SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

Al-Hashr

 

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

 

« Ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre glorifient Allah, et Il est le Puissant, le Sage. C’est Lui qui a expulsé de leurs maisons, ceux parmi les gens du Livre qui ne croyaient pas, lors du premier exode. Vous ne pensiez pas qu’ils partiraient, et ils pensaient qu’en vérité leurs forteresses les défendraient contre Allah. Mais Allah est venu à eux par où ils ne s’attendaient point, et lancé la terreur dans leurs coeurs. Ils détruisirent leurs maisons de leurs propres mains, autant que des mains des croyants. Tirez-en une leçon, ô vous êtres doués de clairvoyance.  Et si Allah n’avait pas prescrit contre eux l’expatriation, Il les aurait certainement châtiés ici-bas ; et dans l’au-delà ils auront le châtiment du Feu.

Il en est ainsi parce qu’ils se sont dressés contre Allah et Son messager. Et quiconque se dresse contre Allah… alors, vraiment Allah est dur en punition. Tout palmier que vous avez coupé ou que vous avez laissé debout sur ses racines, c’est avec la permission d’Allah et afin qu’Il couvre ainsi d’ignominie les pervers. Le butin provenant de leurs biens et qu’Allah a accordé sans combat à Son Messager, vous n’y aviez engagé ni chevaux, ni chameaux ; mais Allah donne à Ses messagers la domination sur qui Il veut, et Allah est Omnipotent.

Le butin provenant [des biens] des habitants des cités, qu’Allah a accordé sans combat à Son Messager, appartient à Allah, au Messager, aux proches parents, aux orphelins, aux pauvres et au voyageur en détresse, afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d’entre vous. Prenez ce que le Messager vous donne ; et ce qu’il vous interdit, absentez-vous en ; et craignez Allah car Allah est dur en punition. [Il appartient aussi] aux émigrés besogneux qui ont été expulsés de leurs demeures et de leurs biens, tandis qu’ils recherchaient une grâce et un agrément d’Allah, et qu’ils portaient secours à (la cause d’) Allah et à Son Messager. Ceux-là sont les véridiques.

Il [appartient également] à ceux qui, avant eux, se sont installés dans le pays et dans la foi, qui aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne ressentent dans leurs coeurs aucune envie pour ce que [ces immigrés] ont reçu, et qui [les] préfèrent à eux-mêmes, même s’il y a pénurie chez eux. Quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent. Et [il appartient également] à ceux qui sont venus après eux en disant : Seigneur, pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la foi ; et ne mets dans nos coeurs aucune rancoeur pour ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Très Miséricordieux. 

N’as-tu pas vu les hypocrites disant à leurs confrères qui ont mécru parmi les gens du Livre : Si vous êtes chassés, nous partirons certes avec vous et nous n’obéirons jamais à personne contre vous ; et si vous êtes attaqués, nous vous secourrons certes. Et Allah atteste qu’en vérité ils sont des menteurs. S’ils sont chassés, ils ne partiront pas avec eux ; et s’ils sont attaqués, ils ne les secourront pas ; et même s’ils allaient à leur secours, ils tourneraient sûrement le dos ; puis ils ne seront point secourus.

Vous jetez dans leurs coeurs plus de terreur qu’Allah. C’est qu’ils sont des gens qui ne comprennent pas. Tous ne vous combattront que retranchés dans des cités fortifiées ou de dernière des murailles. Leurs dissensions internes sont extrêmes. Tu les croirais unis, alors que leurs coeurs sont divisés. C’est qu’ils sont des gens qui ne raisonnent pas. Ils sont semblables à ceux qui, peu de temps avant eux, ont goûté la conséquence de leur comportement et ils auront un châtiment douloureux ; ils sont semblables au Diable quand il dit à l’homme : « Mécroit. » Puis quand il a mécru, il dit : « Je te désavoue car redoute Allah, le Seigneur de l’Univers. »

Ils eurent pour destinée d’être tous deux dans le Feu pour y demeurer éternellement. Telle est la rétribution des injustes. Ô vous qui avez cru ! Craignez Allah. Que chaque âme voit bien ce qu’elle a avancé pour demain. Et craignez Allah, car Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. Et ne soyez pas comme ceux qui ont oublié Allah ; [Allah] leur a fait alors oublier leur propres personnes; ceux-là sont les pervers. Ne seront pas égaux les gens du Feu et les gens du Paradis. Les gens du Paradis sont eux les gagnants.

Si Nous avions fait descendre ce Qur’an sur une montagne, tu l’aurais vu s’humilier et se fendre par crainte d’Allah. Et ces paraboles Nous les Nous les citons aux gens afin qu’ils réfléchissent. C’est Lui Allah. Nulle divinité autre que Lui, le Connaisseur de l’Invisible tout comme du visible. C’est Lui, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. C’est Lui, Allah. Nulle divinité que Lui ; Le Souverain, le Pur, L’Apaisant, Le Rassurant, le Prédominant, Le Tout Puissant, Le Contraignant, L’Orgueilleux. Gloire à Allah ! Il transcende ce qu’ils Lui associent. C’est Lui Allah, le Créateur, Celui qui donne un commencement à toute chose, le Formateur. A Lui les plus beaux noms. Tout ce qui est dans les cieux et la terre Le glorifie. Et c’est Lui le Puissant, le Sage. » (Qur’an 59/1-24)

 

La campagne de Dzzat ar-Rouqa’

 

La campagne de Dzat ar-Rouqa’, en Joumadah al-Oula 04, fut la quatrième expédition militaire menée par quatre cents combattants musulmans contre les tribus des Mouharib et des Banou Tha’labah de Ghatafan (dans le Najd).

