SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

Le pacte d’alliance
 
Le pacte d’alliance entre les Juifs et les Musulmans recommandait clairement aux deux parties de participer à la défense commune de Médine en cas d’attaque extérieure, comme il stipulait le respect mutuel et la coexistence pacifique.
 
Par conséquent, les Banou Qouraydah auraient dû participer à la défense de Médine au côté des Musulmans quand les troupes ennemies de Qouraysh et Ghatafan vinrent assiéger la ville et qu’ils fussent partie intégrante de l’armée musulmane. Mais, ils firent le contraire de ce qu’ils signèrent et se découvrirent comme étant les plus irréductibles ennemis de l‘Islam à un moment crucial où un grave danger menaçait le Prophète et tous les Musulmans ; ils déchirèrent le pacte d’alliance et se joignirent aux Coalisés, coupant ainsi tous les liens avec les Musulmans, et ce, malgré la tentative de réconciliation de leurs alliés Aws. Ils s’affichèrent alors comme la cinquième colonne de la coalition.
 
Le siège que les Musulmans imposèrent donc aux Banou Qouraydah et la reddition de ces derniers fut le prolongement du bras-de-fer du Fossé après que Coalisés se retirèrent du champ de bataille.

 
La sentence divine
 
Après ces évènements, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) préféra laisser son armée se reposer quelques temps puisque les Musulmans furent durement éprouvés par le siège des Coalisés et souffrirent de la faim, du froid et des nuits interminables sans sommeil cependant, l’ordre exprès qui descendit du Ciel lui demanda de marcher immédiatement avec ses hommes sur les Banou Qouraydah.
 
Sur cet évènement, al-Bayhaqi rapporta le témoignage de ‘Ayshah (radhiyallahou ‘anha), la Mère des Croyants, qui dit : « Alors que nous étions (elle et le Prophète) chez nous, un homme lanca le Salut ce qui fit sortir le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Je vis alors un homme sur un cheval et le Prophète (radhiyallahou ‘anha) qui lui parlait. Quand le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) revint, je lui demandai qui était-il. Il me répondit que c’était Jibril (‘aleyhi salam) qui lui ordonnait de marcher sur les Banou Qouraydah. »
 
Ibn Ishaq rapporta : « Quand le jour se leva, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) quitta le Fossé et regagna Médine. Les Musulmans avaient déjà rangé leurs armes.
A midi, Jibril vint chez le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et lui dit : « O Messager d’Allah, viens-tu de déposer les armes ? »
– « Oui, » répondit le Prophète.
– « Les anges n’ont pas encore déposé les armes, » dit Jibril, « je ne suis revenu que sur l’ordre d’Allah qui t’ordonne de marcher sur les Banou Qouraydah. »
 
Devant cet ordre pressant venant d’Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) n’eut d’autre choix que de l’appliquer et il demanda à Bilal Ibn Rabah d’appeler les gens : « Celui qui entend et qui obéit ne doit faire la prière de ‘Asr que devant les Banou Qouraydah. » Les Musulmans répondirent tous à l’appel, prirent leurs armes et se dirigèrent, groupes par groupes, vers les Banou Qouraydah.
Quant au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), il saisit ses armes puis monta sur son cheval nommé al-Lajif et avant de gagner le front, désigna Ibn Oum Maktoum comme émir de Médine puis donna l’étendard de l’armée à ‘Ali Ibn Abou Talib, le même étendard sous lequel combattirent les Musulmans au Fossé, et lui donna l’ordre de précéder le gros des troupes ce que fit aussitôt ‘Ali avec un détachement de combattants et devant les murs des Banou Qouraydah, il planta l’étendard et attendit l’arrivée du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et des autres combattants.
 
Cette réaction des Musulmans ne fut pas une surprise pour les Banou Qouraydah dont les habitations se situaient au sud-est de Médine, à quelques miles et qui s’attendaient à un règlement de compte après leur déclaration de guerre et leur trahison en faveur des Coalisés.
 
