SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

Le complot des Juifs

 Le difficile siège des Coalisés et comme il l’a été précédemment mentionné fut certes une agression arabe qourayshi et ghatafanit mais aussi juive dans son essence de par le financement effectif, les promesses séduisantes, les objectifs immédiats et lointains.
 
Les Juifs, par la force colossale des Coalisés, espéraient occuper Médine, battre les Musulmans à plate couture et détruire complètement l’Islam dans son fief. C’est ce point crucial qui unit les Coalisés sous le même étendart selon un plan bien conçu et bien mis au point par leurs stratèges.
 
Qouraysh, l’ennemi traditionnel des Musulmans, eut bien évidemment sa part de responsabilité dans la coordination de cette agression pour la bonne raison que les polythéistes Mecquois durent se rendre à l’évidence qu’ils ne pouvaient plus concrétiser seuls leur but, malgré leur courte victoire temporaire à Ouhoud, vite effacée par leur retrait du champ de bataille.
Si les Qouraysh en usant de leur puissance purent au début du conflit malmener et terroriser à La Mecque les premiers adeptes de l’Islam et le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) en profitant de 1eur faiblesse, ils les poussèrent aussi à s’exiler mais les Juifs, pour leur part, bien que cultivant leur haine pour l’Islam et son Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), ne purent faire de même car ce dernier, avant de s’installer à Médine, avait déjà formé un front militaire, constitué des tribus qahtani, les Aws et les Khazraj, qui permit de prévenir toute opération militaire subversive.
Bien qu’installée depuis longtemps, la communauté juive fondamentalement raciste ne sut jamais s’intégrer avec les Arabes, ou plutôt ne le voulut pas, et c’est peut-être à cause de cela qu’elle resta minoritaire mais très influente par son or et son argent.
Tout ce que tentèrent les Juifs contre la communauté de l’Islam se résuma à des machinations dans le but de diviser les Musulmans ainsi que des désobéissances qui avortèrent lamentablement, la dernière étant la tentative d’assassinat du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) par les Banou an-Nadr.
 
Ces derniers, humiliés, précipitèrent eux-même les évènements afin de concrétiser leur grand dessein qui était la destruction totale de la communauté de l’Islam, responsable, à leurs yeux, de la chute de leur pouvoir dans le principal centre de l’Arabie. Dès leur arrivée à Khaybar, leurs notables organisèrent réunion après réunion, jusqu’à l’élaboration finale du plan qui consistait à réunir le plus grand nombre de tribus arabes, particulièrement celles du Najd, de Kinana ainsi que de Qouraysh et les lancer sur Médine.
Le résultat direct de ce plan fut la constitution par l’assemblée des notables juifs d’une délégation qui eut pour mission de persuader les tribus arabes. Cette délégation se composait de :
– Houyay Ibn Akhtab, président,
– Sallam Ibn Abou al-Houqaya, membre,
– Houtha Ibn Qays al-Wa’ily, membre et,
– Abou ‘Amir, membre qui fut aussi le commandant du groupe des traitres d’Aws qui se retièrent lors de la bataille d’Ouhoud.
 
Cette délégation quitta Khaybar au début du mois de Sha’bane 04, soit une année après la bataille d’Ouhoud et seulement quatre mois après l’explusion de leur communauté de Médine, et se dirigea vers La Mecque en premier lieu bien que les tribus de Ghatafan au Najd se situaient plus près d’elle que les tribus du Hijaz.
 
Les cinq Juifs contactèrent donc d’abord les seigneurs de Qouraysh à qui ils exposèrent leur plan de constitution d’une union militaire tribale dont la mission serait la destruction de la jeune communauté musulmane.
A Dar an-Nadwa, les seigneurs qourayshi étudièrent la proposition juive en présence de la délégation, pour l’adopter enfin. Tout au début, des discussions, Abou Soufyan Ibn Harb, le commandant de l’armée mecquoise, leur souhaita la bienvenue et leur exprima la joie de Qouraysh : « Bienvenue parmi nous… Des gens, vous êtes les plus aimés de nous parce que vous nous appuyez contre Muhammad[1]. »
 
Puis, les Qouraysh demandèrent l’avis des Juifs sur l’Islam et l’Idolatrie car ils étaient des gens du Livre qui connaissant la religion mieux que quiconque. Leur réponse démontra une fois de plus leur maitrise de l’art de la calomnie, de la manipulation et de l’usage du faux malgré la vérité qu’ils connaissaient depuis longtemps : «… au contraire, votre religion est meilleure que sa (Muhammad) religion, et vous avez plus de droit que lui parce que vous magnifiez cette demeure (la Ka’bah) en abreuvant, en sacrifiant, et en adorant ce qu’adoraient vos ancêtres. » Et ils ne s’arrêtèrent pas là mais allèrent jusqu’à se prosterner devant les idoles de Qouraysh pour satisfaire la demande des seigneurs qourayshi[2]. »
 
