SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

Le siège des Coalisés

Al-Ahzab

Introduction

 

Ce chapitre, comme les deux précédents, ne se borne pas seulement à relater les détails du siège des Coalisés mais aussi à donner un résumé précis des évènements politiques et militaires vécus par les Musulmans entre Ouhoud et les Coalisés.

 

Le Messager d’Allah (Salut et Bénédiction sur lui) entreprit sept actions militaires dont il commanda la plupart, pour raffermir la position des Musulmans ébranlée par le revers d’Ouhoud et répandre de nouveau la crainte dans le cœur des Arabes qui ambitionnaient des razzias, conséquence directe du faux-pas militaire d’Ouhoud.

 

Il deviendra clair, à la lecture des évènements de la bataille des Coalisés et à l’étude de ses causes et objectifs, qu’elle fut une campagne insidieuse et dangereuse, une campagne (buts, objectifs et perspectives) menée purement par les démarches des notables juifs et financée pas leur argent, même si elle eut un aspect arabe, qourayshi et ghatafani (hommes de troupes, armement, ravitaillement). De son déclenchement à son échec, elle eut pour seul moteur actif les Juifs et toutes les raisons prouvent que leur but précis était l’extermination de tous les Musulmans et la destruction définitive de leur communauté.

 

De nos jours, ni les individus et ni leur façon de faire n’ont changé et ces derniers, depuis l’avènement de l’Islam, cherchent sans cesse à le détruire. Leur agressivité ne devint claire et violente qu’avec l’arrivée du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à Médine et la conversion des Aws et des Khazraj et dès ses premiers pas dans la région, ils le virent comme une menace pour leur domination intellectuelle, politique et financière qui perdurait depuis des siècles sur les habitants de Yathrib depuis que ces Arabes de Yathrib et des environs dépendaient d’eux dans le domaine de la culture, de la connaissance des religions et dans celui de l’expérience économique ainsi que des moyens permettant de s’enrichir par le biais de l’or et de l’argent. Les Juifs furent et restent les véritables maitres de l’économie puisqu’ils utilisaient à large échelle les prêts d’usure, piliers de l’économie juive en tout temps et en toute époque. De plus, ces Arabes les considéraient comme une clef pour leurs besoins moraux d’’où la domination juive dans toute la région.

 

Donc, par jalousie, les Juifs, essayèrent maintes fois de provoquer l’aversion par le mensonge, le doute, les calomnies, la nouvelle religion aux yeux des Arabes. Ce furent donc leurs premières attaques contre l’Islam mais ils échouèrent à chaque fois et les six mois qui suivirent la venue du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ne s’étaient pas encore écoulés que la majorité des Arabes de la région se convertirent à l’Islam et se tinrent prêts à se sacrifier corps et âme pour sa défense et son triomphe ce qui poussa, par conséquent, les Juifs à la violence.

 

Durant quatre années, ces derniers tentèrent énergiquement de se débarrasser de l’Islam et de son Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) mais leurs tentatives se terminèrent toujours par un échec cuisant (expulsion des deux grandes tribus juives, les Banou Qaynouqa’ et les Banou an-Nadr). La dernière dangereuse tentative d’agression fut celle de l’assassinat manqué du le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) alors qu’il se rendit confiant chez les Banou an-Nadr. Ce précédent provoqua leur siège puis leur expulsion, six mois seulement avant le siège de Médine par les Coalisés.