Retranchés derrière leurs murs, les Banou Qouraydah insultèrent alors le gendre du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) puis continuèrent à proférer les pires insultes et les plus extrêmes insanités sur le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et ses femmes (radhiyallahou ‘anhoun) mais n’eurent pour simple réponse des Musulmans que la réplique de ‘Ali Ibn Abou Talib (radhiyallahou ‘anhou) : « Le sabre nous départagera ! »
 
Quand ‘Ali Ibn Abou Talib aperçut au loin le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui arrivait sur son cheval, il partit rapidement à sa rencontre afin de l’empêcher d’approcher et d’entendre ainsi les injures des Juifs désormais assiégés. Il lui dit :
– « O Messager d’Allah, ne te donne pas la peine de te rapprocher de ces grossiers. »
– « Tu les as entendus m’insulter, n’est-ce pas » demanda gentiment le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ?
– « Oui, Messager d’Allah, » répondit ‘Ali.
– « Lorsqu’ils me verront, ils cesseront, « lui dit le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). »
 
Et il continua d’avancer avec son état-major. Quand il se rapprocha à une distance d’où les assiégés pouvaient l’entendre, il leur lança : « Allah Exalté ne vous a-t-Il pas avili ? N’a-t-Il pas descendu Sa vengeance sur vous ? »
Aussitôt, la chape de plomb du désastre tomba sur les Banou Qouraydah qui saisirent alors le sens de la gravité de l’erreur qu’ils perpétrèrent au profit des Coalisés ; encerclés et seuls devant les Musulmans, ils ne surent quoi faire dans une telle situation. Ils devinrent tellement désemparés qu’ils entamèrent un semblant de plaidoyer avec le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), nièrent avoir proféré des insultes et des insanités et essayèrent de le prendre par les sentiments. Peut-être avaient encore en tête la tentative réussie de ‘AbdAllah Ibn Oubay l’hypocrite. Ils s’attardèrent ainsi longuement sur les flatteries et les propos apaisants pour camoufler le rappel cuisant de la délégation des Musulmans venus leur demander de respecter leurs engagements militaires, comme le stipulait le pacte d’alliance mais qu’ils rejetèrent.
 
Les Banou Qouraydah, se rappelèrent-ils en ce moment décisif, les conseils et les avertissements des quatre sages de Qouraydah qui leur demandèrent auparavant de ne pas écouter Houyay Ibn ‘Akhtab et de ne pas trahir la parole donnée et le dernier conseil de ‘Amrou Ibn Sou’da qui les exhorta à embrasser l’Islam ?
 
‘Amrou Ibn Sou’da, un de leur sage seigneur essaya, dès le départ des Coalisés, de sauver les siens d’une débâcle certaine. Dans une réunion à laquelle il appela tous les seigneurs et notables qouraydi, il leur dit après leur avoir reproché la violation du pacte et leur avoir rappelé son conseil de ne pas trahir le Prophète : « O Banou Qouraydah, j’ai assisté à des leçons ; j’ai vu les maisons de nos frères (les Banou an-Nadr) désertes après la grandeur, l’honneur, ils abandonnèrent tous leurs biens, qui sont maintenant la propriété des autres et partirent dans le déshonneur. »
Puis, il leur confirma (en tant que savant de la Torah) que quiconque devenait l’ennemi du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) était perdant : « Non ! Par la Torah. Celui-là (le Prophète) n’est imposé sur des gens que parce qu’Allah Exalté veut d’eux une chose. Il a déjà défait les Banou Qaynouqa’ bien qu’ils étaient des guerriers bien équipés et des hommes de courage. Aucun d’eux ne sortit sa tête excepté au moment de l’abdication. » Puis, il les appela à embrasser l’Islam afin de leur sauver la vie : « O gens. Vous avez vu ce que vous avez vu. Ecoutez-moi donc et obéissez. Venez et suivons Muhammad. Par Allah Exalté, vous savez bien que c’est un Prophète dont nos savants nous ont annoncé la nouvelle. »
Il se tourna ensuite vers Ka’b Ibn ‘Assad et lui dit : « Par la Torah qu’Allah fit descendre sur Moussa, c’est pour la grandeur et l’honneur dans ce bas monde (la conversion à l’Islam) ! »
Et, pendant que ‘Amrou Ibn Sou’da parlait à l’assemblée, les premiers groupes des combattants musulmans arrivèrent sous les murs des Banou Qouraydah. Alors, il abrégea son discours en disant : « C’est ce dont je vous ai parlé. Je vous ai averti. »
Dans une dernière tentative, il leur avança une proposition afin de les sauver. Il leur dit : « Vous vous êtes déclarés contre Muhammad et je n’ai pas participé à votre trahison. Si vous refusez d’embrasser sa religion, restez sur la religion juive et donnez-lui la Jizyah. Mais, par Allah, je ne sais s’il va l’accepter. »
 
