SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

Qui est le Shahid de la cause d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ?

Durant l’expédition de Tabouk, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) fit une importante déclaration devant tous ses Compagnons concernant le Shahid. Il déclara en substance que le Shahid (martyr) n’est pas seulement celui qui est tué par le sabre, la flèche ou la lance mais aussi celui dont la mort est provoqué par une autre cause mais toujours sous la condition d’une campagne pour la cause d’Allah à Lui les Louanges et la Gloire.

 

Les historiens ont rapporté que Zou al-Bajadayn al-Mazini demanda au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) de prier pour lui afin qu’il meure Shahid. Mais lorsque le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) exauça la demande en ces termes : « O Grand Seigneur, rends son sang illicite pour les mécréants, » il lui dit : « O Messager d’Allah, ce n’est pas cela que je veux. »

– « Si tu es en campagne pour la cause d’Allah, tu es Shahid même si la fièvre t’emporte ou que ta monture te brise le cou, » lui répondit le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 

Lorsque les Musulmans, arrivèrent à Tabouk, ‘AbdAllah Zou al-Bajadayn mourut quelques jours plus tard. Bilal Ibn al-Harith présent à son enterrement rapporta : « J’assistai à l’enterrement avec le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Bilal, le muezzin tenait alors une torche alors que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) était dans la tombe et disait à Abou Bakr et à ‘Umar : « Approchez (le corps de) votre frère. » Après avoir arrangé la dépouille dans la tombe, il dit : « O Grand Seigneur, j’ai prié pour lui tout en étant satisfait de lui. Sois satisfait de lui ! »

‘AbdAllah Ibn Mas’oud qui était aussi présent dit       alors : « Ah ! Si j’étais dans cette tombe[1] ! »

 

Al-Waqidi a rapporté à propos de ce Shahid :

« C’était ‘AbdAllah Zou al-Bajadayn originaire de Mazina, orphelin et sans biens. Son père mourut sans lui laisser de bien mais son oncle qui était riche le prit à sa charge, l’entretint et lui donna même des chameaux, des moutons et des esclaves.

Lorsque le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) arriva à Médine, ‘AbdAllah voulut embrasser l’islam mais il craignait la réaction de son oncle et attendit longtemps. Cependant, après la chute de La Mecque, il parla franchement avec son oncle et lui dit : « O oncle, j’ai attendu ton Islam mais je vois que tu ne veux pas être un Compagnon de Muhammad. Accorde-moi donc ta permission d’embrasser l’Islam. »

– « Par Allah, si tu suis Muhammad, je ne te laisserai rien de ce que je t’ai donné. Même tes deux vêtements, je te les enlèverai. »

– « Et moi, par Allah Exalté, » répondit ‘Abd al-‘Ouzzah (son véritable nom), « je suivrai Muhammad et je suis Musulman. Je t’informe que j’abandonne l’adoration des statues. Ce que j’ai, prends-le ! Je te le laisse. »

Il abandonna même son vêtement puis alla chez sa mère qui lui donna deux vêtements. Ensuite, il prit la direction de Médine et entra dans la mosquée de bon matin. Après la prière du Soubh, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui avait l’habitude de saluer ne le reconnut pas et lui demanda alors qui il était. Le bédouin déclina son identité et annonça son Islam. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) lui donna donc un nouveau nom : « Tu es désormais ‘AbdAllah Zou al-Bajadayn et tache d’habiter près de moi. »

‘AbdAllah devint l’invité et l’élève du Prophète qui lui enseignait le Qur’an.

Pendant la mobilisation pour Tabouk, ‘AbdAllah qui avait une voix très forte lisait à haute voix ce qui amena ‘Umar à se plaindre : « O Messager, ne vois-tu pas que ce bédouin élève la voix et empêche ainsi les gens de lire ? »

– « Laisse-le, ô ‘Umar, il est sorti Mouhajir pour la cause d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et Son Messager. » »

 

La prière du Prophète après le lever du soleil

 

Les historiens et les exégètes de la tradition du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ont rapporté que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) dirigea la prière de Soubh après le lever du soleil, alors qu’il s’était élevé de la longueur d’une lance à l’horizon, un jour avant l’arrivé à Tabouk.

 

Lorsqu’il se réveilla, il dit à Bilal : « O Bilal, ne t’ai-je pas demandé de veiller sur nous ? »

– « Je me suis endormi, j’ai été endormi par ce qui t’a endormi. »

Après quoi, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se leva puis accomplit (après ses ablutions) la prière (deux Rak’a avant la prière du Fajr) dans un endroit pas très éloigné avant de poursuivre la marche mais d’une allure plus rapide (le reste de la journée et la nuit) pour arriver à Tabouk le lendemain matin. »

 

A Tabouk, à l’occasion d’un mouvement désordonné des Musulmans (ils précipitèrent pour s’armer), le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) leur recommanda le calme.

 

Ibn ‘Umar (radhiyallahou ‘anhoum) a dit : « Je sorti armé et me suis assis près de Salim, l’auxiliaire d’Abou Houdayfah qui était lui aussi armé. Je me dis alors : « Je vais prendre en exemple cet honorable homme Badri. » Je me suis donc mis à côté de lui, près de la tente du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

Le soudain vacarme fit sortir le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) fâché et il dit : « O gens, pourquoi cette précipitation ? Pourquoi cette hâte ? Pourquoi ne faites-vous pas comme ces deux hommes honorables ? » Il parlait de nous moi et Salim, l’auxiliaire d’Abou Houdayfah[2]. »

 

Ibn ‘Umar (radhiyallahou ‘anhoum) a dit aussi : « A Tabouk, nous vîmes le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) prier beaucoup. Il faisait ses prières devant sa tente sous la surveillance de quelques musulmans. Une nuit, après avoir terminé de prier, il s’adressa à ceux qui étaient avec lui en disant : « Allah m’a octroyé cinq choses dont aucune n’a été donnée à ceux qui m’ont précédé ; j’ai été envoyé pour tous les hommes alors que chaque Prophète était envoyé pour son peuple ; toute la terre m’a été rendue lieu de prière ; là où arrive le moment de prière, je fais mes ablutions sèches et accomplis ma prière ; j’ai droit au butin alors qu’avant moi, le butin était illicite. Quant à la cinquième [chose] elle est ce qu’elle est, elle est ce qu’elle est, elle est ce qu’elle est. »

– « Quelle est donc cette chose, ô Messager d’Allah ? »

– « Un vœu car chaque Prophète eut droit à un vœu. Je l’ai laissé pour vous et pour ceux qui attestent qu’il n’y a de divinité qu’Allah[3]. »

 

Views: 0