SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

L’armée de Qouraysh

Ses guerriers étaient environ 1300 avec 60 chevaux et 600 boucliers. Quant aux chameaux, leur nombre n’a pu être déterminé. Le ravitaillement des troupes fut assuré par les notables : Abou Jahl, Oumayyah Ibn Khalif, Souhayl Ibn ‘Amrou, Shaybah Ibn Rabi’ah, ‘Outbah Ibn Rabfa, Nabih Ibn al-Hajjaj et Mounbih Ibn al-Hajjaj, al-‘Abbas Ibn ‘Abd al-Mouttalib, Abou al-Boukhtouri Ibn Hisham. Chacun de ces notables abattit dix chameaux à chaque fois que les troupes s’arrêtèrent en cours de route.

Pendant ce temps-là, Abou Soufyan (radhiyallahou ‘anhou) prit toutes les précautions pour ne pas tomber entre les mains du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) mais sans pour autant changer la direction habituelle empruntée par la caravane. Il fut sauvé quand il rencontra Moujdi Ibn ‘Amrou qui lui dit qu’il avait vu deux chameliers sur une hauteur toute proche. Il alla vérifier à l’endroit où étaient les deux hommes, observa les déjections des chameaux et fut dès lors convaincu que les deux hommes appartenaient à l’armée du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), ce qui l’amena à changer aussitôt la direction de la caravane vers la côte, à l’ouest.

Assurés que les biens des Qouraysh étaient sauvés, il envoya leur envoya un messager pour les informer de la nouvelle situation et leur conseiller de retourner à La Mecque.

Il en aurait été autrement si Abou Jahl n’aurait pas refusé le conseil d’Abou Soufyan et qui insista que l’armée se rende à Badr et y passe trois jours entiers à festoyer. Par cette manœuvre militaire, Abou Jahl voulait montrer aux Arabes, et surtout aux tribus des environs, la force de La Mecque. Seul al-Akhnas Ibn Shariq Ibn Wahb se retira avec ses 300 guerriers et ce retrait n’empêcha nullement Abou Jahl de progresser vers Badr.

Dès lors, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et ses Compagnons avaient un nouveau problème auquel ils devaient faire face. Des troupes ennemies à Badr constituaient un danger pour Médine, et un péril pour l’Islam. Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) réunit alors son conseil militaire pour connaitre les avis de ses adjoints car, au début, les Musulmans n’étaient sortis que pour intercepter la caravane protégée seulement par 40 guerriers cependant avec ces nouvelles données, ils risquaient de se trouvaient, dans une situation critique.

La réunion avait à peine commencé que les Mouhajirine déclarèrent leur détermination à accrocher l’armée des polythéistes. Mais le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) voulait aussi connaitre la position des Ansar car c’étaient eux qui allait recevoir tout le poids de la bataille à venir, et que le Pacte d’al-‘Aqabah ne les obligeait pas à combattre loin de leurs foyers. Il craignait que les Ansar ne s’assurent de sa défense que s’il était attaqué à Médine cependant, ses craintes furent vite dissipées et leur réponse fut très claire : ils étaient déterminés et prêts à croiser le fer avec leurs ennemis.

Sans attendre une minute de plus, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) donna l’ordre à sa petite armée de se diriger vers Badr en disant : « En avant ! Allah le Très-Haut m’a promis [la victoire sur] l’une des deux troupes… Par Allah Exalté, c’est comme si je vois ces gens-là terrassés ». En cours de route, il devança ses troupes pour reconnaitre le terrain et les mouvements des Qouraysh. Et après son retour à son poste de commandement, il envoya le soir même, une patrouille de reconnaissance vers Badr qui revint de sa mission avec deux esclaves prisonniers qu’elle présenta au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Celui-ci les interrogea immédiatement sur le camp des Qouraysh, le nombre de leur force et quels nobles de Qouraysh se trouvaient dans leurs rangs.

 

Le puit de Badr

Le 16 Ramadan 02 de l’Hégire, l’armée musulmane se dirigea rapidement vers le puit de Badr pour empêcher les guerriers ennemis de s’y désaltérer. Suivant les conseils d’al-Houbab Ibn al-Moundir l’Ansari, les Musulmans se rendirent aux points d’eau les plus proches des troupes de Qouraysh qu’ils détruisirent puis se tinrent prêts pour la bataille près du puit de Badr, le seul laissé intact.

Quand l’ennemi fut informé du changement de la situation par l’intermédiaire de ‘Oumayr Ibn Wahb, envoyé en reconnaissance, il était déjà trop tard et ce dernier leur conseilla même de décrocher ce qui d’ailleurs n’empêcha pas une seconde opposition, plus grande que la première, menée par ‘Outbah Ibn Rabi’ah, le seigneur des Banou ‘Abd ash-Shams, soutenu par Hakim Ibn Hizam. L’idée de cette opposition qui avait éclaté un jour, ou moins d’un jour avant la bataille était d’éviter l’affrontement avec l’armée de Médine, de la tranquilliser (par un accord) et de retourner à la Mecque.

Hakim Ibn Hizam convainquit le grand et respecté seigneur de Qouraysh ‘Outbah Ibn Rabi’ah (le premier à être tué à Badr) qui accepta et demanda à Hakim de convaincre Abou Jahl avant de prendre son chameau rouge et de raisonner les guerriers de Qouraysh.

Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui voyait de loin l’armée des Qouraysh dit que s’il y aurait une bonne action, c’était de « celui qui montait son chameau rouge » (à savoir Outbah Ibn Rabi’ah).

Mais quand Abou Jahl fut informé de la tentative de ‘Outbah, il l’accusa de lâcheté et de mauvaise volonté pour sauver son fils Abou Hathifa Ibn ‘Outbah qui était parmi les Musulmans. ‘Outbah se mit alors en colère et dit : « On va connaitre qui a peur, moi ou lui ! » Et c’est dans la colère qu’échoua cette opposition.

 

 

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