avais vendu. Il me dit alors avec insistance : « Reprends-le, reprends-le ! » Ce qui voulait dire que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) détesta aussi la séparation du frère de son frère.

 

Après la distribution du butin, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) vendit une partie des captifs dans les pays voisins. Avec la vente de ces captifs, il put acheter des chevaux et des armes qu’il distribua aux Musulmans. Cette mission de vente de captifs et d’achat fut accomplie par Sa’d Ibn Zayd al-Ansari à Najd et Sa’d Ibn ‘Oubadah en Syrie.

 

Défense de la sentence de Sa’d Ibn Mou’ad

 

La peine appliquée aux Banou Qouraydah mérite encore une fois des éclaircissements non parce que nous doutons dans notre Messager (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) mais parce qu’il y a des voix qui prétendent que cette peine était un acte de barbarie.

Il est donc de notre devoir de répondre à ces critiques dénuées de tout fondement et de ces versions tronquées qui n’ont pour but que de semer le doute et la confusion dans l’esprit du Musulman.

 

D’abord et en tout premier lieu, le Musulman ne peut se permettre d’émettre un avis ou de discuter une décision prise par le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ou approuvée par lui car le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ne prenait de décision que sur ordre d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et était sa Voix. Allah Exalté ne dit-il pas dans le Noble Qur’an : « Par l’étoile à son déclin ! Votre compagnon ne s’est pas égaré et n’a pas été induit en erreur et il ne prononce rien sous l’effet de la passion ; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée. » (Qur’an53/1-4)

 

L’application de la peine de mort à l’encontre des Juifs Qouraydi comme cela est rapporté dans le Sahih al-Boukhari est une décision divine qui fit dire au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à Sa’d Ibn Mou’ad : « Tu as rendu la décision de celui qui est au-dessus des sept Cieux. »

 

Bien que nous n’avons aucun droit de justifier les actes du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ou de parler à sa place néanmoins, et avec notre foi indéfectible en cette juste sanction, nous allons répondre à ces adversaires et leur prouver la légitimité de cette décision qui est en totale conformité avec toutes les règles de justice observées en toute époque et en tout temps, même au vingtième siècle contrairement au massacre et punitions collectives organisés par ces même gens de nos jours.

 

Depuis l’arrivée du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à Médine, le cours des évènements prouva que ces Juifs et tous les Juifs de Yathrib, n’attendirent que le moment propice pour éliminer le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et mettre fin à son Message avec n’importe quel moyen. Tous les moyens furent employés : guerre psychologique, tentative d’assassinat, opposition armée coïncidant toujours avec le retour de l’armée du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) d’une bataille et enfin trahison et intelligence avec l’ennemi malgré le traité signé par leurs seigneurs.

 

Dans ce traité, tous les habitants de la région de Yathrib, Juifs et Musulmans, avaient le même statut de membre à part entière d’une même nation. Tous sans distinction avaient des droits et des devoirs envers leur nouvelle nation. Le Juif comme le Musulman avaient le devoir, par exemple, de prendre les armes afin de défendre l’intégrité de leur territoire (Yathrib) contre toute invasion étrangère.

Mais, en quatre années d’existence de ce traité, les évènements qui s’enchainèrent démontrèrent que les trois tribus juives, en vérité, ne voulaient pas de ce traité commun, et qu’elles n’avaient apposé leur signature que par ruse dans l’attente d’une occasion propice pour le renier.

Durant ces quatre années, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) endura provocations et manigances, insinuations et attitudes inamicales, bien qu’il respecta avec une volonté sincère le traité. Quand il prit les mesures nécessaires, ce ne fut que par réaction préventive contre l’agressivité de ces Juifs. A aucun moment, il ne prémédita ces réactions d’ailleurs tout à fait légitimes contrairement à ces derniers qui virent à chaque fois leur plan échouer.

 

Nous avons vu ce que perpétrèrent les Banou Qaynouqa’, les Banou an Nadr et les Banou Qouraydah et comment réagit le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui expulsa simplement les Banou Qaynouqa’ et les Banou an-Nadr après leur abdication, malgré les mauvaises intentions de ces derniers. Nous avons vu comment il pardonna aux Banou Qouraydah qui se rangèrent aux côté des Banou an-Nadr lors de l’essai infructueux de ces derniers.

