OTTOMANS

La conquête de Moscou 

Au printemps 979 H (1571 EC), le Khan de crimée Devlet Giray (Dawlat Giray, l’empire Giray : La dynastie Giray détint le pouvoir dans la péninsule criméenne et la plupart de l’Ukraine du XVème au XVIIIème siècle. Haci Giray Ibn Ghiyath-ad-Din Ibn Tash Taymour, un prince d’Altin Ordu, fut le fondateur de la dynastie Giray. Mangli, fils de Haci Giray, assuma le titre de « Giray » qui devint finalement une partie essentiel des noms des dirigeants à venir. Haci Giray, Nour Devlet Giray et Mangli Giray détinrent également le titre de sultan, et seul « Khan » quand le royaume de Giray devint un état vassal des Turcs en 880 H / 1475 EC. En 1771 EC, les forces russes entrèrent en Crimée et elle fut incorporée à l’empire russe en 1783 EC. (Dā’irah Ma‘ārif-i-Islāmiyyah : 17/543)) marcha sur la Russie avec une armée de 120 000 hommes, parmi lesquels des soldats ottomans et un contingent d’artillerie ottoman pour arrêter les tentatives russes d’expansion de leur empire (Ivan IV, le tsar de Russie, captura l’état tartare musulman de Kazan en 1552 EC. Il occupa également l’état islamique d’Astrakhan en 962 H / 1554 EC. Astrakhan était une capitale et un port d’état situé sur la Mer Caspienne dans laquelle se jette la Volga.). Cette expédition militaire parvint à disperser l’armée russe après qu’elle eut perdu 8 000 hommes. Les Russes furent incapables de défendre Moscou et les Ottomans y entrèrent le 28 Dzoul Hijjah 979 H (24 mai 1571 EC). Le Khan de Crimée repartit avec 15 000 prisonniers et suite à sa victoire, il acquit le titre de Taht Algan (en arabe : Takht signifie « trône ») (c’est-à-dire le preneur du trône).

 

En 980 H (1572 EC), Devlet Giray marcha avec une seconde expédition et traversa l’Oka. Suite à cette traversée, les Russes entreprirent de payer annuellement 60 000 lires d’or et signèrent un traité de paix avec les Criméens. Alors qu’ils s’enfuyaient de Moscou, le tsar russe Ivan IV abandonna 30 000 cavaliers 6 000 fantassins. Les Turcs prirent la trésorerie du tsar, dans le palais du Kremlin (mot d’origine turque) et les deux beaux-frères du tsar furent tués. Tout ceci conduisit à l’extinction de la dynastie Rurik. Selim II félicita Devlet Giray pour sa victoire en lui envoyant une épée gravée, un manteau et une lettre officielle du sultan.

 

 

 

Les conquêtes du Sultan Mourad III 

Le Sultan Mourad III monta sur le trône de l’empire ottoman après la mortde son père. La flotte du sultan Mourad avait réussi à annexer le Maghreb arabe (Afrique du Nord) après des défaites espagnols successives et après que le royaume de Fès ait déclaré son union avec l’empire ottoman et sa soumission.

 

 

Le monde arabe et le règne ottoman après la soumission de Fez 

La soumission de l’empire de Fez (Maroc) à l’empire ottoman fut inhabituelle, car le sultan de Fez était directement subordonné au sultan ottoman ; ce qui veut dire, qu’il était inclus parmi ces états recevant directement des ordres du Divan Humayuni ottoman. Moulay Ahmad Mansour II avait complètement adhéré à la politique étrangère ottomane et envoyait un impot annuel à Istanbul, confirmation inéquivoque de sa subordination.

 

Moulay Ahmad Mansour II avait appliqué la politique ottomane dans tous ses territoires et entrepris des réformes sociales et militaires, mais il ne laissait aucune opportunité à l’empire ottoman d’interférer dans ses affaires internes. Les gouverneurs d’Alger souhaitaient interférer dans les affaires internes de Fès, mais il l’en empêcha.

