SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

La défaite des Musulmans chez les historiens

 

Les historiens et les traditionnistes s’accordent à dire que l’échec des Musulmans dans le premier choc fut un échec effrayant du fait qu’aucun d’eux ne resta avec le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à l’exception de la centaine de Compagnons de son état-major.

 

La description de la défaite par les historiens et les traditionnistes n’est pas vraiment détaillée mais nous allons rapporter ce que nous avons pu recueillir des documents.

 

Dans la Sirah Ibn Hisham, Jabir Ibn ‘AbdAllah a dit :

« Dès notre arrivée sur les hauteurs de la vallée de Hounayn, nous sommes descendus dans une des vallées de Touhamah dans un poche (très prononcée). L’ennemi nous avait devancés dans la vallée, sur ses collines, ses pentes et ses passages étroits et s’était préparé. Et avant la toute première aube, par Allah, ses compagnies se sont lancées sur nous tel un seul homme. Les hommes ont fait vite de battre en retraite. (A ce moment-là), personne ne regarda personne. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se déplaça sur la droite puis cria : « Où sont les gens ? Venez à moi ! Je suis le Messager d’Allah ! »

Mais (personne n’écouta), les montures paniquaient, les gens fuyaient, sauf ceux qui restèrent avec le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), des Mouhajirine, des Ansar et ses proches parents. »

 

Younous Ibn Bakr a dit : « Malik Ibn ‘Awf se dirigea vers Hounayn avec son armée et arriva avant le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) Ils se préparèrent sur les inclinaisons et les passages étroits et lorsque le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) arriva avec son armée, à la première aube du jour, les cavaliers (ennemis) attaquèrent (par surprise), les hommes battirent en retraite, personne ne regardait personne.

Dans cette situation, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se rangea sur la droite puis s’écria : « Où sont les gens ? Venez à moi ! Je suis le Messager d’Allah ! C’est moi Muhammad Ibn ‘AbdAllah. » Mais, personne n’entendit. Les montures étaient déjà prises de panique[4]. »

 

Ibn Hazm a aussi rapporté :

« Puis il partit (le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam)). Quand il arriva dans la vallée de Hounayn, Hawazin était déjà embusquée sur les bords de la vallée, et ce, à la première lueur de l’aube. Ils (les Hawazin) fondirent comme un seul homme sur les Musulmans, qui battirent en retraite sans que personne ne regarde personne. Alors, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) les appela mais personne ne revint[5]. »

  

Quant à Muhammad Ibn Sa’d :

« Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) descendit vers la vallée de Hounayn. Il était couvert d’une armure, d’un casque et montait une mule blanche appelée Daldal. Ils (le Prophète et ses Compagnons) furent surpris par Hawazin dans l’obscurité de la matinée. Les troupes (ennemies) sortirent soudainement des passages étroits et des pentes et fondirent comme un seul homme. Ce qui poussa les cavaliers des Banou Salim à battre en retraite, suivis par les Mecquois et le reste des gens. (Devant cette situation), le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) appela à haute voix : « O Auxiliaires d’Allah et de Son Messager ! C’est moi le Serviteur d’Allah et Son Messager[6] ! »

 

La riposte résolue du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam)

 

Ainsi, Les Musulmans furent mis en échec lors du premier affrontement. Ce fut une défaite désagréable et générale. Douze mille hommes mis en déroute, fuyant le champ de bataille dès le premier contact. Deux mille quatre cents cavaliers ainsi que plusieurs milliers de chameaux partirent dans toutes les directions et les hommes de troupe dans une désorganisation totale.

 

Dans cette situation indescriptible, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) essaya de ramener à la raison les fuyards. Il les appela à la résistance et à la réorganisation. Mais personne ne l’écouta la première fois car chacun était occupé à sauver sa peau. Ce ne fut pas une chose nouvelle car le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) avait déjà vécu des situations similaires lors de la bataille d’Ouhoud et du siège des Coalisés. A Ouhoud, il avait résisté aux polythéistes malgré l’erreur des archers et la désorganisation des rangs musulmans et encore une fois avec courage, il résista et patienta à tel point qu’il put regrouper ses Compagnons.

 

Durant le siège des Coalisés, il avait été tout un mois le véritable moteur de la résistance. Par sa détermination, son courage, sa patience, il donna l’exemple à ses Compagnons et les réconfortait, il prit même part aux activités de surveillance à l’endroit le plus dangereux du fossé.

 

Ainsi était le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ; un refuge pour ses Compagnons et un exemple de patience et de sérénité dans les moments difficiles, un facteur déterminant dans le renforcement du moral des troupes.

 

A Hounayn, il fit de même. Il maintint sa position face aux flots des Hawazin et se chargea de rassembler de nouveau ses Compagnons éparpillés. En quelque sorte, il devint le pôle autour duquel les Musulmans se rassemblèrent aussi vite qu’ils s’étaient dispersés auparavant.

 

 

[1] Maghazi al-Waqidi, t. III, p. 890 et pages suivantes.

[2] Al-Bidayah wa an-Nihayah, t. IV, p. 328.

[3] Tarikh at-Tabari, t. III, p. 75 et Sirah Ibn Hisham, t. IV, p. 87.

[4] Al-Bidayah wa an-Nihayah, t. IV, p. 326.

[5] Jawami’ as-Sirah, p. 239.

[6] At-Tabaqat al-Koubra, t. I, p. 150.

 

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