Cependant, ces Qouraydi n’hésitèrent absolument pas pour trahir une deuxième fois quand ils crurent que la fin de l’Islam était proche et certaine. Ils exploitèrent l’éprouvante situation du siège de Coalisés non pas pour venir en aide à leurs compatriotes et voisins musulman mais pour trahir et rallier leur ennemi en rejetant le pacte d’alliance et ce qui les liait à leurs voisins et alliés.

 

Ces Juifs non seulement déchirèrent le traité d’alliance mais le piétinèrent sous leur pieds quand ils mirent leurs mains dans celles des ennemi coalisés des Musulmans. Ils n’eurent aucune pitié quand les Musulmans leur rappelèrent leurs engagements et leur engagement avec le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) parce qu’à ce moment précis, ils se sentirent totalement intouchables et triomphant en plus de leur arrogance et se démasquèrent en montrant leur vrai visage : « Qui est ce Muhammad ? Et qui est ce Messager d’Allah ? Nous ne connaissons personne de ce nom et il n’y a aucun pacte entre nous et cette personne » dirent-ils ! »

Ainsi fut la réponse des Banou Qouraydah aux Musulmans lorsque 1a délégation musulmane leur demanda de rester fidèles à leur engagement et de respecter leurs obligations militaires.

 

Ces Juifs n’auraient pas opté pour cette voie extrême s’ils n’avaient pas été convaincus de l’écrasement définitif de la jeune communauté de l’Islam. Ne voyaient-ils pas à cet instant-là ces milliers de Coalisés en amures qui s’apprêtaient à envahir Médine alors qu’eux étaient en aval ?

Seul Allah Exalté sait ce qui serait arrivé si la bataille avait tourné au profit des Coalisés et de Juifs. Ces Juifs auraient-ils hésité à punir sévèrement les Musulmans, sachant qu’ils avaient accepté de rallier les Coalisés qu’à la condition expresse d’exterminer tous les Musulmans ? Ne renouvelèrent-ils pas cette condition aux Coalisés dans les derniers jours du Khandaq quand ils leur demandèrent les soixante-dix otages[21] ?

 

Après donc leur trahison et intelligence avec l’ennemi, un observateur neutre et juste pourrait-il dire : « La condamnation à mort des Banou Qouraydah fut une condamnation inhumaine et injuste ? »

 

Quant à nous, en toute sérénité et en toute confiance, nous disons d’emblée, à l’adresse de ceux qui critiquent cette décision qu’elle ne fut si sévère et ni cruelle quand on sait que les troupes françaises conduisirent des tribus berbères algériennes complètes et innocentes dans des caves et qu’ils brulèrent vifs hommes, femmes, enfants, vieillards et même animaux alors qu’ils n’étaient même pas des combattants ou que les gens de Sabra et Shatila et autres furent exécutés sans aucune raison exceptés pour leur voler leur terre.

 

La sanction fut donc une punition juste qui s’applique pour tout traitre et tout criminel qui intente à la vie d’autrui, une punition que la conscience humaine ne réprouve aucunement, que les lois internationales acceptent, une punition qui s’applique encore de nos jours. Et, pour prouver ce que nous avançons, nous disons que :

 

1. Les Juifs faisaient partie des habitants de la région de Yathrib Ils formaient avec les Musulmans une seule nation, (selon les termes contemporains de la loi) puisqu’ils habitaient le même pays avant et après l’avènement de l’Islam.

Avec l’arrivée du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et la conversion des Ansar à l’Islam, les Juifs acceptèrent sans aucune pression et sans aucune contrainte la signature du traité d’alliance. Avec ce traité, les Juifs et les Musulmans avaient les mêmes droits et les mêmes devoirs envers le même pays (Yathrib).

 

2. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) signa avec ces Juifs le traité d’alliance ou chaque partie s’engagea ainsi à participer à la défense du pays (Yathrib, à l’époque) contre toute invasion. Dans l’article 44 de ce traité, il est écrit à propos de la défense commune : « Il est de leur devoir (les Juifs et les Musulmans) de s’entraider contre les agresseurs de Yathrib. »

Dans l’article 36 de ce même traité, il est écrit : « Les Juifs ont leurs propres dépenses comme les Musulmans ont leurs propres dépenses. Tous ensembles, ils s’entraident contre celui qui attaque ce traité. Entre eux, le conseil et la bienfaisance doivent être des règles de conduite en dehors de tout mal. »

 

3. Les Juifs reconnurent donc en apposant leurs signatures, qu’ils étaient avec les Musulmans une seule Oumma (nation) dans leur pays et que chaque communauté avait sa religion.