Les Banou Qouraydah, bien entendu, n’écoutèrent pas ‘Amrou Ibn Sou’da et rejetèrent même toutes ses propositions. Chaque issue de secours, raisonnable du point de vue de ‘Amrou Ibn Sou’da, fut jugé irréaliste par les autres seigneurs juifs et chacun d’entre eux, alla au-devant de son destin.
‘Amrou Ibn Sou’da, qui se rendit compte, après sa démarche, de l’entêtement des chefs, se remit en définitive à l’évidence et exprima son désaccord et sa désapprobation en se séparant de sa tribu.
 
Dans la Sirah d’Ibn Hisham, Ibn Ishaq rapporta à propos du départ de ‘Amrou Ibn Sou’da : « ‘Amrou Ibn Sou’da al-Qouraydi sortit et passa devant une patrouille musulmane commandée cette nuit-là par Muhammad Ibn Maslamah. Quand ce dernier le vit, il l’interpella : « Qui va là ? »
– « Je suis ‘Amrou Ibn Sou’da. »
‘Amrou Ibn Sou’da qui refusa de participer avec les Banou Qouraydah dans leur trahison du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) leur avait dit : « Je ne trahirai jamais Muhammad. »
Muhammad Ibn Maslamah le laissa passer et ce Juif sage passé la nuit dans la mosquée du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à Médine puis quitta le pays.  
 
Quand le Prophète  (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) fut informé de son histoire, il dit : « Cet homme a été sauvé par Allah Exalté, grâce à sa loyauté[1]. »

 
Le siège des Banou Qouraydah
 
Quant aux Banou Qouraydah, prêts pour le siège, ils firent face aux Musulmans retranchés derrière leurs murs fortifiés mais cette fois, les rôles inversés par ceux qui, il y avait encore quelques heures à peine, étaient assiégés et menacés d’extermination par des milliers de coalisés.
 
Durant les vingt premières nuits du siège, les Banou Qouraydah résistèrent résolument sous la pression soutenue des Musulmans néanmoins, leur ardeur diminua graduellement sous les effets de la fatigue et de l’angoisse.
 
Avec le siège qui leur parut indéfini, ils se convainquirent à l’idée que les Musulmans ne se retireraient qu’après leur abdication bien qu’ils eurent toutes les capacités matérielles qui leur permettraient de résister longtemps (fortification, vivres, eau, armes) cependant, tous ces moyens matériels ne purent enrayer la peur, l’angoisse et la panique qui se glissèrent dans leur cœur et anéantirent leurs volontés ; des éléments qui furent décisifs dans un très grand nombre de bataille tout au long de l’Histoire.
 
S’attaquer aux femmes et aux enfants désarmés est le comble de la lâcheté, trahir son allié au moment décisif est une trahison impardonnable sous toutes les lois militaires mais ils n’eurent aucun scrupule à le faire. Allaient-ils tenter au moins une sortie honorable les armes à la main pour affronter en hommes les Musulmans, eux qui se targuaient d’être de puissants combattants ?
 
Dans cette situation pénible à supporter, les Banou Qouraydah se retrouvèrent contraints de chercher une solution qui les sortirait de cette impasse et qui sauvegarderait peut-être leurs vies. Ka’b Ibn ‘Assad proposa aux seigneurs et notables une réunion chez lui afin d’évaluer leur situation militaire et d’échanger les points de vue sur de possibles issues devant la grave crise que subissaient tous les Banou Qouraydah.
 
