OSMANLI

Cependant, l’Empereur refusa, pensant que son départ de la ville entraînerait l’effondrement des forces défensives. Quand un navire génois chargé de soie fut coulé dans la Corne d’Or sous le feu ottoman, le gouvernement génois se plaignit au Sultan et lui rappela leur neutralité. Le Sultan répondit que l’incident ferait l’objet d’une enquête après la conquête et serait dûment indemnisé. Il est clair que les Ottomans ne voulaient pas que les Génois s’impliquent dans le combat.

 

27 Rabi’ ath-Thani (7 mai) : Suite à de violents bombardements, aux premières heures de la nuit, les forces ottomanes franchirent les tranchées remplies et lancèrent une attaque massive sur la région de Topkapi. La bataille dura trois heures ; les forces ottomanes ne purent cependant pas pu percer les palissades de la tranchée.

 

3 Joumadah al-Oula (12 mai) : A minuit, une attaque infructueuse fut lancée au point de jonction des murs de Blachernes et de Théodose, point faible du système de murailles de la ville.

 

4 Joumadah al-Oula (13 mai) : Les navires chrétiens de la Corne d’Or se réfugièrent dans le Port de Neorion. Des membres d’équipage et des canons furent amenés dans le Quartier de Blachernes pour réparer et garder les murs.

 

6 Joumadah al-Oula (15 mai) : Les canons qui bombardaient les Blachernes furent déplacés vers la vallée du Lycos, point focal de l’attaque.

 

7-8 Joumadah al-Oula (16 et 17 mai): La flotte ottomane quitta Dolmabahce pour la Corne d’Or mais dû se retirer lorsqu’elle fut confrontée aux forces de défense derrière la chaîne.

 

7 -16  Joumadah al-Oula (16 mai – 25 mai) : Le bombardement sur le terrain et le creusement de tunnels se poursuivirent.

 

9-14 Joumadah al-Oula (18 mai – 23 mai) : Un nouveau plan surprise du Sultan fut mis en œuvre : une tour mobile en bois fut poussée vers les murs de la ville dans la zone de Meseteinon (Topkapi). Sous la protection de la tour, le remplissage des tranchées se poursuivit. Cependant, les forces de défense incendièrent la tour et bouchèrent les tunnels, rendant ainsi impossible la mise en œuvre du plan.

 

14 Joumadah al-Oula (23 mai) : Un brigantin vénitien échappa à la vigilance des navires ottomans et entra dans la Corne d’Or. Il n’y avait aucun signe d’une flotte vénitienne ou des Hongrois. Pendant ce temps, le découragement se répandit plus loin dans la ville. L’armée ottomane était impatiente car elle était toujours retenue de ne pas lancer une attaque générale, alors que les murs de la ville étaient déjà détruits. Les envoyés hongrois informèrent le Sultan que le Roi ne reconnaissait pas l’armistice signé avant le siège.

 

16 Joumadah al-Oula (25 mai): La flotte vénitienne arriva en Mer Égée et la situation devient critique. Isfendiyar Isma’il Bey Beyoglu fut envoyé à l’Empereur comme médiateur pour demander la reddition de la ville. Il revint avec l’envoyé de l’Empereur. Le Sultan leur demanda de payer 100000 pièces d’or et de rendre la ville. Ceux qui souhaitaient partir seraient libres de le faire, ainsi que tous leurs biens. Cependant, les Italiens refusèrent d’abandonner.

 

17 Joumadah al-Oula (26 mai) : Des rumeurs selon lesquelles l’aide vénitienne et hongroise était en route se propagea parmi les soldats, qui se découragèrent et ne s’abstinrent pas de critiquer amèrement le jeune et inexpérimenté Sultan (le texte prouve tout le contraire). Dans ces conditions, le Conseil de Guerre se réunit pour examiner les possibilités d’une finale attaque générale. Khalil Bacha Chandarli répéta ses objections précédentes et insista pour une retraite. Bacha Zaganos, cependant, s’opposa fermement à l’idée et déclara que les forces occidentales ne pouvaient pas lancer une attaque alliée et que l’armée ottomane était de loin supérieure à tout ennemi venant par mer et que les attaques devraient donc être poursuivies sans délai. Koja Turahan Bey et Shihab ad-Din Bacha le soutinrent et une décision d’attaque générale fut prise. Bacha Zaganos fut chargé de déterminer la date de l’attaque et de faire les préparatifs.

 

18 Joumadah al-Oula (27 mai) : Des crieurs publics informèrent l’armée que dans deux jours une attaque générale serait lancée. Tout le monde commença à se préparer pour l’attaque. Le bombardement de la brèche s’intensifia et durant la nuit, les soldats ottomans commencèrent à remplir les tranchées.

