SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

L’opposition des Juifs de Yathrib
 
Les Juifs de Yathrib, des gens du Livre (la Torah) qui pourtant appelle leurs hommes à adorer Allah Exalté l’Unique, exprimèrent de vives oppositions à l’Islam, après l’arrivée du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à Médine bien qu’ils signèrent avec les Musulmans un pacte de coexistence pacifique et de défense commune au profit des deux communautés.
 
Par la suite, et à la lumière des évènements sanglants qui se produisirent, ce pacte s’avéra une tactique adoptée par les Juifs pour gagner du temps, sinon à imiter, dans la forme seulement, leurs anciens alliés respectifs, les Aws et les Khazraj qui venaient juste de prêter secrètement allégeance au Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).
 
Par cette alliance signée avec le Prophète, les Juifs allaient cacher momentanément leurs véritables opinions mais leur impatience les poussa vite à les exprimer publiquement. Ils usèrent, dans cette première étape, de moyens subtils dans le but de semer le doute parmi la population musulmane de Médine ; d’abord, par l’exploitation de situations subites ensuite par l’intermédiaire de débats d’idées entre le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et leurs rabbins puis enfin par la provocation de guerres tribales entre les tribus alliées au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Quand ils constatèrent l’échec de leurs différentes tentatives de dévalorisation du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), ils passèrent à une étape, l’affrontement armé frontal ou indirect par l’intermédiaire de tribus coalisées, dans le but, cette fois, non d’isoler le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) mais de le tuer ainsi que tous les Musulmans avec lui.
 
Voici quelques exemples de leurs nuisances contre le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et sa noble mission :
1. Un jour, la chamelle du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se perdit dans les environs de Médine. Par conséquent, quelques Musulmans partirent à sa recherche et profitant de l’occasion, Zayd Ibn al-Lasit (un Juif qui se disait converti à l’Islam) dit en se moquant du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et de la Prophétie : « Muhammad prétend que les nouvelles lui viennent du Ciel alors qu’il ne sait pas où se trouve sa chamelle, » disant cela pour faire douter les Croyants qui avaient reconnu Muhammad en tant que Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).
Quand le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) sut ce qu’avait dit ce Juif, il dit à son tour : « Quelqu’un a dit que Muhammad prétendait avoir les nouvelles du Ciel et qu’il ne savait pas où était sa chamelle… Je lui réponds. Par Allah Exalté, je ne sais que ce qu’Allah Exalté m’apprend et Il m’a montré où elle est. Elle est dans ce défilé, retenue par les fruits d’un arbre. » On la retrouva effectivement à l’endroit indiqué par le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et la moquerie du Juif eut une conséquence à celle qu’il visait.
 
2. Quand la Qibla changea de direction, de Jérusalem vers La Mecque, les Juifs essayèrent d’exploiter cet évènement par une manœuvre sournoise.
Un groupe de seigneurs juifs, Rafi’a Ibn Qays, Qardam Ibn ‘Amr Ibn al-Ashraf, Kinana Ibn ar-Rabi’ et d’autres vinrent chez le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et lui dirent : « O Muhammad. Qui t’a fait changer ta qibla que tu respectais avant alors que tu prétends être de la communauté d’Ibrahim ? » Puis ils enchainèrent pour le corrompre et le pousser à désobéir à Allah Exalté : « Reviens à ta qibla que tu respectais et nous te suivrons et te reconnaitrons. » Mais le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ne tomba pas dans leur piège et déjoua leur manœuvre.
Allah Exalté alors fit descendre : « Les faibles d’esprit parmi les gens vont dire : Qui les a détournés de la direction (Qibla) vers laquelle ils s’orientaient auparavant ? – Dis : « C’est à Allah qu’appartiennent le Levant et le Couchant. Il guide qui Il veut vers un droit chemin. » Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes pour que vous soyez témoins aux gens, comme le Messager sera témoin à vous. Et Nous n’avions établi la direction (Qibla) vers laquelle tu te tournais que pour savoir qui suit le Messager (Muhammad) et qui s’en retourne sur ses talons. C’était un changement difficile, mais pas pour ceux qu’Allah guide. Et ce n’est pas Allah qui vous fera perdre [la récompense de] votre foi, car Allah, certes est Compatissant et Miséricordieux pour les hommes. Certes nous te voyons tourner le visage en tous sens dans le ciel. Nous te faisons donc orienter vers une direction qui te plaît. Tourne donc ton visage vers la Mosquée sacrée. Où que vous soyez, tournez-y vos visages. Certes, ceux à qui le Livre a été donné savent bien que c’est la vérité venue de leur Seigneur. Et Allah n’est pas inattentif à ce qu’ils font. Certes si tu apportais toutes les preuves à ceux à qui le Livre a été donné, ils ne suivraient pas ta direction (Qibla) ! Et tu ne suivras pas la leur ; et entre eux, les uns ne suivent pas la direction des autres. Et si tu suivais leurs passions après ce que tu as reçu de science, tu seras, certes, du nombre des injustes. Ceux à qui nous avons donné le Livre, le reconnaissent comme ils reconnaissent leurs enfants. Or une partie d’entre eux cache la vérité, alors qu’ils la savent ! La vérité vient de ton Seigneur. Ne sois donc pas de ceux qui doutent. » (Qur’an 2/142-147)
 