 

Les Juifs des Banou an-Nadr étaient les plus riches de leur communauté; ils détenaient puissamment les leviers de l’économie de toute la région de Yathrib De plus, leurs notables se distinguaient par la ruse, l’habilité ainsi que par leur haine à l’encontre du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), qui pourtant ne prit pas pris de mesure extrême lors de leur départ de Médine et leur permis même de prendre avec eux tout ce qu’ils pouvaient comme richesses en or et argent qu’ils accumulaient depuis toujours et qu’ils chargèrent sur des dizaines de chameaux, des quantités colossales, à tel point qu’un de leurs notables, Sallam Ibn Abou al-Houqayq prit avec lui un sac de peau de vache plein d’or et d’argent qu’il frappa le jour de l’expulsion, en disant comme s’il menaçait les Musulmans : « Ceci est ce que nous avons préparé pour soulever la terre et la mettre à bas. »

 

Les Juifs, par leur puissance financière, secouèrent monts et cieux pour reprendre leur domination sur Médine et sa région. Six mois seulement après leur expulsion, ils élaborèrent dans leur exil à Khaybar un plan visant à exterminer les Musulmans à Médine.

 

Leur projet d’invasion, selon eux, se réaliserait au moyen d’une force de frappe formée des Qouraysh et Ghatafan, les plus puissantes tribus arabes et ennemies de l’Islam.

 

Ainsi, les seigneurs juifs, à leur tête Houyay Ibn Akhtab contactèrent différentes tribus, se rapprochèrent de leurs notables, leur expliquèrent les détails de leur grand projet, tout en éveillant en eux leurs démons belliqueux contre les Musulmans tout en appuyant avec leur principale arme, l’argent, pour corrompre et acheter. Cette délégation de Juifs alla même jusqu’à promettre aux tribus Ghatafan du Najd, la totalité de la production agricole d’une année sous condition d’accepter le projet.

 

Leur mission fut un grand succès puisqu’ils purent rallier à leur cause quatre mille Qourayshi et six mille Ghatafani soit dix mille hommes. Dix mille guerriers parfaitement équipés, soutenus par le capital juif ainsi que sa matière grise israélite contre mille guerriers musulmans manquant de tout, sauf de la foi en Allah.

« Quand ils vous vinrent d’en haut et d’en bas [de toutes parts], et que les regards étaient troublés, et les cœurs remontaient aux gorges, et vous faisiez sur Allah toutes sortes de suppositions. Les croyants furent alors éprouvés et secoués d’une dure secousse. » (Qur’an 33/10-11)

Ces paroles d’Allah décrivant les terreurs du siège des Coalisés, expriment, brièvement mais bien mieux que par le détail, le danger de ce face- à-face et ce que subirent les Musulmans (angoisse poignante, peur, panique).

Le Noble Qur’an parle des déboires des Musulmans dans maintes batailles comme celles de Badr, d’Ouhoud et de Hounayn mais, à aucun moment, ne parle de l’état de l’armée musulmane comme il le fit à propos du siège des Coalisés.

 

Ce face-à-face, même s’il ne se termina pas par un affrontement général, est selon le témoignage du Qur’an, la plus dangereuse des batailles dans l’histoire de l’Islam. Elle fut à juste titre nommée la bataille du Destin, une bataille de nerfs ou les principales armes furent la peur, l’angoisse, la division, la traitrise et la trahison aux moments décisifs. L’efficacité de ces armes dans une bataille est bien plus payante que celle des sabres et des lances.

 

Et, alors que les Musulmans étaient anxieux, leurs alliés juifs des Banou Qouraydah dont les maisons se situaient derrière les lignes musulmanes, rejetèrent le pacte qui les liaient aux Musulmans et se rallièrent aux envahisseurs coalisés et devinrent une deuxième force de 1000 hommes prêt à frapper à tout moment les arrières de la petite armée musulmane. Les épreuves s’accentuèrent et ne s’arrêtèrent point mais Allah et pour une raison connue de Lui seul, fit monter jusqu’au summum le calvaire dans les rangs des Musulmans et de ce fait, une troisième force, celle des hypocrites, sortit de l’armée de Muhammad (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) en s’inventant mille et une excuses laissant le Messager d’Allah et son élite de Compagnons seuls sous la tempête menaçante.

