SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

L’entrée du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à La Mecque

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) se mis en marche avec sa brigade composée de deux mille combattants dont son état-major constitué des seigneurs Ansar et Mouhajir en même temps que les quatre brigades à Dzou Jawa.

A ses côtés, se trouvait aussi al-Aqra’ Ibn Habis et ‘Ouyaynah Ibn Hisn al-Fazari en tant que seigneurs des deux tribus arabes des Tamim et Ghatafan, bien qu’aucune d’elles ne prit part à la libération de la ville sacrée excepté dix Tamimi.

 

Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) entama sa marche du côté nord-ouest de La Mecque, jusqu’à al-Hajoun devancé par az-Zoubayr Ibn al-‘Awwam, ou il s’arrêta et pris une pause sous une tente aménagée pour lui[20].

Al-Boukhari dans son Sahih a rapporté que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) entra à La Mecque du côté de Kouda (du côté nord) et Ibn Kathir rapporte la même information mais avec un autre Isnad.

 

En arrivant à al-Hajoun, certains de ses Compagnons lui suggérèrent de s’installer dans son ancienne maison mais le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) refusa car sa maison avait déjà été vendue par ‘Aqil Ibn Abou Talib et quand ils lui proposèrent de prendre une autre maison mecquoise, il refusa aussi en leur répondant : « Je n’entre pas dans les maisons (des gens). »

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) resta ainsi à al-Hajoun durant tout son séjour à La Mecque sans qu’il ne força une seule maison et d’al-Hajoun, il se rendit uniquement à la Mosquée[21].

 

Après s’être reposé et après que les Musulmans eurent pacifié toute la ville, il prit sa chamelle et se dirigea vers la Ka’bah au milieu des Takbir lancés par les milliers de combattants musulmans. Depuis, le cœur de La Mecque ne cessa de battre son cœur qu’au rythme d’Allahou Akbar.

 

A peine le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) vit-il la Ka’bah qu’il lança le Takbir, suivi des Takbir des Musulmans qui continuèrent avec ferveur jusqu’au moment où le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) leur fit signe d’arrêter.

 

Ce fut des moments historiques, inoubliables. Une armée en marche, pacifique et croyante qui se dirigeait vers la Ka’bah sous les regards hagards des quelques polythéistes disséminés sur les sommets des montagnes après leur défaite devant Khalid Ibn al-Walid, une armée qui exalta Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, sous l’oreille attentive des Mecquois immobiles derrière leurs portes fermées.

 

Des instants indescriptibles qui furent les témoins de l’entrée libératrice de Muhammad Ibn ‘AbdAllah et de ses Compagnons dans la Mosquée sacrée, l’entrée promise par Allah Exalté : « Allah a été véridique en la vision par laquelle Il annonça à Son messager en toute vérité : vous entrerez dans la Mosquée Sacrée si Allah veut, en toute sécurité, ayant rasé vos têtes ou coupé vos cheveux, sans aucune crainte. Il savait donc ce que vous ne saviez pas. Il a placé en deçà de cela une victoire proche. C’est Lui qui a envoyé Son messager avec la guidée et la religion de vérité [l’Islam] pour la faire triompher sur toute autre religion. Allah suffit comme témoin. Muhammad est le Messager d’Allah. Et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux. Tu les vois inclinés, prosternés, recherchant d’Allah grâce et agrément. Leurs visages sont marqués par la trace laissée par la prosternation. Telle est leur image dans la Thora. Et l’image que l’on donne d’eux dans l’Evangile est celle d’une semence qui sort sa pousse, puis se raffermit, s’épaissit, et ensuite se dresse sur sa tige, à l’émerveillement des semeurs. [Allah] par eux [les croyants] remplit de dépit les mécréants. Allah promet à ceux d’entre eux qui croient et font de bonnes œuvres, un pardon et une énorme récompense. » (Qur’an 48/27 à 29)

 

Sur son chemin vers la Ka’bah, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) courba la tête sur sa chamelle si bien qu’il faillit à plusieurs reprises toucher la selle en guise de reconnaissance à Allah Exalté tout en récitant la Sourate al-Fath et rassurant même les habitants de La Mecque par des gestes significatifs.

