Et aujourd’hui on entend les jeunes dirent : « Les Ottomans étaient un état nationaliste, un état turque ! »
Non, au regard de l’histoire générale des Ottomans, cette affirmation n’est pas vraiment juste. La Turquie est devenue nationaliste qu’après 1909 car de l’année 699 jusqu’à 1327 de l’Hégire, elle était un État Islamique Global pour les Musulmans et la Maison du Ribat Islamique. Ce n’est qu’à partir de 1909 que la Turquie montra réellement les signes d’un colonialisme judéo-chrétien et l’est resté depuis d’où la nécessité d’une seconde reconquête future de Constantinople dans un futur très proche comme cela a été rapport dans les Hadiths prophétiques.
C’est pourquoi cette période doit sortir de l’Histoire Islamique puisqu’il s’agit d’une dictature militaire qui se réfugie sous le couvert de nom et symbole islamique orchestré par l’occident uniquement pour tromper les masses populaires. A cause de ces militaires comme nous le verrons, le Califat fut abolit et les nations musulmanes livrées et soumises à la rage des colonisateurs lors de conférences comme celle de Lausanne.
L’État des Ottomans était donc un État Islamique, ni nationaliste, ni tribal, les décisions étaient prises selon le principe de consultation (shourah) et l’Islam appliqué à tous les niveaux. Les avis et décisions des grand Mufti Sheikhs al-Islam écoutés et appliqués au pied de la lettre. Et ce n’était pas des savants mais réellement des Mufti qui jugeaient selon la Révélation d’Allah Exalté à Lui les louanges et la Gloire. Les Sultans étaient soumis aux fatwas des ‘Ulamas et comme cela fut laissé dans les testaments des Sultans, l’obligation pour leurs descendants de respecter et de suivre les conseils des ‘Ulamas.
Les Sultans Ottomans étaient soumis exactement aux mêmes lois que les citoyens musulmans, ils priaient en commun dans les mosquées, apprenaient le Qur’an et les Ahadith, la Jurisprudence Islamique, craignaient Allah Exalté et Lui étaient totalement soumis. Ils n’allaient pas consulter les nations étrangères pour leur politique ou recevaient des pots de vins pour changer les programmes d’éducation et culturels.
Les Ottomans savaient parfaitement, comme nous l’avons lu dans le testament, que sans crainte d’Allah leur règne serait perdu et la Nation Islamique avec, c’est ainsi qu’ils étaient scrupuleusement soumis aux Fatawa des savants. Quand le Sultan Salim ath-Thalith (3) fut déposé, le 21 Rabi’ 1220 (1807), il écouta et obéit (sami’a wa ata’a) pour avoir fait entrer la croix des francs (as-salib franja) et leurs traditions. La Fatawa disait : « Quiconque suivra la croix franc ou une de leur tradition ne pourra exercer le pouvoir parce qu’il est devenu un support pour les croisés et leurs traditions. »
Quand le Sultan ‘Abd al-‘Aziz tenta de se rapprocher des nations étrangères vers la fin du règne des Ottomans, il fut tout simplement déposé suite à un Fatawa du Sheikh al-Islam datant du 6 Joumadah Awwal 1319 de l’Hégire (1909) disant « dépenses injustifiées et tentative de signer un pacte avec des nations étrangères dans les ambassades (bouyoutat al-‘alamiyah, littéralement les maisons internationales) de Paris et Londres et incapacité de s’acquitter des affaires d’état (tasrif shououn ad-dawla). »
Ce qui signifie en d’autres termes que les gens et les savants étaient vigilants, que leur dogme était bien islamique et qu’ils se méfiaient des ingérences étrangères.
C’est pour la même raison qu’Ahmad ‘Ourabi Basha (Pasha) et ses frères se levèrent contre Muhammad Tawfiq et lui dirent : « Nous sommes endettés ! C’est toi et ton père qui avez vendu le pays, demandé des emprunts et perdu ainsi notre pays. L’ennemi étranger nous menace maintenant de nous attaquer. » Et sous la pression militaire de l’armée égyptienne sous le commandement d’al-Ghourabi ‘Abd al-Qadir Hilmi, Muhammad Tawfiq décida de se retirer sans condition pour les intérêts de l’état et pour qu’un nouveau gouvernement puisse se former avec l’aide de Muhammad Sharif, un patriote pour se débarrasser des anciens membres du gouvernement. Un nouveau gouvernement fut donc nommé sous la direction de Sami Basha al-Baroudi qui s’appliqua à trouver une rapide solution pour se libérer de la dette et l’expulsion du pays de la délégation dans laquelle se trouvaient les ministres anglais, français et égyptien.