Dans l’article 25, il est écrit : « Les Juifs sont une Oumma (nation) avec les Musulmans. Les Juifs ont leur religion comme les Musulmans ont leur religion. »

Cet article est très clair. Il interdit à quiconque d’entrer en liaison avec l’ennemi. Les Juifs, après la signature du traité et leur intelligence avec les Coalisés, devinrent désormais des traitres qui méritaient selon la loi la peine à quiconque commet un acte de haut trahison en temps de guerre.

 

5. De plus, les Juifs reconnurent le pouvoir musulman nouvellement installé à Yathrib et qu’ils étaient reconnus des citoyens de Yathrib à part entière ayant les mêmes droits et devoirs que les Musulmans sauf dans le domaine du statut personnel (mariage, divorce, héritage) et celui qui concernait leur religion. Tout comme ils reconnurent aussi que le chef du pouvoir était Muhammad, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

(Articles 35, 36, 42).

 

Voilà donc les principaux articles de ce traité qui est en fait une loi qui régit les rapports entre les deux communautés et les individus.

Une vue approfondie et dénuée de tout sentimentalisme sur les articles de ce traité ainsi qu’une position neutre devant les actes de haute trahison des Banou Qouraydah commis en temps de guerre ne permet pas de nier l’extrême gravité de ces mêmes actes tout comme il est difficile pour une personne raisonnable dominant ses sentiments de dire que la punition prise à l’encontre de ces traitres et criminels s’opposaient aux règles de justice, aux principes humanistes et aux bases du droit international.

D’autre part les lois de cette époque ne peuvent pas être appliquées aux lois du vingtième siècle même s’ils elles restent totalement humanistes.

 

Les Banou Qouraydah commirent trois crimes dont un seul suffit pour les accuser de haute trahison et qui justifie comme dans toutes les lois de tout pays leur condamnation à mort :

1. Contact de l’ennemi et divulgation de secrets militaires qui exposèrent au danger l’armée musulmane.

2. Soutien logistique et soutien moral de l’ennemi dans le but d’occuper Médine et d’écraser l’armée musulmane.

3. Levée des armes contre l’armée de leur propre pays et violation du traité au moment le plus dangereux.

 

Finalement le verdict n’a pas été donné par le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) mais par une tierce personne avec l’aval de toutes les parties concernées et nulle nation jusqu’à ce jour n’a permis à un juge accepté aussi par la partie adverse de juger ses propres traitres que cela soit bien clair ce qui prouve de loin la mansuétude du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) prouvée encore une fois par tous ceux qui vinrent intercéder pour les Juifs. Nulle nation au monde et dans l’Histoire de l’Humanité n’intercèderait pour des traitres.

 

Et maintenant, à ceux qui s’opposent encore au verdict juste de Sa’d Ibn Mou’ad (radhiyallahou ‘anhou) qui fut d’ailleurs aussi approuvé par le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), j’aimerai poser la question : Quel verdict prononce-t-on aujourd’hui sur la base de la loi de n’importe quel pays dans ce genre d’affaire ? Quel verdict prononce-t-on contre celui qui trahit les intérêts supérieurs de son pays et de son peuple, qui se met en contact direct et indirect dans une situation de guerre avec un ennemi, supérieur de surcroit en tout domaine, ennemi qui menace d’envahir à tout moment et d’écraser toute la population ?

Je crois, à mon humble avis, qu’aucun de ces adversaires ne trouvera ne serait-ce un seul pays du monde qui déclarerait à ce type de scélérats : « Partez donc, vous êtes libres ! Allez-vous en, on a rien à vous reprochez. »

Je vous rappelle aussi que même un grand nombre de « présumés » traitres furent exécutés tout au long de l’Histoire que dire alors des véritables coupables !

 

Donc ces adversaires, avec un peu de bon sens (s’ils en ont ce dont je doute), devraient plutôt dire quand eux même ont exécutés des traitres et des innocents des manières les plus brutales : « Le verdict pour ceux qui commettent ce genre de trahison et le plus indulgent est la peine de mort ! » Car, dans toutes les lois de tous les pays, la peine de mort est non seulement exigée mais vite appliquée à ceux qui commettent ne serait-ce qu’un des trois crimes cités.

Chez toutes les nations, actuelles ou des temps révolus, cette question est très claire : On ne joue pas avec l’intégrité territoriale, ni non plus avec la sécurité des biens et des personnes. Que dira-t-on alors du fondement religieux qui est la raison de vivre de n’importe quelle communauté ?

