OSMANLI

La rivalité entre Samouri et les Portugais et la capture du fort de Calicut

 

Sache que : Les atrocités et les excès portugais à Calicut augmentèrent de jour en jour. Mais le Samouri ferma les yeux sur ces atrocités. Leurs excès continuèrent jusqu’au jour où une bagarre éclata à Calicut entre les Portugais et quelques Musulmans de Pantalayani. L’incident se produisit le 10 Mouharram 931 (1524). Ainsi la paix fut rompue et les hostilités reprirent. De plus, environ un an plus tôt en 930, lors d’un autre incident, des personnes de Pantalayani, Chemmanad, Tirourangadi, Parappanangadi et quelques autres endroits, naviguant sur de petits bateaux, avaient capturé une dizaine de navires de commerce appartenant aux Portugais.

 

Pendant ce temps, un conflit civil éclata à Kodoungallour entre les Musulmans et les Juifs de la localité. Les Juifs avaient tué un Musulman ce qui conduisit à l’émeute. Les Musulmans envoyèrent des messagers à leurs frères dans diverses villes de Malabar pour demander leur aide pour riposter contre les Juifs. Les habitants de Calicut avec leurs proches de Pantalayani, les habitants de Kakkad, Tikkodi et leurs proches de Chaliyam et les habitants de Parappanangadi, Tirourangadi, Tanour, Parawanna, Ponnani et Weliancode se réunirent dans la mosquée de la prière du Vendredi de Chaliyam. Là, ils résolurent d’attaquer les Juifs de Kodoungallour. Ils résolurent également de faire la guerre aux Portugais et de ne faire la paix avec eux qu’avec la permission du Samouri. Cela se produisit également en l’an 931 de l’Hégire.

En conséquence, ils embarquèrent dans une flotte d’une centaine de petits navires à Kodoungallour et y tuèrent plusieurs Juifs. Les autres fuirent vers les zones rurales de l’est de Kodoungallour. Les Musulmans incendièrent les maisons et les synagogues des Juifs. Lorsqu’ils s’aventurèrent à incendier les maisons et les églises appartenant aux Chrétiens, la communauté de Nair protesta et cela provoqua un affrontement entre les Musulmans et la communauté de Nair. Quelques hommes de la communauté Nair furent tués dans l’affrontement. Pour cette raison, il devint intenable pour les Musulmans de la localité d’y vivre et ils furent forcés de migrer vers d’autres endroits.

 

Cette même année, les habitants de Darmadam, Edakkad, Kannour, Tirouwangad, Ezhimala et Chemmanad, unirent leurs forces pour déclencher une guerre contre les Portugais. Les Musulmans d’autres villes firent également de même.

 

Toujours cette même année, certains des chefs de Kochi comme Faqih Ahmad Marakkar, son frère Kounhi ‘Ali Marakkar, leur oncle Muhammad ‘Ali Marakkar et leurs partisans ressentirent le besoin de combattre les Portugais et naviguèrent donc de Kochi à Calicut. Lorsque les Portugais prirent conscience que la plupart des Musulmans et des Samouri étaient fermement opposés à eux, ils firent de grand préparatif pour la guerre et levèrent les voiles de Kochi et débarquèrent à Ponnani, le samedi matin, 3 Joumadah al-Oula 931.

Ils incendièrent d’innombrables maisons, centres d’affaires, entrepôts et quelques mosquées sur le rivage. Ils abattirent et détruisirent d’innombrables cocotiers sur le rivage. De nombreux Musulmans furent martyrisés. Ensuite, les Portugais naviguèrent après la deuxième nuit de l’arrivée et atteignirent Pantalayani. Là, ils s’emparèrent d’une quarantaine de navires appartenant à ses habitants et à d’autres. Là encore, de nombreux Musulmans tombèrent martyrs.

 

Lorsque la discorde éclata à Calicut entre les Portugais et certains Musulmans de Pantalayani, les Samouri résolurent de lutter contre les Portugais. Mais lorsque les Portugais arrivèrent, ils étaient absent et à une certaine distance de Calicut, impliqué dans un autre conflit avec certains de leurs ennemis. Le Samouri envoya donc son ministre en chef, al-Yadh, avec l’ordre de lutter contre les Portugais. Al-Yadh fit des préparatifs massifs en dépensant une énorme somme d’argent.

