OSMANLI

La réunion du Sultan al-Fatih avec le Comité Consultatif

 

Le Sultan tint une réunion avec ses conseillers, des commandants de haut rang et des érudits islamiques. Il demanda que tous les membres de la commission expriment clairement et sans délai leurs opinions. Certains d’entre eux, y compris le Vizir Khalil Basha, préférèrent un retrait complet pour éviter de nouvelles effusions de sang et mettre en garde le Sultan contre la possibilité de mettre en colère l’Europe chrétienne, suite à la prise de la ville par les Musulmans. Le Vizir donna d’autres raisons pour soutenir son opinion, mais fut accusé d’être du côté des Byzantins. D’autres membres exhortèrent le Sultan à poursuivre l’attaque jusqu’à la libération de la ville. Ils déprécièrent la puissance de l’Europe, mentionnant à quel point les soldats ottomans étaient enthousiastes à l’idée d’achever la conquête et avertirent que tout retrait détruirait le moral de l’armée. Un commandant en faveur de cette opinion fut Zoughnoush Basha, un chrétien albanais qui avait embrassé l’Islam et était convaincu de la victoire imminente du Sultan.

 

Le Sultan questionna Tarakhan, un autre commandant soutenant l’opinion de Zoughnoush. Ensuite, le Sultan questionna deux savants, les Sheikh Shams ad-Din et al-Mawla al-Qourani, qui répondirent qu’ils étaient également d’accord avec Zoughnoush, en disant : « Il est nécessaire de continuer la guerre avec le même esprit ferme pour que la victoire soit la nôtre. »

Toutes les personnes présentes montrèrent alors plus d’enthousiasme suite à l’accord des deux savants. Le Sultan fut très content de la supplication du Sheikh et la reçut comme une bonne nouvelle de victoire. Il ne put s’empêcher de dire : « Lequel de mes grands-pères avait un pouvoir similaire à moi ? »

 

L’opinion des savants soutint la préoccupation du Sultan de continuer le Jihad jusqu’à la libération de Constantinople. Le Sultan conclut la réunion, déclarant que l’assaut général pour prendre d’assaut la ville était proche et qu’il donnerait les ordres au moment le plus opportun.

 

Muhammad al-Fatih ordonna et supervisa ses soldats lui-même

 

Le dimanche 18 Joumadah al-Oula 857 (27 mai 1453), le Sultan ordonna à ses soldats de purifier leur âme et de montrer plus de dévotion à Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, dans la Salat (prière) et d’autres actes d’adoration, et de continuer leurs supplications, dans l’espoir qu’Allah, Exalté et Loué soit-Il, puisse faciliter leur conquête de la ville. Le même jour, le Sultan sortit lui-même pour arpenter les murs de la ville pour comprendre les derniers développements. Il pointa du doigt certaines cibles, demandant à ses bombardiers de les viser, notamment. Il rappela également à ses soldats leur sérieux et leur sacrifice face à l’ennemi. Il envoya un message aux habitants de Galata, qui étaient restés neutres, leur rappela de ne pas intervenir ; garantit sa loyauté à son accord avec eux et promit de compenser toutes leurs pertes. Cette même nuit, les Ottomans allumèrent un grand feu autour de leur camp et commencèrent à lancer Tahlil et Takbir. Les Byzantins pensèrent que le feu s’était répandus dans les camps ottomans mais furent très vite déçus de découvrir que les Ottomans célébraient en fait à l’avance leur victoire imminente ce qui rendit les Byzantins nerveux.

 

Les savants marchèrent parmi les soldats, récitant les versets sur le Jihad et la Sourate al-Anfal, leur rappelant les anciens martyrs, dirigés par Abou Ayyoub al-Ansari (radhiyallahou ‘anhou). Quand al-Fatih revint dans sa tente, il appela tous ses commandants et leur donna ses derniers ordres, prononçant le discours suivant :

« Si nous parvenons à conquérir Constantinople, l’un des Hadith et des miracles du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) serait accompli par nous. Tout ce qui est vénéré dans ce Hadith serait pour nous. Informez donc nos soldats, un par un, que la victoire que nous devrions remporter donnera à l’Islam tant de force et d’honneur. Chacun de nos soldats doit être au courant des enseignements de l’Islam pendant cette bataille. Dites-leur d’éviter d’attaquer les églises et les lieux de culte, d’épargner les prêtres, les faibles et les incapables de se battre. »

 

En même temps, l’Empereur Byzantin rassembla son peuple dans la ville, pour tenir une messe générale, pour hommes, femmes et enfants, et pour supplier et pleurer de manière chrétienne dans les églises, dans l’espoir que leurs supplications seraient exaucées et leur ville pourrait échapper au siège. L’Empereur prononça un discours très émouvant, dans lequel il les exhorta à défendre leur ville, même après sa mort. Il les exhorta à défendre le Christianisme contre les Musulmans Ottomans. Ce fut un sermon étonnant, selon les historiens qui émut tous les présents jusqu’aux aux larmes. L’Empereur effectua sa dernière prière dans l’église Sainte-Sophie, puis visita son palais pour la dernière fois. Il se tint devant une image sur le mur, une représentation de Jésus, puis s’inclina, marmonna quelque chose, puis se leva, mit son casque et quitta le palais, à minuit, en compagnie de son fidèle ami, l’historien François. Ils visitèrent les positions défensives des forces chrétiennes en observant les manœuvres militaires de l’armée ottomane, prête à attaquer par mer et par terre.

