SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

4 – Un moral sublime

Avant et durant la bataille, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) encouragea les croyants en remontant leur moral afin qu’ils ne fassent pas cas du nombre et des préparatifs des Qouraysh. Ce moral sublime n’existait pas auparavant chez ceux qui avaient déjà livré bataille ni même chez les jeunes qui n’avaient encore jamais combattu.

 

A ce propos on raconte que ‘Abd ar-Rahmane Ibn ‘Awf (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit : « Le jour de Badr, me trouvant dans les rangs des croyants, je vis des jeunes à droite et à gauche et eut peur pour eux. L’un d’eux me demanda sans que les autres le sachent : « O oncle, montre-moi Abou Jahl. » « Que vas-tu faire de lui, » répliquai-je. Il me répondit : «Je me suis engagé vis-à-vis du ciel (d’Allah, Exalté et Loué) de le tuer ou d’être tué en le combattant. »

Quant à l’autre jeune, il me demanda la même chose en secret. Puis, comme deux faucons, ils s’élancèrent sur Abou Jahl et l’abattirent cependant, ils furent aussi tués. Ces deux jeunes hommes étaient les fils de ‘Afra : ‘Awf et Mou’awadz les fils d’al-Harith al-Khazraji un des Ansars. »

Au fil des jours, on put constater qu’un bon équipement et une bonne organisation ne suffisaient pas pour emporter la victoire si les combattants ne jouissent pas d’un moral élevé. La preuve peut-être trouvé dans les nombreuses batailles que livrèrent les musulmans contre leurs ennemis tout au long de l’histoire.

 

La bataille de Badr fut un duel entre deux dogmes : Le dogme du futur qui méritait l’existence l’a emporté sur le dogme du passé qui devait disparaître.

 

 

Des leçons tirées de la bataille de Badr

 

1 – La reconnaissance

Les deux camps utilisèrent des patrouilles de reconnaissance pour avoir des informations nécessaires sur son adversaire. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), après l’interrogatoire des deux esclaves de Qouraysh, put évaluer l’effectif de la force polythéiste tout comme Abou Soufyan qui en examinant les crottins, put déduire qu’il s’agissait des montures appartenant à des Médinois.

Ayant été ainsi informé, chaque camp fut privé de la surprise qui fut pour l’un et l’autre un facteur vital.

 

2 – Le commandement

Parmi les caractéristiques dont jouissait le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) on doit signaler : le courage, la maîtrise, les briefings militaires avant et durant la bataille, son égalité avec ses Compagnons en toute chose, comme il approuva pour la première fois, le choix d’un quartier général d’où il pouvait donner les ordres.

 

3 – Le contrôle, le moral et le dogme

Le contrôle parfait, le moral élevé des musulmans et leur dogme donnèrent le résultat attendu dans la bataille et ces éléments demeurent essentiels pour emporter les victoires.

 

4 – La mobilisation

A – La disposition avant l’attaque : qui était adéquate avec une avant-garde, un centre abondant et fort et une arrière-garde avec un étendard confié au Mouhajirines, un autre aux Ansars et un troisième au reste de l’armée.

Les patrouilles de reconnaissance jouèrent un grand rôle en avant des musulmans pour qu’ils ne soient pas pris à l’improviste tout en les informant des mouvements des polythéistes.

 

B – Durant la bataille : Les croyants adoptèrent pour la première fois un ordre de bataille en se mettant en rangs tandis que les Qouraysh utilisèrent la tactique courante de l’attaque et du recul. Ainsi le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) put maîtriser l’armée entière en gardant une force de réserve : une technique alors inconnue des Arabes et qui ne cesse d’être suivie de nos jours.

 

C – Le mot de passe : qui était : « Ouhoud ! Ouhoud !, » grâce à qui les musulmans pouvaient se reconnaître les uns les autres, une technique aussi nouvelle introduite dans le combat d’autant plus que les circonstances de cette bataille n’étaient pas normales. Il fallut donc trouver un moyen pour se reconnaître, surtout qu’en apparence, les musulmans et les polythéistes avaient le même aspect, le même armement et les mêmes vêtements. Ce mot de passe n’aurait eu aucune importance si les deux camps avaient été différents.

 

5 – La logistique

A – Les provisions : Les Qouraysh immolaient chaque jour entre neuf et dix chameaux pour assurer la nourriture aux combattants et ces chameaux étaient des dons de leurs riches. Tandis que les croyants se contentaient parfois de dattes et de la farine car leur situation économique était faible et pauvre à cette époque.

 

B – L’eau : Avant la bataille, les musulmans bâtirent un bassin qu’ils remplirent d’eau et dont ils purent se désaltérer pendant le combat tout en ayant comblé le puit pour en priver les autres. Ceci poussa les polythéistes à essayer d’atteindre le bassin pour se désaltérer mais les croyants les en empêchèrent. Cette privation d’eau avait eu son effet sur les Qouraysh.

 

C – Les dépouilles : Une fois les dépouilles des polythéistes rassemblées, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) les partagea équitablement, entre les combattants qui prirent part au combat et ceux qui les secoururent pour remporter la victoire, de la façon suivante : deux parts pour le cavalier dont l’une d’elle était consacrée au maintien du cheval, une part pour le fantassin, une part pour les héritiers des martyrs, une part à chacun de ceux qui étaient restés à Médine pour s’occuper des affaires des musulmans sur l’ordre du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), c’est à dire ceux qui présentèrent des excuses valables les empêchant de prendre part au combat ou à qui fut confié un ordre du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 

En réalité, la victoire ne se réalise pas grâce aux combattants seuls, mais à tous ceux qui les soutiennent qu’ils soient aux avant-postes ou dans l’arrière-garde, c’est pourquoi le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) favorisa les uns et les autres en leur accordant une part du butin.

 

D – Les captifs

1 – Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ordonna l’exécution de deux d’entre eux à cause de leur hostilité et leurs méfaits envers les musulmans en les considérant comme des criminels de guerre et non comme des prisonniers ordinaires à cause de leurs agressions et de leurs offenses répétées envers les musulmans, particulièrement les faibles, et pour avoir lutter avec acharnement pour empêcher la diffusion du message.

 

2 – Quant aux autres captifs qui étaient au nombre de soixante-huit, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) les répartis entre ses Compagnons en leur recommandant : « Soyez bienveillants à l’égard de vos prisonniers. » Puis il accepta de rançonner les riches parmi eux contre une somme d’argent qui variait entre mille et quatre mille dirhams. Il libéra ensuite les pauvres et chargea les instruits parmi eux d’enseigner la lecture et l’écriture aux enfants musulmans en échange de leur liberté.

 

E – Les tués et les blessés

Les musulmans creusèrent un puits où ils enterrèrent les morts des polythéistes, ce qui est suivi de nos jours. Quant aux blessés, ils les soignèrent comme s’ils étaient des musulmans.

 

F – L’éducation

Les croyants profitèrent des captifs polythéistes qui enseignèrent la lecture et l’écriture à leurs enfants. Ces derniers devinrent, plus tard, les scribes des Révélations et les porteurs de la culture islamique.

 

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