 

Après sa mort, ses trois fils lui succédèrent dont l’un était Zaydan an-Nassir (1012 H – 1037 H / 1603 EC – 1627 EC), qui s’efforça du mieux qu’il put de ne pas se retirer de l’empire ottoman, mais les deux autres n’était pas très intéressé et après quelques temps, Fès se détacha du système ottoman et se dirigea vers l’indépendance. Les Falaliyyoun (les notables d’al-Falaliyyah), une branche de la famille régnante, commencèrent à se battre contre les Sa‘dis (les notables de Sa‘diyyah) parmi les habitants de Fès en 1050 H (1640 EC). Et en 1069 H (1658 EC), ils déclarèrent leur indépendance à Fès et rompirent leurs relations avec l’empire ottoman.

 

 

L’empire ottoman et l’Afrique Centrale 

La pénétration ottomane en Afrique Centrale commença à augmenter dans les royaumes noirs d’Afrique Centrale et atteignit son apogée en 957 H (1550 EC) quand Turgud Pasha tenta d’ajouter à ses conquêtes le Bournou, le plus avancé et le plus important état islamique de la région. Mais le roi Idris III, le gouverneur du Bournou, envoya trois ambassadeurs à Istanbul en 985 H (1577 EC) suggérant que l’acceptation par son pays de se soumettre serait définitivement le meilleur moyen de résoudre la situation. La même année, les Ottomans envoyèrent des armes à feu pour la première fois de l’histoire, par ordre de Divan Humayuni, de Tripoli au Bournou (un territoire qui se trouve dans le nord du Nigéria, mais qui fut un grand état dans le passé. Le pays des « Kanem » était entré au sein de l’Islam jusqu’au XIème siècle et jusqu’au XIII siècle EC son influence atteignit l’Egypte. Ibn Khaldoun donne une description de l’ « émir de Kanem » et de « Malik Bournou ». Par le terme Bournou, il veut dire la partie sud du Kanem, c’est-à-dire le territoire situé entre le lac Chad et Dikwa. La capitale du Kanem était Njimi (Njamina de nos jours, capitale du Chad) depuis 1470 EC. Brini joua le rôle de capitale du royaume de Bournou pour les trois siècles suivants. Sous la dynastie Menoun, l’empire Bournou s’étendit dans toutes les directions. En 1846 EC, ‘Umar prit le trône à la dynastie Sayfawa et à la place de « Mai », il prit le titre de Shikhou. Ses descendants s’engagèrent dans des conflits internets, alors les Français et les Britanniques en profitèrent et occupère le tetrritoire en 1900-01 EC. (Dā’irah Ma‘ārif-i-Islāmiyyah : 14/1009-1013)), parce que le Bournou était un des principaux états islamqiue à combattre les idolâtres et à propager l’Islam en Afrique.

 

En 999 H (1590 EC), Mombasa (la deuxième plus grande ville après Nairobi, au Kenya, et est située sur une ile au large, l’ile de Mombasa, dans l’Océan Indien. La cité comporte 707 400 habitants. Les arabes médiévaux l’appelaient Manbasah. Vasco da Gama fut le premier Européen à visiter Mombasa en 1498 EC. En 1498, le navigateur musulman Ahmad Ibn Mājid Najdī emmena Vasco da Gama sur son bateau pour le débarquer dans le port indien de Calicut. Les Portugais sacagèrent la ville deux ans plus tard et y construisirent un fort en 1593 EC. (Mou‘jam al-Bouldān : 207/5 Al-Mounjid fi-al-A‘lām)), située entre le Kenya et le Tanganyika, tomba sous contrôle ottoman permettant aux flottes ottomanes de naviguer dans l’Océan Atlantique et l’Océan Indien.

