OSMANLI

Le Sheikh Shams ad-Din aida à empêcher le Sultan d’être submergé par un sentiment de fierté

 

Le Sultan Muhammad al-Fatih aimait beaucoup son Sheikh et le tenait en haute estime. Il dit à son rassemblement après la conquête : « Vous voyez que je suis très heureux, mais mon bonheur n’est pas seulement dû à la libération de cette forteresse ; c’est pour avoir un Sheikh si éminent bien-aimé à mes côtés dans mon règne; c’est pour mon professeur, Sheikh Aq Shams ad-Din.

Il décrivit son respect pour le Sheikh Shams ad-Din dans une conversation avec son Vizir, Mahmoud Basha, en disant : « Mon respect pour Sheikh Shams ad-Din n’est pas par choix. Quand je suis près de lui, je ressens un sentiment de sérénité et de crainte révérencielle. »

Ce savant a toujours tenu à éduquer correctement le Sultan pour qu’il comprenne les concepts d’Iman, d’Islam et d’Ihsan. Le Sheikh n’était pas seulement un savant religieux ; il avait également des connaissances en botanique, en médecine et pharmacologie. Il fut célèbre pour ses recherches sur les herbes médicinales et son aptitude à guérir de nombreux maux et maladies.

 

Le Sheikh Shams ad-Din s’intéressa autant aux maladies corporelles qu’aux maladies mentales. Il était particulièrement intéressé par les maladies épidémiques qui se propageaient rapidement à son époque, tuant des dizaines de milliers de personnes. Il écrivit un livre sur ce sujet, en turc, intitulé Les Questions de Vie, dans lequel il déclara : « Il est faux d’imaginer que les maladies apparaissent spontanément chez les personnes. Les maladies se déplacent d’une personne à une autre de manière contagieuse. Cette contagion est si minuscule qu’il n’est pas possible de la voir à l’œil nu, car elle se produit avec des agents vivants. » Ainsi, le Sheikh Shams ad-Din le premier à donner une définition de la bactérie, au XVe siècle alors que le microscope n’avait pas encore été inventé. Ce n’est que quatre siècles plus tard que le chimiste et biologiste français, Louis Pasteur, parvient à la même conclusion.

Le Sheikh Shams ad-Din s’intéressa également au cancer et écrivit aussi à ce sujet. Il écrivit en tout, deux livres sur la médecine, en turc et dans les langues ottomanes. En outre, le Sheikh publia sept livres en Arabe.

 

Son décès

 

Le Sheikh retourna dans son pays natal, Koniuk, après avoir ressenti un vif désir de le revoir, malgré l’insistance du Sultan pour qu’il reste à Istanbul (Constantinople). Il décéda en 863 (1459), que la miséricorde d’Allah soit sur lui car c’est le Décret d’Allah, Exalté et Loué soit-Il, pour Sa création. Ni chef pieux, ni brave libérateur n’émerge, excepté s’il y a un groupe d’érudits pieux autour de lui pour l’enseigner et le guider.

 

Il existe de nombreux exemples de ce type à citer, et nous avons évoqué le rôle de ‘AbdAllah Ibn Yassin avec Yahya Ibn Ibrahim dans l’État des Mourabitine (au Maroc) ; le Qadi al-Fadil avec Salah ad-Din dans l’État Ayyoubi et ici Sheikh Aq Shams ad-Din avec Muhammad al-Fatih dans l’État Ottoman.

Que la miséricorde d’Allah soit sur eux tous et qu’Il ​​accepte leurs efforts et leurs actes sincères.

 

 

L’effet de la libération de Constantinople dans le Monde Européen et Islamique

 

Avant sa conquête, Constantinople était un énorme obstacle à la propagation de l’Islam en Europe. Par conséquent, sa libération conduisit à l’entrée de l’Islam en Europe, apportant plus que jamais tant de force et de paix à ses nouveaux convertis.

La conquête de Constantinople reste encore l’un des grands événements de l’histoire du monde, notamment en ce qui concerne l’histoire européenne et ses relations avec l’Islam.

Le Sultan commença à réorganiser les affaires de la ville, après la conquête, à reconstruire ses fortification. Elle devint la capitale de l’État Ottoman et fut rebaptisée Islam Boul, ce qui signifie la Ville de l’Islam. Cependant, il cela fut ensuite déformé en Istanbul.

 

L’Occident chrétien fut très affecté par la nouvelle de cette conquête. Les Chrétiens furent pris par des sentiments de douleur et de disgrâce, alors qu’ils envisageaient le danger des armées musulmanes venant d’Islam-Boul (Istanbul). Les poètes et les conférenciers s’efforcèrent de réveiller et de raviver les anciens sentiments de haine et de colère dans l’esprit des Chrétiens contre les Musulmans. Les rois et les princes tinrent de longues et fréquentes réunions, essayant de mettre de côté leurs différences. Le Pape Nicolas V (le cinquième), de tous les peuples, fut le plus touché et s’efforça d’unir les provinces italiennes dans la lutte contre les Musulmans. Il dirigea une conférence, tenue à Rome, au cours de laquelle tous les pays participants déclarèrent leur détermination à s’entraider, en dirigeant tous leurs efforts et leur puissance dans la lutte contre un ennemi commun. Cette alliance fut presque formée mais le Pape mourut, d’un grave accident vasculaire cérébral résultant de la nouvelle de la chute de Constantinople aux Ottomans, le 25 mars 1455.