Ne restèrent avec lui que ces hommes rares par le courage et la foi, qui résistèrent avec patience et endurance jusqu’au triomphe. Les Banou Qouraydah cueillirent alors les fruits amers de leur trahison et payèrent cher leur traitrise par la condamnation à mort de huit cents  de leurs hommes.

 

La retombée politique la plus importante aux yeux des Musulmans après la bataille d’Ouhoud fut l’ébranlement sensible de leur position parmi les tribus de la région de Yathrib, en particulier, et dans toute l’Arabie, en général. La crainte de ces tribus arabes encore idolâtres, des Juifs et des hypocrites, conséquence directe de la victoire des Musulmans à Badr, marqua un certain recul après le revers de ces derniers à Ouhoud.

Avec cette vérité constamment présente à l’esprit, les Musulmans se dépensèrent militairement et politiquement afin de leur prouver qu’ils se trompaient lourdement en pensant que la communauté de Muhammad (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) s’était affaiblie et qu’elle était aussi capable de réprimer toute agression.

 

Les campagnes préventives du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam)

 

Les Musulmans menèrent des actions militaires rapides qui se conclurent par des victoires efficaces minant ainsi le moral de leurs ennemis et leur démontrant une fois de plus, qu’ils étaient une force militaire unie, que leur foi en l’Islam était aussi intacte et qu’enfin le revers d’Ouhoud n’influait en rien sur la solidité de leur communauté de croyants.

 

La première action militaire dirigée par le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), le lendemain matin même de la bataille d’Ouhoud fut celle de Hamra al-Assad ou il sortit à la poursuite de l’armée de Qouraysh qui avait dressé son camp dans le défilé d’al-Rawha et qui poursuivit sa retraite en hâte quand elle sut que l’armée médinoise était là, à quelques miles, prête à croiser le fer après la sanglante bataille ce qui fit revenir le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) a Médine.

 

Par conséquent, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) enregistra, par cette action-éclair, une victoire politique qui stoppa aussitôt les visées des Juifs et des hypocrites qui étaient les voisins immédiat des Musulmans mais aussi celles des bédouins Arabes qui voulait profiter de l’aubaine et se préparait séparément à fondre sur Médine, croyant que les Musulmans étaient désormais une proie facile mais la réalité s’avéra tout à fait autre ; les Musulmans étaient coriaces.

 

L’intense activité déployée par les renseignements médinois sut prévenir la razzia préparée par chaque tribu arabe. En effet, les combattants musulmans purent, grâce aux renseignements collectés, aller au-devant du danger avant même qu’il n’approche leur cité et six campagnes militaires furent menées contre ces tribus et particulièrement celles du Najd. Ce qui aida grandement les Musulmans à remporter des victoires rapides fut que ces tribus ne se présentaient pas un front uni du fait qu’elles ne pensaient qu’au gain matériel (butin, captives, etc.) et que ces razzias n’avaient aucun enjeu idéologique ou politique, comme le prescrivait d’ailleurs la coutume depuis des dizaines de siècles.

 

Une autre campagne, la seule dirigée contre les Juifs des Banou an-Nadr dans les environs de Médine totalisant ainsi sept campagnes furent donc menées et la plupart dirigées par le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Les Musulmans furent toujours les premiers à surprendre l’ennemi sur ses terres.

 

Les Banou Assad du Najd

 

La première sortie fut celle d’un détachement de cent cinquante hommes en armes dépêchés par le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) sur les Banou Assad du Najd qui se préparaient alors à razzier Médine.

 

Ce détachement, sous le commandement d’Abou Salma Ibn ‘Abd al-Assad al-Makhzoumi, mena sa mission à bien et retourna à Médine dix nuits après son départ. Son succès influa grandement sur le moral des tribus environnantes des Banou Assad qui était considérés alors l’une des plus puissantes tribus du Najd.

Cette expédition eut lieu au mois de Dzoul Hijjah 03, un mois environ après la bataille d’Ouhoud.

 

Views: 0