 

Les guerriers musulmans et les troupes Nair du Samouri assiègent ensemble le fort portugais. Les Musulmans de nombreuses régions du pays convergèrent à Calicut avec le zèle de faire le jihad dans la voie d’Allah. Puis, le Samouri lui-même arriva. À ce moment-là, les Portugais étaient à court de provisions dans le fort et ils n’avaient aucun espoir de se ravitailler de l’extérieur. Les Portugais, désespérés, creusèrent la partie arrière du fort sans être vu de l’extérieur et déplacèrent tous leurs objets de valeur sur leurs navires et s’échappèrent. Cela eut lieu en l’an 932 (1525). Au moment où cette campagne se termina par la victoire, plus de deux mille personnes, parmi lesquelles des Musulmans, des guerriers Nair et les officiers du Samouri, avaient été tuées. L’inimitié des Portugais envers les Samouri et les Musulmans s’accrut avec la perte de leur fort. Et cet état de fait dura très longtemps.

 

Comme ils étaient résolus de faire la guerre aux Portugais, les Musulmans commencèrent faire des voyages commerciaux par navires et sans permis des Portugais, parfaitement préparés pour la guerre. Ils transportèrent du gingembre séché, du poivre, etc. au Gujarat et à quelques autres endroits. Bien que certains de ces navires aient pu échapper aux Portugais, la plupart d’entre eux furent capturés ou bloqués à terre à cause de cela. En conséquence, les habitants de Darmadam et leurs alliés se portèrent volontaires pour faire la paix avec les Portugais vers la fin de la saison et commencèrent leurs voyages commerciaux avec une licence portugaise comme auparavant. Mais le Samouri et ses sujets poursuivirent leur confrontation avec les Portugais pendant des années ce qui affaiblit leur pouvoir et épuisa leurs ressources.

 

En l’an 935 de l’Hégire (1528), au début de la mousson, un navire portugais fit naufrage à Tanour au début de la saison des pluies. Le roi de Tanour donna refuge ceux qui se trouvaient à bord. Le Samouri écrivit au roi Tanour pour lui demander de lui remettre le navire, ses marchandises et les personnes à bord. Mais la demande du Samouri fut rejetée.

Cela incita donc le roi Tanour à conclure un pacte avec les Portugais par lequel les habitants de Tanour devaient reprendre leurs voyages commerciaux avec la licence des Portugais, et les Portugais devaient construire un fort sur le côté nord de la rivière Ponnani, qui était sous son territoire. L’objectif principal derrière l’idée de construire le fort ici était d’affaiblir la position des Samouri, d’harceler les voyageurs et paralyser Ponnani.

 

Pour construire le fort, les Portugais partirent de Kochi à bord de nombreux navires et bateaux transportant des briques et de la chaux vive et jetèrent l’ancre au large de Ponnani. C’est peut-être l’aide d’Allah envers les Samouri et les Musulmans, que tous ces navires et bateaux furent détruits dans une violente tempête et que certains d’entre eux furent jetés du côté sud de Weliancode. Seul un petit bateau échappa aux ravages.

Plusieurs personnes dont les Portugais, leurs ouvriers et leurs esclaves se noyèrent en mer. Et parmi ceux qui réussirent à s’échapper vers le rivage, plusieurs furent arrêtés et tués. Un grand nombre d’hommes prisonniers entre les mains des Portugais furent libérés par les Musulmans. Les Samouris emportèrent tous les gros canons.

Ainsi, le complot secret des Portugais et de leurs alliés locaux fut contrecarré.

 

En 937 ou 938 de l’Hégire (1530-31), les sujets du Samouri et quelques autres de l’extérieur firent ensemble un voyage commercial dans une trentaine de navires vers divers ports du Gujarat. Le groupe comprenait ‘Ali Ibrahim Marakkar, son neveu Koutty Ibrahim Marakkar et leurs amis et quelques autres personnes importantes.

La plupart descendirent à Joujar et Sourat et quelques autres à Barouj. Apprenant cela, les Portugais s’embarquèrent sur des navires et des bateaux pour leur faire la guerre. Ils descendirent également dans les ports de Joujar et Sourat et saisirent les navires qui y étaient amarrés avec leurs marchandises. Ceux qui étaient descendus à Barouj réussirent à s’échapper.

Avant cet incident, de nombreux navires appartenant à Bahadour Shah, au Sultan du Gujarat et aux habitants de Malabar, étaient tombés, par malheur, entre les mains des Portugais à plusieurs reprises.

