SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

La position d’al-Jad Ibn Qays et d’Ibn ‘Oubay

 

Malgré la réduction, tel une peau de chagrin, de l’influence des chefs de file des hypocrites, ‘AbdAllah Ibn ‘Oubay et al-Jad Ibn Qays qui étaient encore en vie, ils ne cessèrent de déployer de grands efforts pour diviser l’unité des Musulmans en répandant leurs rumeurs néfastes.

 

Al-Jad Ibn Qays en tant que chef (en apparence) parmi les chefs des Musulmans répondit à la demande du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) en ces termes : « Permets- moi (de rester) car par Allah, nos gens savent que j’aime beaucoup les femmes et j’ai peur de ne pas patienter si je vois les belles femmes des Banou al-Asfar (les Byzantins). »

Cette réponse ne plut certes pas au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui se retint et préféra lui accorder sa permission en lui disant : « Je t’accorde la permission[1]. »

 

Il faut dire que cet hypocrite avait un fils appelé ‘AbdAllah, qui, paradoxalement était un fervent et sincère musulman et le frère de Mou’az Ibn Jabal du côté maternel. Ce jeune musulman à qui les propos de l’entretien parvinrent, alla conseiller son père afin qu’Allah lui accorde son pardon et lui demanda aussi d’intégrer l’armée du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Il dit à son père hypocrite :

– «Pourquoi as-tu répliqué (ainsi) au Messager d’Allah ? Par Allah, il n’y a pas parmi les Banou Salamah d’homme aussi riche que toi et malgré cela, tu ne sors pas et tu n’aides personne avec au moins une monture pour qu’il participe à cette expédition. »

– « O fils, pourquoi veux-tu que je sorte avec ce vent, cette chaleur et ces conditions difficiles ?, » répondit son père.

Puis, il poursuivit pour tenter d’influencer son fils : « Par Allah, je n’ai pas confiance de marcher contre les Byzantins. Pour quelle raison les combattrais-je, par Allah, je sais que cela va mal tourner. »

– « C’est de l’hypocrisie plutôt, » répliqua le fils pour qui la cause de l’Islam primait avant toute chose, je jure qu’Allah va descendre sur le Prophète, des Versets que les gens liront. »

A cette réplique, le grand hypocrite frappa son fils au visage avec son soulier. Ce qui mit un terme à la rencontre puisque le fils se retira sans réagir et sans dire un mot[2].

 

Al-Jad Ibn Qays redoubla ses actions dans la voie de l’incroyance et de l’entêtement, en incitant sournoisement à la désertion tout en essayant de cultiver le doute parmi les Musulmans quant à la finalité de cette campagne durant cette saison des chaleurs.

 

Les chroniqueurs dont al-Waqidi et biographes ont rapporté que l’hypocrite al-Jad Ibn Qays demanda à sa tribu (les Banou Salamah et leur tête chef Jabbar Ibn Sakhr) de ne pas accompagner le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

Cependant, cet hypocrite échoua dans la réalisation de son dessein puisque Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, fit descendre ces Versets dans lesquels Il le démasqua ainsi que tous ses semblables : « Ceux qui ont été laissés à l’arrière se sont réjouis de pouvoir rester chez eux à l’arrière du Messager d’Allah, ils ont répugné à lutter par leurs biens et leurs personnes dans le sentier d’Allah, et ont dit : « Ne partez pas au combat pendant cette chaleur ! » Dis : « Le feu de l’Enfer est plus intense en chaleur. » S’ils comprenaient ! Qu’ils rient un peu et qu’ils pleurent beaucoup en récompense de ce qu’ils se sont acquis. » (Qur’an 9/81 et 82)

Et, en réponse aux propos tenus par al-Jad au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), Allah à Lui les Louanges et la Gloire dit : « Parmi eux il en est qui dit : « Donne-moi la permission (de rester) et ne me mets pas en tentation. » Or, c’est bien dans la tentation qu’ils sont tombés ; l’Enfer est tout autour des mécréants. » (Qur’an 9/ 49)

A la descente de ce Verset, ‘AbdAllah Ibn al-Jad alla répéter ses reproches à son père : « Ne t’ai-je pas averti que Allah ferait descendre un Verset que les Musulmans liront ? » Ce qui provoqua la colère du père qui coupa toute relation avec son fils : « Tais-toi ! Par Allah, tu n’auras jamais rien de moi. Par Allah, tu es pire que Muhammad[3] ! »

 

 

Le rôle de ‘AbdAllah Ibn ‘Oubay

 

Quant au rôle de ‘AbdAllah Ibn Oubay, il fut aussi dangereux que celui d’al-Jad Ibn Qays. Si celui-ci appela uniquement sa tribu à ne pas accompagner le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à Tabouk, l’autre ne se contenta pas d’effrayer les gens mais alla plus loin en simulant un mouvement de rébellion dans les rangs de l’armée pour provoquer la scission entre les Musulmans.