La réunion eut donc lieu en présence de tous les seigneurs et notables ainsi que de Houyay Ibn Akhtab, le célèbre seigneur Nadri qui organisa la campagne des Coalisés.
Ka’b Ibn ‘Assad se rappela-t-il de la chronologie des évènements qui aboutirent à leur siège quand il vit près de lui Houyay Ibn Akhtab, l’instigateur de cette machination ? Eut-il en ces moments difficiles la force d’oublier l’instant quand ce dernier vint frapper à sa ports et son refus de lui ouvrir parce qu’il savait ce qui se préparait contre le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et l’Islam ? Oublia-t-il son revirement puis son consentement de la violation du pacte lors de la réunion dans laquelle Houyay Ibn Akhtab réussit à les persuader de soutenir les Coalisés ? Pourquoi ne livra-t-il pas au Musulmans l’auteur de ce complot ?
 
Dans cette réunion, il leur dit : « O Juifs, vous voyez ce qui est tombé sur vous comme malheur. Je n’ai pas aimé la violation du pacte. » Puis, il se tourna vers Houyay Ibn Akhtab, et en le montrant du doigt, enchaina : « Les difficultés et le malheur ne sont venus que de cet homme. »
Houyay Ibn Akhtab, était chez les Banou Qouraydah parce qu’il leur avait promis, après la violation du pacte, de rester avec eux afin de subir le même sort, si jamais l’invasion échouait contre les Musulmans.
Puis Ka’b Ibn ‘Assad continua son intervention et leur proposa d’adopter l’une des trois propositions suivantes pour sauver la situation :
1. Embrasser l’Islam
2. Mener une attaque suicide contre les Musulmans après avoir tué toutes les femmes et les enfants.
3. Surprendre les Musulmans par une offensive un samedi, (le samedi est un jour férié où les Juifs n’exercent aucune activité).
Mais les Juifs refusèrent toutes ces propositions.
 
Ka’b Ibn Assad leur dit : « O Banou Qouraydah, vous rappelez-vous ce qu’Ibn Kharash (un de leurs anciens rabbins) vous a dit à propos du Prophète qui sortirait de ce village ? Il vous dit de le suivre et de le défendre et qu’ainsi vous seriez croyants aux deux Livres, le premier et le dernier. » Puis, il les appela à embrasser l’Islam en leur disant : « Par Allah, il s’est révélé devant vous qu’il est un Prophète envoyé et vous le trouverez dans votre Livre. En vérité, ce qui nous empêche seulement de le suivre est qu’il est d’origine arabe. Suivez-le, et vous sauverez vos vies, vos biens et vos femmes. »
– « Non, nous ne nous séparerons jamais de la loi de la Torah et nous ne la remplacerons pas par quoi que ce soit d’autre, » lui répondirent-ils.
Alors, il avança la seconde proposition : « Alors tuons nos enfants et nos femmes puis sortons avec nos armes combattre Muhammad et ses Compagnons jusqu’à ce que Allah Exalté décide entre nous et Muhammad. Si nous périssons, nous n’aurons rien laissé derrière nous a craindre et si nous sortirons victorieux, nous trouverons d’autres femmes et nous aurons d’autres enfants.
– « Tuerons-nous ces pauvres ! Quel gout aura notre vie après leur mort, » dirent-ils avec stupeur, signifiant par là qu’ils refusaient aussi cette deuxième proposition.
– « Si vous refusez aussi celle-ci, leur dit Ka’b, alors profitons de cette nuit, car c’est la nuit du Samedi. Nous avons une chance de prendre Muhammad et ses Compagnons par surprise.
– « Tu veux rendre notre Samedi funeste pour nous ! Tu veux que nous y introduisons une nouveauté qui n’a été introduite par personne avant nous sauf par ceux que tu connais ?, » signifiant ainsi qu’ils rejetaient de même la dernière proposition de leur seigneur[2].
 