 

Le second Traité Samouri-portugais et la construction du fort portugais à Chaliyam

 

Un des plus hauts fonctionnaires portugais partit de Kochi par voie terrestre au nom de la paix, dissimulant tromperie et trahison, pour se présenter devant le Samouri. Il était très intelligent et rusé. Cet homme avait de bons rapports avec certains notables musulmans à l’époque où les Portugais étaient en paix avec les Samouri.

Arrivé à Ponnani, ce Portugais alla directement chez le roi Tanour et resta avec lui jusqu’à ce qu’il fasse la paix entre lui et les Samouri. Le Samouri, qui avait capturé le fort portugais de Calicut, était un monarque faible et déficient d’esprit, très adonné à l’alcool, tandis que son frère Nanbiyadhar, qui devait lui succéder après sa mort, était un homme fort, rusé, courageux et était connu pour son attitude récalcitrante envers leurs anciennes coutumes qui prévalaient parmi eux.

 

L’accord de paix que le Samouri conclut avec le roi Tanour causa de grandes souffrances au souverain de Tanour, au Samouri lui-même et à ses fonctionnaires et à ses successeurs, car il permit aux Portugais de construire le fort à Chaliyam qui était sur la route maritime du Samouri et ses troupes. Il était également sur la route des voyageurs de nombreux pays. Les voyages commerciaux de Calicut à leurs destinations en Arabie via Chaliyam, situé seulement à une distance d’environ huit milles de Calicut, souffrirent également. Cependant, après avoir discuté des choses avec le roi de Chaliyam, le Samouri permit enfin aux Portugais d’y construire un fort.

 

Les Portugais arrivèrent très vite à Chaliyam dans un immense navire, chargé des matériaux nécessaires à la construction du fort. Ils entrèrent dans la rivière Chaliyam vers la fin du mois de Rabi’ al-Akhir 938 (1531) et construisirent un puissant fort tout en détruisant en même temps l’ancien Masjid al-Jami’ (mosquée de congrégation) qui avait été construit au début de l’avènement de l’Islam à Malabar, comme nous l’avons déjà mentionné, ainsi que deux autres mosquées. Ils utilisèrent les blocs et autres matériaux des mosquées démolies pour construire le fort et une église à l’intérieur du fort.

Au cours de la construction du fort, un Portugais vint d’abord creuser un bloc du mur de la mosquée de la congrégation, mentionnée ci-dessus, et l’emporta. Les Musulmans s’en plaignirent au chef des Portugais. Immédiatement, le policier vint avec un groupe de travailleurs et rafistola la partie creusée à l’aide de blocs et de ciment. Cet acte réjouit les Musulmans de la localité et ils rentrèrent  chez eux joyeusement et avec gratitude.

 

Le deuxième jour de l’incident, les Portugais vinrent en grand nombre et démolirent toute la mosquée. Ils n’épargnèrent pas une seule brique. Les Musulmans se plaignirent de nouveau au chef des Portugais mais il leur dit que la mosquée et son emplacement leur avaient été vendus par leur roi. Les Musulmans revinrent chagrinés. Après cela, ils se réunissaient dans une petite mosquée située plus loin. Les Portugais ne s’arrêtèrent pas là. Ces cruels démons ouvrirent les tombes et les tombes des Musulmans sur le site et utilisèrent leurs briques et leurs blocs pour la construction du fort.

 

Avant l’achèvement de la construction du fort, le Samouri qui autorisa sa construction mourut et son jeune frère, Nanbiyadhar, prit le pouvoir en tant que nouveau Samouri. Il annula le pacte et déclara la guerre au roi Chaliyam. Il dévasta le territoire du roi Chaliyam et le roi se rendit finalement au Samouri et conclut un pacte avec lui selon les anciennes coutumes et conventions régnant sur ces questions à cette époque.

 

Cette même année, ‘Amir Mustafa ar-Roumi arriva dans le port de Diu au Gujarat en provenance de Mocha (Mouqwa) avec des canons et un vaste trésor.

 

Malik Toughan, fils de Malik Ilyas, était alors gouverneur de Diu au nom du Sultan Bahadour Shah. Apprenant l’arrivée de Mustafa ar-Roumi, les Portugais se précipitèrent sur les lieux pour mettre le port de Diu sous leur contrôle. ‘Amir Mustafa les accueillit avec les canons et par la volonté d’Allah, les Portugais furent mis en déroute et fuirent les lieux, honteusement vaincus et humiliés.

 

 

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