SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

La bataille de Hounayn

 

Lorsque les Musulmans devinrent maitres de La Mecque (le plus grand et plus important centre de l’idolâtrie), il devint clair que les derniers jours de l’idolâtrie étaient comptés non seulement dans le Hijaz, mais dans toute l’Arabie. La question de la chute définitive de cette croyance païenne devint alors une simple question de temps.

 

Après la neutralisation de Qouraysh qui retenait l’haleine des autres idolâtres associateurs, seul un ensemble de tribus craintes (les tribus Hawazin) connues pour leurs capacités guerrières et leur grand nombre se dressait devant les Musulmans. Et bientôt 20000 d’entre eux se dirigèrent vers La Mecque pour rencontrer les Musulmans à Awtas dans la vallée de Hounayn.

 

Les poches de résistance autour de La Mecque

 

Malgré la chute de Qouraysh (le grand protecteur de l’idolâtrie), quelques poches païennes restèrent dans les environs de La Mecque ce qui suggéra au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) l’idée de les neutraliser aussi avant d’engager la bataille décisive avec les tribus Hawazin.

 

Dès la stabilisation de la situation dans La Mecque, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) envoya plusieurs détachements de son armée pour éliminer toute trace païenne dans la région, lesquels détachements accomplirent scrupuleusement leur mission par la destruction de ce qui était resté des idoles dans les régions situées au sud et au sud-est de La Mecque.

 

Ces détachements détruisirent al-Manat et al-‘Ouzzah, deux idoles historiques et respectées par les Arabes que le Noble Qur’an a mentionné.

 

En ce qui concerne les opérations exécutées par les Musulmans, elles furent au nombre de cinq :

 

La patrouille d’al-Moushallal

 

La patrouille commandée par Sa’d Ibn Zayd al-‘Ashhali arriva à al-Moushallal et détruisit l’idole Manat. Al-Waqidi a rapporté cette opération dans donner aucun autre détail sur celle-ci et sur la réaction des idolâtres (si ces derniers firent preuve d’une résistance ou non).

 

Voici ce qu’il a rapporté : « Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) envoya Sa’d Ibn Zayd al-‘Ashhali à al-Ashhal pour (détruire) Manat. Sa’d Ibn Zayd réussit sa mission. Et Manat était la plus ancienne idole que les Arabes adoraient. Elle était plus ancienne qu’al-‘Ouzzah et le reste de toutes les idoles. »

 

Al-Kalbi dans son livre al-Asnam a rapporté : « Et Manat était la plus ancienne idole des Arabes. Les Arabes employaient les noms de ‘Abd Manat, Zayd Manat, etc. Cette idole était dressée sur le bord de la mer, dans la région d’al-Moushallal, à Qadid, entre Médine et La Mecque. Tous les Arabes l’adoraient et faisaient pour elle des sacrifices, parmi eux les Aws et les Khazraj. »

 

Al-Kalbi contredit al-Waqidi quant à celui qui dirigea la patrouille qui détruisit la statue. Pour lui, ce fut l’Imam ‘Ali Ibn Abou Talib[1].

 

L’expédition de la destruction d’al-‘Ouzzah (le 25 Ramadan 08)

 

Sur l’ordre du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), Khalid Ibn al-Walid se chargea, avec l’aide de trente cavaliers, de la destruction d’al-‘Ouzzah (la plus grande idole chez Qouraysh) dressée sur l’un des affluents de la vallée Nakhla (nommée actuellement la vallée d’al-Yamaniya).

 

Dans al-Maghazi, il est rapporté que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) entra dans La Mecque le vendredi des dix dernières nuits de Ramadan puis envoya des patrouilles dans toutes les directions avec pour mission d’attaquer ceux qui n’étaient pas encore musulmans ; Hisham Ibn al-‘As se dirigea vers Yalamlam, Khalid Ibn Sa’id Ibn al-‘As à la tête de trois cents hommes vers ‘Ourana[2] et Khalid Ibn al-Walid vers al-‘Ouzzah.

Quand Khalid arriva à cette idole, il la détruisit puis revint informer le Prophète[3].

 

L’expédition de Yalamlam

 

Sur ordre du Prophète, vers la fin du mois de Ramadan de l’an 08 de l’Hégire, Hisham Ibn al-‘As se dirigea à la tête de deux cents musulmans pour combattre ceux qui étaient encore païens dans la région de Yalamlam, située au sud-est de La Mecque, plus exactement entre la Mecque et Ta’if, à deux nuits de marche de Ta’if.

