SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

Le cri d’al-‘Abbas, oncle du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam)

 

Comment le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) réussit-il a sonné le rappel de ses Compagnons alors que la première fois, il n’avait pu les rassembler ?

 

Al-‘Abbas Ibn ‘Abd-al-Mouttalib (radhiyallahou ‘anhou) était parmi la centaine de Compagnons qui restèrent avec le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) au moment où l’armée musulmane subit l’échec. Il avait une voix forte qui portait sur plusieurs miles et le Prophète (radhiyallahou ‘anhou) le savait bien.

Et c’est pour cette raison qu’il demanda à son oncle al-‘Abbas d’appeler l’armée à retourner sur le champ de bataille. Il lui recommanda d’appeler spécialement les Ansar et les Compagnons de l’Arbre (ceux qui prêtèrent allégeance sous l’arbre à al-Houdaybiyah) car c’étaient ceux-là qui formaient vraiment la colonne vertébrale de l’armée musulmane et ceux-là, qui s’ils savaient leur bien-aimé Prophète en difficulté face à l’ennemi, retourneraient sans hésiter sur le champ de bataille et avec ceux-là que le rapport de force changerait certainement en faveur de l’Islam, avec la volonté d’Allah, à Lui les Louanges et la Gloire.

 

Al-‘Abbas exécuta l’ordre du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) en appelant les Compagnons, les véritables Auxiliaires d’Allah et de Son Messager. Son appel fut tellement perçant qu’il déchira le ciel et tellement fort que tous les Compagnons comprirent sa teneur et dans un nouvel éclair de lucidité retournèrent rapidement sur leurs pas.

 

La reprise du combat

 

Dès le retour des Musulmans autour du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), la bataille reprit sérieusement cette fois. Les deux camps s’entrechoquèrent dans un fracas brutal qui vit en un court laps de temps le rapport de force changer au profit du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et de ses Compagnons. Les Musulmans combattirent avec abnégation et patience jusqu’à ce qu’Allah Exalté couronne leurs sacrifices par une victoire éclatante sur Hawazin.

 

L’Imam Muhammad Ibn ‘Umar al-Waqidi nous a rapporté cette journée mémorable dans son œuvre célèbre al-Maghazi :

« Anas Ibn Malik a dit : « Dès notre arrivée dans la vallée (de Hounayn), nous avons été pris par surprise avant les premières lueurs de l’aube. (Leurs) troupes tombèrent sur nous à partir des collines et des passages étroits de la vallée. Ils fondirent sur nous en une seule charge (organisée), ce qui a mis la cavalerie à découvert (la cavalerie de Salim). Les cavaliers battirent en retraite suivis par les Mecquois et d’autres qui paniquèrent.

J’entendis alors le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) qui appelait : « O Auxiliaires d’Allah et Auxiliaires de Son Messager ! C’est moi le Serviteur d’Allah et Son Messager ! (Je suis là) et je patiente ! » Puis, il (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) s’avança avec sa lance vers les gens. »

 

Quant à al-‘Abbas Ibn ‘Abd-al-Mouttalib, il a dit : « A Hounayn, les Musulmans et les polythéistes se rencontrèrent. Les premiers battirent en retraite et je vis alors le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) accompagné seulement d’Abou Soufyan Ibn al-Harith Ibn ‘Abd al-Mouttalib qui tenait la mule du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

Lorsque le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) vit les Compagnons s’enfuir sans se retourner, il me dit (il faut dire que je suis un homme qui a une voix qui porte) : « Crie : O Ansar, ô Compagnons de l’Arbre ! » J’ai alors lancé : « O Ansar, ô Compagnons de l’Arbre ! » Et ils sont arrivés tels des chamelles pleines d’affection pour leurs petits en criant : « Nous sommes là ! Nous sommes là ! » 

 

Il faut dire que l’appel fut d’abord adressé       aux Ansar et qu’ensuite il se restreignit aux Khazraj. Ces derniers étaient endurcis et sincères au combat. Alors, le Messager (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) vit leurs morts (de Hawazin) en dit : « Maintenant, la bataille devient acharnée. » Puis il prit des cailloux et les jetés en disant : « Soyez vaincus par le Seigneur de la Ka’bah ! »

 

Anas a dit : « Par Allah, je voyais leur position s’affaisser jusqu’au moment où Allah les vainquit et c’est comme si je vois maintenant le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se lancer à leur poursuite sur sa mule[1]. »

 

Anas en parlant des Compagnons qui restèrent avec le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) lors de la défaite de l’armée a dit : « J’ai vu le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) regarder à droite et à gauche en criant aux gens qui fuyaient : « O Auxiliaires d’Allah et Auxiliaires de Son Messager ! C’est moi le Serviteur d’Allah et Son Messager qui patiente ! » Puis, il s’avança avec sa lance devant les gens.

Par Celui qui l’a envoyé, nous n’avons pas frappé avec l’épée ni n’avons tiré une flèche que Allah les a vaincus. Puis le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se retourna vers les combattants et leur donna l’ordre de tuer tous ceux qu’ils pouvaient tuer. Hawazin se mit alors à reculer et les Musulmans à revenir. » »

 

Certains historiens ont rapporté les noms de quelqu’un de ces hommes (radhiyallahou ‘anhoum) :

– Abou Bakr,

– ‘Umar Ibn al-Khattab,

– Al-‘Abbas Ibn ‘Abd al-Moutalib,

– ‘Ali Ibn Abou Talib,

– Al-Fadl Ibn al-‘Abbas,

– Abou Soufyan Ibn al-Harith,

– Rabi’ah Ibn al-Harith,

– Ayman Ibn ‘Oubayd al-Khazraji,

– Oussama Ibn Zayd et,

Haritha Ibn an-Nou’man.

 

L’intrépidité du chef de Hawazin

 

Les historiens ont aussi rapporté que le chef de Hawazin Malik Ibn ‘Awf montra un grand courage ainsi que sa tribu (les Banou Nasr). Lui et ses proches combattirent avec un tel courage et intrépidité qu’ils faillirent être tous exterminés.

Malik Ibn ‘Awf ne se retira du champ de bataille qu’après avoir été convaincu que ses troupes avaient été dispersées par les Musulmans.

 

Al-Waqidi a rapporté :

« Le combat devint si acharné autour des Banou Nasr (les parents de Malik Ibn ‘Awf) et des Banou Rabab que ‘AbdAllah Ibn Qays an-Nasri, qui était musulman dit : « O Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), les Banou Rabab sont en train d’être massacrés. »

 

Et ainsi, après un dur et violent combat, Hawazin fut défait après une victoire initiale, perdit des centaines d’hommes ainsi que six mille personnes prisonniers qui tombèrent entre les mains des Musulmans et laissa ses       vingt-quatre mille chameaux. Une prise de guerre jamais réalisée par les Musulmans du vivant du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 

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