SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

La bataille

 

Les préparations terminées de part et d’autre les Musulmans se dirigèrent seuls vers le champ de bataille car en réalité, les Hawazin les avaient devancés dans les collines et les passages étroits, là où ils avaient préparé leurs embuscades. Quand l’armée musulmane se mit en marche en direction de vallée de Hounayn, il ne faisait pas encore jour et l’obscurité dominait encore les premières lueurs de l’aube. Ce fut à ce moment-là que choisirent les Hawazin pour fondre sur la cavalerie musulmane qui s’avançait alors dans le passage menant vers la vallée où Hawazin avait installé son camp.

 

Au premier choc, les Musulmans n’eurent pas le temps de riposter du fait qu’ils n’envisagèrent pas la possibilité de cet élément. L’embuscade est pourtant très connue dans les guerres classiques mais Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, avait décidé la réussite des embuscades des polythéistes dans la première phase de la bataille pour donner une leçon d’humilité aux Musulmans qui s’enorgueillissaient de leur puissance.

Certes, bien que les embusqués fussent beaucoup moins nombreux que les troupes musulmanes, l’effet de surprise fut très efficace comme c’est toujours le cas dans toutes les guerres.

La surprise est un élément très influent dans une bataille et peut paralyser l’efficacité de la cavalerie adverse, semer la panique parmi 1es soldats même s’ils sont nombreux et bien organisés et nous avons vu cela maintes fois dans nos Abrégés.

 

C’est donc ce qui se passa au début de la bataille à Hounayn : quelques petits groupes des Hawazin judicieusement répartis et embusqués réussirent, profitant de la surprise et du moment propice, à semer la panique parmi les douze mille combattants musulmans et Khalid Ibn al-Walid, qui était à l’avant-garde avec sa cavalerie ne put organiser la riposte car ses cavaliers s’étaient déjà dispersés.

 

La réussite des embuscades de Malik Ibn ‘Awf peut s’expliquer par les trois raisons suivantes:

1 – L’ignorance du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) des intentions d’embuscades de Malik Ibn ‘Awf car s’il l’avait su, elles auraient été neutralisées. Allah Exalté aurait très bien pu révéler à Son Messager (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) la disposition de l’ennemi comme Il le fit maintes fois mais une leçon était nécessaire pour les Musulmans à ce moment précis de l’Histoire afin qu’ils en tirent profit.

 

2 – L’exécution de ces embuscades sous l’obscurité de la nuit aux premières lueurs de l’aube ou les Musulmans furent surpris par l’intensité d’une pluie de flèches qui s’abattit sur eux et qui ne leur permit pas de savoir précisément d’où l’offensive avait été déclenchée. D’autre part, la profusion des flèches provoqua la panique des chevaux et conduisit au retrait des cavaliers qui formaient le bouclier des combattants.

 

3 – Le bon choix de Malik Ibn ‘Awf des positions pour l’exécution des embuscades. En effet, les Hawazin occupèrent des positions qui dominaient le terrain et difficiles pour le mouvement des chevaux.

Donc, quand l’avant-garde de l’armée du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) fut surprise par l’offensive des Hawazin, elle battit rapidement en retraite vers La Mecque sans qu’aucune lance ou flèche ne soit décochée vers les polythéistes.

Ce brusque retrait de l’avant-garde sema donc aussitôt la panique et le désarroi dans les rangs de l’armée musulmane qui perdit alors son organisation et sa cohésion. Les cavaliers fuyards entrainèrent donc la débandade car les Musulmans crurent qu’ils avaient été défaits et à la place de déferler vers le champ de bataille, ils déferlèrent vers La Mecque, dans le sillage de la cavalerie.

 

La situation fut vraiment difficile et l’épreuve très dure. Le commandement musulman n’avait jamais rencontré d’attitudes similaires dans ses batailles contre les idolâtres y compris celle d’Ouhoud ou les Musulmans essuyèrent la défaite après avoir remporté une victoire retentissante au début de la bataille.

A Hounayn, les rangs musulmans se disloquèrent complètement et tant les cavaliers que les hommes de troupe s’avouèrent vaincus dans la première phase de la bataille sans même avoir livré la bataille. Si cette situation avait duré, l’écrasante majorité de l’armée musulmane aurait été anéantie et la chute de La Mecque aurait été certaine. Mais Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, en avait décidé autrement et voulait juste donner une leçon aux Musulmans et aux antipodes, là ou 12000 combattants avaient failli, en soutenant Son Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) avec seulement cent de ses Compagnons, ce fut un facteur décisif dans le renversement du cours de la bataille au profit de l’Islam pour prouver que le nombre n’est pas le facteur essentiel pour remporter des victoires et Louanges à Allah.

 

Les alarmistes de l’armée musulmane

 

Rappelons d’abord que l’armée musulmane intégra deux mille Mecquois qui avaient déclaré leur conversion à l’Islam bien qu’ils n’étaient pas tous croyants. Leur présence au côté des Musulmans n’était pas pour combattre pour la cause de l’Islam, mais pour juste pour recevoir une part du butin en cas de victoire pour le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

Lorsque ces mecquois virent la fuite des Musulmans devant les Hawazin, ils exprimèrent ce qui était enfin dans leur cœur et montrèrent leur joie devant la proche défaite de l’Islam.

 

Dans la Sirah d’Ibn Hisham, Ibn Ishaq a rapporté :

« Dès la fuite des gens, certains hommes exprimèrent la haine de leur cœur. Abou Soufyan Ibn Harb dit : « Leur défaite sera retentissante. » Quant à Kilda Ibn Hanbal, le demi-frère de Safwan Ibn Oumayyah du côté de sa mère, il s’écria : « La magie n’a plus d’effet aujourd’hui ! » Mais Safwan lui répondit : « Ferme-la ! Par Allah, je préfère être commandé par un homme de Qouraysh que par un homme de Hawazin[2]. »

 

Dans al-Maghazi, al-Waqidi a rapporté : « Kilda Ibn Hanbal dit : « Voici la bonne nouvelle, ô Abou Wahb ! Muhammad a été vaincu ainsi que ses Compagnons ! » Safwan lui répondit alors : « Un chef de Qouraysh, m’est préférable qu’un de Hawazin, si tu veux être commandé. »

 

Alors qu’il était encore polythéiste, Safwan Ibn Oumayyah tint sa parole mais après la victoire de Hounayn, il embrassa l’Islam et mourut Shahid en Syrie.

 

La tentative d’assassinat du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) au moment de la retraite désordonnée

 

Pendant la fuite des Musulmans, Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) échappa, grâce à Allah Exalté, à une tentative d’assassinat d’un des Qouraysh. En effet, ce des Qouraysh nommé Shaybah Ibn ‘Uthman Ibn Abou Talha al-Abadri qui voulut se venger sur le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) pour la mort de son père tué à Ouhoud. Mais Allah le Très-Haut, l’empêcha de concrétiser son dessein.

 

Shaybah Ibn ‘Uthman rapporta lui-même son témoignage sur cette affaire en disant : « Je me suis dit : « Aujourd’hui, je vais venger mon père, aujourd’hui, je vais tuer Muhammad. » Je me suis dirigé alors vers le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) avec l’intention de le tuer mais une chose m’a retenu jusqu’à ce que j’eu le souffle coupé. Je n’ai pas supporté cela et j’ai su alors qu’on me l’avait interdit[3]. » »

 

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