 

Yalamlam était le lieu de rendez-vous des gens du Yémen pour le pèlerinage. On y trouve la mosquée de Mou’ad Ibn Jabal. Tout ce que nous avons pu recueillir comme information c’est ce qui a été rapporté par al-Waqidi :

« Alors le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) envoya les patrouilles dans chaque direction en leur donnant l’ordre d’attaquer ceux qui n’avaient pas encore embrassé l’Islam. Hisham Ibn al-‘As sortit alors à la tête de deux cents hommes en direction de Yalamlam[4]. »

 

Cependant, il est fort possible que cette expédition fut dirigée contre une partie de Hawazin, parce que les tribus de la région attaquée et située dans les environs de Ta’if étaient toutes de Hawazin ou du moins les alliés de Thaqif.

 

L’expédition de ‘Ourana (vers la fin de Ramadan 08)

 

‘Ourana est la vallée historique située près de ‘Arafah. Ce fut dans cette vallée que le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) prononça son célèbre sermon du pèlerinage d’Adieu.

 

Quant aux habitants avant l’avènement de l’Islam, un clan de Houzayl, étaient des ennemis acharnés du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). En l’an 04 de l’Hégire, ils mobilisèrent une armée pour attaquer Médine mais ils ne purent réaliser leur dessein car le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) avait envoyé en commando un de ces Compagnons, ‘AbdAllah Ibn Anis al-Jouhani pour assassiner leur chef ce qui fit échouer leur plan d’invasion.

 

La colonne de trois cents hommes sous les ordres de Khalid Ibn Sa’id Ibn al-‘As qui quitta La Mecque anéantit définitivement la présence idolâtre à ‘Ourana.

Ce sont là les seuls éléments que nous avons pu recueillir; à notre connaissance, aucun des historiens n’a donné plus de détails sur l’opération militaire. Toutefois, on peut dire que cette opération fut menée contre la tribu de Houzayl dont un nombre important d’hommes étaient restés idolâtres après le Fath de La Mecque.

 

L’expédition des Banou Jazima

 

Toujours vers la fin du mois de Ramadan de cette même année, eut lieu la plus connue des opérations militaires entre le Fath et Hounayn, à cause de l’erreur commise par Khalid Ibn al-Walid et de la réaction du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) envers son attitude.

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) donna l’ordre à Khalid Ibn al-Walid de se marcher sur le territoire des Banou Jazima avec trois cents cinquante combattants pour appeler ces derniers à embrasser l’Islam[5]. Sur les lieux, Khalid commit une action dont le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) dit qu’il n’en portait pas la responsabilité et qui le mis en colère. Cette action fut l’ordre donné par Khalid d’exécuter un certain nombre de captifs des Banou Jazima qui étaient Musulmans et non pas des associateurs.

 

Dans al-Maghazi d’al-Waqidi, nous trouvons ceci :

« Après avoir détruit al-‘Ouzzah, Khalid Ibn al-Walid revint auprès du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) alors encore dans La Mecque. Ce dernier l’envoya (cette fois) aux Banou Jazima pour les appeler à l’Islam et non pour les combattre.

A la tête de trois cents cinquante hommes (des Mouhajirine, des Ansar et des Banou Salim), Khalid se dirigea vers les Banou Jazima situés alors au bas de La Mecque et s’écria : « C’est Khalid avec des Musulmans ! »

– « Nous sommes aussi des Musulmans, » répondirent certains des Banou Jazima, « nous prions et nous reconnaissons Muhammad. Et chez nous, il y a des mosquées d’où nous appelons à la prière. »

– « A l’Islam! » dit Khalid.

– « Nous sommes Musulmans. »

– « Pourquoi êtes-vous donc armés alors ? »

– « A cause des hostilités qui ont éclaté entre nous et un clan arabe. Nous les avons prises, car en vous voyant, nous vous avons pris pour eux et pour nous défendre contre ceux qui contredisent la religion de l’Islam. »

– « Déposez maintenant vos armes, » demanda alors Khalid.

A cet ordre, un homme des Banou Jazim refusa au début en disant aux siens : « Par Allah, il va vous surprendre à cause des anciennes animosités que vous connaissez d’ailleurs » mais il finit par jeter son sabre après la demande des siens qui lui dirent : « Nous sommes Musulmans, et les gens viennent d’embrasser l’Islam. De plus, Muhammad est aujourd’hui dans La Mecque, nous n’avons donc pas peur de Khalid. »

Ils déposèrent donc les armes et se constituèrent prisonniers. Au moment des prières, on les détachaient pour qu’ils puissent accomplir la prière puis on les ligotaient de nouveau.

Cependant à l’aube, Khalid Ibn al-Walid donna l’ordre de les tuer et tous qui étaient sous la garde des Banou Salim furent passés par les armes, excepté ceux qui étaient sous la garde des Mouhajirine et des Ansar qui furent relâchés.

 

Quand le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) fut informé de cette tragédie, il leva les mains au ciel en disant : « O Allah, je suis innocent de ce qu’a commis Khalid ! » On lui présenta aussi Khalid qu’il blâma avant d’envoyer aussitôt ‘Ali Ibn Abou Talib aux Banou Jazima pour payer le prix du sang des tués.

 

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