SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

La poursuite des fuyards

 

Lorsque la situation tourna en faveur des Musulmans et après que la victoire fut arrachée de haute lutte, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) donna l’ordre aux combattants de poursuivre les Hawazin, encore sous le choc de la défaite, afin qu’ils n’aient pas la possibilité de se regrouper.

 

Les troupes musulmanes, sous le commandement du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam, se mirent donc à la poursuite de Hawazin jusqu’à Ta’if où les fuyards se retranchèrent et principalement les hommes de Thaqif, l’une des plus importantes branche de Hawazin. Là, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) les assiégea plusieurs jours puis se retira avec ses Compagnons sans que Ta’if ne tombe aux mains des Musulmans.

 

Durant la poursuite des polythéistes, les Musulmans comprirent qu’ils avaient remporté une large victoire et rien ne résista sur leur passage. Les Hawazin dans leur fuite, laissèrent derrière eux, femmes, enfants et biens. L’idée de Malik Ibn ‘Awf s’avéra une catastrophe et ses hommes n’attachèrent aucune importance ni à leurs biens ni à leurs familles quand ils virent l’armée musulmane déferler sur eux.

 

A vrai dire, si l’assaut de l’armée musulmane fut irrésistible quelques Hawazin tentèrent de se réorganiser, malgré la défaite. L’un de ces groupes se rassembla dans la vallée d’Outas pour se réorganiser et continuer le combat. Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) leur envoyé un escadron sous le commandement d’Abou ‘Amir al-Ash’ari (l’oncle d’Abou Moussa al-Ash’ari) qui brisa leur résistance.

 

Des traditionnistes ont rapporté à propos des Hawazin : « Quand les gens se retirèrent, ils se dirigèrent vers at-Ta’if mais certains d’entre deux, se regroupèrent à Outas et Nakhla (une autre vallée). Alors, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) envoyé des hommes (parmi eux Salamah Ibn al-Akwa’) pour les combattre. Ce dernier dit : « Après la fuite des troupes de Hawazin, de nombreux Hawazin se regroupèrent à Outas que nous encerclâmes et combattirent. Enfin de compte, il y eut des tués, des prisonniers et aussi des fuyards. »

 

Ibn Ishaq rapporte dans la Sirah d’Ibn Hisham que dix frères des polythéistes de Hawazin se mesurèrent en duel avec Abou ‘Amir al- Ash’ari. Dans ces duels, Abou ‘Amir réussit à tuer les neuf premiers frères mais faillit sur le dernier.

 

Dans la Sirah d’Ibn Hisham et dans al-Maghazi, il est rapporté qu’Abou ‘Amir al-Ash’ari (en tant que chef de l’escadron) affronta dix frères dans des duels séparés. Au premier, Abou ‘Amir dit : « O Allah, sois témoin de lui » et il l’a tué. Au deuxième, il tint les mêmes paroles (après l’avoir appelé à l’Islam) puis l’a tué. Il répéta les mêmes paroles et réussit à chaque fois devant son adversaire. Pour le dixième frère, Abou ‘Amir répéta : « O Allah, sois témoin de lui, » mais le polythéiste répliqua : « O Allah, n’en sois pas témoin. » C’est ce qui retint Abou ‘Amir et le Hawazini fut sauvé et se convertira plus tard à l’Islam.

 

Malik Ibn ‘Awf

 

Quant au chef des Hawazin, Malik Ibn ‘Awf, il prit la fuite avec son Etat-major lorsqu’il fut convaincu de la débâcle. Certains historiens ont aussi rapporté qu’il fut poursuivi dans sa fuite par az-Zoubayr Ibn al-‘Awwam.

 

Après avoir donné l’ordre dans sa retraite, Malik Ibn ‘Awf assura d’abord la fuite des plus démunis parmi les femmes et les enfants. Puis il retourna vers ses Compagnons et leur demanda de surveiller les parages. Quand il vit az-Zoubayr Ibn al-‘Awwam sur ses traces, il se faufila entre les arbres et les collines pour aller se cacher dans son fort situé dans la vallée de Liya[2].  Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) informé du lieu de son retranchement, ne prit aucune mesure contre lui. Au contraire, il lui envoya un messager qui lui demanda d’embrasser l’Islam, ce que fit d’ailleurs par la suite Malik Ibn ‘Awf.

