SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

L’itinéraire suivi par le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam)

 

Tabouk, l’objectif à atteindre, se situait au nord de Médine, dans le triangle nord-ouest de la presqu’ile arabique, près de la frontière sud de la Syrie. Aujourd’hui, Tabouk se trouve dans le sud-ouest de la Jordanie, à six cents miles de Médine (900 km environ).

 

Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se mit en route avec son armée du nord de Médine, du camp d’al-Jourf situé à trois miles de Médine, à l’ouest d’Ouhoud.

 

Le premier bivouac, après al-Jourf, fut Dzoul Khoushoub[1] d’où, d’après ce qui a été rapporté,  le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) poursuivit avec son armée le voyage de nuit à cause certainement de la chaleur du soleil écrasante. Les historiens et chroniqueurs dirent que Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) arriva à Dzoul Khoushoub le matin.

 

Ce fut aussi à partir de cet endroit que le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) joignit les deux prières de Zouhr et de ‘Asr au moment où la chaleur était moins intense et cela jusqu’à son retour de Tabouk. Il recula la prière de Zouhr et avança celle de ‘Asr et accomplit les deux prières en même temps.

 

Les historiens et chroniqueurs n’ont pas donné les détails des endroits où le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) bivouaqua avec son armée. Cependant connaissant les lieux où il accomplit ses prières, on peut deviner les endroits où il se reposa ou passa la nuit et qui sont :

  1. Zou Khoushoub,
  2. Al-Fayfa’[2],
  3. Al-Mourouwah[3],
  4. As-Souqayah[4],
  5. La vallée d’al-Qoura,      
  6. Al-Houjour[5],
  7. Zanb Hawsa’[6],
  8. Dzoul Jayfah[7],
  9. Shaq Tara’[8],
  10. Dzat al-Khoutmi[9],
  11. Soumnah[10],    

l2. Al-Akhzar[11],

  1. Dzi az-Zarrab[12],
  2. Al-Madran et,
  3. Tabouk.

 

Durant la compagne de Tabouk, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) accomplit des actes et fit des déclarations qui furent consignées les Faqih de la Tradition du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), afin que cela soit observé comme règles religieuses comme :

 

1 – La possibilité d’accomplir la prière du Zouhr après le temps déterminé en période de grande chaleur ainsi que le regroupement en même temps des prières de Zouhr et de ‘Asr ainsi que du Maghrib et de ‘Isha’, lors de difficultés, de voyage, de Jihad.

 

2- Le droit d’une personne de s’approprier un animal après l’avoir aidé à survivre. On a rapporté que lors du voyage vers Tabouk, un musulman s’appropria un chameau abandonné par son propriétaire et le soigna. Lorsque ce dernier remarqua que son chameau avait repris des forces, il l’exigea et amenant leur litige devant le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), il dit : « Celui qui aide un chameau ou un cheval à survivre, cet animal est à lui[13]. »

 

Le reste des hypocrites de l’armée

 

En dépit du retrait de ‘AbdAllah Ibn ‘Oubay et de ses acolytes, d’autres hypocrites restèrent dissimulés dans l’armée musulmane. Leur participation à la campagne visait une part du butin, sinon de tenter de parasiter la cohésion des troupes en faisant l’apologie de la puissance des Byzantins et ils allèrent même au-delà en essayant d’assassiner le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), comme nous allons voir par la suite.

 

Il est rapporté dans al-Maghazi :

« Lorsque le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) partit de Thaniyah al-Wada’, les hommes lui rapportaient à chaque fois : « O Messager d’Allah, untel s’est attardé » et lui de leur répondre : « Laissez-le, si c’est un homme de bien, Allah va vous le ramener, et s’il est autre que cela, Allah va vous épargné sa compagnie. »

 

Ces éléments douteux et infiltrés dans les différents détachements de l’armée menèrent leur campagne de déstabilisation en se moquant des chefs musulmans et en répandant leurs idées qui faisaient l’apologie des Byzantins comme si ces hypocrites travaillaient secrètement à la solde de l’empire ennemi, par leurs menées qui tendaient d’affaiblir la confiance et l’assurance de l’armée musulmane.

 

Les exégètes ont rapporté qu’un groupe d’hypocrites fit la campagne de Tabouk et parmi ceux-ci : Wadi’a Ibn Thabit, des Banou ‘Amrou Ibn ‘Awf ; al-Jalas Ibn Souwayd Ibn as-Samit ; Moukhshi Ibn Houmayr des Banou Ashja’ allié des Banou Salamah et Tha’labah Ibn Hatib.

 

L’un de ces hypocrites dit aux Musulmans : «Vous croyez que combattre les Bani Asfar (les Byzantins) est identique aux autres ? Par Allah, nous allons voir que demain vous serez ligotés deux par deux. » Des menaces claires pour terroriser les Musulmans.

