OTTOMANS

Upload Image...

La conquête de Venise 

Suite à la conquête ottomane de Constantinople, puis leur annexion de la péninsule de la Morée et leur occupation des détroits, les Vénitiens sentirent que les Ottomans leur donnaient des sujets d’inquiétudes, et ils tentèrent d’unir les forces d’orient et d’occident afin d’affronter cette menace approchante. Ils commencèrent à inciter les Mameloukes contre les Ottomans, en excitant les émirats sous autorité mamelouke, c’est-à-dire l’émirat de Ramadan. Comme les Mameloukes ne répondirent pas à cette incitation, ils essayèrent d’inciter l’émirat d’ak-Koyunlu (Moutons blancs turcomans), qui était gouverné par un émir nommé Uzun Hassan. Il répondit positivement à cette incitation et signa un traité avec eux qui fut également signé par certains états européens et par le Pape.

Ce traité stipulait que les territoires de l’empire ottoman devaient être divisés parmi eux, que les Ottomans devaient être expulsés de toute l’Europe et qu’Uzun Hassan annexerait l’émirat karamanide, Trabzon et les territoires d’Anatolie. De cette façon, l’empire ottoman restreint par la Mer Noire, la Mer de Marmara, la Mer Méditerranée et la Mer Egée et ils ne seraient pas autorisés à approcher du centre et de l’est de l’Anatolie.

Quand le sultan Muhammad le Conquérant apprit ceci, il bougea rapidement et reprit la guerre en Sha‘ban 868 H (avril 1463 EC) capturant ainsi la Hongrie. En entendant ceci, les Vénitiens devinrent extrêmement agités et effrayés, étant isolés, d’un attaque ottomane, en particulier après la mort du Pape et le refus du nouveau pape de risquer une guerre contre l’empire ottoman.

 

A cause de cela, le sultan Muhammad le Conquérant sentit qu’il n’y avait pas d’autre alternative que de détruire la puissance militaire de Venise et il attaqua donc l’ile d’Akribos (Eubée ou Ewoia) qu’il prit en 875 H (1470) et ses armées entrèrent à Thessalie et Attica et atteignirent l’émirat de Ramadan. Donc, le sultan Muhammad le Conquérant obtint un contrôle total sur les côtes de la Mer Méditerranée, qui lui laissèrent ouvertes les côtes de l’Italie. Le sultan Muhammad parvint également après cela à reprendre le contrôle de Trabzon et l’émirat de Karaman après qu’Uzun Hassan le traitre les eut détenus pendant un moment. Les armées ottomanes traversèrent également le Danube et attaquèrent les territoires hongrois. Ils détruisirent la plaine vénitienne et l’est de l’Italie, entrant en Autriche et conquérant Zagreb.

Quand à ces victoires, les Vénitiens ne trouvèrent pas d’autre alternatives que d’entrer en pourparlers de paix avec l’empire ottoman au mois de Shawwal 884 H (décembre 1479 EC). Le traité signé obligeait les Vénitiens à payer une réparation militaire et une Jizyah annuelle et ils se retirèrent de nombreux endroits qu’ils avaient pris ; ils quittèrent aussi Argos et toute l’Albanie, à part un petit nombre de locations sur la côte.

 

 

La conquête de la Crimée 

La Crimée était l’état le plus important apparu suite à la fragmentation du Khaganate mongol d’Altin Ordu, c’est-à-dire la Horde d’or (Europe de l’est). Elle joua un rôle important dans la politique des états dont les dirigeants descendaient de la lignée royale de Juji, le fils ainé de Genghis Khan.

Cet état, établit dans la péninsule criméenne, incluait l’Ukraine actuelle et s’étendait jusqu’au nord du Caucase et vers la Russie. Le long du littoral de Crimée, il y avait un certain nombre de forteresses – les ports gênois – et jusqu’à la conquête de Constantinople, la majorité du commerce de la Mer Noire était contrôlé par la République de Gênes qui fut placée en sévère difficulté et incapable d’atteindre ses territoires lorsque le sultan Muhammad ferma le détroit et prit Galata près d’Istanbul. Elle fut forcée de payer l’empire ottoman pour pouvoir passer le Détroit, afin de transporter ses marchandises entre l’Europe et ses territoires de Crimée.

