OSMANLI

Une ingéniosité militaire brillante

 

Le Sultan eut alors la brillante idée de transporter les navires de leurs ports de Besiktas dans l’estuaire de la Corne d’Or en les transportant sur la route reliant les deux ports, évitant ainsi d’être attaqué autour de Galata. La distance entre les ports n’était que d’environ 4km, ce qui n’était pas une simple route à parcourir.

Muhammad al-Fatih rassembla ses commandants d’armée, leur présenta son plan et leur dévoila leur prochaine position sur le champ de bataille. Il reçut leur soutien et leur admiration pour son plan.

 

Lorsque le plan fut mis en œuvre et qu’al-Fatih donna son ordre de renforcer la route, les soldats apportèrent du bois imbibé d’huile et de graisse pour faciliter le transport des navires. La partie la plus difficile de ce plan fut de contrôler les navires lors de leur descente vers le bas, cependant, les navires ottomans étaient généralement petits et légers. Cette nuit-là, les Ottomans réussirent à déplacer plus de soixante-dix navires dans la Corne d’Or. Ce fut sans conteste un grand exploit à cette époque ; un miracle, montrant la rapidité de la réflexion et de l’exécution dans la mentalité ottomane. Les Byzantins furent stupéfaits quand ils apprirent l’événement et qu’ils virent les navires ottomans dans la baie. Ils ne purent y croire mais la réalité de la situation les força rapidement à accepter ce plan inattendu et audacieux.

 

Le mérite de ce miracle revient certainement à Allah, Exalté et Loué soit-Il, qui donna au Sultan une grande sensibilité et une intelligence incroyable. Cela montre également les brillants architectes et les ouvriers qui étaient prêts à exécuter n’importe quel projet avec beaucoup d’enthousiasme. Cela eut lieu de nuit et lorsque les habitants de la ville se réveillèrent le lendemain matin ce fut pour entendre les Takbir (Allahou-Akbar) des Ottomans et leurs bruyants chants islamiques, alors qu’ils montaient à bord de leurs navires dans la Corne d’Or. Le barrage avait été contourné et plus aucun obstacle ne se dressait entre eux et les soldats ottomans.

Un historien byzantin exprima son admiration de l’événement en déclarant : « Nous n’avons jamais vu ni entendu parler d’un événement aussi inhabituel que celui-ci. Muhammad al-Fatih transforma la terre en mer et ses navires traversèrent le sommet des collines au lieu des vagues de l’océan. Al-Fatih a dépassé Alexandre le Grand par cet acte. » (L’Histoire de Muhammad al-Fatih p135 par Yelmaz Azantu)

 

Les habitants de Constantinople se sentirent alors désespérés et de nombreux présages et rumeurs se répandirent dans toute la ville, disant que Constantinople tomberait quand on verrait des navires naviguer sur la terre !

 

La présence des navires ottomans dans la Corne d’Or eut un grand effet en affaiblissant l’esprit combatif de la force défendant la ville car une grande partie de cette force dû être déplacée pour défendre les murs par la Corne d’Or, qui était auparavant protégée par la mer. L’Empereur Byzantin organisa de nombreuses opérations pour tenter de détruire la flotte ottomane dans la Corne d’Or, mais ses efforts incessants échouèrent devant la résistance ottomane.

Les Ottomans déployèrent également des canons spéciaux sur les collines pour détruire tous les navires byzantins de la Corne d’Or et du Bosphore, ce qui empêcha le mouvement des navires ennemis.

 

La rencontre du roi Constantin Paléologue XI et de ses aides

 

L’empereur Constantin XI organisa une réunion avec ses aides, ses conseillers et les chefs religieux de la ville, qui lui conseillèrent de quitter la ville, pour rechercher le soutien des pays européens chrétiens. Ils avaient espéré que les armées chrétiennes viendraient à leur aide pour forcer le Sultan al-Fatih à se retirer et à lever le siège de la ville. Mais l’Empereur rejeta cette opinion, insista sur le combat jusqu’au bout et refusa de quitter son peuple, décidé à affronter le même sort qu’eux. Il considéra également sa décision comme une obligation sacrée et suggéra de ne pas lui conseiller de partir. Il consentit toutefois à envoyer des délégations dans les pays européens pour demander de l’aide et un soutien mais ils revinrent totalement déçus.

Les services secrets ottomans avaient déjà infiltré Constantinople et étaient donc conscients de toutes les préoccupations politiques et militaires de la ville.

 

La guerre mentale ottomane

 

Le Sultan intensifia son assaut sur les murs et se concentra sur un plan qu’il avait préparé en personne pour affaiblir l’ennemi. Les forces ottomanes continuèrent leurs attaques contre les fortifications et essayèrent de les escalader plusieurs fois d’une manière très héroïque et courageuse. La chose la plus terrifiante pour les soldats de l’Empereur Byzantin fut les cris d’Allahou-Akbar. Le Sultan dirigea alors les puissants canons vers les collines, derrière Galata, envoyant ses missiles vers le port. Un navire commercial fut directement touché et coulé. Un autre navire qui craignait le même sort, s’enfuit derrière les murs de Galata. Les attaques se poursuivirent jour et nuit, sous la supervision du Sultan, afin d’épuiser les forces assiégées et de les empêcher de se reposer. Leur esprit était bas alors qu’ils se regardaient les uns les autres pour guetter les signes de disgrâce et d’échec. Ils discutèrent publiquement des moyens d’éviter d’être capturés par les forces ottomanes.