3. Une autre fois, ils tentèrent de le faire attester que les Juifs étaient sur la bonne voie. Ils lui posèrent donc la question suivante : « Muhammad. Ne prétends-tu pas que tu es de la communauté d’Ibrahim, que tu appliques aussi sa religion, et que, de plus, tu crois en ce que nous avons de la Torah, et, qu’enfin tu attestes qu’elle vient d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ? »
– « Oui, » répondit le Prophète, « mais vous l’avez falsifié, vous avez renié ce que vous avez promis à Allah Exalté. De plus, vous avez caché ce qu’Allah Exalté vous a ordonné de dire aux gens. La Torah se lave donc de vos falsifications. »
– « Nous suivons ce que nous avons entre nos mains, » lui dirent-ils, « nous sommes sur la bonne voie. Nous ne te reconnaissons pas et nous ne suivrons pas. »
Allah Exalté fit donc descendre ce verset : « Dis : Ô gens du Livre, vous ne tenez sur rien, tant que vous ne vous conformez pas à la Thora et à l’Evangile et à ce qui vous a été descendu de la part de votre Seigneur. Et certes, ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur va accroître beaucoup d’entre eux en rébellion et en mécréance. Ne te tourmente donc pas pour les gens mécréants. » (Qur’an 5/68)
 
4. Les Juifs firent dire au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ce qu’il n’avait pas dit et inventèrent des mensonges.
Alors d’un débat organisé par le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) auquel assistèrent des rabbins de Médine et des Chrétiens de Najran, un rabbin juif lui dit après qu’il appela ses interlocuteurs à l’Islam : « Veux-tu de nous, ô Muhammad, que nous t’adorons comme font les Chrétiens avec Jésus, fils de Marie ? »
Sur cette question surprenante, un des Chrétiens interrogea le Prophète sur le bien-fondé de sa mission et le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) démenti clairement cette ridicule prétention.
 
5. Dans leur entêtement à piéger le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ou à le montrer aux yeux des Musulmans comme un incapable ou un ignorant, les Juifs osèrent lui demander la date de la fin du monde. Jabal Ibn Abou Qashour et Shamwil Ibn Zayd lui posèrent la question : « Ils t’interrogent sur l’Heure : « Quand arrivera-t-elle ? » Di s: « Seul mon Seigneur en a connaissance. Lui seul la manifestera en son temps. Lourde elle sera dans les cieux et (sur) la terre et elle ne viendra à vous que soudainement. Ils t’interrogent comme si tu en étais averti. » Dis : « Seul Allah en a connaissance. Mais beaucoup de gens ne savant pas ». » (Qur’an 7/187)
 