 

 

La fin du règne de Mourad III et le début du déclin 

Bien que l’empire ottoman, sous le règne de Mourad III (Mourad III, fils de Selim II, succéda à on père sur le trône et gouverna entre 982 et 1003 H / 1575-1595 EC. Pendant cette épriode, l’empire ottoman s’étendit en Géorgie, Shervan, Tabriz et l’Azerbaïdjan. L’impératrice d’Angleterre, Elizabeth, chercha le soutien de la flotte turque contre l’Espagne avant la bataille de d’Armada (1588 EC) (Armada était la flotte espagnole). Elizabeth écrivit quatre lettres au sultan Mourad, et dans la troisième (du 3 juin 1587 EC) elle demandait au sultant de libérer les soldats britanniques. Dans sa quatrième lettre, elle mentionne son succès dans la bataille navale contre l’Espagne et loue le sultan pour sa grande aide. Les poètes britanniques ont également loué l’arrivée de la flotte turque dans la Manche sous l’amiral ottoman Sinan, pour soutenir les amiraux britanniques Drake et Relley. (History of Turkey     par Dr. Nasir Ahmad Nasir: 121,122).), ait atteint l’apogée de sa puissance, les premiers signes de déclin commencèrent à apparitre clairement durant les deux dernières années de son règne. Ceci fut dû à l’inflation monétaire et à l’implication des femmes du palais dans des intrigues politiques ; la corruption se répandit ainsi que l’ostentation et le gaspillage ; tout come l’obsession de l’apparence vestimentaire, de l’orgueil et de la capacité des gens de peu de valeur à obtenir des postes influents et lucratifs, tout en négligent les conquêtes et la promotion de la parole d’Allah. En plus, des vizirs apparurent qui se comportaient comme des dictateurs alors que les Sheikhs de l’Islam étaient renvoyés comme des employés. Il y eut une descente dans la corruption parmi les savants et apparut la rebellion des Jalalis. Tout cela conduisit au déclin de l’empire ; et bien que les fondations de l’empire fussent basées sur une force et une puissance incroyable, il est tout à fait normal que des mouvements réformistes furent suivis de périodes d’or et, c’est la raison de la longue vie et de la vigueur de l’empire et de son règne.

 

L’empire laissé par Souleyman le Législateur en 974 H (1566 EC) couvrait une superficie d’approximativement 1 998 003 km2 en Europe, 4 169 177 km2 en Asie et 8 725 720 km2 en Afrique, pour un total de 14 892 900 km2.

 

A la fin du règne de Mourad III, il était de 2 848 940 km2 en Europe, 4 815 822 km2 en Asie et 12 237 419 km en Afrique, ce qui faisait un total de 19 902 191 km2. Ce chiffre représente la plus grande superficie gouvernée par l’empire ottoman à une même époque. Il y avait d’autres territoires qui se trouvaient hors des limites citées ci-dessus et qui était également vastes. La somme totale des territoires sous contrôle ottoman à différentes époques de l’histoire recouvrent plus de 23 millions de km2 (3 543 662 km2 en Europe, 5 729 285 km2 en Asie et 13 727 464 km2 en Afrique, soient 22 991 411 km2).

 

Nous n’incluons pas dans ce calcul les territoires qui furent atteints par les légions d’as-Sa‘iqah (Les brigades éclaires) et les barbaresques ; qu’ils parvinrent à capturer et qui étaient des annexes de l’empire ottoman. En 1001 H (1592 EC), la Pologne (696 737 km2) était incluse parmi ses conquêtes européennes. Fès et les territoires noirs-africains (3 051 699 km2) en Afrique et Chypre et le nord de Tunis étaient également des annexes sous le règne de Selim II et à Aceh, en Indonésie, la protection ottomane était établie.

 

Pendant le règne de Mourad III, des territoires pour une superficie totale de 590 000 km2 furent annexés au nord et au sud du Caucase. De nombreuses régions en Afrique de l’est et en Afrique Centrale devinrent également des protectorats de l’empire ottoman.

 

Cet empire était l’empire ottoman et ses conquêtes et les services qu’il rendit à la nation musulmane, comme la propagation de la Religion d’Allah dans tout le monde habité sont des preuves de la fidélité des califes à l’Islam et de leur désir de la propager aux quatre coins du monde.

 

À suivre…

 

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