SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

La marche finale

 

Si le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) répartit les troupes musulmanes sur une base tribale à Qoudayd, il compléta cette fois, près de La Mecque, à Dzi Touwa (appelé aujourd’hui az-Zahir), la formation de son armée en cinq brigades principales dont la première dirigée par lui comprenait les Mouhajirine, les Ansar et les seigneurs des tribus arabes. Quant aux quatre autres brigades, il désigna pour chacune d’entre elle un commandant en chef : az-Zoubayr Ibn al-‘Awwam, Khalid Ibn al-Walid, Abou ‘Oubaydah Ibn al-Jarrah et Qays Ibn Sa’d Ibn ‘Oubadah.

 

Chaque commandant entra avec sa troupe dans la direction décidée auparavant par le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ; Khalid Ibn al-Walid par le sud, à l’endroit appelé al-Lit[8] (Mahallat al-Masfala), ‘Oubaydah Ibn al-Jarrah par le nord-ouest[9], Qays Ibn Sa’d Ibn ‘Oubadah par le sud-ouest[10]  et az-Zoubayr Ibn al-‘Awwam par le nord, à l’endroit appelé Kouda[11].

Quant au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), les historiens et les chroniqueurs rapportent qu’il l’effectua par le même chemin qu’Abou ‘Oubaydah Ibn al-Jarrah[12].

 

Avant d’investir la ville sainte et d’occuper les points névralgiques, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ordonna expressément à ses Compagnons de n’user leurs armes que dans les cas d’extrême urgence et leur dit : «Ne combattez que s’ils vous combattent[13]. »

Tous ses ordres furent scrupuleusement respectés par l’ensemble de l’armée sauf en partie le détachement de Khalid Ibn al-Walid qui dut faire face à une insignifiante opposition vite réprimée.

 

A Dzou Tawa, l’armée musulmane en formation finale attendit le dernier ordre du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) pour commencer la libération définitive de la ville sainte. En ces moments importants où l’histoire s’arrête pour enregistrer le moindre détail, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) fit ses ablutions, demanda qu’on lui rapproche sa chamelle al-Qaswa qu’il monta après avoir revêtu son armure entre deux rangées de combattants bien disposées, tandis qu’un peu plus loin les chevaux allaient et venaient entre al-Hajoun et al-Khandama sous les regards interloqués de quelques Mecquois juchés sur le haut des montagnes avoisinantes.

 

Ibn Hisham a rapporté cette scène magnifique de l’armée du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) par la bouche d’un témoin installé en haut de la montagne[14] Abou Qoubays. Ce témoin, Abou Qouhafa, le père d’Abou Bakr as-Siddiq qui avait perdu la vue, assista au spectacle grandiose du haut d’Abou Qoubays par les yeux de sa petite fille qui lui servit de guide :

– « Que vois-tu, ma petite fille ? »

– « Je vois une masse noire compacte. »

– « Ce sont les chevaux. »

– « Devant eux, je vois aussi un homme qui va et vient. »

– « C’est l’organisateur des rangs. »

– « Par Allah, la masse vient de se mettre en mouvement ! »

– « Par Allah, on vient de faire signe aux chevaux ! Vite, vite, ramène-moi à la maison[15] ! »

En ces instants décisifs, la balance de l’Histoire rétablit son équilibre par la concrétisation de la promesse d’Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, à Ses adorateurs persévérants et croyants : « Allah a été véridique en la vision par laquelle Il annonça à Son messager en toute vérité : vous entrerez dans la Mosquée Sacrée si Allah veut, en toute sécurité, ayant rasé vos têtes ou coupé vos cheveux, sans aucune crainte. Il savait donc ce que vous ne saviez pas. Il a placé en deçà de cela (la trêve de Houdaybiyah) une victoire proche. » (Qur’an 48/27)

 

Les pendules du temps s’arrêtèrent le lundi des dix derniers jours du mois de Ramadan de l’an 08[16] de l’Hégire pour laisser entrer le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), Muhammad Ibn ‘AbdAllah, l’homme recherché par Qouraysh et dont la tête était mise à prix pour avoir magnifié Allah Exalté le Très-Haut, le Hashimi musulman qui endura tellement qu’il dû s’exiler à Médine parmi les Ansar.

 

En entrant dans la ville sainte, les Musulmans trouvèrent les rues et les ruelles vides. Les Mecquois étaient presque tous restés chez eux, en application du couvre-feu convenu entre le Prophète et Abou Soufyan (une mesure nécessaire pour éviter toute effusion de sang). Certains Mecquois toutefois tentèrent d’empêcher l’entrée des Musulmans du côté de la brigade de Khalid Ibn al- Walid.

 

Ces Mecquois soutenus par un groupe de la tribu Bakr et la tribu Hathil et commandés par Safwan Ibn Oumayyah, ‘Ikrimah Ibn Abou Jahl et Souhayl Ibn ‘Amr choisit le passage étroit par lequel la cavalerie allait passer pour attaquer. Cependant, leur attaque fut aussitôt anéantie grâce à l’intervention énergique des cavaliers de Khalid Ibn al-Walid. Le bilan de l’accrochage fut de vingt-huit polythéistes tués[17] et selon at-Tabari soixante-dix.

 

Les personnes condamnés à mort par le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam)

 

En interdisant l’utilisation des armes, le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ordonna toutefois de les utiliser contre dix individus même dans le cas où ils s’accrocheraient au rideau de la Ka’bah pour leurs crimes et ils sont :

1 -Ikrimah Ibn Abou Jahl,       

2 -’AbdAllah Ibn Khatal,       

3 – Mouqays Ibn Sababa,

4 -’AbdAllah Ibn Sa’d Ibn Abou Sarh,

5 – Habbar Ibn al-Aswad,

6 – Al-Houwayrith Ibn Nouqayth,

7 – Hind Bint ‘Outbah Ibn Rabi’ah,

8 – Sara, l’auxiliaire des Banou Hashim,

9 – Faranti et,

10 – Arnaba, deux esclaves de ‘AbdAllah Ibn Khatal.

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) accorda plus tard son pardon à la plupart de ces condamnés. Cependant, trois d’entre eux furent tués par des combattants le jour même de la libération de La Mecque :

1- ‘AbdAllah Ibn Khatal,

2 – Mouqays Ibn Sababa et,

3 – Al-Houwayrith Ibn Nouqayth.

 

Le premier, ‘AbdAllah Ibn Khatal fut tué par Said Ibn Harith al- Makhzoumi et Abou Barza al-Aslami à l’endroit même où il se réfugia en s’accrochant au rideau de la Ka’bah. Il fut exécuté parce qu’il devint apostat après avoir tué un esclave affranchi musulman[18].

L’application de la peine de mort contre Mouqays fut pour les mêmes raisons mais pas dans les mêmes conditions.

Et si Mouqays Ibn Sababa fut tué par son cousin paternel entre as-Safah wa al-Marwah, le dernier, al-Houwayrith, fut exécuté par ‘Ali Ibn Abou Talib, non loin de sa maison.

 

Aucun chroniqueur ou historien n’a rapporté les raisons de sa condamnation même si al-Waqidi a avancé quelque explication[19].

 

 

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