SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

L’Histoire d’as-Satiroun, le Roi d’al-Hadr

 

Son histoire fut rapportée à cet endroit par ‘Abd al-Malik Ibn Hisham à cause de ce que certains généalogistes ont rapporté en connexion avec an-Nou’man Ibn al-Moundir         susmentionné. Ils ont rapporté que lorsque Sayf Ibn Dzou Yazan alla chez an-Nou’man et lui demanda de l’aide pour retrouver le contrôle du Yémen, il était mentionné qu’an-Nou’man descendait d’as-Satiroun, le roi d’al-Hadr.

 

Nous avons rapporté plus tôt d’Ibn Ishaq qu’an-Nou’man Ibn al-Moundir était de la descendance de Rabi’ah Ibn Nasr et qu’il a été rapporté de Joubayr Ibn Mout’im qu’il était un descendant de Qanas Ibn Ma’ad Ibn ‘Adnan, trois générations de sa généalogie et Ibn Hisham a continué à mentionner du roi d’al-Hadr.

 

Al-Hadr était une grande forteresse construite par ce roi, dont le nom était as-Satiroun, sur les rives de l’Euphrate. Elle était juchée très haut, de très large construction spacieuse et ses habitations ressemblaient à ceux d’une grande ville. Elle était extraordinairement bien fortifiée et décorée dans un luxe extrême de splendeur et de bon goût et recevait les taxes de toutes les régions environnantes.

 

La généalogie d’as-Satiroun donné par Ibn al-Kalbi, est ad-Dayzin Ibn Mou’awiyah Ibn ‘Oubayd Ibn Ajram, de la tribu de Soulayh Ibn Houlwan Ibn al-Haf Ibn Qouda’a.

 

D’autres ont dit qu’il descendait d’al-Jaramiqa, un des rois de Tawa’if qu’il avait l’habitude de mener quand ils se rassemblaient pour faire la guerre contre un de leurs ennemis. Sa forteresse était entre le Tigre et l’Euphrate.

 

Ibn Hisham poursuit en disant que Chosroes Sabour Dzou al-Aktaf attaqua as-Satiroun, le roi d’al-Hadr.

 

Un autre qu’Ibn Hisham a rapporté que celui qui attaqua le roi d’al-Hadr était Sabour Ibn Ardashir Ibn Babik, le premier des rois de Sassanides, qui humilia les rois de Tawa’if et rendit le contrôle à Chosroes. Cette source prétend que Sabour Dzou al-Aktaf, vint longtemps après. Et Allah est Plus Savant. Ces détails ont été rapportés par as-Souhayli.

 

Ibn Hisham poursuit : « Et Sabour assiégea al-Hadr durant deux ans. » D’autres disent quatre ans.

La raison pour laquelle il le fit, est parce qu’as-Satiroun attaqua le territoire de Sabour durant l’absence d’as-Sabour d’Iraq, La fille d’as-Satiroun, dont le nom était an-Nadira, regarda en bas et vit Sabour qui était beau, habillé dans des vêtements de soie et couvert d’une couronne d’or incrustée de topazes, d’émeraudes et de perles. Elle lui envoya donc secrètement un message et lui demanda que s’il se marierait avec elle, elle lui ouvrirait la porte de forteresse ce à qui il répondit affirmativement.

 

Cette même soirée as-Satiroun s’enivra de vin et était toujours ivre quand il alla se coucher. Alors elle prit les clés de la forteresse du dessous de sa tête et les donna à un de ses domestiques qui ouvrit les portes.

Un autre récit rapporte qu’elle conduisit les gens de Sabour vers un large conduit d’eau par lequel ils entrèrent dans al-Hadr. Puis dans une autre qu’elle leur donna un charme pour venir à bout de la forteresse ; qu’elle ne serait pas conquise jusqu’à ce qu’un pigeon gris ait été capturé puis ses pattes colorées par le liquide menstruel d’une vierge aux yeux bleus puis libéré ensuite. Si le liquide gouttait sur les murs de la forteresse, le charme serait levé et les portes s’ouvriraient. Sabour fit ainsi et les portes s’ouvrirent.

 

Donc Sabour entra et as-Satiroun, confisqué al-Hadr et le détruit ensuite. Puis, il emmena an-Nadira avec lui et se maria avec elle. En s’endormant la nuit dans le lit, elle commença à se tourner et retourner et ne put s’endormir. Sabour fit apporter des bougies et ils fouillèrent son lit dans lequel ils découvrirent une feuille de myrte. Sabour lui demanda si c’était ce qui l’avait gardée éveillée et elle répondit affirmativement.