Les assurances données, la date de l’offensive fixée, les six juifs se dirigèrent vers les terres du Najd et parlementèrent avec les seigneurs des tribus de Ghatafan. Pour gagner leur adhésion au projet, ils les informèrent de la position de Qouraysh qui se préparait déjà à l’invasion.
Les plus importants pourparlers de la délégation juive se déroulèrent avec le seigneur ‘Ouyayna Ibn Hisn al-Fizari parce le plus puissant des tribus Ghatafani, (l’ « idiot obéi, » selon le témoignage du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), en présence de :
– Al-Harith Ibn ‘Awf, le seigneur des Banou Mourra,
– Abou Mas’oud Ibn Rakhila, le seigneur des Banou Ashj,
– Soufyan Ibn ‘Abd ash-Shams, le seigneur des Banou Soulaym et,
– Talha Ibn Khouwaylid, le seigneur des Banou ‘Asd.
Et, en définitive, les seigneurs des ces tribus ghatafani approuvèrent le projet juif aussi séduits par le plan d’invasion de Médine. La réunion se termina par un accord sur la concrétisation scrupuleuse de ce plan.
 
Les clauses de l’accord conclu par la délégation juive avec les seigneurs de Ghatafan stipulaient que :
1. Les forces ghatafani compteraient six mille hommes dans l’armée unifiée qui envahiraient Médine. 
2. Les Juifs, en contrepartie, verseraient aux tribus Ghatafani, la totalité de la production annuelle dattière de Khaybar.
 
Ainsi, la délégation obtint la réussite totale de sa mission et retourna chez elle satisfaite de son long périple et d’avoir ligué dix mille hommes entre Qouraysh et Ghatafan contre les Musulmans qui ne virent jamais une forces aussi nombreuse dans toutes les guerres qu’ils mènerent contre leurs ennemis. Qouraysh s’extasia quand la délégation juive l’informa du résultat de l’accord avec les tribus ghatafani qui ne cachèrent pas non plus leur enthousiasme de voir enfin leur désir se réaliser après ses essais infructeux.

 
La mobilisation
 
Les préparatifs, la mobilisation des hommes, l’organisation et le ravitaillement commencèrent alors aussitôt pour la réussite de l’opération et des objectifs.
Qouraysh mobilisa quatre mille hommes y compri ceux de ses alliés et son armée, dans cette invasion, fut la mieux organisé, la mieux armée et la mieux ravitaillée. Elle eut comme moyens de transport mille cinq cents chameaux ainsi qu’une cavalerie estimée à trois cents éléments.
A Dar an-Nadwa, les Qouraysh tissèrent leur drapeau et le confièrent à ‘Uthman Ibn Talha al-‘Abd ad-Dar, le commandement de l’armée à Abou Soufyan Ibn Harb al-Amawi et celui de la cavalerie à Khalid Ibn al-Walid al-Makhzoumi. Tout ceci exécuté comme depuis for longtemps selon un code établi et respecté par les tribus qourayshi dont les responaslilités étaient toujours répartis comme suit :
– Le commandement de l’armée revenait aux Banou Oumayyah,
– Le port du drapeau qourayshi et celui d’al-Hijaba aux Banou ‘Abd ad-Dar,
– As-Saqiya et al-Rifad aux Banou Hashim et,
– Le commandement de la cavalerie aux Bani Makhzoum.
 
Pour plus de détermination à mener la guerre contre le Messager d Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), cinquante hommes réprésentants les composantes de Qouraysh sortirent autour de la Ka’bah, faisant vœux en se collant à ses murs et en s’accrochant à ses couvertures. Ils se jurèrent mutuellement ainsi de ne pas s’humilier les uns les autres et d’être unis comme les doigts d’une seule main contre Muhammad tant que vivrait un seul homme[3].
 
Quant aux tribus Ghatafan, elles tinrent aussi leur promesse et mobilisèrent de leurs rangs et de leurs alliés six mille hommes sans toutefois avoir une ferme organisation comme celle de Qouraysh, lors des guerres et nommèrent quatre commandants, selon les principales tribus :
1. Les Banou Fizara commandés par ‘Ouyayna Ibn Hisn Ibn Houdayfah Ibn Badr,
2. Les Banou Asd commandés par Toulayha Ibn Khouwaylid,
3. Les Banou Ashja’ commandés par Mas’oud Ibn Roukhayla Ibn Nouwayra et,
4. Les Banou Mourra commandés par al-Harith Ibn ‘Awf.

 

Views: 0