‘AbdAllah Ibn ‘Oubay et son groupe rejoignirent les rangs dès l’appel à la mobilisation non pas pour renforcer les Musulmans mais dans le but de provoquer la division et ce, quand ils se détachèrent de l’armée et revinrent à Médine alors que les Musulmans marchaient sur Tabouk.

 

‘AbdAllah Ibn ‘Oubay joua dans l’armée musulmane le même rôle que celui qu’il perpétra le jour d’Ouhoud, lorsqu’il se retira avec sa cinquième colonne qui représentait alors le tiers de l’armée du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Avec son geste prémédité, il faillit provoquer une dangereuse scission parmi les Compagnons du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et deux tribus Ansar faillirent être tentées par la rébellion, n’était-ce l’intervention d’Allah, à Lui les Louanges et la Gloire[4].

 

Dans cette expédition, ‘AbdAllah Ibn Oubay et ses acolytes simulèrent au début, une participation sincère mais lorsque l’armée du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) marcha vers le nord, ils désertèrent en plein jour au vu et su de tout le monde et retournèrent à Médine.

 

Le but de ‘AbdAllah Ibn ‘Oubay était on très clair et son geste réfléchit. Non seulement, il voulut provoquer la division dans l’armée musulmane mais en plus il appela et invita les gens à suivre son geste inqualifiable cependant, sa tentative se solda par un cuisant échec car seul ses acolytes hypocrites le suivirent.

 

En dépit de tout cela, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), comme à son habitude, ne prit aucune mesure à l’encontre de ces hypocrites bien qu’ils montrèrent clairement leurs viles desseins.

 

« ‘AbdAllah, Ibn ‘Oubay arriva avec son groupe d’auxiliaires juifs et ses alliés hypocrites et installa son camp à Hiza’ Zibab[5], près de Thaniyah al-Wada’. Lorsque le le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) leva le camp et se mit en marche, ‘AbdAllah Ibn ‘Oubay se retira avec ses acolytes en disant avec un air moqueur : « Muhammad part en expédition contre les Banou al-Asfar dans cet état et sous cette chaleur ! Il semble ignorer que le pays est très loin et que combattre les Byzantins est un simple jeu. » Et ses compères qui étaient avec lui exprimèrent la même idée.

Puis souhaitant la défaite au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et de son armée, il dit : « Par Allah, je vois déjà ses Compagnons ligotés les uns près des autres dans des cordes[6]. »

 

La majorité de l’armée du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) perçut les propos de ‘AbdAllah Ibn ‘Oubay offensifs et il est fort probable que certains chefs croyants auraient souhaité une ferme réaction du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) avant de quitter Médine. Mais, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), tolérant, indulgent et surtout obéissant à la parole d’Allah ne prit aucune mesure coercitive, bien que sachant la gravité de la tentative de ‘AbdAllah et ses acolytes et les ignora tout simplement en restant silencieux.

 

Les évènements prouvèrent que le silence du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) fut la meilleure réplique car que ce serait-il passé si ces hypocrites avaient accompagné les Musulmans dans cette expédition ? Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, purifia l’armée musulmane de ces éléments subversifs pour la cause de l’Islam et la réussite de l’opération comme Il le mentionna dans le Noble Qur’an dans le verset 47 de la Sourate du Repentir : « S’ils étaient sortis avec vous, ils n’auraient fait qu’accroître votre trouble et jeter la dissension dans vos rangs, cherchant à créer la discorde entre vous. Et il y en a parmi vous qui les écoutent. Et Allah connaît bien les injustes. »

Certains autres hypocrites au nombre de plus de quatre-vingts hommes par contre n’eurent pas l’effronterie de ‘AbdAllah Ibn ‘Oubay et d’al-Jad Ibn Qays mais demandèrent toutefois au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) l’autorisation de retourner.

 

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