 

Ce fut la deuxième fois que le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) marcha sur les tribus Ghatafan, la première après la bataille de Badr, au Lieu dit Dzou ‘Amr cependant, cette fois, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ne put les surprendre car ils étaient déjà prêts et s’apprêtaient à marcher sur Médine.

 

Les deux camps se firent face et chacun attendit qui allait commencer les hostilités mais, l’affrontement n’eut pas lieu car le camp polythéiste se retira le premier sans livrer bataille cependant, tous les objectifs visés par le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et ses Compagnons se réalisèrent comme semer la panique dans leurs rangs de ces tribus puis leur démontrer que toute attaque de Médine était voué à l’échec et que les Musulmans étaient en mesure de décider du champ de bataille même sur les terres de l’ennemi.

 

La campagne de Badr

 

La campagne de Badr, en Sha’bane 04, fut menée par le par le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et les Musulmans non seulement pour défier le centre de l’Idolatrie (La Mecque) mais pour honorer la parole donnée à Abou Soufyan à Ouhoud.

 

Les deux belligérants se préparèrent pour une seconde bataille, qui serait bien plus sanglante que la première bataille de Badr, vu que trois mille hommes de l’armée mecquoise et mille cinq cents hommes de l’armée médinoise allaient s’affronter. Mais Abou Soufyan, en tant que chef des troupes de La Mecque se détourna et revint à son point de départ avec toute son armée après avoir parcouru toute une distance et campé à ‘Ousfan ou les commandants se réunirent avec leur chef et décidèrent de revenir sur leurs pas, argant que l’année n’était pas bonne à cause de la sécheresse.

 

Toutefois, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et ses hommes attendirent huit jours à Badr et n’entrèrent à Médine qu’après s’être assurés du départ des Qouraysh. Leur retour à Médine, même sans livrer bataille, fut considéré non seulement comme une victoire mais effaça aussi les dernières sequelles du revers d’Ouhoud.

 

L’expédition de Damat al-Jandal

 

Au mois de Mouharram de l’année 04 de l’Hégire débuta l’expédition de Dama(t) al-Jandal qui dura environ cinquante jours. Mille combattants, commandés par le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se mirent en route, comme d’habitude suite au renseignement selon lequel les tribus de Dawmat al-Jandal, qui se situaient à l’extrême nord-ouest de l’Arabie, non loin de Damas, à seize nuits de marche de Médine, se préparaient à razzier les Musulmans.

 

Les troupes de Muhammad (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), pour surprendre leurs adversaires, se déplacèrent seulement de nuit. Cependant les tribus ne purent être surprises car elles furent alertées la veille de l’arrivée du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et tenaillés par la peur, ils se dispersèrent dans la nature, laissant le passage libre aux combattants musulmans qui prirent alors un nombre importants de moutons comme butin et restèrent des jours sur les lieux sans être inquiétés.

 

Les Banou al-Moustalaq

 

La dernière sortie fut dirigée contre les Banou al-Moustalaq dans le Hidjaz à 170 miles de Médine et dura presque tout le mois de Sha’bane 04. Cette fois, les Musulmans affrontèrent les Banou al-Moustalaq, dans la région de Qoudayd, près du littoral de la Mer Rouge qui renoncèrent après avoir perdu dix hommes.

Le butin, dont des captives, fut partagé entre les combattants après que le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) eut pris le cinquième d’après le texte Qur’an : « Et sachez que, de tout butin que vous avez ramassé, le cinquième appartient à Allah, au Messager, à ses proches parents, aux orphelins, aux pauvres, et aux voyageurs (en détresse), si vous croyez en Allah et en ce que Nous avons fait descendre sur Notre serviteur, le jour du Discernement : le jour où les deux groupes se rencontrèrent et Allah est Omnipotent. » (Qur’an 8/41).

Les prisonniers capturés, dont sept cents femmes et enfants, furent relâchés, soit par la grâce du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), soit après avoir payé une rançon. Et quand le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se maria avec Jawayrirah après sa conversion et après avoir été rançonnée par son père, al-Harith Ibn Abou Thirar, le seigneur des Banou al-Moustalaq, les Compagnons, pour faire plaisir au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), relachèrent aussi les prisonniers restants appartenant à cent familles.

 

Durant ce séjour sur les terres de l’ennemi vaincu, un conflit armé faillit éclater entre les Musulmans qui étaient encore sous l’influence des traditions de la Jahiliyyah. Un Mouhajir et un Ansar, se disputèrent à cause de l’eau et appelèrent à l’aide chacun de leur groupe qui se fit aussitôt face. L’étincelle faillit embraser les Musulmans n’était-ce l’intervention du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui mit fin à cette dispute.

