SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

La mobilisation de l’armée

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) avait l’habitude de garder secret l’objectif des expéditions qu’il avait l’intention de mener contre ses ennemis, comme il le fit pour La Mecque quand ses dix-mille Compagnons ne furent informés de l’objectif qu’à dix miles de la ville sacrée. Cependant pour l’expédition de Tabouk, il déclara à tout le monde qu’il voulait marcher contre les Byzantins afin que tous les combattants puissent se préparer en conséquence pour le long trajet de six cent miles (mille kilomètres environ).

 

De plus, cette expédition n’allait pas être une expédition-éclair à cause de la distance à parcourir et du nombre de troupes engagées puisqu’il n’y avait plus de raison pour la dissimulation étant donné que tous les ennemis de l’Islam avaient été neutralisés dans toute l’Arabie et que si les Byzantins pouvaient être informés par les hypocrites de Médine, ils restaient maintenant les seuls ennemis. C’est pour ces raisons, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ne dissimula pas ses intentions.

 

En planifiant l’expédition, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) retint toutes les probabilités pour contrecarrer les Banou al-Asfar ; les Pâles (blancs), les Byzantins.

 

Tous les Musulmans capable de prendre les armes devaient répondre à l’appel du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). En plus des Ansar et des Mouhajirine, il chargea des responsables parmi ses premiers Compagnons à avoir embrassé l’Islam, pour qu’ils contactent leurs tribus respectives et qu’ils demandent à ces dernières de rejoindre les rangs de l’armée musulmane à Médine tout en les informant du but de cette mobilisation.

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ne se limita pas d’envoyer ses délégués dans les tribus voisines mais aussi aux habitants de La Mecque bien que ces derniers avaient embrassé l’Islam depuis huit mois seulement.

 

Les historiens ont rapporté le nom de ces onze noms des Compagnons :

– Barida Ibn al-Hasib à Aslam dont les territoires se situaient entre La Mecque et Médine.

– Abou Rahm al-Ghifari à Ghifar, du côté de Badr et as-Safra.

– Abou Wiqid al-Leythi à Banou Leyth de Kinana.

– Abou al-Ja’d az-Zoumari à Banou Zoumrah sur le littoral.

– Rafi’ Ibn Makith à Jouhaynah.

– Joundoub Ibn Makith à Jouhaynah.

– Nou’aym Ibn Mas’oud à Ashdja’.

– Boudayl Ibn Warqa à Khouza’a.

– ‘Amrou Ibn Salim à  Khouza’a.

– Bishr Ibn Soufyan à Khouza’a.

– Al-‘Abbas Ibn Mardas à Salim.

 

Quant aux envoyés pour La Mecque, nous n’avons pu trouver d’indications les concernant dans les sources d’histoire que nous avons entre les mains.

Néanmoins, on peut dire que l’appel du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) reçut un écho très favorable, puisque trente mille combattants répondirent à l’appel malgré les tentatives alarmantes habituelles des hypocrites.

 

Al-Waqidi a rapporté dans al-Maghazi :

« Les ‘Anbat, ces marchands de matières grasses qui étaient en contact permanent avec Médine et la Syrie bien avant l’avènement de l’Islam, rapportèrent que les Byzantins rassemblaient des troupes nombreuses en Syrie, qu’Héraclius les avaient payés une année complète à l’avance et que les premières légions d’entre étaient déjà arrivées à al-Balqah. Ces Byzantins étaient un ennemi que les Musulmans craignaient beaucoup à cause des espions qui étaient parmi les marchands.

Habituellement, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) prenait toutes les précautions afin que l’objectif de ses expéditions reste secret mais pour Tabouk, il ne fit pas de même et informa les gens pour qu’ils se préparent au long voyage et à la chaleur torride. »

 

Enfin, l’année de l’expédition de Tabouk était une année de disette et de sécheresse surtout pour les Musulmans de la campagne. Ce fut pour cette raison qu’elle fut surnommée « l’expédition des difficultés » tant la chaleur était suffocante et l’objectif éloigné.

 

Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui prit certainement en considération tous ces facteurs n’accepta dans son armée que les Musulmans possédant une monture (un cheval ou un chameau) tout en excusant ceux qui n’en avaient pas malgré leur sincère insistance à prendre part à l’expédition. Allah Exalté le mentionna d’ailleurs dans le Noble Qur’an : « Nul grief sur les faibles, ni sur les malades, ni sur ceux qui ne trouvent pas de quoi dépenser (pour la cause d’Allah), s’ils sont sincères envers Allah et Son messager. Pas de reproche contre les bienfaiteurs. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Qur’an 9/91)

 

Mais pour ceux qui en étaient capables, Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, dit : « Il n’y a de voie (de reproche à), vraiment, que contre ceux qui demandent d’être dispensés, alors qu’ils sont riches. Il leur plaît de demeurer avec celles qui sont restées à l’arrière. Et Allah a scellé leurs cœurs et ils ne savent pas. » (Qur’an 9/93)

 

On peut poser cette question : Pourquoi le Prophète n’attendit-il pas la fin de l’été et l’amélioration de la situation matérielle des Musulmans pour déclencher son expédition sur Tabouk ?

La réponse est que la situation sur les frontières nord était très préoccupante. D’après les informations recueillies, le rassemblement des troupes byzantines et celles des Arabes chrétiens constituait une menace mortelle et le temps était un élément essentiel pour empêcher les Byzantins de rassembler toutes leurs forces d’où la diligence du commandement médinois de faire face le plus rapidement possible à la menace malgré les difficultés et la saison non-propice.

 

 

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