 

19 Joumadah al-Oula (28 mai) : Les soldats obtinrent un repos. Au petit matin, le jeune Sultan se rendit à Dolmabahce et ordonna à la flotte de bombarder les murs de la ville lorsque l’attaque commencerait. Il rendit ensuite visite aux soldats pour remonter le moral. Dans l’après-midi, il rassembla ses commandants dans sa tente et exprima sa foi en la victoire dans les circonstances qui prévalaient. Zaganos déplaça ses forces de la Corne d’Or de l’autre côté pour rejoindre l’attaque dans la zone du Quartier de Blachernes. Un silence profond régna au sein de l’armée ottomane cette nuit-là. Les habitants de la ville, sentant que leur fin était proche, se réunirent pour une grande cérémonie religieuse. La ville était remplie de sons de cloches et d’hymnes. L’Empereur, lors de la dernière assemblée, exhorta tout le monde à défendre la ville. La nuit, il se rendit à Sainte-Sophie, puis retourna dans son palais de Blachernes.

 

20 Joumadah al-Oula (29 mai) : À une heure et demie de la nuit, le Sultan ordonna à son armée d’attaquer. Les forces de défense sur les murs de la ville se préparaient au combat tandis que les habitants de la ville se pressaient dans les églises et priaient. L’ensemble de l’armée ottomane sur terre et mer procéda sous les sons assourdissants des tambours, des fanfares militaires et des prières. L’attaque initiale pour affaiblir l’ennemi fut lancée par l’infanterie légère et les soldats azerbaïdjanais. L’attaque suivante, après leur retraite, fut lancée par les soldats anatoliens dirigés par Ishaq Bacha. Une heure avant l’aube, les canons ouvrirent une brèche dans les protections en bois posés en hâte pour colmater la brèche. Environ 300 soldats anatoliens entrèrent par celle-ci mais ils furent cependant anéantis par les forces de défense. Observant cela, le Sultan ordonna à ses forces spéciales, les janissaires, d’attaquer. Les janissaires, inébranlables devant le feu nourri des flèches et des lances, se dirigèrent vers les tranchées. Le Sultan monta jusqu’à la brèche et encouragea ses soldats, les janissaires qui combattaient désormais au corps à corps avec l’ennemi.

 

Pendant ce temps, une force ottomane de 50 soldats réussit à entrer dans la ville par la porte de Belgrade du Quartier de Blachernes. Le commandant en chef Giustiniani, qui combattait dans la brèche faites par le canon fut gravement blessé et s’échappa vers un navire génois de la Corne d’Or. Ses soldats le suivirent, laissant l’Empereur seul (Ces mêmes soldats qui avaient refusés la capitulation furent les premiers à se sauver !)  Apprenant l’événement, le Sultan y envoya les janissaires. Hassan Ulubatli, une hache de combat à la main, ouvrit la voie au-dessus des palissades, où il fut tué par l’ennemi. Les janissaires derrière lui réussirent cependant à établir le contrôle de la brèche. De là, ils se dirigèrent vers les murs intérieurs et gravirent les murs après avoir anéanti l’ennemi venant des tranchées. Le drapeau ottoman érigé à Kerkoporta pouvait maintenant être observé de loin. La défense de Blachernes s’était effondrée et l’ambassadeur vénitien avait été capturé. Pendant ce temps, les forces navales azeb entrèrent dans la ville par les digues.

 

L’Empereur fut confronté à un groupe de soldats azerbaïdjanais et fut tué alors qu’il tentait de s’échapper avec son trésor vers un navire qui l’attendait à la Corne d’Or. Selon Toursoun Bey, auteur du Tarikh Abou al-Fath et qui prit personnellement part à la bataille, la ville fut conquise par la brèche du canon.

Bien que contraire à la vérité, comme d’habitude et selon l’implacable syndrome de la mouche tsé-tsé qui accable les mécréants toujours de mauvaise foi, la rumeur selon laquelle les forces ottomanes conquirent la ville par la Porte de Kerkoporta, qui aurait été laissée ouverte par les Byzantins et la mort héroïque de l’Empereur les armes à la main est répétée par toutes les sources chrétiennes.

 

Les troupes ottomanes entrèrent dans la ville par la brèche ouverte dans les murs à l’aube, le 20 Joumadah al-Oulah (29 mai 1453) et les combats ne prirent fin que vers le milieu de l’après-midi. Pratiquement tous les survivants furent faits prisonniers et emmenés sur les navires ou au camp ottoman hors des murs.

 

Le 21 Joumadah al-Oula (30 mai), le Sultan fit son entrée cérémonieuse ; il visita la ville pour inspecter ses bâtiments et le quartier du port. En entrant dans Aya Sofya, il proclama que ce devrait être la Grande Mosquée et annonça que désormais Islamboul (Istanbul) devrait être sa capitale.

 

Avant de retourner à Edirne le 13 Joumadah ath-Thani (21 juin), le Sultan nomma Souleyman Bek Karishdiran préfet militaire de la ville, avec une garnison de 1500 janissaires et Khidr-Bek Chalabi, Qadi. Il ordonna la réparation des murs, la construction d’une citadelle près de la Corne d’Or et la construction d’un palais pour lui-même au Forum Tauri dans le centre de la ville (plus tard connu sous le nom d’Eski Saray). Pour commencer le repeuplement de la ville, il installa le cinquième des prisonniers avec leurs familles, le long des rives du port de la ville, c’est-à-dire le long de la Corne d’Or. Il leur donna des maisons et les affranchis des impôts pendant un temps déterminé.

 

 

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