SIRAH

Biographie du Messager d'Allah

Ounays parla alors à Abraha et dit : « O roi, le seigneur de Qouraysh et le gardien du puit de La Mecque demande audience ; il nourrit les hommes dans les plaines et les bêtes sauvages dans les montagnes. Autorise-le à entrer pour parler d’une affaire avec toi ! » Abraha le fit alors entrer.

 

‘Abd al-Mouttalib était le plus digne, généreux et impressionnant des hommes. Quand Abraha le vit, il voulut l’honorer en ne le faisant pas asseoir au-dessous de lui-même tout en ne voulant pas que les Abyssiniens le voient assis près de lui sur le trône. Abraha descendit, s’assit sur un tapis et ‘Abd al-Mouttalib près de lui. Il demanda alors à son interprète de demander pourquoi il était venu et il fit ainsi. ‘Abd al-Mouttalib répondit : « Je veux que le roi me rendre les 200 chameaux qu’il m’a pris en compensation. »

Après l’avoir entendu, le roi dit à son traducteur de répondre comme suit : « Tu m’as impressionné quand je t’ai vus mais tu m’as déplu quand tu as parlé. Tu veux m’entretenir au sujet des 200 chameaux que j’ai pris mais pas de l’édifice de ta religion et de celle de tes ancêtres que je suis venu détruire ? »

‘Abd al-Mouttalib répondit : « Je suis le propriétaire des chameaux quant à l’édifice, il a son propre maître qui le protégera. »

– « Il ne le protégera pas de moi, » répondit Abraha.

– « Alors c’est entre toi et Lui, » dit ‘Abd al-Mouttalib et Abraha lui rendit don ses chameaux.

 

Ibn Ishaq a rapporté que lorsqu’il entra voir Abraha, ‘Abd al-Mouttalib était accompagné par Ya’mour Ibn ‘Adi Ibn Nafatha Ibn al-Dil Ibn Bakr Ibn ‘Abd Manat Ibn Kinana, le chef de tribu des Banou Bakr et de Khouwaylid Ibn Wa’ila, le chef de Houdayl qui offrirent à Abraha un tiers des produits de Tihama s’il se retirait et ne détruisait le bâtiment. Mais Abraha refusa leur offre. Et seul Allah sait si cela est vraiment arrivé.

 

Quand ils quittèrent Abraha, ‘Abd al-Mouttalib demanda aux Qouraysh de se retirer de La Mecque vers les positions défensives dans les montagnes. Alors ‘Abd al-Mouttalib attrapé le butoir de la porte en métal de la Ka’bah avec un groupe d’hommes de Qouraysh et pria Allah et lui demanda à Son aide contre Abraha et ses troupes. Alors qu’il était debout tenant le heurtoir de la porte de la Ka’bah, ‘Abd al-Mouttalib récita ces vers :

«  O Allah, tes adorateurs protègent leurs maisons, protége Ton Edifice,

Ne laisse pas leur croix et leur pouvoir Te vaincre demain

Si Tu les laisse libre avec notre qibla, c’est donc ce que Tu désires. »

Ibn Hisham a dit que c’est ce qu’il a trouvé être des vers authentiques de ce poème.

 

Ibn Ishaq a rapporté que ‘Abd al-Mouttalib libéra alors le heurtoir de la Ka’bah et se retira avec les hommes de Qouraysh sur les monts en positions défensives et attendit ce qu’Abraha allait faire.

 

Le matin suivant Abraha, s’apprêta à entrer dans La Mecque en préparant son éléphant du nom de Mahmoud et ses troupes. Quand ils dirigèrent l’éléphant vers La Mecque, Noufayl Ibn Habib vint près de lui, saisit son oreille et lui dit : « agenouille-toi et retourne ensuite d’où tu es venu. Ici tu es dans la terre Sacrée d’Allah. » Alors il libéra l’oreille de l’éléphant qui s’agenouilla.

 

Selon as-Souhayli cela signifie que l’éléphant tomba à terre car ce n’est pas dans la nature des éléphants de s’agenouiller bien que l’on dit que certains éléphants s’agenouillent vraiment comme les chameaux. Et Allah est Plus Savant.

 

Noufayl Ibn Habib se sauva dans les montagnes. Les troupes d’Abraha battirent l’éléphant pour le faire lever, frappèrent sa tête avec des haches et enfoncèrent des crochets dans sa peau jusqu’à ce qu’il saigna mais il refusa de bouger. Alors ils l’orientèrent vers le Yémen, il se leva et marcha en hâte de même quand ils le dirigèrent vers la Syrie et l’est mais lorsqu’ils le dirigèrent vers La Mecque il s’agenouilla de nouveau.

 

Alors Allah envoya contre eux des oiseaux de la mer comme les martinets et les corbeaux dont chacun portait trois pierres, une dans son bec et une dans chaque patte. Les pierres étaient comme des pois chiches et lentilles. Chaque soldat touché mourut cependant tous ne furent pas touchés.

Ils se retirèrent donc en la hâte le long de la route par laquelle ils étaient venus, en criant pour que Noufayl Ibn Habib les guide vers le Yémen. Dans cette état, Noufayl dit ces vers :

« Nos salutations ô Roudayna. Combien as-tu réjouis nos yeux ce matin !

Roudayna, aurais-tu vu, mais peut-être n’as-tu pas vu, ce que nous avons vu au mont Mouhassab

Alors tu m’aurais pardonné et loué et ne serait pas tombé malade pour ce qui se passa entre nous.

