OSMANLI

Le traitement de Muhammad al-Fatih envers les Chrétiens vaincus

 

Muhammad al-Fatih se dirigea vers l’église Sainte-Sophie (Aya Sofia), où un grand groupe de personnes s’était réuni, avec leurs prêtres et clercs, récitant leurs supplications.

Lorsque le Sultan s’approcha de l’église, les Chrétiens qui s’y trouvaient eurent peur. L’un des prêtres s’avança pour ouvrir les portes et le Sultan lui demanda de calmer les gens et de les rassurer d’un bon retour dans leurs maisons. Les gens commencèrent à se sentir en sécurité et certains des prêtres qui se cachaient dans les coffres de l’église émergèrent, déclarant leur désir d’embrasser l’Islam, après avoir été témoins de la gentillesse du Sultan al-Fatih.

 

Le Sultan ordonna que l’église soit transformée en mosquée, dès que possible, afin que la première prière de Joumou’a (vendredi) puisse y avoir lieu. Les ouvriers commencèrent leur travail, enlevèrent toutes les croix et statues, recouvrirent les peintures murales de peinture blanche et construisirent un Minbar (chaire) pour la Khoutbah du Vendredi (sermon).

 

Il était légal sur le plan islamique de transformer cette église en mosquée, depuis que la ville avait été libéré par la force et que la libération forcée à sa propre règle dans la loi islamique (Shari’ah). Le Sultan offrit aux Chrétiens le droit d’accomplir leurs rituels religieux et de choisir leurs chefs religieux, qui avaient également le droit de juger leurs affaires civiles. Il donna également le même droit aux dirigeants d’églises dans d’autres provinces, mais en même temps, il imposa la Jizyah (taxe sur les non-musulmans) à tous.

 

Edward Shepherd l’historien britannique, parmi tant d’autres si ce n’est tous y compris les mounafiqin, tenta de diffamer l’image de la conquête islamique de Constantinople, dans son papier toilette L’histoire des Turcs ottomans. Il attribua des qualités terribles au Sultan Muhammad (II) al-Fatih, par envie et par haine envers la glorieuse conquête islamique. La totalité des récits des mécréants et ce jusqu’à nos jours, suivent la même haine des croisés envers l’Islam et les Musulmans, affirmant que le Sultan Muhammad asservit la plupart des Chrétiens de Constantinople, puis les conduisit au marché d’esclaves de la ville d’Edirne pour être vendus, que l’Empereur était mort vaillamment alors qu’il fut tué cherchant à s’enfuir avec ses richesses !

 

Cependant, les archives historiques claires montrent que le Sultan Muhammad al-Fatih traita le peuple de Constantinople avec miséricorde et ordonna à ses soldats de faire preuve de gentillesse et de compassion envers les prisonniers. Il libéra beaucoup d’entre eux avec son propre argent, en particulier les princes grecs et les chefs religieux. Il tint une réunion avec les évêques pour les calmer et les rassurer sur la protection de leur vie, de leurs croyances religieuses et de leurs églises. Il leur ordonna de nommer un nouveau patriarche et Ignace Patrika fut choisi. Après sa nomination, le nouveau patriarche se rendit à la résidence du Sultan avec une suite d’évêques. Il fut accueilli par le Sultan al-Fatih pour un dîner où ils discutèrent de nombreuses questions religieuses, politiques et sociales. Le patriarche quitta la résidence du Sultan avec une opinion différente des Sultans Ottomans, des Turcs et de tous les Musulmans en général. Il comprit que le Sultan était avant un intellectuel, qui avait un message, une foi religieuse ferme, une humanité et un sens complet de l’honneur.

Les Byzantins ne furent pas moins surpris que leur patriarche car ils s’attendaient à être soumis à une vague d’exécution. Mais il ne fallut pas longtemps pour que chacun revienne à sa vie quotidienne, dans la paix et la sécurité.

