SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

La destruction d’un nid des comploteurs

 

Vu leurs essais infructueux et leurs menées sournoises, ce n’était un secret pour personne que les hypocrites désiraient l’affaiblissement de l’Islam et sa fin mais comme ils extérieurement soumis à l’identité musulmane, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se montra tolérant à chacune de leurs tentatives tant qu’elles ne causaient pas de tort effectif à la communauté musulmane. Cependant, il réagit énergiquement en cas de réel danger et sur la base d’informations fiables, il ordonna de bruler le gite secret, la maison de Souwaylim le Juif, où des hypocrites s’étaient réunis pour comploter contre la sécurité de l’armée et de toute la communauté musulmane et cet ordre fut exécuté par une force commandée le Compagnon Talha Ibn ‘Oubaydallah.

 

Dans la Sirah d’Ibn Hisham, il est rapporté :

« On informa le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) que des hypocrites se réunissaient chez le Juif Souwaylim et décourageaient les gens à participer à l’expédition de Tabouk. Ceci décida le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à envoyer Talha Ibn ‘Oubaydallah avec un groupe de Compagnons afin d’incendier la maison de Souwaylim. Talha et son groupe exécutèrent l’ordre et la maison fut brulée. Dans l’attaque, le Compagnon ad-Dahhak Ibn Khalifa se cassa la jambe et les comploteurs réussirent à s’échapper. »

 

Malgré ce que projetaient de commettre ces hypocrites, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et en dehors de l’action de Talha Ibn ‘Oubaydallah, ne prit aucune mesure punitive à l’encontre de ce Juif et de ces comploteurs. Néanmoins, à son retour de l’expédition, il ordonna aussi de détruire un autre lieu de réunion encore plus dangereux que le précédent puisqu’il avait l’apparence d’une mosquée (la mosquée du Dirar mentionnée dans le Noble Qur’an) et que les hypocrites pensaient donc intouchables.

 

L’émir intérimaire de Médine

 

Avant chaque expédition à laquelle participait le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), il prenait soin de désigner un de ses Compagnons pour veiller à la bonne administration de Médine et sa sécurité et cette fois, il désigna comme émir intérimaire Siba’ Ibn ‘Arfata al-Ghifari qui n’était pas un Médinois mais de la tribu bédouine de Ghifar dont le territoire se situait dans la région de Badr entre La Mecque et Médine pour montrer le principe d’égalité des hommes dans l’Islam et pour signifier la fin du fanatisme tribal païen.

 

De même, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) chargea aussi son cousin ‘Ali Ibn ‘Abi Talib de s’occuper de sa famille. Ce qui fut une nouvelle occasion pour les hypocrites de dirent alors : « Muhammad ne l’a laissé à Médine que pour éviter d’être encombré par sa présence. » Ces mots sournois blessèrent ‘Ali à tel point qu’il se rendit chez le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui se trouvait encore à Thaniyah al-Wada’ et lui rendit compte de ce qui s’était passé à Médine. La réponse du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) vint alors tel un démenti cinglant : « Ils mentent ! Je t’ai laissé pour ce que j’ai laissé derrière moi. Retourne donc et occupe-toi de ma famille comme tu t’occupes de la tienne[7]. »

 

Les croyants qui pleurèrent

 

Pendant la mobilisation et les préparatifs de l’armée, un autre événement eut lieu totalement opposé à ceux des hypocrites qui s’ils refusèrent de prendre part à l’expédition pour des motifs douteux bien qu’ils furent physiquement et matériellement aptes, certains Musulmans sincères, au contraire, exprimèrent leur profonde désir de sortir avec le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) mais qui par manque de ressources, ne purent y prendre part.

 

Ces Musulmans sincères, au nombre de sept, vinrent trouver le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et lui demandèrent de les aider mais à son grand regret, il répondit qu’il ne pouvait pas les aider du fait qu’il n’avait tout simplement pas ce que ces Compagnons lui avaient demandé.

 

A ce propos Ibn Ishaq a rapporté :

« Et quelques Musulmans, qu’on allait appeler désormais les Pleureurs, contactèrent le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Ils étaient au nombre de sept Ansar : Salim Ibn ‘Oumayr ; ‘Alaba Ibn Zayd, le frère des Banou Haritha ; Abou Leyla ; ‘Abd ar-Rahman Ibn Ka’b, le frère des Banou Mazin ; ‘Amrou Ibn Hamam Ibn al-Jamouh, le frère des Banou Salamah ; ‘AbdAllah Ibn al-Moughaffal al-Mazini, Harami Ibn ‘AbdAllah, le frère des Banou Waqif et Arbaz Ibn Sariyah al-Fizari. Etant tous dans le besoin, ils demandèrent des montures mais le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) leur répondit : « Je ne trouve pas de quoi vous porter. » Et ainsi, ils retournèrent sur leurs pas, les larmes aux yeux pour ne pas avoir trouvé de monture. »

 

Allah Exalté, dans son Noble Qur’an excusa ces Musulmans tout en fustigeant les hypocrites : « Nul grief sur les faibles, ni sur les malades, ni sur ceux qui ne trouvent pas de quoi dépenser (pour la cause d’Allah), s’ils sont sincères envers Allah et Son messager. Pas de reproche contre les bienfaiteurs. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. (Pas de reproche) non plus à ceux qui vinrent te trouver pour que tu leur fournisses une monture et à qui tu dis : « Je ne trouve pas de monture pour vous. » Ils retournèrent les yeux débordant de larmes, tristes de ne pas trouver de quoi dépenser. » (Qur’an 9/92, et 93)

 

Vers Tabouk

 

Les préparatifs terminés, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) distribua alors les étendards. Il donna l’étendard de l’armée à Abou Bakr as-Siddiq, le deuxième à az-Zoubayr Ibn al-‘Awwam, le troisième drapeau, celui des Aws à Oussayd Ibn Houzayr, celui des Khazraj au héros d’Ouhoud, Abou Doujana et celui des Banou Malik Ibn an-Najjar à Zayd Ibn Thabit.

 

Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) donna d’abord l’étendard des Banou Malik à ‘Oumara Ibn Hazm puis il le lui retira pour le donner à Zayd Ibn Thabit. Quand ‘Oumara demanda : «O Messager d’Allah, peut-être que tu es furieux contre moi, » le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) lui donna la raison véritable : « Non, par Allah. C’est plutôt parce qu’ils connaissent plus de Qur’an. Et il (Zayd) a appris plus de Qur’an que toi. Le Qur’an donne plus de mérite à celui qui en apprend le plus, même si c’est un esclave. »

 

En ce qui concerne la remise des drapeaux et des étendards, les historiens n’ont pas mentionné les détails concernant les chefs des compagnies et les porteurs d’étendards, comme ils le firent pour l’expédition de La Mecque. Cependant, ils rapportèrent que le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) passa la consigne que chaque tribu remette son drapeau à celui qui connaissait plus de Qur’an. Ainsi, Abou Zayd prit celui des Banou Amrou Ibn ‘Awf et Mou’az Ibn Jabal celui des Banou Salamah[8].

 

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