Sabour lui demanda comment son père l’avait traitée. Elle répondit : « Il m’a meublé de brocart de soie, m’a habillé de soie, m’a nourrit de fine nourriture et m’abreuvée de vin. »

Sabour lui remarqua : « Et tu l’as traité de cette façon ! Tu feras donc aussi surement la même chose pour moi ! »

Alors il attacha ses cheveux à la queue d’un cheval qui galopa au loin jusqu’à ce qu’elle fut tuée.

A’sha Bani Qays Ibn Tha’labah composa ces vers :

« Considérons al-Hadr et l’aisance de ses gens ; mais est-ce que les bénédictions sont éternelles ?

Shahbour y garda deux ans ses troupes, en les frappant avec leurs herminettes[1].

Et quand il pria son Seigneur et se repentit, Il ne se vengea point.

Est-ce que son Seigneur lui fournit un pouvoir supplémentaire et y avait-il là-bas pareil à son château ?

Il appela ses gens : « Venez à votre tâche ; elle est définie ;

Mourez noblement avec vos épées ; je vois que la mort est décrétée pour ceux ainsi destinés. »

 

‘Adl Ibn Zayd dit aussi les vers suivants à cet égard :

« Al-Hadr fut affligé d’en haut par une effrayante, terrible et énorme calamité,

A cause d’une jeune fille qui ne protégea pas son père alors qu’il était délirant et hors de sa garde ;

Elle lui donna en soirée beaucoup de vin non dilué, qu’il but abondamment. Et le vin illusionne son buveur jamais désaltéré.

Cette nuit elle abandonna ses gens, en croyant que le chef (de l’ennemi) se marierait avec elle.

Et le matin suivant la récompense de la jeune mariée fut le sang ruisselant,

Al-Hadr fut ruiné et saisi ; sa chambre fut incendiée et ses contenus brûlés. »

 

‘Adi Ibn Zayd dit aussi ces vers :

« O blâmeur malicieux du destin, es-tu sans culpabilité et parfait ?

Ou le temps t’a-t-il fait une promesse assurée d’être toujours en sécurité ? Mais tu es stupide et vaniteux.

Ou qui as-tu vu le destin rendre immortel et qui avait un gardien vigilent de peur qu’il ne lui soit fait du mal ?

Où est maintenant César Anoushirwan, le roi des rois, ou est Sabour avant lui ?

Les nobles Banou Asfar, rois de Byzance, pas l’un d’entre eux restent souvenus.

Et le seigneur d’al-Hadr, construit par lui et alimenté tant par les fleuves du Tigre d’al-Khabour,

Construit de marbre et orné de plâtre, avec les oiseaux nichant dans ses hauteurs,

Ne se doutant pas du malheur, tout a disparu et ses portes désertes.

Rappelle-toi du seigneur d’al-Khawamaq, qui partit un jour, même si la guidance exige des réflexions.

Sa richesse et ses propriétés le ravirent, la mer était son commandement et son palais as-Sadir,

Pourtant son cœur fut converti et il dit : « Quelle joie pour les vivants quand la mort progresse,

Pour devenir comme ses feuilles sèches, emportées par le vent et les brises ? »

 

L’homme à qui il est fait allusion dans le vers ci-dessus « le seigneur d’al-Khawarnaq » était un roi des jours passés qui avait été mis en garde par un homme instruit de son temps de sa conduite et pratiques. Le roi avait excédé ses limites, était devenu arrogant, entêté et avait suivi ses propres instincts débridés. Le savant l’avait prévenu par référence aux rois et aux états qui l’avait précédé, comment ils disparurent sans laisser de trace et que rien de ce qu’il avait pris aux autres ne serait transmis par lui à ceux qui le suivraient. Ce conseil eut de l’impact et de l’influence sur lui et il se converti, en pensant tant à son présent qu’à son passé ainsi que des contraintes de la tombe. Il se repentit donc, revint à la foi et changea sa voie. Il abdiqua, s’habilla comme un mendiant, partit dans la nature sauvage et le désert et apprécia la solitude, évitant la poursuite de ses sens et la désobéissance au Seigneur des Cieux suivie par la plupart des personnes.

 

Son histoire a été racontée de façon très détaillée par le Sheikh et Imam Mouwaffaq Ibn Qoudamah al-Maqdisi (rahmatoullah ‘aleyhi) dans son livre at-Tawwaboun (Le Repentants).

 

De même, al-Hafiz Abou al-Qasim al-Souhayli l’a rapportée dans son livre ar-Rawd al-Ounof qui est clairement écrit et bien organisé.

 

 

 

[1] Sorte de hache.

 

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