OSMANLI

Ensuite, il visita Srikandapuram, Darmadam, Pantalayani et Chaliyam et construisit des mosquées dans tous ces endroits. Il resté a Chaliyam pendant cinq mois puis retourna à Kodoungallour et resta avec son oncle Malik Ibn Dinar. Dans l’intervalle, il fit un deuxième voyage visitant toutes les mosquées qu’il avait construites dans diverses parties de Malabar et fit des prières dans chacune d’elles.

 

Louant Allah et Lui exprimant sa profonde gratitude, il revint ravi de découvrir que la lumière divine de l’Islam avait pris tant de place dans l’obscurité abyssale de l’incrédulité.

Puis Malik Ibn Dinar et Malik Inn Habib avec leurs amis et serviteurs se rendirent à Kollam. De là, Malik Ibn Dinar et quelques autres embarquèrent pour Shahar al-Moukalla, et les autres s’installèrent à Kollam. À Shahar al-Moukalla, il visita la tombe du roi décédé, puis se rendit au Khourassan, où il décéda finalement. Malik Ibn Habib, après avoir organisé l’installation de certains de ses enfants à Kollam, retourna à Kodoungallour avec sa femme. C’est à Kodoungallour que lui et sa femme respirèrent leur dernier souffle.

 

C’est l’histoire de l’avènement et de la propagation de l’Islam à Malabar. Nous n’avons aucune preuve claire pour affirmer avec certitude en quelle année cela se produisit. L’opinion majoritaire est que cela se passé en l’an 200 de l’Hégire. Cependant, l’impression générale chez les Musulmans de Malabar est que la conversion du roi susmentionné à l’Islam eut lieu à l’époque du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Ils croient que le roi en personne vit une nuit la séparation de la lune, à la suite de quoi il partit à la rencontre du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et qu’après l’avoir rencontré, il décéda à Shahar al-Moukalla sur le chemin du retour à Malabar avec un groupe de Musulmans. Cependant cela est fort peu probable.

 

Il est aujourd’hui largement admis que la tombe du roi ne se trouve pas à Shahar al-Moukalla, mais à Zafar au Yémen et que cette tombe connue sous le nom de Samouri est bien connut par la population locale.

L’histoire de la disparition du roi est bien connue de tous les habitants de Malabar, Musulmans et Hindous. Il est également bien connu parmi eux que le roi divisa et distribua son territoire et son pouvoir; et on dit que le Samouri, qui devint plus tard le premier roi de Calicut, n’obtint aucune part puisqu’il n’y était pas présent au moment de la partition.

Quand il arriva plus tard, le roi lui remit son épée et dit : « Prends le pouvoir en combattant avec ça. » Ainsi les Samouri combattirent et prirent possession de Calicut.

 

Après un certain temps, les Musulmans commencèrent à s’y installer. Les commerçants et artisans y affluèrent de diverses régions. Ainsi Calicut fut transformée en une grande ville, où, avec des opportunités commerciales et d’emploi prospères, divers types de personnes, Musulmans comme non croyants, se rassemblèrent. Les Samouri devinrent ainsi plus influent et plus puissant que le reste des dirigeants de Malabar.

Tous les dirigeants de Malabar sont Hindous. Il y en a qui sont puissants et d’autres relativement faibles. Mais les forts, en fait, n’attaqueront ni n’occuperont le territoire des faibles. Cela pourrait être le résultat du conseil final de leur roi qui embrassa l’Islam et de ses supplications pour cet effet à Allah Exalté. Ce fut aussi à cause des bénédictions du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et de la religion de l’Islam qu’il fonda.

 

Il y a à Malabar des chefs dont les territoires ne dépassent pas un parasange (environ trois milles carrés ou moins que cela), tandis que d’autres ont des pouvoirs sur des territoires plus étendus. Parmi ceux-ci, certains ont à leur disposition cent soldats ou moins, ou deux cent à trois cent mille, cinq mille, dix mille, trente mille, cent mille et plus, et ainsi de suite. Certains territoires se liguent et sont gouvernés par deux ou trois personnes ensemble. Et parmi eux, certains ont un plus grand pouvoir et une plus grande armée. Des querelles et des escarmouches ont lieu occasionnellement entre eux, mais cela n’affecte pas leur gouvernement de coalition.

 

De tous les rois de Malabar, Tiru Wadi, le souverain des territoires entre Kollam et Kanyakumari, a le plus grand nombre de troupes. Puis vient Kolattiri, le dirigeant d’Ezhimala, Srikandapuram, Kannour, Edakkad, Darmadam et d’autres villes. Mais le Samouri jouissait d’un pouvoir et d’une réputation plus grands que les autres et il était assez influent parmi le reste des rois. Le Samouri vint à jouir de cette distinction en raison de la grandeur de l’Islam. Il traitait les Musulmans, en particulier les Musulmans étrangers, avec beaucoup d’affection et de respect. Cependant, les Hindous croyaient que cela était dû à la grandeur de l’épée qu’il obtint du roi susmentionné. Ils affirment que l’épée conservée dans le palais de Samouri est la même épée. Ils ont une grande adoration et un grand respect envers cette épée. Lorsque le Samouri sort au combat ou à une grande assemblée, un serviteur portant cette épée marche devant.