Alors, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) dit à ‘Ammar Ibn Yassir : « Va trouver ces gens et avertis-les qu’ils sont en train de bruler (dans le Feu) et demande-leur pour quelles raisons, ils ont tenu ces propos. »

 

Sur ce, ‘Ammar alla leur transmettre les paroles du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui amenèrent Wadi’a Ibn Thabit près du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui se trouvait alors sur sa chamelle et qui lui dit : « O Messager d’Allah, on était plutôt en train de plaisanter et de jouer. »

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) mécontent ne daigna même pas se retourner vers lui ou lui adresser la parole. Et suite à ces paroles des hypocrites, Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, fit descendre ces deux versets : « Et si tu les interrogeais, ils diraient très certainement : « Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer. » Dis : « Est-ce d’Allah, de Ses Versets (le Qur’an) et de Son messager que vous vous moquiez ? » Ne vous excusez pas : vous avez bel et bien rejeté la foi après avoir cru. Si Nous pardonnons à une partie des vôtres, Nous en châtierons une autre pour avoir été des criminels. » (Qur’an 9/65 et 66)

 

De son côté, Oumayr, dont la mère était mariée à al-Jalas, dit à ce dernier : « Tu causes plus de tort qu’un âne. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) dit la vérité alors que c’est toi le menteur. »

 

Devant cette réaction légitime, al-Jalas courut chez le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et lui jura qu’il n’avait rien dit de tel. Ce qui fit descendre ce nouveau Verset : « Ils jurent par Allah qu’ils n’ont pas dit (ce qu’ils ont proféré), alors qu’en vérité ils ont dit la parole de la mécréance et ils ont rejeté la foi après avoir été musulmans. Ils ont projeté ce qu’ils n’ont pu accomplir. Mais ils n’ont pas de reproche à faire si ce n’est qu’Allah – ainsi que Son messager – les a enrichis par Sa grâce. S’ils se repentaient, ce serait mieux pour eux. Et s’ils tournent le dos, Allah les châtiera d’un douloureux châtiment, ici-bas et dans l’au-delà; et ils n’auront sur terre ni allié ni secoureur. » (Qur’an 9/74)

 

A propos d’al-Jalas Ibn Souwayd, il est rapporté : « Il fut parmi les hypocrites de la campagne de Tabouk. Il essaya d’influencer les Musulmans de ne pas sortir en campagne. Il était le mari d’Oum ‘Ouma et ‘Oumayr, alors orphelin, était convenablement entretenu par al-Jalas. »

 

Lorsque ‘Oumayr Ibn Sa’id entendit les propos de son beau-père qui avait dit : « Par Allah, si Muhammad était sincère, nous serions plus maléfiques que les ânes, » il lui dit: « O Jalas, tu étais près de mon cœur mais tu viens de tenir des propos [douteux]. Si je les rapporte, tu seras découvert et si je me tais, je périrai. L’une d’elle est moins dangereuse pour moi. »

 

Par conséquent, il alla rendre compte au Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui avait donné par le passé de l’argent à al-Jalas dans le besoin. Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) appela al-Jalas et lui demanda des explications sur ce que lui avait rapporté ‘Oumayr mais al-Jalas jura par Allah qu’il n’avait rien dit de tel et que ‘Oumayr était un menteur. Oumayr, qui était présent, se leva en disant : « Mon Seigneur, fais descendre sur Ton Messager un Verset prouvant ce que j’ai dit. » Et Allah Exalté fit descendre alors le verset 74.

Lorsque al-Jalas entendit ce Verset, il dit : « J’écoute. Allah m’invite à me repentir. Par Allah, j’ai bien dit ce qu’a rapporté ‘Oumayr. » Sa faute reconnue, il corrigea sa conduite et il devint bon aussi avec ‘Oumayr Ibn Sa’id[14].

 

Les historiens et biographes ont aussi rapporté que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) interrogea Abou Rahm al-Ghifari sur des bédouins qui étaient restés dans leur campagne au lieu de répondre à l’appel de mobilisation.

 

Al-Waqidi a rapporté :

« Abou Rahm qui prêta allégeance sous l’arbre à al-Houdaybiyah a rapporté qu’il participa à Tabouk avec le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et il dit : « Une nuit, j’étais près de lui alors que nous étions à Akhzar et durant le trajet je me suis assoupi un moment. Sentant ma chamelle se rapprocher de la sienne, j’ai sursauté de peur que ma monture touche sa jambe mais c’était trop tard parce qu’au même moment, j’entendis le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) exprimer sa douleur alors je lui ai demandé pardon.

Après, il me demanda de marcher avec lui puis, il m’interrogea sur ceux des Banou Ghifar qui firent défection :

– « Qu’ont fait les rouquins, grand de taille ? »

– « Us ont fait défection. »

– « Et les bruns, qu’ont-ils fait ? »

– « O Messager d’Allah, ceux-là, par Allah je ne les connais pas ! »

– « Ceux-là qui habitent à Shabakat Shadkh ?

(Je savais qu’ils habitaient seulement avec les Ghifar : je ne les ai pas cités mais je lui ai dit que ce sont des gens d’Aslam, qu’ils avaient habité Shabakat Shadkh et qu’ils avaient beaucoup de biens).

– « O Messager d’Allah, » lui ai-je dit, « ceux-là sont d’Aslam et nos alliés. »

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) dit alors : « Personne n’a empêché ces gens de faire défection. Aucun homme vigoureux d’entre eux n’a pris un chameau de son troupeau et est sorti avec nous pour combattre pour la cause d’Allah et bénéficier ainsi de la même récompense que celui qui a participé. Ils m’auraient été plus chers que mes proches s’ils n’avaient pas renoncé[15]. »

 

Views: 0