SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

La conversion des habitants de La Mecque à l’Islam

 

Après quoi, les Mecquois défilèrent devant as-Safa sans être contraints pour prêter allégeance au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et lui annoncer leur Islam.

Les premiers furent les hommes suivis peu après par les femmes. ‘Umar Ibn al-Khattab prit l’allégeance pour le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) alors assis sur le rocher d’as-Safa.

Parmi les femmes, il y eut les plus célèbres : Oum Hakim Bint al-Harith Ibn Hisham, la femme de ‘Ikrimah Ibn Abou Jahl ; Hind Bint ‘Outbah, la femme de Abou Soufyan ; al-Baghoum Bint al-Mou’adil (al-Kinaniyah), la femme de Safwan Ibn Oumayyah ; Fatima Bint al- Walid Ibn al-Moughirah et Hind Bint Mounbih Ibn al-Hajjaj, la mère de ‘AbdAllah Ibn ‘Amrou Ibn al-‘As.

L’allégeance des femmes se déroula à al-Abtah en présence de fille Fatima az-Zahra (radhiyallahou ‘anha), la fille du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), de sa femme et des femmes des Banou ‘Abd al-Moutalib.

 

Lors de l’investissement de la ville par les Musulmans, certains seigneurs de Qouraysh se cachèrent tandis que d’autres prirent la fuite de peur des représailles.

Ceux qui se cachèrent jusqu’au moment où tout rentra dans l’ordre sont :

1-Souhayl Ibn ‘Amr, le chef de la délégation qourayshi lors des tractations d’al-Houdaybiyah et,

2 – ‘AbdAllah Ibn Sa’d Ibn Abou Sarah, le frère (de lait) de ‘Uthman Ibn ‘Affan qui avait été condamné à mort mais le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) l’amnistia plus tard.

 

Quant aux fuyards, ils sont :

1 – Safwan Ibn Oumayyah,

2 – ‘Ikrimah Ibn Abou Jahl,

3 – Habbar Ibn al-Aswad,

4 – Habira Ibn Abou Habira,

5 – ‘AbdAllah Ibn az-Zab’aray,

6 – Houwaytab Ibn ‘Abd al-‘Ouzzah et enfin,

7 – L’esclave al-Wahshi, l’assassin de Hamza (radhiyallahou ‘anhou).

Tous furent rassurés ou épargnés plus tard après l’intervention d’un proche parent musulman ou d’un ami musulman, à l’exception de Wahshi, d’Ibn az-Zab’aray et de Habbar Ibn al-Aswad qui se présentèrent séparément devant le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) pour annoncer leur conversion à l’Islam et demander pardon.

‘AbdAllah Ibn Souhayl (Abou Jandal) intervint pour son père Souhayl Ibn ‘Amr, ‘Uthman Ibn ‘Affan pour son frère de lait Ibn Sa’d Ibn Abou Sarah, Oumayr Ibn Wahb al-Joumahi pour Safwan Ibn Oumayyah, Oum Hakim pour son mari ‘Ikrimah Ibn Abou Jahl, et Abou Dar al-Ghifari pour Houwaytab Ibn ‘Abd al-‘Ouzzah.

 

La colère du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) pour la mort d’un mécréant de Houdayl, le jour du Fath

 

Le jour de la libération, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) gracia tous les habitants de La Mecque à l’exception du groupe qu’il avait condamné à mort et à qui, il finit par pardonner plus tard.

 

Ses Compagnons respectèrent ses ordres et directives et observèrent tous scrupuleusement la discipline militaire à l’exception de quelques Khouza’i qui tuèrent, par vengeance un homme de Houdayl, transgressant ainsi la garantie de sécurité (aman) du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 

Irrité par cet acte de vengeance, celui-ci rassembla toute l’armée, prononça à son adresse un discours dans lequel il condamna vigoureusement l’acte perpétré, puis versa à la tribu du tué le prix du sang estimé à cent chameaux.

 

Al-Waqidi a rapporté : « Sitôt informé de la mort de l’homme, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se leva et prononça un discours dans lequel il désapprouva ce qui s’était passé. Dans ce sermon prononcé après le Zouhr, du deuxième jour du Fath, il dit : «  O gens ! La Mecque est sacrée par Allah depuis qu’Il créa les cieux et la Terre, depuis qu’Il créa le Soleil et la Lune et qu’il posa ces deux montagnes. Elle est donc sacrée jusqu’au Jour de la Résurrection. Il n’est pas permis au croyant en Allah et au Jour Dernier d’y verser du sang et dont couper un arbre. Avant moi, elle n’a pas perdu son caractère d’inviolabilité. De même, elle ne le perdra pas après moi. (Mais) si elle m’a été rendue licite, ce n’est que pour une heure d’une journée. Elle a déjà retrouvé son inviolabilité depuis hier. Que le présent d’entre vous en informe l’absent. Et si quelqu’un dit : « (Mais) le Messager d’Allah y a combattu, » dites : » C’est Allah Exalté qui l’a rendue licite pour Son Messager et qui ne l’a pas rendue licite pour vous. »