 

Cette fin heureuse de l’épreuve ne plut pas à ‘AbdAllah Ibn Oubay, la tête pensante des hypocrites, qui, à son tour, essaya de ranimer la flamme de la division et quand le jeune Zayd Ibn ‘Arqam informa le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), il tempéra la portée des propos de l’hypocrite mais cependant, il se plaignit plus tard aux notables des Ansar, sans toutefois prendre de mesure contre ‘AbdAllah Ibn Oubay.

 

Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, fit descendre à propos de ces actes séditieux la Sourate al-Mounafiqoun (les hypocrites) dans laquelle Il dit, parlant de ces hypocrites : « Ils disent : Si nous retournons à Médine, le plus puissant en fera assurément sortir le plus humble. Or c’est à Allah qu’appartient la puissance ainsi qu’à Son messager et aux croyants. Mais les hypocrites ne le savent pas. » (Qur’an 63/8)

Sur le chemin du retour, ‘AbdAllah Ibn Oubay, encore lui, propagea le mensonge dans les rangs des Musulmans selon lequel ‘Ayshah (radhiyallahou ‘anha), la Mère des Croyants, trahit le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), avec le Compagnon Safwan Ibn al-Mou’attal.

 

L’affaire du Collier

 

Cette rumeur dévastatrice, connue dans l’Histoire de l’Islam sous le nom de « l’Histoire du Collier » faillit provoquer des déchirements puisque elle avait mis sous très grave pression psychologique toute la jeune communauté musulmane et son guide, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam)[1].

Durant un long mois, l’unité des Musulmans menaça de basculer au point qu’un autre conflit failli éclater à l’intérieur de la mosquée en présence du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), n’était-ce l’intervention de ce dernier qui sut, en puisant dans toutes ses ressources de stratège comment calmer les esprits. Durant cet interminable mois, il ne sut quoi faire d’autant plus que la Révélation Divine s’interrompit, laissant le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), sa famille et sa cummunauté paralysés et au gré des effets de ce mensonge déstabilisateur.

 

Cette tentative des hypocrites mourrut comme elle naquit, le jour où descendirent les dix Versets de la Sourate an-Nour (la Lumière) qui innocentèrent définitivement ‘Ayshah (radhiyallahou ‘anha), fille d’Abou Bakr et épouse du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

« Ceux qui sont venus avec la calomnies sont un groupe d’entre vous. Ne pensez pas que c’est un mal pour vous, mais plutôt, c’est un bien pour vous. A chacun d’eux ce qu’il s’est acquis comme pêché. Celui d’entre eux qui s’est chargé de la plus grande part aura un énorme châtiment. Pourquoi, lorsque vous l’avez entendue [cette calomnie], les croyants et les croyantes n’ont-ils pas, en eux-mêmes, conjecturé favorablement, et n’ont-ils pas dit : C’est une calomnie évidente ?

Pourquoi n’ont-ils pas produit [à l’appui de leurs accusations] quatre témoins ? S’ils ne produisent pas de témoins, alors ce sont eux, auprès d’Allah, les menteurs. N’eussent-été la grâce d’Allah sur vous et Sa miséricorde ici-bas comme dans l’au-delà, un énorme châtiment vous aurait touchés pour cette (calomnie) dans laquelle vous vous êtes lancés, quand vous colportiez la nouvelle avec vos langues et disiez de vos bouches ce dont vous n’aviez aucun savoir ; et vous le comptiez comme insignifiant alors qu’auprès d’Allah cela est énorme.

Et pourquoi, lorsque vous l’entendiez, ne disiez-vous pas : Nous ne devons pas en parler. Gloire à Toi (Allah) ! C’est une énorme calomnie ? Allah vous exhorte à ne plus jamais revenir à une chose pareille si vous êtes croyants. Allah vous expose clairement les versets et Allah est Omniscient et Sage. Ceux qui aiment que la turpitude se propage parmi les croyants auront un châtiment douloureux, ici-bas comme dans l’au-delà. Allah sait, et vous, vous ne savez pas. Et n’eussent été la grâce d’Allah sur vous et Sa miséricorde et (n’eût été) qu’Allah est Compatissant et Miséricordieux. » (Qur’an 24/11-20)

 

Une fois de plus, ‘AbdAllah Ibn Oubay se dégagea comme une plume et ne fut pas légalement impliqué bien que les gens surent qu’il fut celui qui propagea « la calomnie. » L’enquête prouva seulement la responsabilité de trois véritables Musulmans qui furent condamnés peu après, à quatre-vingts coups de fouets chacun : Hassan Ibn Thabit, Himna Bint Jahsh et Moustah Ibn Athatha.

 

 

[1] Rien n’arrive évidemment que par la Volonté d’Allah Exalté et les gens ne devraient pas s’arrêter à tirer des conclusions de ce qui apparait des évènements mais plutôt de leurs conséquences. Donc Allah Exalté par ces évènements conduits les gens ou Il veut afin qu’ils tirent des conclusions ou en bénéficient.

 

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