6. Dans une réunion à Dar al-Midras (un lieu de réunion juif), le Prophète appela les rabbins à embrasser l’Islam.
– « O Muhammad, tu suis quelle religion, » l’interrogèrent-ils alors ?
– « La religion d’Ibrahim, » répond-il.
– « Mais Ibrahim était Juif, » reprirent-ils.
– « Alors apportez la Torah, elle sera l’arbitre entre nous, » leur dit le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) mais ils refusèrent bien évidemment de montrer la Torah.
Allah Exalté fit descendre alors le verset : « N’as-tu pas vu comment agissent ceux qui ont reçu une part du Livre, et qui sont maintenant invités au Livre d’Allah pour trancher leurs différends ; comment un groupe des leurs tourne le dos et s’esquive ? » (Qur’an 3/23)
 
7. Les Juifs projetèrent de marchander avec le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) toujours à propos des préceptes de l’Islam mais, ils furent encore démasqués par le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).
Quatre de leurs rabbins, Ka’b Ibn Assad, Ibn Salouba, ‘AbdAllah Ibn Souraya et Shas Ibn Qays, contactèrent le Prophète et discutèrent avec lui sans qu’ils eussent gain de cause.
– « O Muhammad, tu nous connais que nous sommes les rabbins des Juifs, leurs nobles, et leurs seigneurs. Si nous te reconnaissons, les nôtres suivront. Seulement, il y a quelque différend entre nous et une partie de notre communauté. Si nous te nommons juge pour trancher ce différend et que tu nous donneras gain de cause, nous croirons en ce que tu dis, et nous te reconnaitrons comme le messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). » Mais, le Messager (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) refusa leur vile marchandage.
Allah Exalté fit descendre, à l’occasion de cette tentative, le verset : « Juge alors parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne tentent de t’éloigner d’une partie de ce qu’Allah t’a révélé. Et puis, s’ils refusent (le jugement révélé) sache qu’Allah veut les affliger [ici-bas] pour une partie de leurs péchés. Beaucoup de gens, certes, sont des pervers. » (Qur’an 5/49)
 
8. Les Juifs furent tellement irrités par les réponses du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qu’ils devinrent à leur tour irritants. Une fois, ils provoquèrent le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) de telle sorte qu’il s’énerva et polémiqua avec eux. A l’occasion de ce débat, des rabbins lui dirent : « O Muhammad, Allah Exalté a créé l’existence. Mais qui a créé Allah ? « Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) s’emporta et ne fut calmé que par Jibril, d’après Ibn Ishaq. Puis descendit la Sourate Le monothéisme pur (al-Ikhlas) : « Dis : « Il est Allah, Unique. Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons. Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus. Et nul n’est égal à Lui. » (Qur’an 112)
 
Voilà donc quelques faits historiques parmi tant d’autres méfaits des Juifs pour contrarier le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et l’isoler des Musulmans récemment convertis cependant qui n’eurent aucun résultat.
 
Les échecs répétés de leurs manœuvres dans le domaine religieux leur démontrèrent qu’il leur était inutile de continuer dans cette voie et qu’il leur serait plus profitable d’activer un autre plan ; l’incitation aux troubles et aux inimités entre les Aws et les Khazraj (voir la bataille de Badr), l’affrontement armé ainsi que la tentative d’assassinat du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).
 
Le cours des évènements durant les cinq années du conflit multiforme entre les Musulmans et les Juifs fournit des preuves accablantes quant aux véritables intentions de ces derniers ; attendre les occasions propices pour écraser les Musulmans avec les Banou Qaynouqa’ après le semi-échec d’Ouhoud, les Banou an-Nadr avec la tentative d‘assassinat du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et les Banou Qouraydah lors du siège des Coalisés. Tous ces Juifs intentèrent violemment à la sécurité de la jeune communauté musulmane, malgré le pacte qui garantissait aux deux communautés la liberté du culte, la sauvegarde des biens et la défense commune le Médine.
 
Malgré toutes ces tentatives, les Musulmans ne ressentirent aucune animosité envers leurs voisins juifs bien qu’ils eurent la possibilité de les éliminer après chaque conflit armé qui les avaient opposés. Les sièges imposés aux Banou Qaynouqa’ et aux Banou an-Nadr ne durèrent pas plus d’un mois. Quant à a punition des Banou Qouraydah, elle eut lieu juste après la levée du siège des Coalisés et fut la conséquence directe de leur trahison du pacte d’alliance et leur ralliement avec les Coalisés.

 

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