OSMANLI

La guerre qui se termina par la conquête du fort de Chaliyam

 

Le Samouri tint fermement à la résolution d’assiéger le fort de Chaliyam en raison de la transgression des Portugais et de la demande sincère des Musulmans, en particulier de leur implication pour qu’il profite de l’occasion lors de l’expédition musulmane à Goa, car les Portugais à cette occasion ne pourraient pas envoyer de navires et de troupes de soutien de Goa à Chaliyam.

 

Le Samouri envoya à Chaliyam quelques-uns de ses ministres et avec eux se trouvaient les habitants de Ponnani, rejoints par des habitants de Chaliyam. Ceux-ci furent rejoints en chemin par des gens de Parawanna, Tanour et Parappanangadi. Tous arrivèrent à Chaliyam et y campèrent le mercredi 25 Safar 979 (1571).

Les combats entre eux et les Portugais commencèrent à l’aube même. Les Musulmans incendièrent les maisons et les églises que les Portugais avaient construites à l’extérieur du fort et détruisirent le mur extérieur du fort qui était construit en boue. Seules trois personnes parmi les Musulmans furent martyrisées dans cette lutte. Mais du côté portugais, plusieurs personnes furent tuées. Les Portugais cherchèrent refuge à l’intérieur du fort principal aux murs de pierre. Les Musulmans et les forces de Nair assiègent le fort. À ce moment-là, plusieurs Musulmans de diverses régions du pays les rejoignirent pour prendre part au jihad contre les Portugais. Ils creusèrent de profonds fossés autour du fort et restèrent à l’extérieur sur leurs gardes. Ainsi, les chances que la nourriture et d’autres provisions atteignent secrètement le fort de l’extérieur devinrent très faibles.

 

Le Samouri dépensa une grande partie de sa richesse pour cette guerre. Deux mois après le début de la guerre, les Samouri arrivèrent personnellement à Chaliyam. Les Portugais se trouvaient toujours à l’intérieur du fort, complètement assiégés. Lorsqu’ils furent à court de nourriture et d’autres provisions, ils commencèrent à manger de la viande d’animaux tels que les chiens que personne ne voudrait manger. Comme ils n’avaient rien pour les nourrir, ils commencèrent à envoyer, en petit nombre et chaque jour, les esclaves et ces hommes et femmes qu’ils avaient convertis au christianisme par la force. Les Musulmans les laissèrent également libres. Bien que des provisions arrivèrent de Kochi et Kannour pour les Portugais, elles ne purent pas les atteindre à l’intérieur du fort, quelle que soit les manière qu’ils essayèrent. Pour cela, ils se battirent même avec les Musulmans qui gardaient à l’extérieur des fossés.

Mais cela aussi ne donna aucun résultat. Finalement, comme le siège dura longtemps, ils envoyèrent un messager au Samouri pour demander la paix. Ils informèrent le Samouri qu’ils lui donneraient quelques énormes canons dans le fort et le compenseraient pour toutes les richesses qu’il avait dépensées pour cette guerre et bien plus encore. Ce fut inacceptable pour le Samouri cependant, ses ministres jugèrent les conditions tout à fait acceptables.

 

Les Portugais furent terriblement affligés par la pénurie alimentaire. Et, dans leur impuissance, ils se rapprochèrent du Samouri. Cette fois, ils l’informèrent qu’il pouvait emporter tout ce qu’il voulait, y compris leur fort et tout ce qu’il y avait à l’intérieur, seulement qu’ils devraient être emmenés vivants dans un lieu sûr avec une poignée de choses qu’ils pourraient emporter avec eux. Ce que le Samouri accepta. En conséquence, à minuit du lundi 16 Joumadah al-Akhir 979 (1571), ils furent autorisés à sortir du fort, leur donnant un passage sûr. Ils furent renvoyés dans un état ignoble avec le souverain de Tanour qui les avait aidés et encouragés. Le roi Tanour était intérieurement favorable à leur cause mais prétendait extérieurement être un ami des Samouri. Ainsi il prit la responsabilité et fit tout ce qui était jugé nécessaire pour eux. Il les emmena à Tanour et les laissa jusqu’à ce que les navires portugais de Kochi arrivent et les emportent. Pour cette aide, le roi Tanour eut une grande place et une grande influence auprès des Portugais. Les Portugais libérés du fort de Chaliyam arrivèrent ainsi à Kochi complètement vaincus et profondément humiliés.

 

Une fois que les Portugais abandonnèrent le fort, les Samouri emportèrent les canons et autres objets de valeur à l’intérieur et rasèrent complètement le fort sans laisser de trace. Les blocs de construction, les briques et le bois du fort furent donnés pour la reconstruction de la mosquée qui s’y trouvait avant la construction du fort. Le reste, fut transporté à Calicut. Le site du fort et les environs furent remis au roi Chaliyam conformément à l’entente au début de la guerre. Les navires et les cargos que les Portugais avaient envoyés de Goa pour protéger le fort n’arrivèrent à Chaliyam qu’après la prise du fort par les Samouri. Leur destin était de repartir dans le désespoir et l’humiliation. La vérité était que la miséricorde d’Allah favorisa les Musulmans.

 

L’état des Portugais après la perte du fort de Chaliyam

 

Les Portugais maudits entrèrent dans une violente rage du fait de la perte de leur fort à Chaliyam. Ils s’enragèrent contre les Samouri et les Musulmans et attendirent l’occasion de se venger. Leur plan était de tourmenter continuellement les Musulmans et le Samouri et de détruire son royaume et cela ne pourrait être réalisé qu’en construisant un fort soit à Ponnani, soit à Chaliyam. Mais Allah Exalté soit-Il ne leur permis pas d’accomplir facilement leur but et ce jusqu’à la fin de l’année 987 de l’Hégire (1580).