 

Libération et victoire imminente d’Allah Exalté

 

A 1h du matin, le mardi 20 Joumadah al-Oula de l’année 857 de l’Hégire (29 mai 1453), l’assaut général de la ville commença, après que les moujahidines reçurent leurs ordres. Ils attaquèrent les murs, avec le Takbir, qui terrorisa les Byzantins, qui sonnèrent les cloches de leurs églises. L’assaut final fut simultanément mené par terre et par mer, selon un plan bien préparé. Les moujahidines à la recherche du martyre s’avancèrent courageusement vers leur ennemi et attaquèrent à plusieurs endroits cependant, la principale attaque fut concentrée près de la rivière Lycos, sous la direction du Sultan al-Fatih lui-même.

Lorsque la première brigade d’assaut montra quelques signes de fatigue, suite à leur brave assaut incessant, ils furent remplacés par une autre brigade, que le Sultan avait préparée, qui put atteindre les murs avec des centaines d’échelles, mais les Byzantins purent les repousser. Après deux heures de combats, le Sultan donna l’ordre à ses soldats de se reposer, mais en même temps, il ordonna à une troisième brigade d’avancer et d’attaquer les murs, au même endroit. Les défenseurs byzantins furent surpris de voir un autre groupe d’attaquants, alors qu’ils s’attendaient à une pause, car ils étaient eux-mêmes extrêmement épuisés. Dans le même temps, les combats se poursuivirent en mer, de sorte que la capacité byzantine de défendre la ville s’étendit sur tous les fronts. À l’approche de l’aube, les forces ottomanes purent voir clairement les positions de leurs ennemis et augmentèrent l’intensité de leur attaque. Les Musulmans étaient très désireux de remporter la victoire, mais le Sultan donna l’ordre à ses forces de se retirer pour donner aux bombardiers une chance de tirer plus de missiles sur les murs et les défenseurs byzantins. Après que les bombardiers eurent terminé leur bombardement, un nouveau groupe de soldats janissaires, dirigé par le Sultan lui-même, s’avança, avec des archers couvrant leur avance. Trente des braves janissaires réussirent à escalader les murs à la surprise de leurs ennemis.

Malgré le fait que certains d’entre eux furent martyrisés, y compris leur commandant, ils réussirent à ouvrir une voie aux autres soldats qui entrèrent dans la ville et hissèrent les drapeaux ottomans derrière les murs.

Ce succès suscita encore plus d’enthousiasme dans le reste de l’armée pour prendre d’assaut la ville, et en même temps, le chef des forces défendant la ville, Justinien, fut gravement blessé et contraint de se retirer du champ de bataille. Cela eut un effet négatif sur le reste des défenseurs forçant l’empereur Constantin XI à remplacer Justinien, qui monta à bord d’un navire et s’enfuit. L’empereur perdit alors toute tentative de rassurer ses soldats qui commencèrent à désespérer et à remettre en question la valeur de leur résistance.

 

Les Ottomans continuèrent leur assaut incessant dans une autre partie de la ville, jusqu’à ce qu’ils aient pu prendre d’assaut les murs et s’emparer de certaines des tours, après avoir détruit les Byzantins en défense à l’entrée d’Edirne, élevant le drapeau ottoman au-dessus d’eux. Lorsque Constantin XI vit les drapeaux ottomans s’agiter sur les tours nord de la ville, il fut convaincu de la futilité de se défendre.

 

La diffusion de la nouvelle de sa mort eut un grand impact en augmentant la ferveur des combattants ottomans et en détruisant la volonté des Byzantins. Les forces ottomanes purent entrer dans la ville de différentes directions alors que les défenseurs fuyaient leurs positions, après la mort de leur chef. Al-Fatih était à cheval, avec ses soldats, et partagea avec eux la joie de cette victoire sur leurs ennemis. Ses commandants le félicitèrent et il dit: « Toutes louanges et remerciements reviennent à Allah, à Lui les Louanges et la Gloire. Que la miséricorde d’Allah soit sur les martyrs, et qu’Il ​​accorde aux moujahidines l’honneur et la gloire et la fierté parmi mon peuple. »

 

À l’intérieur de la ville, il y eut encore une certaine résistance, qui conduisit au martyre de beaucoup plus de moujahidines, mais de nombreux habitants s’échappèrent pour se réfugier dans les églises. Il n’était pas encore midi du mardi 20 Joumadah al-Awwal 857 (29 mai 1453) lorsque le Sultan atteignit le centre-ville, entouré de ses soldats et commandants, qui ne cessaient de répéter l’expression Masha’Allah. Il se tourna vers eux en disant : « Vous êtes devenus les libérateurs de Constantinople, dont le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) nous a informés, » il les félicita pour la victoire et interdit de tuer plus puis leur ordonna de faire preuve de miséricorde et de gentillesse envers les gens. Alors il descendit de cheval et se prosterna devant Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, en Le remerciant, en Le louant et en étant humble devant Lui.

 

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