 

Le sultan Muhammad voyait d’un très mauvais œil la connexion d’une nation européenne avec la Mer Noire et quelques mois après la conquête d’Istanbul, en Sha‘ban 859 H (juillet 1454 EC), il envoya une flotte en Crimée, et força Caffa – le principal port génois de Crimée – à payer une taxe annuelle. La volonté politique du sultan Muhammad de faire de la Mer Noire un « lac » ottoman (d’en excercer le total contrôle) était connue. Déjà en été 856 H (1451 EC), immédiatement après son intronisation, il avait envoyé l’Amiral (Kapudan Derya) Balta Ughlu Souleyman Beg, avec 50 vaisseaux de guerre sur les côtes de la Mer Noire qui prit Batum au sud et apporta le pouvoir ottoman aux Ajars (les Mongols Qipchaq qui devinrent Géorgiens). Il prit également la forteresse de Soukhoum et soumit au règne ottoman les Abkhazians (qui embrassa l’Islam) ; en conséquence de quoi, toute la côte de Géorgie devint territoire de l’empire ottoman en 856 H (1451 EC). Enfin, Ajaristan et Batum furent complètement transférés sous la puissance ottomane en 884 H (1479 EC).

 

La principale inquiétude du sultan Muhammad al-Fatih était d’empêcher qu’un autre drapeau ne soit hissé sur la Mer Noire excepté le sien.

 

Il coupa la route des républiques génoises vers Caffa et les Génois de Caffa utilisaient dorénavant la route terrestre (Crimée, Hongrie, Albanie, Italie) qui était extrêmement difficile, raison pour laquelle ils payèrent une taxe au Khan de Crimée.

 

Le commandant de la marine, Gadik Ahmad Pasha se mit en route d’Islamboul (Istanbul) le 13 Mouharram 880 H (19 mai 1475 EC) avec une immense flotte, dont on n’avait jamais vu de semblable sur la Mer Noire dans toute l’histoire (183 vaisseaux de guerre et 290 transports de troupes soit un total de 473 vaisseaux), et il arriva dans le port de Caffa le 30 Mouharram 880 H (1 juin 1475 EC). Les habitants de Caffa se rendirent le 30 Mouharram (5 juin), suivis par les autres ports génois, Sudak et Alupka, loin au sud de la Crimée, à l’ouest de Yalta. Ils conquirent donc tous les territoires restants de l’empire byzantin.

 

Puis la flotte navigua du Détroit de Géorgie (Le Détroit de Kerch) pour la Mer d’Azov et prit le port fluvial d’Azov sur la côte nord-est de la Mer d’Azov sur le delta du Don, et là à Azov ils construisirent une forteresse ottomane et un certain nombre de garnisons. Ils établirent aussi une grande ville à Caffa, une ville de 700.000 habitants en plus des garnisons ottomanes.

 

Le Khan de Crimée accepta de se soumettre à l’empire ottoman et d’après le traité signé par le Khan et le sultan Muhammad le Conquérant – qui modèlerait l’organisation politique en Crimée pour les 300 prochaines années – le sultan Muhammad le Conquérant fit le serment de préserver le Khanat de Crimée aux mains des descendants de Gengis Khan, et le Badshah (sultan ottoman)était libre de désigner la personne de son choix comme Khan (émir) de Crimée. En retour de quoi, le sultan ottoman permettrait que le nom du Khan soit mentionné dans les mosquées de Crimée, après celui du calife abbasside et celui du sultan ottoman, et que le nom du Khan soit écrit sur les pièces de monnaie, après celui du sultan. De cette façon, les Ottomans devinrent les souverains incontestés de la Mer Noire, et la mer tomba sous sa juridiction et d’un seul coup l’empire ottoman se retrouva étendu sur une ligne de latitude 55 degrés au sud de Moscou. Pendant ce temps, l’ile de Samos en Mer Egée fut conquise.

 

Sakiz tomba aussi sous protection ottomane en 880 H (1475 EC), et en 884 H (1479 EC) la conquête de l’embouchure du Kubanétait achevée, quand la forteresse d’Anaba y fut construite et devint la porte des territoires Circassiens vers la mer.

 

 

Views: 0