OTTOMANS

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Cette force, menée par Hunyadi, parvint à obtenir un certain nombre de victoires sur l’armée de l’empire ottoman, surtout après l’abdication de Mourad II en Joumādah al-Awwal 848 H (Août 1444 EC), en faveur de son fils Muhammad II, quand il n’avait que 12 ans (le sultan Muhammad II naquit en Rajab 832 H / avril 1429 EC. (Dā’irah Ma‘ārif-i-Islāmiyyah) Il avait juste 16 ans lors de son accession au trône en 848 H / 1444 EC).

 

Alors l’Europe commença à s’unir après l’abdication de Mourad, afin d’attaquer les territoires de l’empire ottoman et sans cette abdication elle n’aura jamais osé le faire.

 

Pour cette raison, le cardinal Cesarini persuada le roi de Pologne et de Hongrie, Ladislas, qu’il devait violer le traité avec les Ottomans, qui était, d’après lui, un traité signé par des « mécréants », et pour cette raison, le pape l’invalida, ce qui eut pour conséquences que plusieurs puissances chrétiennes s’unirent pour lancer la cinquième croisade contre l’empire ottoman en 848 H (1444 EC), dans une tentative de provoquer sa chute.

 

Cette armée croisée, menée par Ladislas et Hunyadi parvint à entrer dans les territoires de l’empire ottoman ;     ils campèrent sur la côte de la Mer Noire et avancèrent de Varna, dont ils tentèrent de prendre le port, (1er janvier 2007) et les deux forteresses de Vidin et Nicopolis mais n’ayant pu le faire, ils pillèrent les villes.

 

A cette époque, le conseil du sultanat de Shourah se réunit à Edirne et adopta une résolution appelant au retour du sultan Mourad II, dont le texte est le suivant : « Nous sommes incapables de repousser l’avancée de l’ennemi à moins que votre père assume le sultanat à votre place. Envoyez votre père affronter l’ennemi et allez vous reposer : puis le sultanat vous sera rendu quand cette question important aura été résolue. »

 

Après avoir lu cette lettre, Muhammad II plaça les intérêts de son peuple au-dessus des siens et il envoya aussitôt un message à son père, lui demandant de reprendre son poste de dirigeant ; mais son père refusa. Face à ce refus, il lui envoya une autre lettre contenant ces sages paroles : « Si je suis le Badshah (titre qui se composait des termes perses Pah « maitre » et le titre plus connu Shah « roi »), alors je t’ordonne de prendre le commandement de l’armée et si c’est toi qu’il l’est alors viens défendre ton pays. »

 

En recevant cette lettre éloquente, Mourad II n’eut pas d’autre choix que d’obéir à cet appel et il se hâta vers Edirne ou il réunit une armée forte de 40.000 combattants sans désister son fils Muhammad II du pouvoir.

Puis, il avança vers l’ennemi à Varna, sur la côte de la Mer Noire au mois de Sha‘ban 848 H (novembre 1444 EC). Au cours de la bataille qui s’ensuivit, Ladislas et le Cardinal Cesarini furent tués, alors que Hunyadi s’enfuit.

Le nombre des soldats ennemis faits prisonniers s’éleva entre 80.000 et 90.000 soldats tandis que 150 soldats ottomans furent martyrs, y compris le Beglerbeg, Damah Karaca Pasha, le beau-frère du sultan.

 

Cette victoire eut un grand effet sur les citoyens et causa la joie et le bonheur de tous à travers le territoire ottoman. En vérité, l’effet ne fut non pas seulement confiné à l’empire ottoman mais il s’étendit à travers le monde islamique. A peine les nouvelles atteignirent le Caire, le 22 Dzoul Hijjah 448 (1er avril 1445 EC) que le sultan mamelouke, Djakhmak, ordonna que le nom du sultan Mourad soit mentionné après celui du calife abbasside, et que des invocations soient faites dans tous le sultanat mamelouk pour les âmes des martyrs ottomans en plus, des célébrations de cette victoire qui eurent lieu en Egypte.

 

Peu après que Mourad II soit revenu au pouvoir, il y renonça de nouveau en faveur de son fils Muhammad II. Mais certaines personnes essayèrent de se rebeller contre lui et Mourad fut contraint de reprendre le sultanat une fois de plus et il entreprit une seconde expédition militaire contre le territoire de la Morée le 8 Ramadan 850 H (27 novembre 1446 EC). Pendant cette expédition, il assiégea la forteresse de Corinthus qu’il prit le 21 Ramadan 850 H (10 décembre 1446 EC) puis, il entra dans la péninsule et occupa Patras.

 

En 851 H (1447 EC), le sultan Mourad II se mit en route avec une expédition militaire pour l’Albanie, avec l’intention de punir Skanderbeg qui avait conspiré avec les Européens et déclaré son intention d’attaquer l’empire ottoman.

 

L’Europe s’unit une fois de plus contre la Maison de ‘Uthman afin de faire cesser l’avancée de l’Islam

Quatre ans après la défaite des armées européennes face aux armées ottomanes à Varna, Hunyadi Janus, le chef vaincu, désira transformer sa défaite en victoire et commença à inciter les états d’Europe à s’unir contre les forces ottomanes. Alors, la Hongrie, l’Allemagne, la Pologne, la Sicile, Napoli, le Vatican et la Moldavie s’unirent, et leurs forces combinées s’élevèrent à 100.000 soldats. Ils parvinrent à entrer en territoire ottoman et avancèrent jusqu’au Kosovo, où ils avaient déjà subi une défaite écrasante.

 

Quand le sultan Mourad prit conscience de cela, il se hâta de préparer son armée et avança pour affronter cette alliance. Les deux armées s’affrontèrent lors de la bataille du Kosovo, qui dura trois jours et trois nuits, du 10 au 12 Dzoul Qi‘dah 852 H (17 au 19 janvier 1448 EC). Après avoir chargé le Turkhan Pasha de bloquer toute les possibilités de retraite aux armées coalisées, le sultan Mourad II parvint à vaincre cette alliance et tua 17.000 d’entre eux puis captura les autres tandis que 4.000 Musulmans tombèrent martyrs.

 

Les conquêtes de Mourad ne s’arrêtèrent pas là et en été 853 H (1449 EC), il s’élança à la tête d’une expédition militaire vers l’Albanie afin d’y attaquer le traitre Skanderbeg, qui s’était enfui après s’être rebellé contre lui mais ce dernier reussit à s’échapper de nouveau.

 

Après la campagne de Mourad II en Albanie et à peine le sultan musulman avait-il atteint son but, qu’il mourut en février 1451 EC, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde.

  

Ses ennemis témoignent de son noble caractère avant même ses amis : l’historien byzantin, Chalcondyles, qui le rencontra personnellement, dit de lui : « Il était un homme honorable et juste. »

 

L’historien byzantin Doukas (804 H – 874 H (1400 EC – 1470 EC) a dit : « Il montra de l’amour à son peuple et de la générosité envers les pauvres et les nécessiteux ; et à ce sujet, il ne faisait aucune distinction entre ses sujet musulmans et ses sujets chrétiens – tous recevaient le même traitement. Il honorait ses pactes avec ses ennemis et ceux qui violaient leur pacte devaient faire face au châtiment d’Allah. Il ne faisait la guerre que s’il y était forcé et quand il mettait ses ennemis en déroute, il ne les massacrait pas mais ouvrait la porte à la paix. »

 

L’historien français Crenard a dit de lui : « Si Mourad I fut l’architecte de l’empire ottoman, alors Mourad II en fut le constructeur. »

 

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