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) interdit de tuer les femmes et les enfants mais on trouva une femme tuée sur le champ de bataille. Quand le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) vit sa dépouille, il dit: « Elle n’aurait pas dû être combattue. » Et après une enquête, il s’avéra que le responsable de sa mort était Khalid Ibn al-Walid à qui le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) envoya l’un de ses Compagnons qui lui dit : « Le Messager d’Allah t’interdit de toucher aux enfants, aux femmes et aux vieillards. »

 

Le Prophète vit alors une autre femme abattue et contrarié, il questionna après elle (et le responsable). Un combattant de l’armée s’approcha et dit : « C’est moi qui l’a tuée, ô Messager d’Allah. Elle m’a surpris par derrière et a tenté de me tuer, je l’ai alors tuée. »

Le Prophète ordonna alors de l’enterrer, ce qui fut fait.

 

L’estimation du butin

 

Après la défaite cuisante de Hawazin dans la bataille de Hounayn, les Musulmans s’emparèrent d’un énorme butin de guerre composé de vingt-quatre mille chameaux, trente mille têtes d’ovins et huit mille captifs.

 

Et, lorsque le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) décida de poursuivre Hawazin jusqu’à Ta’if, il ordonna à Badil Ibn Warqa, le chef Khouza’i, de garder ce butin à al-Ji’rana, un endroit près de La Mecque. De retour du siège de Ta’if, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) relâcha tous les captifs mais partagea le reste du butin entre les membres de l’armée.

 

La marche sur Ta’if

 

Ce siège fut considéré comme le prolongement de la bataille de Hounayn. Après la défaite, les troupes de Hawazin se replièrent à Ta’if, là que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) assiégea durant dix-sept jours.

 

Après la bataille de Hounayn, il apparut que la principale force toujours menaçante et intacte était Thaqif et que cette tribu était la colonne centrale de l’armée de Hawazin. Pour cette raison, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ordonna la poursuite et le siège de la citadelle de Ta’if ou il se rendit avec son armée en passant par la vallée de Nakhla et de Liyia.

 

Dans Maghazi al-Waqidi, il est rapporté que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) envoya Khalid Ibn al-Walid (et sa cavalerie) à l’avant-garde des troupes qu’il appuya par plusieurs guetteurs pour arriver à Ta’if et quand il arriva, Thaqif s’était déjà retranché derrière la muraille renforcée de deux grandes portes bien solides qui protégeait leur ville.

 

Lorsqu’ils arrivèrent, les Musulmans furent couvert d’une pluie de flèches et de lances qui touchèrent plusieurs Compagnons contraignant ainsi le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à choisir un autre lieu pour installer le camp.

Le changement du camp fut en fait l’idée de Houbab Ibn al-Moundir, celui-là même qui avait suggéré à Ouhoud de changer la position de l’état-major ainsi que celle du camp lors du siège de Khaybar.

 

Dans al-Maghazi, il est rapporté :

« Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se mit en marche. (Un certain temps après), il arriva près du fort de Ta’if ou il campa avec son armée. Lorsque que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et ses Compagnons furent installés, al-Houbab Ibn al-Moundir dit : « O Messager d’Allah, nous sommes proches du fort. Si c’est un ordre, nous consentons, mais si c’est un avis (humain), il vaut mieux s’éloigner de leur fort. » Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) resta silencieux. »

 

Finalement, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) appliqua la suggestion d’al-Houbab Ibn al-Moundir qu’il appela et à qui il demanda de choisir un autre emplacement pour le camp de l’armée après que des combattants musulmans furent touchés par les flèches tirées du haut du fort.

 

 ‘Amrou Ibn Oumayyah az-Zamari a dit : « Leurs flèches nous couvrirent dès notre arrivée. Allah sait combien elles étaient nombreuses, on aurait dit des nuages de criquets ! Nous nous protégèrent mais des hommes parmi nous furent blessés. Alors le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) appela al-Houbab Ibn al-Moundir et lui dit : « Trouve-nous une hauteur loin de ces gens. » Al-Houbab se rendit jusqu’à l’endroit de l’oratoire de Ta’if, à l’extérieur de la cité, puis revint chez le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) pour lui dire qu’il avait trouvé un endroit adéquat. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) donné donc l’ordre (aux Compagnons) de changer la position. (C’est vrai que) je voyais Abou Mihjan et ses compagnons tirer du haut du fort des lances, sans qu’aucune flèche ne soit décochée. »

 

Après l’installation du camp sur la hauteur choisie par al-Houbab, les Musulmans revinrent près du fort, mais avant que ne reprennent les hostilités, un Compagnons du nom de Yazid Ibn Zoum’a Ibn al-Aswad s’avança sur son cheval et demanda l’Aman à Thaqif afin de leur parler. On lui assura qu’aucun mal ne lui serait fait mais dès qu’il se rapprocha du fort, les assiégés trahirent leur parole et le tuèrent. Il fut le premier Shahid musulman du siège de Ta’if.

 

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