J’ai loué Allah pour voir les oiseaux et craignit qu’une pierre soit jetée sur moi.

Quand tous appelèrent Noufayl, comme si je devais une dette aux Abyssiniens. »

 

Ibn Ishaq poursuit : « Si courbés, ils se bousculèrent sur tous les sentiers, mourant systématiquement où ils allèrent. Abraha fut touché sur le corps et ils l’emportèrent alors que ses doigts se détachaient les uns après les autres. Quand ils tombèrent pus et sang se répandirent. Quand ils le reçurent à San’a, il ressemblait à un oisillon et il mourut finalement quand son cœur éclata dans sa poitrine. Ainsi disent-ils. »

 

Ibn Ishaq a rapporté que Ya’qoub Ibn ‘Outbah lui a dit qu’il a été rapporté que pour la première fois dans les terres arabes apparurent cette année la rougeole et la variole de même que les premières plantes amères comme l’harmal, la coloquinte et l’asclépiade.

 

Ibn Ishaq a commenté que lorsqu’Allah envoya Muhammad (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) une des actions qu’il énuméra de la grâce d’Allah et Ses bienfaits pour les Qouraysh est qu’Il repoussa les Abyssiniens et sauva Qouraysh pour la postérité. Et ainsi Allah dit dans le Qur’an : « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l’Eléphant ? N’a-t-Il pas rendu leur ruse complètement vaine et envoyé sur eux des oiseaux par volées qui leur lançaient des pierres d’argile ? Et Il les rendit semblables à une paille mâchée. » (Qur’an 105)

 

Tant Ibn Ishaq qu’Ibn Hisham interprétèrent ce chapitre le suivant que j’ai largement exposé dans mon Tafsir, Allah dispose et à Lui sont dû toute la louange et le crédit.

 

– Ibn Hisham a déclaré que le mot al-Ababil, les troupeaux, signifie des groupes ; les Arabes n’utilisent pas de forme singulière pour ce nom à ce que nous savons.

Il a déclaré aussi que concernant le mot al-Sijjil, c’est-à-dire « dur, » Younous le grammairien et Abou ‘Oubaydah lui ont dit que les Arabes l’utilisait pour signifier « très solide. »

– Certains commentateurs prétendent que le dernier vient de deux mots persans transformé en un seul par les Arabes : de Sanj et Jill. Le premier signifie « la pierre, » la second « argile, » donc le mot combiné indiquerait la somme de ceux-ci.

– Le mot « ‘Asaf, » toujours dans la même Sourate, signifie « végétation, feuillage qui n’ pas été mâché. »

– Al-Kisa’i a dit qu’il entendit d’un grammairien que le singulier du mot al-Ababil est Ibbil.        

– Beaucoup des premières autorités ont interprété le mot al-Ababil pour signifier des oiseaux qui se suivent les uns les autres, en groupes.

– Selon Ibn ‘Abbas ils avaient des becs d’oiseaux mais des pattes comme celles de chiens.

– ‘Ikrimah a dit que leurs têtes ressemblaient à celle de lions qui émergèrent de la mer et qu’ils étaient verts.

– ‘Oubayd Ibn ‘Oumayr a dit qu’ils étaient des oiseaux noirs de mer (cormorans ?) portant des pierres dans leurs becs et griffes.

– Selon Ibn ‘Abbas ils avaient la même forme que les griffons d’Afrique du Nord. Il a aussi dit que les plus petites pierres qu’ils transportaient ressemblaient aux têtes humaines et que certaines étaient aussi grands que les chameaux.

C’est ce qu’ rapporté Younous Ibn Boukayr a dit sur l’autorité d’Ibn Ishaq. On a aussi dit qu’ils étaient petits Et Allah est Plus Savant.

 

Ibn Abi Hatim a dit qu’il a été informé par Abou Zour’a, Muhammad Ibn ‘AbdAllah Ibn Abou Shaybah et Abou Mou’awiyah, d’al-A’mash, Abou Soufyan et ‘Oubayd Ibn ‘Oumayr, que lorsqu’Allah voulut détruire ceux avec l’éléphant, Il envoya sur eux des oiseaux comme les martinets sortis de la mer. Chaque oiseau portait trois pierres, deux dans ses griffes et un dans son bec. Il a dit que les oiseaux arrivèrent, s’alignèrent au-dessus de leurs têtes, crièrent et laissèrent tomber ce qui était dans leurs griffes et becs. Chaque pierre qui tomba sur la tête d’un homme sortie par son derrière et chaque pierre qui tomba sur le flanc d’un homme sorti de l’autre. Allah envoya aussi un coup de vent féroce qui saisit les pierres et multiplia leur vitesse. Ils furent donc tous tués.

 

Cependant, comme Ibn Ishaq l’a affirmé ci-dessus, tous n’ont été frappés par les pierres. Certains sont vraiment retournés au Yémen raconter à leurs gens le désastre qui leur est arrivé. Et on a aussi dit qu’Abraha, Allah le maudisse, fut retourné, ses doigts se détachant les uns après les autres et que lorsqu’il atteignit le Yémen, sa poitrine éclata et il mourut.

 

Ibn Ishaq a rapporté que ‘AbdAllah Ibn Abou Bakr lui a dit sur l’autorité de ‘Amra que ‘Ayshah a dit : « J’ai vu le gardien de l’éléphant et le guide à La Mecque, aveugles et estropiés qui mendiaient de la nourriture. »

Comme nous l’avons mentionné, le nom du gardien était Ounays mais aucun nom n’a été donné pour son guide. Et Allah est Plus Savant.

 

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