 

Le 22 Shawwal 980 (1573), des Portugais descendirent à Chaliyam sans aucun avertissement ni signal et incendièrent quelques maisons et magasins. Puis ils quittèrent les lieux. L’année suivante, ils attaquèrent soudainement Parappanangadi, et à la lumière qui s’ensuivit, quatre musulmans furent martyrisés tandis que beaucoup sont morts aux côtés de l’ennemi peu enclins à faire la paix avec le Samouri après sa capture du port de Chaliyam. Ils nourrirent de la haine envers lui et les Musulmans et attendirent une occasion de venger leur défaite.

 

En l’an 985 de l’Hégire (1577), les Portugais capturèrent plus de cinquante navires, grands et petits appartenant aux Musulmans, à destination de Talaimannar pour charger du riz. De nombreux musulmans furent martyrisés dans les affrontements et près de trois mille personnes furent faites prisonnières, parmi lesquelles quelques-unes de Halatia. Ce fut un coup dur pour les Musulmans. Cette défaite affecta gravement tous leurs voyages, y compris les voyages commerciaux. Ceci est un décret d’Allah, le Tout-Puissant et Omniscient ! Personne ne comprend la sagesse et la bonté derrière cela, sauf Lui. Une récompense glorieuse attend ceux qui participent au jihad, qui souffrent le martyre et endurent avec patience tous les malheurs. Nous implorons Allah, qu’Il soit glorifié, que les Musulmans puissent bientôt voir une ouverture et qu’ils reçoivent une grande capacité de patience, noble et sublime !

En effet, Allah dit : « Et Allah fera succéder l’aisance à la gêne » (Qur’an, 65: 7). Et il dit aussi : « A côté de la difficulté est, certes, une facilité ! A côté de la difficulté est, certes, une facilité ! » (94: 5-6).

 

Les Portugais maudits capturèrent également quelques navires gujarati qui étaient sur le chemin du retour après leurs voyages de Surat à Jeddah au début de la saison commerciale de 985. Certains de ces navires appartenaient au Sultan Jalal ad-Din Akbar Badshah et contenaient des marchandises précieuses. Cette animosité de la part des Portugais provoqua l’inimitié entre eux et le Sultan. Les Portugais, cependant, ne se soucièrent pas de rendre ses navires car ils étaient pleins de précieuses cargaisons. Nous espérons qu’Allah, gloire à Lui, guidera Akbar Badshah à prendre la bonne décision et Allah l’aidera avec une grande aide à faire la guerre aux Portugais et à les chasser de tous les ports gujarati, comme Diu, Vasai, etc., qu’ils occupent.

 

Ensuite, quelques navires appartenant aux Musulmans naviguèrent dans la rivière du port de ‘Adilabad. Les Portugais les pourchassèrent mais comme ils ne purent pas les rattraper, ils incendièrent tout le port avec l’intention de brûler tous les navires qui s’y trouvaient, bien que certains des navires appartenaient aux habitants de Kannour, Darmadam, etc., qui étaient en voyage commercial et avaient obtenu une licence des Portugais.

 

 

Les Portugais brûlèrent ensuite le port de Karapatanam. En conséquence, le gouverneur de Daboul captura cent cinquante soldats portugais, y compris leur chef, des officiers et des soldats courageux par ruse. Il en tua beaucoup et en envoya quelques-uns au Sultan ‘Adil Shah.

Après cela, le Sultan ‘Adil Shah envoya ses forces avec certains de ses ministres dans le port de Goa pour surveiller tout le temps et empêcher les habitants de cet endroit et d’autres villes de fournir des vivres aux Portugais. Ensuite, le Sultan envoya ses messagers à Adhraja, le Samouri et Kolattiri avec des lettres et des cadeaux pour demander leur aide pour sa campagne contre Goa et le blocus contre l’ennemi. Lorsque l’envoyé arriva à Kollam avec son entourage, le vice-roi de Kolattiri, qui était également le troisième héritier de la couronne, l’arrêta et l’emprisonna à l’instigation des Portugais. L’envoyé réussit à s’échapper de prison. Bien qu’Adhraja et Kolattiri lui-même lui aient demandé de rendre les cadeaux et les marchandises à l’envoyé, ce fut en vain. Il répondit qu’il aurait même remis le messager aux Portugais s’il n’avait pas réussi à s’échapper de prison. Tout cela a eu lieu en l’an 986 (1578).

 

La même année, des officiers portugais approchèrent le Samouri et parlèrent de paix avec lui. Le Samouri se trouvait alors au temple hindou de Kodoungallour, tenu sacré par les non-croyants de Malabar, et c’est donc ici que les envoyés portugais le rencontrèrent en personne. Le Samouri demanda aux Portugais de construire un fort à Calicut. Les Portugais voulaient aussi qu’un fort soit construit à Ponnani mais le Samouri refusa cette demande. Le Samouri envoya avec les officiers portugais, venus demander la paix, trois personnes capables et dignes de confiance à Goa pour négocier la paix. Le vice-roi de Goa les reçut avec grand honneur et respect. Puis les envoyés retournèrent chez le Samouri. Toutefois, les négociations échouèrent parce que les Portugais avaient insisté pour construire un port à Ponnani. Cela eut lieu en 987(1579).

 

Cette même année, la paix fut conclue entre ‘Adil Shah et les Portugais après avoir payé au Sultan une certaine somme d’argent.

 

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