 
A l’extérieur du fortin, les Musulmans maintinrent le siège surement et patiemment sans fléchir un seul moment bien qu’ils venaient de sortir d’une pénible épreuve.
La surveillance était constante et la pression montait chaque jour au point que les Banou Qouraydah furent pris de panique et trouvèrent le siège insupportable. A ce moment précis, ils décidèrent d’entamer des contacts avec le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) dans le but de trouver une solution profitable pour eux, leur dernière carte.
 
Quand le siège devint donc insupportable, les seigneurs juifs essayèrent, plusieurs fois d’arracher du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) une garantie suffisante pour qu’ils puissent quitter Yathrib.
 
La première tentative fut celle de Nabbash Ibn Qays qui vient trouver le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) dans son poste de commandement aménagé pour la circonstance près d’un puits nommé Anni, et qui lui dit que les Banou Qouraydah étaient prêts à quitter la région avec leurs femmes, leurs enfants et ce que pouvaient transporter les chameaux (sauf les armes) laissant aux Musulmans en contrepartie tous leurs biens restants de la même façon que les Banou an-Nadr qui s’exilèrent après la bataille d’Ouhoud.
Mais, cette fois, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) refusa catégoriquement la proposition et lui dit qu’il n’accepterait  rien d’autre excepté la capitulation pure et simple et sans condition de tous les Qouraydi.
Toutefois, et malgré l’exigence clairement exprimée, ils envoyèrent une seconde fois Nabbash Ibn Qays avec une nouvelle proposition, une pale modification de leur véritable idée qui consistait à troquer leur liberté contre leurs richesses, alors qu’en vérité le combat réel était la conséquence directe de leur tentative d’exterminer les Musulmans.
 
Nabbash Ibn Qays dit au Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) que les siens ne demandaient désormais que de quitter Yathrib et de laisser derrière eux tous leurs biens aux Musulmans. Cette fois aussi, la réponse ne se fit pas attendre et le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) rejeta catégoriquement la proposition et réitéra de nouveau son exigence : la capitulation sans condition.
 
Quand cette réponse parvint aux Qouraydi ils paniquèrent quand leurs appréhensions se dessinèrent clairement sous leurs yeux et sentirent leurs chances se rétrécir et la sortie de secours s’éloigner. Dans cette situation, les seigneurs et les notables des Banou Qouraydah ne surent pas quoi faire.
Peut-être envisagèrent-ils la question de leur survie sous tous les aspects et d’une possible aide externe mais qui pourrait les assister en cette heure difficile ? Qouraysh, Ghatafan ? Impossible car ils savaient que le siège qui les accablait était le résultat de la colère et du sentiment de vengeance pour les avoir assisté contre les Musulmans. Des Banou an-Nadr à Khaybar ? Non plus car ils savaient que ces derniers étaient affaiblis et terrifiés surtout après la manière dont ils quittèrent Médine.
Donc l’idée de demander de l’aide et le secours à ces tribus n’effleura même pas leur esprit et seules deux alternatives étaient envisageables après les échecs successifs de leurs tentatives :
a – Engager une bataille décisive où la parole serait donnée aux armes.
b – Ou se rendre sans condition comme l’exigea le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).
 
Les Banou Qouraydah ne concrétisèrent pas la première alternative car ils n’eurent le courage suffisant qui leur auraient permis de passer à l’action comme ils refusèrent de passer à l’action quand Ka’b Ibn ‘Assad leur eut demandé. S’attaquer à des femmes, des enfants et des vieillards désarmés était relativement aisés mais s’attaquer aux Musulmans en furie après leur trahison était une autre paire de manche et en définitive, ils n’eurent d’autre choix que de déposer les armes et s’en remettre à la décision du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) mais, avant de déclarer officiellement leur abdication, les Banou Qouraydah essayèrent une dernière fois de marchander et demandèrent au Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) de leur envoyer Abou Loubabah parler avec eux. Ce que leur accorda le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). En effet, Abou Loubabah était leur allié et avait ses biens et son fils dans leur région. En le choisissant, ils espérèrent que ce dernier plaiderait leur cause.

 

 

[1] Sirah Ibn Hisham, t.II, p.237.

[2] Sirah Ibn Hisham, t.II, p.237

 

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