Lorsque le responsable de la crise Muhammad Tawfiq sortit de son palais pour rencontrer al-Ghourabi, il était en compagnie des consuls anglais et français et à ce moment la politique était exercée par des influences extérieures. La présence du consul anglais n’avait d’autre but que de tuer al-Ghourabi ‘Abd al-Qadir Hilmi mais il ne put refusé sa mission de peur des suites cependant les consuls firent valoir leurs volontés pour conserver leurs acquis et c’est ce qui arriva.
Lorsque les Ghourabi furent attaqués, qu’al-Khadawi maitrisa le pouvoir, les flottes anglaises et françaises arrivèrent à Alexandrie en 1828 et al-Khadawi débarqua sous leur protection. Alexandrie fut bombardée et les égyptiens avec Sami Basha al-Baroudi furent massacrés, les forces anglaises occupèrent l’Egypte en 1828 tandis que Muhammad Tawfiq, le traitre fut réinvesti du pouvoir et retourna dans son palais sous la protection des forces françaises et anglaises.
Quand les Shouyoukh de l’Islam ordonnèrent l’éviction du Sultan ‘Abd al-‘Aziz parce qu’il invita seulement au rapprochement, pas pour des valises de millions, l’emprunt qui valut la destruction de l’état n’était que de 110 millions, juste 110 millions !
On se moque aujourd’hui de l’État des Ottomans mais si l’on regarde aujourd’hui l’état des nations musulmanes, il est bien pire et bien qu’elles soient les plus riches du mondes, elles croulent tous sous les emprunts et le FMI règne en maitre sur eux juste à cause d’emprunt avec des taux d’usure incroyablement élevés si bien qu’elles ne pourront jamais payer leur dettes même pour les siècles à venir puisque ceux qui sont au pouvoir dans ces pays se partagent les fortunes des revenus laissant les peuples crouler dans la misère même la population de l’Arabie Saoudite qui avait un des plus fort pouvoir d’achat est devenue extrêmement pauvre depuis qu’elle a financée toutes les guerres contre les Musulmans. C’est ainsi que le monde marche et les nations assujetties par les emprunts mais l’Europe, malgré tous ces milliards recueillis sur le dos de terribles injustices, s‘effondre lentement mais surement à son tour.
C’est donc juste un emprunt, précédemment prémédité dans les coulisses secrètes, de 110 millions qui valut la chute de l’État Islamique, de l’Oummah et sa colonisation ainsi que l’infiltration dans tous les corps de société de la culture anti islamique sous la menace du fond monétaire de couper les bourses ou de faire simplement ce qu’ils ordonnent.
Les Ottomans étaient donc bien lucides lorsqu’ils procédèrent à l’éviction de Muhammad Tawfiq mais le mal était déjà entré dans la tanière comme ils étaient lucides pour l’éviction de ‘Abd al-‘Aziz, suite à la Fatawa émise par le Sheikh de l’Islam, pour avoir tenté de signer avec des puissances étrangères un pacte allant contre les intérêts de la nation.
Ainsi nous voyons quel funeste résultat pour une nation ce genre de pacte avec les ennemis de l’Islam peut amener et ce n’est pas une seule personne qui allait en payer le prix mais des millions.
Ceci est juste une présentation et nous reviendrons en détails sur un grand nombre de point et pour rappel, l’État Ottoman était un État Islamique et sa parole suprême était celle d’Allah Exalté Seigneur de l’Univers. Les Sheikhs de l’Islam avaient leur parole entendues et il était impensable qu’un Sultan prenne des décisions sans consulter auparavant les savants et ils se pliaient tous à leur avis sans exception.
Ces Sultans demandaient-ils des avis religieux pour construire des discothèques, des bars, des lieux de prostitutions, des cinémas ? Ces Sultans demandaient-ils des avis religieux pour donner la permission aux ennemis d’Allah d’envahir les terres musulmanes ? Ces Sultans demandaient-ils des avis religieux pour autoriser ce qu’Allah Exalté à lui les Louanges et la Gloire et Son Messager (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ont interdit comme l’usure ?
Nous vous donnons ces exemples pour comparer leur niveau de société au notre et que ceux qui critiquent les Ottomans de se rendre compte qui ils étaient réellement ou penser que les agents qui dirigent le monde musulman actuellement étaient meilleurs que les Ottomans.
Les Ottomans, comme les Omeyyades, les Abbassides et les Mamalik furent la cible de toute l’Europe durant toute la durée de leur existence soit plus de six siècles. Ils endurèrent guerres après guerres et croisades après croisades et n’étaient la grâce d’Allah Exalté sur Ses serviteurs puis l’Islam et ces Sultans dévoués, l’État Islamique aurait été détruit que dis-je, non pas depuis les Ottomans mais depuis que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) fut envoyé aux gens. Les Musulmans subirent guerres après guerres depuis l’apparition de l’Islam et si d’autres nations furent tout simplement exterminées ; l’Islam est toujours là et à chaque fois qu’une dynastie chute Allah Exalté la remplace par une autre.
