SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

La campagne de Tabouk

 

Les actions militaires entre Hounayn et Tabouk

 

Sans conteste, la bataille de Hounayn qui eut lieu entre les Musulmans et la tribu Hawazin fut la plus violente des batailles et la dernière du Prophète Muhammad (Salut et Bénédiction sur lui).

 

La victoire des Musulmans dans cette bataille fut le dernier clou du cercueil de l’idolâtrie dans la presqu’ile arabique et dans cette bataille, la plus nombreuse coalition tribale païenne après celles des Coalisés, fut vaincue par les Compagnons du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 

Dans cette bataille, le reste des païens de toute l’Arabie ainsi que les nouvellement convertis qui doutaient encore mirent tous leurs espoirs sur la victoire des troupes de Hawazin à Hounayn. Ils espérèrent tous que les 20.000 guerriers de Hawazin écraseraient l’armée du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) au nombre de dix-mille combattants joint par deux mille musulmans mecquois qui quinze jours auparavant venaient juste d’embrasser l’Islam et qu’un grand nombre d’entre eux avaient encore de la haine et de l’animosité envers l’Islam et les Musulmans et qui cultivaient l’espoir secret de voir les polythéistes remporter la victoire sur le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 

Contre tous leurs espoirs et divagations, l’armée musulmane vainquit les Hawazin qui prouvèrent leurs capacités guerrières à Hounayn et fit ainsi voler en éclats tous les vains espoirs auxquels s’accrochaient encore le reste des païens qui s’étaient dispersées çà et là dans la presqu’ile arabique.

 

Et bien qu’une branche de Hawazin, les Thaqif, restèrent invaincus, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) leva le siège après la mort de quatorze Shouhadah, un nombre que tous les chroniqueurs et historiens s’accordent à dire qu’il ne fut pas égalé même dans la bataille de Hounayn, après avoir dit à ses Compagnons qu’Allah Exalté allait amener Thaqif sur la voie de l’Islam sans qu’aucun sabre n’ait besoin d’être levé et que, par conséquent, il n’y avait aucune raison à poursuivre le siège de gens qui allaient embrasser l’Islam, ce qu’ils firent exactement quelques temps plus tard quand une délégation de Thaqif se rendit à Médine pour déclarer la conversion de toute la tribu après de longs pourparlers avec le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 

Malgré la victoire décisive des Musulmans à Hounayn, certains païens restèrent à défier l’Islam. Ces poches de résistance disséminées, sans aucun lien militaire entre elles pouvant conduire à une force unie contre les Musulmans, ne constituaient donc aucun menace militaire contre la communauté de l’Islam qui après ces succès successifs, était devenue la plus forte force de toute l’Arabie.

 

Toutefois, l’existence de ces croyances idolâtres ne pouvait durer car non seulement l’Islam était venu pour les effacer et conduire l’humanité vers la dernière étape de sa maturité mais aussi du simple fait qu’elle ne pouvait coexister avec la croyance en Allah l’Unique. Ainsi pour que seul règne l’Islam sans partage et que Seul Allah l’Unique soit adoré dans toute l’Arabie pour commencer, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) lanca cinq expéditions militaires pour éliminer les derniers vestiges de l’idolâtrie.

 

L’expédition contre les Banou Tamim

 

Cette expédition commandée par ‘Ouyaynah Ibn Hisn, le seigneur de Fazara, fut envoyé dans le territoire des Banou Tamim au mois de Mouharram 09 de l’Hégire.

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) envoya certains Compagnons pour la collecte de la Zakat dont Barid Ibn al-Hasib pour les tribus d’Aslam et Ghifar, ‘Abbad Ibn Bishr al-Ashhal pour les tribus de Soulaym et Mazina, Rafi’ Ibn Makith pour sa tribu de Jouhaynah, ‘Umar Ibn al-‘As pour Fazara az-Zakkaq, Ibn Soufyan al-Kilab pour les Banou Kilab et Bousr Ibn Soufyan al-Ka’bi pour sa tribu Khouza’a.

 

Les Khouza’a qui s’était converti à l’Islam était donc obligé de donner la zakat pour la trésorerie de Musulmans et cette tribu était voisine de deux tribus des Banou Tamim, les Banou Jouhaynah et les Banou ‘Amrou Ibn Joundoub Ibn al-Atir encore païennes.

Certains Banou Tamim, qui étaient les hôtes de Khouza’a ce jour-là, refusèrent que le Mousaddiq (le collecteur de zakat) prenne la part déterminée de moutons, de chèvres et de chameaux. Ils demandèrent à Khouza’a : « Qu’est-ce que cela? On prend vos biens injustement ? »

– « Nous sommes musulmans et ceci est une obligation dans notre religion que nous acceptons de bon cœur, » répondirent les Khouza’i.

– « Par Allah, il ne touchera à aucun chameau, » répliquèrent furieusement leurs hommes. Puis, ils prirent leurs armes pour empêcher par la force l’émissaire du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) de prendre la zakat de la tribu Khouza’a.

L’émissaire du Prophète qui n’était accompagné que de deux médinois se retira devant le rassemblement de ces Tamim armés et menaçants et regagna aussitôt Médine.

 

Al-Waqidi a rapporté :

« Sachant que l’Islam ne s’était pas encore généralisé parmi les Arabes, il fut effrayé. Certains peuples arabes encore païens craignaient encore les Musulmans après ce qu’avait fait le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à La Mecque et à Hounayn. Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) reçut ce dernier qui lui dit : « Mais nous étions que trois, ô Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam)[1]. »

 

L’expulsion des Banou Tamim par Khouza’a

 

L’attitude des Banou Tamim qui, rappelons-le, étaient de simples hôtes traduisait tous les sens de la stupidité et de la maladresse. Khouza’a leur dit donc : « N’étiez-vous nos voisins vous n’arriverez jamais chez vous, nous risquons maintenant la colère du Messager d’Allah en plus de vous mettre en travers de son chemin en interdisant les musulmans de prendre nos contributions (pour la trésorerie des Musulmans). » Khouza’a les chassa alors pour exprimer leur mécontentement.

 

Lorsque le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) fut informé du comportement des Banou Tamim, il demanda : « Qui sortira pour ce qu’ont fait ces gens ? »

– « Moi, par Allah !, » se proposa ‘Ouyaynah Ibn Hisn, « je vais les chercher même s’ils atteignent Yabrin jusqu’à ce que je te les ramène, par la volonté d’Allah. (Et, à ce moment) tu décideras de leur sort, s’ils n‘embrassent pas l’Islam. »

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) envoya donc ‘Ouyaynah Ibn Hisn à la tête d’un petit détachement de cinquante cavaliers, tous des bédouins. ‘Ouyaynah et ses cavaliers, marchèrent la nuit et se cachèrent le jour jusqu’à ce qu’ils parviennent chez les Banou Tamim sur les terres des Banou Soulaym. Il les attaqua alors mais ils n’eurent pas le courage nécessaire pour faire face et s’enfuirent cependant, ‘Ouyaynah et ses hommes réussirent à capturer onze hommes et onze femmes ainsi que trente enfants.

 

De retour à Médine, ces captifs furent placés dans la maison de Ramla Bint al-Harith jusqu’au jour où une grande délégation de Tamim la conversion de toute la tribu au Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Ce qui suffit pour remette en liberté les cinquante-deux captifs.

 

A propos de ces Tamim, Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, fit descendre ce verset : « Ceux qui t’appellent à haute voix de derrière les appartements, la plupart d’entre eux ne raisonnent pas. » (Qur’an 49/4)

 

 

Views: 0