« O Khouza’a, empêchez vos mains de tuer ! Par Allah, tuer aurait abondé si cela avait été une utilité. Vous venez de tuer cet homme, par Allah, je vais verser le prix de son sang. Celui qui sera tué après cette intervention, ses proches auront le choix de réclamer son sang, s’ils le veulent, ou (accepter) le prix de son sang, s’ils le veulent. »

 

Conclusion

 

1 – Après l’échec des Coalisés devant le Fossé à Médine en l’an 4 de l’Hégire, après le revers de Ghatafan grâce aux actions militaires successives des Musulmans, après la neutralisation des Juifs à Khaybar, l’Islam se vit renforcé et la construction politique et militaire du jeune état amorcée avec assurance si bien que le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), qui avait remarqué la relative stabilité, envoya aux rois et aux gouverneurs d’Orient des émissaires pour les appeler à l’Islam. Il eut même la liberté de décider du lieu de la bataille à laquelle se préparait l’Empire byzantin en envoyant trois mille combattants à Mou’tah en Syrie pour croiser le fer avec eux.

 

2 – Après cette stabilité, conséquence des défaites des voisins de Médine (les Juifs et Ghatafan), il ne restait d’ennemis belliqueux et sérieux dans toute l’Arabie que Qouraysh et Hawazin réputées pour leur poids moral militaire et politique. La première tribu était en mesure de mobiliser six mille guerriers contre la communauté musulmane, si l’on compte aussi ses alliés Bakri, tandis que l’autre trente mille hommes.

 

3 – La trêve historique d’al-Houdaybiyah signée et appliquée par le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et Qouraysh ne dura que vingt-trois mois et mit fin aux dix années de paix décidées à al-Houdaybiyah. La violation de l’accord de conciliation par les alliés de Qouraysh (les Bakr) réinitialisa la suspicion et l’état de guerre avec les tribus du sud (Qouraysh et Hawazin).

 

4 – Avec le revirement de la situation, les Musulmans ainsi que le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) furent dans l’obligation de revoir leur position politique et militaire, surtout que l’on pouvait craindre à tout moment la naissance d’une nouveau alliance comme celui de Qouraysh et de Hawazin qui pouvaient opposer plus de trente mille hommes.

 

5 – Le facteur qui contribua, grâce à Allah, à la libération de La Mecque est sans aucun doute l’application d’un plan basé essentiellement sur la discrétion totale. Malgré l’appel et la mobilisation des dix mille musulmans, aucun des Compagnons (même les plus proches) ne furent en mesure de connaitre le véritable objectif militaire du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Tout le monde obéit à l’ordre de marche et ne fut informé du but de l’expédition qu’après l’arrivée de l’armée à quatre miles de La Mecque.

Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), avant la sortie des troupes, coupa toutes les routes menant vers le sud et interdit tout voyage, en installant des patrouilles de surveillance sur ces routes.

Ce plan mis en œuvre visé à :

a – Surprendre les habitants de La Mecque

b – Brouiller les pistes de manière à ce que les deux ennemis, Qouraysh et Hawazin, ne sachent la destination véritable de l’armée musulmane.

 

6 – La Ville sacrée fut libérée des croyances idolâtres sans grand problèmes et hormis le nombre très limité de mécréants tués lors du passage de Khalid Ibn al-Walid, on peut dire que tout se déroula dans le calme.

 

7 – Quant, enfin, aux principaux facteurs qui permirent le Fath pacifique et historique, ils sont :

a – La foi des Musulmans.

b – La surprise et la diversion.

c – La négligence de Qouraysh à se mobiliser et à organiser la résistance.

d – L’affaiblissement des croyances païennes chez la majorité des Mecquois.

e – L’isolement de Qouraysh sur le terrain de la lutte antimusulmane bien qu’une autre tribu (Hawazin) ne cachait pas ses sentiments agressifs à l’encontre de Médine.

 

 

 

[1] Al-Bidayah wa an-Nihayah, t. IV, p. 307, as-Sirah al-Halabiya, t. II, p. 314.

[2] Id, 307.

[3] Tarikh at-Tabari, t. III, p. 61.

[4] Maghazi al-Waqidi, t. II, p. 850, Imta’ al-Asma’, p. 392.

[5] Maghazi al-Waqidi, t. II, p. 846.

 

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