 

Les Ottomans adhérèrent aux enseignements de l’Islam, en veillant à ce que la justice sociale inclue leur traitement de leurs sujets chrétiens, sans fanatisme ni discrimination. Les Ottomans n’ont même jamais pensé à opprimer les Chrétiens à cause de leur religion.

Les différentes sectes religieuses des Chrétiens sous la domination ottomane reçurent pleinement leurs droits religieux. Chaque secte eut son propre chef religieux, ses propres écoles religieuses spéciales et ses propres lieux de culte.

 

Le Sultan Muhammad al-Fatih montra la compassion et la tolérance envers les Chrétiens de Constantinople grâce à son adhésion sincère à l’Islam. Il suivi l’exemple du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et des Califes bien guidés (radhiyallahou ‘anhoum), qui sont prouvés avoir fait preuve d’une tolérance remarquable envers leurs ennemis qui eut n’ont jamais eu aucune pitié envers les Musulmans quel que soit leur âge. Ainsi le Sultan al-Fatih sauva l’église orthodoxe de la disparition contrairement à l’Empereur Byzantin qui avait accepté l’église orthodoxe. 

 

 

Le libérateur spirituel de Constantinople, Sheikh Aq Shams ad-Din

 

Muhammad Ibn Hamza, un Romain de Damas, quitta les terres des Byzantins avec son père, pour étudier divers sujets, pour devenir un grand érudit islamique sous le règne ottoman.

Il enseigna Muhammad al-Fatih, car sa lignée remontait au Calife bien guidé, Abou Bakr as-Siddiq (radhiyallahou ‘anhou). Il naquit à Damas en 791 (1389) et apprit le Qur’an à l’âge de sept ans. Il étudia à Amasya, Halab, Ankara et décéda en 863 (1459).

Il enseigna au Prince Muhammad al-Fatih les principales connaissances de cette époque : la science du Qur’an, la Sounnah du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), la Jurisprudence Islamique (Fiqh) et les langues, notamment l’Arabe, le Farsi et le Turc. Il lui enseigna également d’autres matières, telles que les mathématiques, l’astronomie, l’histoire et la stratégie militaire.

Le Sheikh Aq était l’un des savants qui supervisèrent le Prince Muhammad, lorsqu’il fut nommé émir de Magnésie, dans sa formation à l’administration provinciale et à l’art de la gouvernance. Le Sheikh Aq réussit à convaincre le jeune prince qu’il était le chef mentionné dans le Hadith du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 

Lorsque le Prince Muhammad devint le Sultan de l’État Ottoman à un si jeune âge, son Sheikh lui ordonna rapidement de déplacer avec son armée pour essayer d’accomplir la prophétie du Hadith. Les forces ottomanes assiégèrent donc Constantinople par terre et mer, combattant pendant 54 jours.

 

Lorsque les Byzantins remportèrent une victoire temporaire et que la population byzantine ressentit de la joie et du soulagement, aux quatre navires envoyés par le Pape qui avaient réussi à entrer dans la ville, le commandant et les princes ottomans se réunirent avec le Sultan Muhammad II et lui dirent : « Tu as forcé tous ces soldats à maintenir ce siège afin de mettre en œuvre les instructions de l’un des savants, en référence au Sheikh Aq. Tu es responsable de la mort et des blessures de tant de soldats et de la destruction de leur équipement tandis que les Chrétiens ont reçu maintenant plus de soutien de l’extérieur. Il n’y a donc aucun espoir de conquête. »

 

Le Sultan envoya Wali ad-Din Ahmad Basha, son Vizir, au Sheikh Aq, pour lui demander une solution. Le Sheikh répondit : « Il est prédestiné qu’Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, nous accorde la victoire. » Le Sultan, cependant, ne fut pas convaincu par cette réponse, alors il envoya son Vizir une deuxième fois, demandant au Sheikh de donner plus de justification (pour sa déclaration).

