SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

Les causes de l’échec des coalisés

1 – Un commandement non unifié

Chaque tribu des coalisés avait un chef et parfois plus cependant ni l’une ni 1’autre n’eut un plan ou une tactique précise à cause de leur désaccord sur un seul chef car chacun aspirait à l’honneur qu’il pourrait obtenir s’il avait pu remporter la victoire. Ajoutons que même les tribus n’étaient pas d’accord pour conférer un tel commandement à un seul d’entre leurs chefs.

C’était plutôt ce fanatisme tribal qui l’emporta et non le but commun. Donc cette carence d’un commandement unique qui aurait pu soumettre tous les belligérants et les orienter suivant un plan déterminé, fut d’abord à l’origine de cet échec.

 

2 – La tranchée

Ce fut une surprise totale pour les coalisés qui ne l’avait ni imaginé ni n’y étaient habitués. Ajoutons à cela qu’ils n’avaient aucune idée sur la façon de la franchir et d’attaquer. Excepté quelques escarmouches et tentatives pour essayer de franchir la tranchée vouées à l’échec, la lutte fut étouffée avant même de commencer et demeura ainsi durant tout l’état de siège.

 

3 – Le climat

Cette bataille eut lieu en hiver, une saison inconvenable pour les bédouins qui vivaient hors de leurs demeures où ils pouvaient assurer les moyens de chauffage et de provisions. C’est pourquoi ils préférèrent retourner chez eux au lieu d’endurer ce froid.

 

4 – La suspicion

Cette confiance qui existait d’abord entre les juifs de Médine d’une part et les autres tribus polythéistes d’autre part, devint incertaine et faible et disparut à la fin.

Les Qouraysh voulaient écraser les musulmans en profitant des efforts déployés par les autres tribus et les juifs. Ceux-ci espéraient avant tout d’obtenir un grand butin de n’importe où même s’il leur parvenait de leurs alliés les juifs de Bani Qouraydah.

Quant aux juifs, ils n’avaient confiance en personne et leur but était d’exterminer les musulmans même si le prix était les personnes des autres. Ainsi les désirs, les buts et les intérêts divergeaient.

 

5 – L’endurance durant l’état de siège

Pour supporter le siège une certaine période plus ou moins longue, il faut absolument des hommes entraînés et déterminés et sous un commandant distingué. Tel fut l’état des croyants. Quant aux autres tribus, habituées à voyager d’un endroit à l’autre et éprouvant rapidement la nostalgie de leurs propres terres et familles, elles n’étaient pas habituées à de telles contraintes et ne purent donc les endurer. C’est pourquoi les bédouins échouèrent en choisissant de mettre fin au siège et de retourner chez eux.

 

Des leçons tirées de la bataille du Fossé

1 – Le commandement

Nous avons déjà parlé du mauvais commandement chez les polythéistes les juifs et leur perplexité qui eurent un mauvais effet sur les conséquences de cette bataille. Autant ce commandement fut faible chez les polythéistes qu’il fut sage, ferme et déterminé chez les croyants. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) décida de rester à Médine, ordonna l’excavation de la tranchée et y prit personnellement part, tout en dirigeant la conduite durant toute la durée des travaux avant l’arrivée des coalisés. Ainsi il supervisa les travaux, se chargea des principaux obstacles, monta des patrouilles de surveillance pour s’assurer du maintien des gardes à leurs postes et motiver les croyants au combat par un temps très froid. Ses Compagnons purent ainsi faire preuve d’une maitrise totale quand les coalisés plusieurs fois supérieurs aux croyants furent tout près de Médine et quand les juifs des Bani Qouraydah violèrent le pacte et exposèrent Médine à différents périls.

 

2 – Une nouvelle tactique

Comme pour la bataille de Badr, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) disposa les combattants en ordre de bataille et personne avant lui ne le fit tout comme la défense derrière une tranchée introduisit une nouvelle tactique dans l’art militaire musulman. Il appliqua sans hésitation cette idée de Salman al-Farissi et déclara à la suite : « Salman est l’un des nôtres et un membre de la famille » dans le but de pousser les autres à penser tactiquement en avançant des conseils utiles.

 

3 – La guerre est ruse

Nous avons constaté l’effet direct de la propagande de Nou’aym propagée dans le camp des coalisés. Si le camp ennemi avait été uni cette propagande, ni aucune autre, n’aurait eu de succès. Ainsi la guerre actuelle adopte intensivement cette propagande de division et d’infiltration de fausse nouvelle comme moyen pour désunir les pays, démoraliser les guerriers et les rendre perplexes et de gagner des batailles sans tirer une seule balle. Chaque armée possède ses propres services de renseignements composés de plusieurs départements dont celui de la guerre psychologique et financière.

 

De même les hypocrites essayèrent de démoraliser les musulmans par leur propagande qui essuya un échec. Lorsque le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) chargea quelques-uns de ses Compagnons de s’informer de la situation des Bani Qouraydah, ils accomplirent leur mission et lui firent un compte rendu avec un style habile qu’aucun autre que lui ne pouvait comprendre la teneur car si les musulmans avaient étaient au courant de la violation du pacte des juifs, ils auraient été, peut-être, découragés avant de combattre.

Les musulmans appliquèrent et bénéficièrent de la propagande, bien avant toutes les armées modernes, il y des siècles.

 

4 – L’initiative

La bataille du Fossé (al-Khandaq) ou des Coalisés fut la deuxième bataille décisive après celle de Badr. Si les juifs et les polythéistes l’avaient emporté toute l’histoire musulmane aurait pris une autre tournure.

Les juifs hors de Médine réussirent à rassembler des tribus pour assiéger Médine avec l’aide des juifs de de la ville dans le but d’écraser les musulmans moralement et matériellement. Cette unification des forces fut une occasion très rare dans l’histoire et ils savaient tous que si ce rassemblement ne donnait pas le résultat voulu, ils ne pourraient jamais plus être unifiés une autre fois sachant qu’aucune de leurs forces séparées ne pourrait anéantir les musulmans seule.

 

Après l’échec de cette grande campagne, les croyants passèrent de l’état défensif à l’état offensif et le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) dit à ses compagnons : « Maintenant nous les attaquerons et ils ne nous attaqueront point. »

Ainsi, et à partir de cette grande victoire sur les incroyants, les musulmans prirent l’initiative dans tous leurs combats qui s’ensuivirent jusqu’à ce que l’Islam se répandit dans toute la presqu’île arabique et l’étendard de cette grande et finale religion flotta tant à l’Est qu’à l’Ouest, et Allah, Exalté et Loué, confirma cette réalité quand II dit : « Et Allah a renvoyé, avec leur rage, les infidèles sans qu’ils n’aient obtenu aucun bien, et Allah a épargné aux croyants le combat. Allah est Fort et Puissant. » [Qur’an 33/25]

 

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