 

Lorsqu’il (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) rentra, un Mecquois hésita à lui parler par crainte du cortège de cavaliers et de fantassins, il l’appela et lui dit : « N’aie pas peur. Je ne suis que l’enfant d’une femme de Qouraysh qui mange de la viande séchée. » A al-Batha’a, il sourit devant les filles d’Abou ‘Ouhayhah qui dévoilèrent leurs cheveux et frappèrent avec leurs foulards les chevaux des Musulmans en signe de désapprobation. Il rassura même deux grands seigneurs associateurs (‘AbdAllah Ibn Abou Rabi’ah et al-Harith Ibn Hisham) qui étaient alors recherchés par ‘Ali Ibn Abou Talib après que Oum Hani Bint Abou Talib intervint en leur faveur.

 

Le Tawaf du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) autour de la Maison d’Allah

 

Lorsque le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) entra avec son armée dans le périmètre de La Mosquée sacrée, il fit immédiatement le Tawaf autour de la Ka’bah[22], et comme il y avait beaucoup de monde, il ne pouvait du haut de sa chamelle que toucher le coin où se trouvait la Pierre Noire à chaque fois qu’il faisait un tour. Ensuite, il pria deux Rak’a puis se rendit à la source de Zamzam où il but et fit des ablutions, avant que ses

Compagnons ne se bousculent autour du vase qui contenait l’eau de ses ablutions. Enfin, il se rendit à la Station (d’Ibrahim).

 

Ce jour-là, c’est al-‘Abbas Ibn ‘Abd al-Moutalib qui lui avait servi de l’eau de Zamzam et Muhammad Ibn Maslamah, le chef de sa garde qui guida al-Qaswa lors du Tawaf.

Lors de l’accomplissement du Tawaf, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) fut sauvé par Allah d’une tentative d’assassinat d’un homme des Banou Bakr Ibn Kinana du nom de Fouzala Ibn ‘Oumayr al-Moulawah.

 

Ibn Kathir a rapporté : « Fouzala Ibn ‘Oumayr décida de tuer le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) alors que celui-ci faisait le Tawaf autour de la Maison sacrée. Au moment où il se rapprocha, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) le surprit par une question subite : « Fouzala ? » et l’autre de répondre : « Oui, Messager d’Allah, je suis Fouzala. »

– « Tu parlais de quoi à ta propre personne ? »

– « De rien, j’exaltais Allah. »

– « Demande pardon à Allah, » lui dit le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) non sans lui avoir souri auparavant. Puis le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) posa sa main sur sa poitrine et il s’apaisa.

Fouzala ne cessa alors de dire plus tard : « Par Allah, sa main s’est à peine détachée de ma poitrine qu’il est devenu pour moi la plus aimée des créatures d’Allah[23] ! »

 

 

 

 

[1] Ibn Hisham, Sirah t IV, p 46.

[2] Al-Waqidi, Sirah, t II, p 816.

[3] Al-Waqidi, Maghazi, t II, p 819.

[4] Al-Bidayah wa an-Nihayah, t. IV, pp. 290-291 ; Maghazi al-Waqidi, t. II, pp. 818-819 ; as-Sirah al-Halabiya, t. II, pp. 205-206 ; Sirah Ibn Hisham, t. IV, pp 6-7 ; at-Tabaqat Ibn Sa‘d, Tarikh at-Tabari, Zad al Mi’ad et Tarikh Ibn ‘Assakir.

[5] Ibn Kathir, al-Bidayah wa-an Nihayah, t IV, p 291.

[6] Sirah Ibn Hisham, t. IV, p. 49.

[7] Ar-Rassoul al-Qaïd, p. 131 et p. 133.

[8] Maghazi al-Waqidi, t. II, p. 825.

[9] Sirah Ibn Hisham, t. IV, p. 49.

[10] As-Sirah al-Halabiya, t. II, p. 207.

[11] Sirah Ibn Hisham, t. IV, p. 48.

[12] Maghazi al-Waqidi, t. II, p. 826.

[13] Sirah Ibn Hisham, t. IV, p. 52.

[14] Al-Maghazi, t. II, p. 828.

[15] Id, p. 829-829.

[16] Id, p. 829.

[17] Id, p. 831.

[18] Al-Bidayah wa an-Nihayah, t. IV, pp. 293-294.

[19] Maghazi al-Waqidi, t. II, pp. 831-832.

[20] Al-Bidayah wa an-Nihayah, t. IV, p. 308.

[21] Zad al-Mi’ad, t. II, p. 395.

[22] Zad al-Mi’ad, t. II, p. 395, Maghazi al-Waqidi, t. II, p. 833.

[23] Al-Bidayah wa an-Nihayah, t. IV, p. 305, Zad al-Mi’ad, t. II, p. 397.

 

 

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