Le Sheikh écrivit une lettre à son disciple, Muhammad al-Fatih, dans laquelle il dit : « Certes, l’incident des navires a provoqué une angoisse mentale dans nos rangs mais causé de la joie parmi les mécréants, mais rappelez-vous que le fait établi que le travail  de l’homme est soumis à la prédestination, décrétée par Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, et tout jugement revient à Allah. Nous nous sommes tournés vers Allah, Exalté et Loué soit-Il, et avons récité le Qur’an, ce n’est qu’un moment de négligence, qui sera suivi de la Miséricorde d’Allah avec de bonnes nouvelles jamais vues auparavant. »

Ces paroles insufflèrent un sentiment de paix et de sérénité dans l’esprit des commandants et des soldats, de sorte que le conseil de guerre décida immédiatement de poursuivre la lutte pour libérer Constantinople. Le Sultan Muhammad se rendit ensuite à la tente du Sheikh et lui baisa la main, en disant : « Apprends-moi une invocation pour demander à Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, afin que je puisse réussir, » ce que fit aussitôt le Sheikh. Le Sultan quitta la tente pour ordonner l’assaut général.

 

Le Sultan Muhammad voulait que son Sheikh soit à ses côtés pendant l’attaque, alors il demanda sa compagnie. Cependant, le Sheikh avait donné des instructions à ses gardes de ne laisser personne entrer dans sa tente, et ils refusèrent donc au messager du Sultan l’autorisation de s’approcher du Sheikh. Le Sultan se courrouça et alla lui-même appeler le Sheikh, mais les gardes lui refusèrent l’entrée suivant les instructions du Sheikh. Le Sultan prit son poignard et coupa le côté de la tente seulement pour voir le Sheikh effectuer une longue prosternation devant Allah, Exalté et Loué soit-Il. Il portait un turban et certains de ses cheveux blancs touchaient le sol ; sa barbe blanche brillait. Le Sultan le regarda se relever de sa prostration, les larmes aux joues. Puis il invoqua l’aide d’Allah pour accorder leur victoire au combat.

 

Le Sultan retourna à son centre de commandement et observant les murs de la ville, il vit ses soldats y percer des trous par lesquels de nombreux combattants pénétrèrent dans la ville. Le Sultan Muhammad fut ravi et déclara : « Mon bonheur n’est pas pour la conquête de la ville, mais l’existence d’un tel homme (son Sheikh) à notre époque. »

Le savant ash-Shawkani mentionna dans son al-Badr at-Tali que pendant la bataille, la bénédiction et le mérite du Sheikh Shams ad-Din furent témoignés car il identifia correctement le jour de la libération de Constantinople au Sultan.

Lorsque l’armée ottomane fit irruption dans la ville, en force et avec enthousiasme, le Sheikh s’approcha du Sultan pour lui rappeler les règles de la Shari’ah ainsi que les droits des nations vaincues, selon l’Islam.

 

Après avoir honoré ses soldats avec des cadeaux et des présents, le Sultan organisa une fête de cérémonie qui dura trois jours. Le pieux Sheikh se leva et prononça un petit discours, disant : « Ô soldats de l’Islam, souvenez-vous que le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) a dit à votre sujet : « Constantinople sera (définitivement) libérée ; quel excellent émir (son émir), et quelle excellente armée (cette armée) ! » Nous demandons à Allah Exalté de nous faire réussir et de nous pardonner. Ne gaspillez pas l’argent que vous avez gagné. Dépensez-le à faire de bonnes actions pour les habitants de la ville. Écoutez votre Sultan, obéissez-lui et aimez-le. Puis il se tourna vers le Sultan al-Fatih, et dit : « Ô mon Sultan, tu es devenu la joie pour les Ottomans alors, continue à être un moujahid dans la voie d’Allah, » puis il lanca le Takbir.

 

Après la libération de Constantinople, le Sheikh Shams ad-Din se rendit sur la tombe du Compagnon du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), Abou Ayyoub al-Ansari (radhiyallahou ‘anhou), sur un site près du mur de Constantinople. Le Sheikh Shams ad-Din fut le premier à donner un Sermon du Vendredi dans la Mosquée Aya Sofia.

 

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