 

L’Empereur Constantin XI fut contraint de tenir une deuxième conférence, dans laquelle l’un des commandants suggéra une attaque surprise contre les Ottomans pour ouvrir une brèche qui les lierait avec le monde extérieur. Pendant qu’ils discutaient ce plan, l’un des soldats interrompu leur réunion et les informa que les Ottomans avaient lancé une attaque féroce et soutenue sur la rivière Lycos. Constantin XI quitta la réunion, monta à cheval et appela ses réserves à entrer dans la bataille. Les combats se poursuivirent jusque tard dans la nuit, jusqu’à ce que les Ottomans se retirent.

 

Le Sultan Muhammad avait l’habitude de surprendre de temps en temps ses ennemis avec de nouvelles stratégies de combat inconnues de l’ennemi.

 

Une surprise militaire ottomane

 

Les Ottomans employèrent une nouvelle façon d’attaquer la ville. Ils construisirent une immense tour mobile recouverte d’armures résistant au feu avec trois ponts plus hauts que les murs. Elle était remplie d’hommes sur chaque pont. Les soldats du niveau supérieur étaient des archers qui tiraient sur les soldats byzantins qui levaient la tête au-dessus des remparts. Les défenseurs de la ville furent surpris lorsqu’ils virent les Ottomans s’approcher des murs avec leur forteresse mobile.

Le combat mortel entre les deux forces débuta lorsque la tour arriva près des murs. Certains soldats musulmans de la tour mobile réussirent à escalader les murs, de sorte que Constantin se senti vaincu. Cependant, les combattants byzantins intensifièrent leur défense en utilisant des missiles enflammés sur la tour jusqu’à ce qu’elle fut la proie des flammes et tombe sur les tours byzantines, tuant tout le monde à l’intérieur.

Les Ottomans cependant ne perdirent pas l’espoir de réessayer, comme le dit le Sultan, qui supervisait lui-même l’action : « Demain, nous en ferons quatre autres ! »

 

Le siège continua, de cette manière, jusqu’à ce que les habitants de la ville se lassent. Les dirigeants de la ville tinrent donc une réunion, le 24 mai, à l’intérieur du palais de l’Empereur qui insista une fois de plus pour rester et continuer à diriger son peuple dans la défense de la ville. Il sortit pour vérifier les murs et toutes les unités défensives qui étaient déployées sur leurs positions. Des rumeurs se répandirent dans la ville selon lesquelles l’incident le plus terrible eu lieu le 25 mai, lorsque certaines personnes transportèrent une statue de La Vierge Marie (comme ils l’avaient envisagée) dans la ville, lui demandant de leur accorder la victoire leurs ennemis quand soudain, la statue tomba et se brisa. Cela fut interprété comme un mauvais présage. Le lendemain, il y eut une pluie abondante, couplée à la foudre et un éclair frappa l’église de Sainte-Sophie. Le prêtre perçut cela comme un nouveau mauvais présage et il s’approcha de l’Empereur pour l’informer que Dieu avait donné la ville et qu’elle allait bientôt tomber entre les mains des guerriers ottomans. L’Empereur fut si profondément perturbé qu’il perdit connaissance. (Zerma ! toujours les champions des khouroufate, ces kouffar)

 

Les canons ottomans ne cessèrent de tirer leurs projectiles sur les murs et les tours de la ville, jusqu’à ce que beaucoup d’entre eux aient été détruits et leurs débris comblèrent les tranchées autour des murs. Les défenseurs furent incapables de dégager toutes les tranchées et il devint donc possible pour les forces ottomanes de prendre d’assaut la ville, mais le choix du point d’invasion n’avait pas encore été décidé.

 

Les dernières négociations entre al-Fatih et Constantin XI

 

Muhammad al-Fatih s’attendait à la chute imminente de la ville, mais il voulait toujours y entrer pacifiquement. Il écrivit une lettre à l’Empereur lui demandant de remettre la ville paisiblement, afin de ne pas verser plus de sang. Il lui offrit un passage sûr, ainsi que sa famille et ses aides, et toute autre personne souhaitant quitter la ville pour une destination particulière de son choix. Il assura également au reste de la population que tout le monde était le bienvenu pour rester dans la ville et vivre en sécurité. Lorsque l’Empereur reçut la lettre, il appela tous ses conseillers et leur demanda leur avis sur la dernière offre du Sultan. Certains acceptèrent de remettre la ville pour éviter d’autres effusions de sang, mais d’autres insistèrent pour se battre jusqu’à la fin. L’Empereur préféra la deuxième option et envoya une réponse, disant qu’il remerciait Dieu que le Sultan voulait la paix, et qu’il était heureux de payer la Jizyah (impôt) au Sultan, mais quant à Constantinople, il jura qu’il la défendrait jusqu’à la dernière goutte de son sang, qu’il devait sauvegarder son trône ou être enterré sous les murs de la ville.

 

Lorsque le Sultan reçut la lettre, il dit : « Bien. Bientôt, j’aurai soit un trône à Constantinople, ou une tombe dedans. » Après le revers de sa prise de la ville pacifiquement, le Sultan intensifia son assaut de la ville. L’énorme canon du Sultan se retourna contre ses opérateurs en raison de la surchauffe causée par des tirs incessants, les tuant, dont Urbain, l’ingénieur hongrois derrière sa fabrication. Le Sultan fit refroidir les canons avec de l’huile d’olive, une idée qui réussit. Ainsi, les canons reprirent le bombardement de la ville, visant le centre-ville.

 

 

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