La plupart des expéditions contre les Ottomans furent ordonnées par le Pape de Rome et conduites par l’Angleterre principalement puis la France, la Russie et l’Allemagne et bien qu’ils fussent divisés entre eux ils étaient tous d’accord pour lutter contre l’État Islamique exactement comme de nos jours contre la Shari’ah ou n’importe quel État Islamique qui se déclare.
Les souverains ottomans n’ont pas fait face à ces expéditions pour l’amour de ce monde mais pour l’amour de l’Oummah Islamique et leur crainte du mal qui pourrait la toucher. Ils craignaient l’ingérence européenne, conscients des Paroles d’Allah Exalté qui les mettaient en garde : « S’ils vous dominent, ils seront des ennemis pour vous et étendront en mal leurs mains et leurs langues vers vous ; et ils aimeraient que vous deveniez mécréants. » (Sourate 60, verset 2)
Vous comprendrez alors pourquoi les savants se sont réunis et ont émis leur avis juridique contre ‘Abd al-‘Aziz : « Dépenses injustifiées et tentative de signer un pacte avec des nations étrangères dans les ambassades (bouyoutat al-‘alamiyah, littéralement les maisons internationales) de Paris et Londres et incapacité de s’acquitter des affaires d’état (tasrif shououn ad-dawla). »
Rien n’est donc plus funeste pour une nation islamique que de faire des emprunts aux ennemis de l’Islam surtout quand la dite nation possède de larges espaces pour cultiver, assez de ressources pour rester indépendantes ainsi que des manufactures quand bien même elles seraient petites, l’exemple des pays musulmans actuels est là pour le rappeler.
Les savants ottomans avaient bien senti le danger de dépendre des ressources étrangères qui ne manqueraient pas de vendre les produits agricoles et autres moins cher que ceux produits localement pour tuer l’agriculture locale et l’industrie et c’est exactement aussi ce qui se passe dans nos pays. Les fermiers ne pensent même plus à cultiver quand le marché est saturé de produits étrangers et les manufactures de fabriquer quand tout est livré clef en main.
Un des responsables du ministère des affaires étrangères français dit en 1952 : « Le shiisme n’est pas une menace pour l’Europe. Le plus grave danger qui nous menace directement et violemment est l’Islam. Les Musulmans est un monde totalement pourvu et indépendant du monde occidental. Ils disposent de toutes les richesses naturelles, de leurs propres savants et d’une histoire sans précédent. Ils sont capables de poser les bases d’un nouveau monde sans dépendre de la culture et de la technologie occidentale. S’il leur est donné la possibilité de mettre sur pied leur science, ils déferleront sur le monde pour effacer la culture occidentale qu’ils enverront dans les oubliettes de l’Histoire. Nous, peuple français, avons, à travers notre longue présence en Algérie, tenté d’effacer la personnalité musulmane au prix d’un immense effort. Le monde musulman est un monde fermé qui jusqu’à présent n’a pas dévoilé sa personnalité. Il est pour l’instant choqué, confus, contraint, dégradé, encerclé, arriéré, miné par l’apathie et les troubles en attendant un meilleur futur ». Puis il poursuit : « Donnons à ce monde islamique tout ce qu’il désire et étouffons en lui toute envie de création afin qu’il ne se réveille jamais. Si nous retardons à appliquer ce plan, à laisser le Musulman arriéré, prisonnier de son ignorance et son incapacité, alors nous devrons faire face à un grave danger, le danger arabe et ce qu’il contient derrière lui de puissance islamique qui deviendra une menace permanente. L’occident et la domination culturelle occidentale du monde prendront alors fin ».
Il ne fait aucun doute que ce sont des paroles extrêmement graves et quiconque étudie l’histoire de l’Algérie, et sa situation actuelle, pour ne citer que ce pays en exemple, y verra l’application exacte de cette politique machiavélique.
Les Ottomans n’étaient donc pas ainsi mais une nation forte et productive et sous leur règne, la famine n’existait pas et les gens étaient éduqués. A l’opposé, l’Egypte connu cette funeste situation et devint endetté sous le règne d’Isma’il et les nations européennes envoyèrent des « experts » pour chercher les causes de l’endettement ou « espionner l’économie du pays pour mieux le couler » qui conclurent que l’Angleterre et la France devaient surveiller les dépenses et les entrées. Isma’il Basha accepta qu’un conseiller anglais et français surveillent l’économie du pays et ainsi le pays perdit son indépendance et ne fut plus en mesure de contrôler ses propres ressources puis s’appauvrit dramatiquement tandis que les richesses locales étaient exportés vers ces deux pays. Isma’il Basha fit tomber son pays dans l’embuscade économique et la destruction tandis que lui vivait et ses proches vivaient dans le fates prix de sa trahison.