 

Chaque fois que le Samouri se bat pour une raison ou une autre contre un dirigeant faible et le soumet, la tradition veut que ce dirigeant donne au Samouri un tribut annuel ou, parfois, tout son royaume. Si le roi soumis ne cède pas, il ne sera pas obligé de le faire même si une longue période d’attente peut s’écouler. C’est parce que les gens de Malabar honorent et chérissent les traditions et les coutumes. Ils ne la violent pas délibérément, à l’exception de certaines violations involontaires qui se produisent rarement. Mais les rois autres que les Samouri ne suivent pas cette tradition. La seule chose qu’ils peuvent faire est de se battre pour détruire le royaume de l’adversaire pendant la guerre et de tuer des gens s’ils le peuvent.

 

Certaines coutumes étranges des Hindous à Malabar

 

Sache que : Certaines coutumes très étranges et uniques sont répandues parmi les Hindous de Malabar, comme on en voit nulle part ailleurs dans le monde. Si un dirigeant est tué dans une bataille, toutes ses troupes se rassembleront pour lutter contre son adversaire, ses forces et son pays, jusqu’à ce qu’elles les aient toutes tuées ou aient dévasté toute la terre de son ennemi. Ils ne reviendront pas avant et à moins que l’un ou l’autre de ces événements ne se produise. Par conséquent, les deux camps redoutent l’idée de tuer le chef des forces de l’autre côté. Cela a été l’une de leurs anciennes coutumes, bien que moins en vogue de nos jours. Les dirigeants de Malabar sont principalement de deux groupes : les partisans de Samouri et ceux du roi de Kochi. Normalement, ils ne changent pas de camp, sauf en cas de problèmes temporaires. Lorsque le problème est réglé, le dirigeant qui a changé de camp retournera au sien. Les gens de Malabar ne sont jamais traîtres dans leurs guerres. Lorsque la guerre a été jugée inévitable, ils fixent une date à l’avance. Personne n’agit contre les termes de cet accord mutuel. La tromperie à cet égard est considérée comme indigne et vaine. L’abstinence d’un an est observée par les brahmanes, les charpentiers et autres membres du système patriarcal pour pleurer la mort des membres aînés du clan tels que le père, la mère ou le frère aîné ; et pour les Nair, qui sont du système matriarcal, l’abstinence est à la mort de la mère, de l’oncle et du frère aîné. Pendant la période d’abstinence, il est tabou pour eux de se couper les cheveux ou les ongles, de manger du poisson ou de la viande, de mâcher des feuilles de bétel ou d’avoir des relations sexuelles avec des femmes. Ils ne s’écartent jamais de cette pratique car ils croient que le défunt est béni en le faisant. Dans les communautés matriarcales comme les Nair, le défunt sera hérité par ses frères du côté maternel, les sœurs, les enfants, les tantes et autres parents de sa mère. Le droit d’héritage, que ce soit le droit à la propriété ou au pouvoir politique de la royauté, ne revient pas à ses enfants, mais à ses neveux et nièces. Cette coutume de refuser le droit de succession aux enfants de sexe masculin, suivant la pratique hindoue, s’est introduite dans la plupart des familles de la communauté musulmane de Kannour et des localités voisines. Ils lisent le Qur’an, l’apprennent par cœur et le récitent magnifiquement ; ils acquièrent le savoir religieux, accomplissent des prières et d’autres formes de culte pourtant, il est extrêmement étrange et surprenant que cette coutume prévaut parmi eux. Mais le droit d’héritage du père décédé est pour ses enfants dans les communautés brahmane, orfèvre, menuisier, forgeron, Thiyya et pêcheurs. Le mariage parmi ces communautés a certaines règles et coutumes à suivre. Mais le mariage chez les Nair est qu’un homme nouant une ficelle de fil autour du cou d’une femme. Après cela, les choses sont les mêmes qu’avant. Pour elle, il n’y a pratiquement aucune différence entre celui qui a noué la ficelle autour de son cou et les autres. Dans la communauté brahmane, s’il y a beaucoup de frères dans une famille, seul l’aîné ne prend jamais femme en mariage. Le prochain ne se marie que lorsque l’aîné ne risque pas d’avoir un problème.

 

Il s’agit d’éviter les querelles et les conflits d’héritage lorsque le nombre d’héritiers se multiplie. Les plus jeunes frères, en règle générale, ont des relations sexuelles illicites avec des femmes Nair. Les enfants nés d’eux par des femmes Nair n’ont donc pas le droit d’hériter de la richesse de leur père.

Les femmes de la communauté Nair ainsi que les communautés proches de celle-ci dans la hiérarchie ont généralement deux ou quatre maris, voire plus, chacun à son tour passant la nuit comme un mari musulman partage sa nuit entre ses épouses. L’hostilité ou la mauvaise volonté ne leur vient pas à l’esprit pour cette raison.

 

La pratique parmi les communautés, telles que les charpentiers, les Karoufas et les orfèvres, est que tous les frères épousent une seule femme. Tous les maris doivent être, sinon frères, du moins de la même famille. Cette coutume est strictement suivie pour éviter les différends sur l’héritage des propriétés ou du moins pour la minimiser.

 

Les Hindous de Malabar exposent leurs corps. Ils portent généralement un petit morceau de tissu qui couvre leur taille jusqu’en dessous de leurs genoux et gardent le reste du corps nu. Tous se ressemblent à cet égard : hommes et femmes, anciens et jeunes, riches et pauvres, rois et sujets, tous pareils ! En général, les femmes comparaissent avant tout le monde. Cependant, les femmes brahmanes, en règle générale, restent à l’intérieur. Ils ne sortent pas comme le reste des femmes. Les Nairs laissent leurs femmes se parer de vêtements et d’ornements coûteux et assistent à de grands festivals pour que leur beauté soit vue et appréciée par les hommes.

 

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