SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

L’impact de Badr



Badr fut une bataille qui transforma les rapports de force sur le plan moral, militaire, social et politique dans toute l’Arabie.

Cette bataille et sans l’ombre d’un doute, fut menée involontairement par les Musulmans et rien n’indique qu’ils s’y étaient préparés. Lorsqu’ils sortirent, ce fut pour uniquement pour s’approprier la caravane et ce qu’elle transportait de marchandises.

Les Musulmans, surtout les Mouhajirine, avaient une revanche à prendre puisqu’ils furent contraints à quitter leurs foyers et à qui les biens furent confisqués. Ils visèrent les chameaux mais Allah Exalté voulut autre chose pour eux et ils se retrouvèrent face à une armée imposante, surarmée ne transportant aucune marchandise mais armée de 1000 sabres qui cherchèrent l’affrontement et par conséquent, ils furent obligés de lutter contre un ennemi qui les surpassait en nombre et en armes. C’était cela qu’Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, visait en faisant descendre le Verset : « (Rappelez-vous), quand Allah vous promettait qu’une des deux bandes sera à vous. « Vous désiriez vous emparer de celle qui était sans armes, alors qu’Allah voulait par Ses paroles faire triompher la vérité et anéantir les mécréants jusqu’au dernier. » » (Qur’an 9/7)

Les deux forces en présence étaient sans aucun doute en déséquilibre total tant sur le nombre et de la disposition à entamer le combat que sur l’armement et le soutien logistique. Quels sont donc les facteurs qui amenèrent la victoire des Musulmans?

Après le soutien divin direct, on peut résumer ces facteurs de la manière suivante :

1 – L’absence d’enthousiasme dans les rangs de Qouraysh bien que les guerriers sortirent pour défendre la caravane. Au départ de La Mecque, ils étaient prêts à se battre pour protéger leurs biens mais leur enthousiasme disparut quand ils surent que la caravane était sauve d’autant plus que des chefs de cette même armée exprimèrent la nécessité du retour des troupes sans avoir besoin d’affronter l’armée de Muhammad puisque la cause n’était plus justifiée. (cf. la position d’al-Akhnas Ibn Shariq et la tentative de ‘Outbah Ibn Rabi’ah).

2 – L’agression, la guerre est la chose la plus détestée chez l’homme. C’est pour cette raison qu’ele est surnommée depuis longtemps la « Détestée. » De tout temps, les gens raisonnables ne déclarent la guerre qu’à contre cœur (causes contraignantes) car ils savent très bien que l’agresseur est habituellement le vaincu.

Dans la bataille de Badr, l’agresseur fut sans conteste les Qouraysh ou plutôt Abou Jahl, le maitre obéi qui mena ses troupes à la débâcle.

3 – La foi et c’est le plus important des facteurs. Les Musulmans étaient en liaison très forte avec Allah, à Lui les Louanges et la Gloire. Chaque musulman qui entra dans la bataille savait qu’il allait être récompensé soit par la mort pour la cause d’Allah soit par la victoire. C’était là un facteur important qui renforce toujours le moral du musulman.

4 – La nouvelle technique de combat. Les Musulmans appliquèrent un nouveau style dans la bataille jusqu’alors inconnu des Arabes et qui surpris les ennemis du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Ce style peut être résumé en deux points:

a – Le commandement : Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) était le commandant suprême de l’armée et ses guerriers allèrent au champ de bataille combattre comme les doigts d’une seule main sous un commandement unifié.

La discipline des combattants musulmans fut aussi un élément décisif quant à l’issue de la bataille, ils s’y plièrent sans discuter et sans hésitation par la stricte application des ordres et des directives émanant de leur chef.

Par contre, les polythéistes n’avaient pas de commandement unifié car la majorité des seigneurs mecquois faisaient partie de l’armée qourayshi. Abou Jahl Ibn Hisham et ‘Outbah Ibn Rabi’ah étaient les deux seigneurs les plus en vue. L’un comme l’autre pouvait être le commandant de l’armée en plus de leur divergence sur leurs points de vue.

Cela eu des conséquences fâcheuses sur la bonne marche des opérations, leurs troupes combattirent anarchiquement sans un commandant dirigeant et sans une organisation préalable.

b – La mobilisation : Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) appliqua durant le cheminement de son armée vers Badr une nouvelle formation de troupes ne se différenciant pas beaucoup de la mobilisation moderne dans les guerres du désert. L’armée musulmane avait une avant-garde, un corps central et une arrière garde. Cette armée-là profita aussi des patrouilles de reconnaissance qui rapportèrent de précieuses informations sur le mouvement des troupes ennemies.

Quant à la bataille proprement dite, les Musulmans le menèrent en adoptant la formation en rangs tandis que les Qouraysh optèrent pour la charge générale et repli.

La formation en rangs eu l’avantage d’assurer l’organisation et la fermeté des troupes ainsi qu’une disponibilité d’une réserve en cas de situation imprévue (attaque frontale de l’ennemi, défense des ailes…). Par contre, la seconde option basée sur l’attaque avec le gros des troupes puis le repli provoquèrent la désorganisation des troupes et fit perdre à Qouraysh la maitrise et la cohésion de ses rangs.

Militairement parlant, de notre point de vue, ce fut là les quatre principaux facteurs qui précipitèrent la défaite des polythéistes à Badr dont la domination allait par la suite se désagréger pour s’effondrer définitivement avec la chute de La Mecque qui, scellera la retentissante victoire des Musulmans.

 

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