 

Par conséquent, afficher des preuves de sectarisme, de partialité et d’arbitraire et soutenir que la sanction qui frappa les Banou Qouraydah fut un jugement injuste et contraire aux principes humanistes ne peut venir que de personnes de mauvaises fois, de criminels ou de traitres eux-mêmes.

 

Si ces Juifs ne se suffirent pas à espionner en état de guerre, leurs concitoyens au profit d’un ennemi et leurs fournirent aussi de l’aide, ils allèrent encore plus loin dans leur trahison en prenant les armes contre leurs concitoyens et alliés occupés alors à repousser l’ennemi écrasant ainsi toutes les valeurs, tous les usages chevaleresques et même le traité d’alliance.

 

La stricte sanction des Banou Qouraydah est un juste châtiment qui a pour solide et fondement reconnu, une base internationale générale et acceptée par tous et à travers tous les âges. Cette sanction n’a nullement dévié des principes de justice et d’équité surtout à cette époque-là dominée par un état de guerre.

 

D’autre part un autre aspect de la question peut être levée par un de ces adversaires et que nous mentionnons pour prouver notre partialité : Pourquoi le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ne s’est-il pas comporté avec les Banou Qouraydah comme un chef militaire vainqueur ?

La réponse à cette question est toute simple :

Les Juifs, en ralliant les Coalisés se mirent en état de guerre avec les Musulmans après avoir été des alliés faisant partie d’une seule Oumma (nation). Ils avaient tous, les Juifs et les Musulmans, le devoir de défendre ensemble leur pays contre toute attaque étrangère, comme stipulé dans le traité.

Les Banou Qouraydah ne pouvaient donc pas être traités comme on traite un ennemi qui engage une guerre et qui se rend ensuite. Le cas de ces Juifs est celui du traitre qui complote contre son pays en état de guerre et il n’y a qu’une seule réponse de la loi dans ce cas particulier et dans toutes les nations : La Peine Capitale !

 

 

 

 

[1] Les Aws sont la tribu de Sa’d Ibn Mou’ad et les alliés des Banou Qouraydah.

[2] Sirah Ibn Hisham, t.II, p.236.

[3] Sirah Ibn Hisham, t.II, p.236, as-Sirah al-Halabiya, t.II, p.117, al-Bidayah wa an-Nihayah, t.IV, p.119, Jawami’ as-Sirah, p.193.

[4] ‘Ali ibn Abi Talib cria : « Par Allah, je goûterai d’eux ce qu’a goûté Hamza, mais j’ouvrirai leurs portes, » al-Bidayah wa an-Nihayah, t.IV, p. 122).

[5] Ibn al-Athir, al-Kamil, t.II, p.127.

[6] Lorsque le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) assiégea les Banou Qaynouqa’, ces derniers se rendirent mais furent sauvés par ‘AbdAllah Ibn ‘Oubay.

[7] As-Sirah al-Halabiya, t.II, p. 118.

[8] Ibn Ishaq, Sirah Ibn Hisham, t.II, p.239.

[9] 1 Ibn Ishaq, Sirah Ibn Hisham, t.II, p.239

[10] Nous avons lu qu’un grand nombre de gens mal intentionnés et ignorants pleurent ce qui va arriver par la suite et qu’ils accusent le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) d’avoir conduit cette sentence ce qui est faux puisque la sentence n’a pas été rendu par lui. De plus, je leur demande de consulter les registres militaires des lois en temps de guerre et de voir quel est le châtiment appliqué aux traitres contre leurs nations. (Nde)

[11] As-Sirah al-Halabiya, t.II, p.119.

[12] Sirah Ibn Hisham, t.II, p.230 et as-Sirah al-Halabiya, t.II, p. 119.

[13] Ibn Sa’d, at-Tabaqat al-Koubra, t.II, p.77 et p.p. suivantes.

[14] Zad al-Mi‘ad, t.II, p. 191.

[15] As-Sirah al-Halabiya, t.II, p.120.

[16] Sirah Ibn Hisham.

[17] Sirah Ibn Hisham, t.II, p.241.

[18] As-Sirah al-Halabiya, t.II, p.120.

[19] As-Sirah al-Halabiya, t.II, p.120.

[20] Sirah Ibn Hisham, t.II, p.242.

[21] Ibn Ishaq, Sirah Ibn Hisham, t.II, p.243.

 

Views: 0