 

Le Pape Pie II (le deuxième) essaya tout pour raviver la haine des croisés dans l’esprit des Chrétiens. Certains pays étaient prêts à entreprendre l’idée du Pape de détruire les Ottomans, mais au moment de la mobilisation, la plupart des pays européens se retirèrent en raison de crises internes. En effet, la guerre de cent ans avait épuisé l’Angleterre et la France. La Grande-Bretagne était occupée par ses préoccupations constitutionnelles et ses guerres civiles ; L’Espagne était occupée à combattre les Musulmans d’Andalousie tandis que les États Italiens se préoccupaient de consolider leurs relations avec l’ État Ottoman, dans un souci de gain financier.

 

Le projet de la campagne des croisés se termina avec la mort de son chef, le Pape. La Hongrie et Venise devinrent vulnérables face à l’État Ottoman. Quant à Venise, elle rédigea un traité d’amitié et devint de bons voisins avec les Ottomans pour son propre bénéfice tandis que la Hongrie perdit sa guerre contre les forces ottomanes, qui réussirent à ajouter à leur état les régions suivantes : la Serbie, Grèce, al-Aflaq, al-Qourm et les principales îles de l’archipel. Ils obtinrent un tel succès en peu de temps lorsque le Sultan Muhammad les attaqua par surprise et détruisit leur puissance militaire.

Quant à l’effet de la conquête de Constantinople en Orient Islamique, nous disons : la joie et le bonheur se répandirent sur tout le territoire islamique, de l’Asie à l’Afrique. La conquête était le rêve des grands-pères et l’espoir de tant de générations qui l’avaient désiré, mais cela eut lieu aux mains de Muhammad al-Fatih, qui envoya des lettres à tous les dirigeants du Monde Islamique, en Égypte, dans la Péninsule Arabique, en Perse, en Inde, etc., pour les informer de la grande victoire islamique. La nouvelle de la victoire fut célébrée sur les chaires et de nombreuses prières de remerciement à Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, furent exécutées, tandis que toutes les maisons et toutes les échoppes furent décorées pour célébrer ce grand jour de l’Islam.

 

La Lettre d’al-Fatih au Sultan d’Égypte

 

Voici quelques extraits de la lettre d’al-Fatih à son frère musulman, le Sultan d’Égypte, rédigée par Sheikh Ahmad al-Qourani :

« … L’un des meilleurs attributs de nos ancêtres, que la miséricorde d’Allah soit sur eux, est qu’ils étaient des guerriers dans la voie d’Allah, Exalté et Loué soit-Il. Ils ne se sont pas inquiétés des accusations des accusateurs et nous suivons cette tradition en restant fermes sur ce souhait : adhérer au commandement d’Allah « Combattez ceux qui ne croient pas en Allah … » (Qur’an 9: 29)

Et tenant fermement à la parole du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) : « Quiconque dont les pieds se recouvriront de poussière dans la voie d’Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, Allah Exalté lui interdira le feu. » Sahih al-Boukhari, Ahmad, at-Tirmidi et an-Nassa’i

 

Notre principale préoccupation cette année fut remplie de bénédictions d’Allah, Exalté et Loué soit-Il, alors que nous nous accrochons à la Corde d’Allah le Tout-Puissant, pour accomplir l’obligation d’invasion, pour l’Islam, suivant Son Commandement :

« Ô vous qui croyez, combattez ceux qui sont proches de vous parmi les mécréants … » (Qur’an 9: 123)

 

Nous avons donc équipé l’armée offensive des moujahidines, sur terre et en mer, pour libérer une ville remplie de vice et d’incrédulité, et qui se tenait avec arrogance au milieu des États Islamiques, montrant son polythéisme.

Cette ville était en partie située au bord de la mer et en partie sur terre. Nous nous y étions bien préparés, comme Allah nous l’a ordonné :

« Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée… » (Qur’an 8: 60)

Nous avons préparé toutes les armes et toutes les puissances possibles, nous avons utilisé des canons, des pierres, des navires, tous les types d’armes disponibles. Nous nous sommes appuyés sur Allah, Exalté et Loué soit-Il, pour les détruire avec Ses agents, tels que le tonnerre, le vent et la foudre. Nous avons attaqué la ville le 26 de Rabi’ al-Awwal 758.

Chaque fois qu’ils furent appelés à la vérité, ils refusèrent par orgueil. Nous avons assiégé leur ville, nous les avons combattus et ils nous ont combattus dans une bataille qui dura cinquante-quatre jours et nuits.

 

A l’aube du mardi 20 Joumadah al-Oula, nous avons lancé une attaque générale avec toutes nos forces, et Allah nous accorda la victoire avant le lever du soleil.

« Leur rassemblement sera bientôt mis en déroute, et ils fuiront. L’Heure, plutôt, sera leur rendez-vous, et l’Heure sera plus terrible et plus amère. » (Qur’an : 45-46)

 

Ils furent détruits comme les habitants d’Ad et de Thamoud. Certains d’entre eux furent tués et d’autres faits prisonniers. Leur richesse leur fut enlevée et leurs croix brisées. Nous avons transformé leurs lieux de culte en mosquées, pour le peuple de l’Islam, et toute louange est due à Allah.

 

Le Sultan Muhammad al-Fatih envoya également une lettre au chérif de Makkah, pour célébrer la libération de Constantinople, et lui demanda de faire des Dou’a pour eux. Il expédia quelques cadeaux du butin gagné après la bataille.

 

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