OSMANLI

Le jeune Sultan  avait scruté chaque détail (son intelligence contredit les propos de l’auteur, ndt) : des sapeurs qualifiés pour placer des explosifs sous les murs de la ville furent amenés des mines de Serbie et la flotte ottomane fut fortifiée avec de nouveaux navires afin d’empêcher toute aide possible à la ville par la mer et de faire face à toute flotte ennemie. La flotte ottomane comprenait 30 galères, le principal navire de guerre de l’époque.

 

Des sources contemporaines rapportent que cette flotte se composait de 130 à 300 navires, y compris les petits navires. Cependant, comme nous le verrons plus loin, l’échec de la flotte pendant le siège conduisit pendant un certain temps à une grave crise. Le jeune Sultan réorganisa ses forces territoriales avec l’aide de ses Vizirs expérimentés Shihab ad-Din et Zaganos, augmentant le nombre de janissaires de 5000 à 10000.

 

Le siège et la Conquête

 

Après la construction de la forteresse Roumélie en 856 (1452), l’Empereur Byzantin commença à se préparer à un éventuel siège. Les murs de la ville furent réparés ; des messagers furent envoyés à Venise pour demander une aide immédiate et une force militaire qualifiée de 700 soldats commandée par le Génois Giovanni Giustiniani-Longo fut amenée à Constantinople. Tous les habitants de la ville d’origine latine et en particulier les Vénitiens, les Catalans et les Génois de Pera étaient prêts à défendre la ville. Un total de 26 navires de guerre, dont cinq vénitiens et cinq génois, furent préparés pour la bataille, à la Corne d’Or. Selon un recensement, il y avait 983 Byzantins et 2000 étrangers dans la ville capables d’utiliser des armes. Les forces de défense totalisaient 7000 personnes. Orkhan Chalabi, qui s’était réfugié auprès de l’Empereur Byzantin, rejoindra également les forces de défense avec ses hommes.

 

Muhammad II quitta Edirne avec ses canons et ses principales forces de 70000 hommes. La flotte quitta Gallipoli en mars. Le 22 Rabi’ al-Awwal 857 (2 avril), les forces d’avant-garde ottomanes arrivèrent à Constantinople. Le même jour, l’Empereur ordonna que l’entrée de la Corne d’Or soit fermée par une chaîne. Le 26 Rabi’ al-Awwal (6 avril), le jeune Sultan, avec ses principales forces, arriva à Constantinople et érigea sa tente impériale devant la porte St Romanus. Les événements majeurs du siège sont décrits ci-dessous par ordre chronologique.

 

26 – 27 Rabi’ al-Awwal (6 et 7 avril) : Début des premiers bombardements.

Une partie des murs de la ville près d’Edirnekapi s’effondra. La brèche dans le mur fut comblée par les Byzantins durant la nuit. Le limage des tranchées et le creusement des tunnels souterrains débutèrent.

 

29 Rabi’ al-Awwal (9 avril) : La première attaque pour entrer dans la Corne d’Or fut lancée par Souleyman Bey Baltaoglu.

 

1 Rabi’ ath-Thani (11 avril) : Les gros canons bombardèrent les murs de la ville. Les murs s’effondrèrent partiellement, mais les forces de défense essayèrent de les réparer avec des piles de bois et des sacs remplis de terre.

 

2 Rabi’ ath-Thani (12 avril) : Baltaoglu attaqua les navires chrétiens gardant la Corne d’Or de l’autre côté de la chaîne. Les navires chrétiens, avec des flancs plus élevés, remportèrent la bataille navale. Le succès des navires donna lieu à des célébrations parmi les habitants de la ville et les forces de défense. L’armée ottomane commença à se démoraliser. Des mortiers furent construits avec les instructions du Sultan et les navires ennemis dans la Corne d’Or commencèrent à être bombardés. Le naufrage d’un navire ennemi contribua à remonter le moral des forces ottomanes.

 

8 Rabi’ ath-Thani (18 avril) : Première attaque majeure. Cette nuit-là, des soldats ottomans, tambours et torches à la main, attaquèrent la brèche causée par les canons. Les tentatives d’incendier les palissades en bois, qui durèrent quatre heures, n’aboutirent cependant pas.

 

10 Rabi’ ath-Thani (20 avril) : Trois navires génois transportant de la nourriture et des armes envoyés par le Pape et un navire byzantin transportant du blé traversèrent les Dardanelles et arrivèrent vendredi matin à Constantinople. Le Sultan vint sur le rivage et ordonna à Baltaoglu de capturer ou de couler ces navires. De plus, il envoya de gros cargos transportant des soldats et des armes pour un soutien supplémentaire. Les habitants de la ville se rassemblèrent à l’Acropole (la colline du Palais de Topkapi), attendant impatiemment le résultat. Un vent du sud-ouest se leva et les navires ottomans eurent du mal à manœuvrer sur la mer agitée. Les flèches et les lances tirées des navires ennemis ne donnèrent aucune chance aux soldats ottomans qui approchaient de se remettre. Le jeune Sultan, observant l’impuissance de sa flotte, était furieux et entra à cheval dans les eaux peu profondes, comme s’il voulait se joindre personnellement à la bataille. Vers le soir, le vent changea soudainement de direction vers le nord-est et quatre navires chrétiens toutes voiles larguées traversèrent la flotte ottomane et se s’approchèrent de la Corne d’Or. Baltaoglu retourna à Dolmabahce avec sa flotte et la nuit les quatre navires chrétiens entrèrent dans la Corne d’Or, profitant que de chaîne relâchée par les Byzantins. Il fut estimé que les Chrétiens perdirent 23 hommes et les Ottomans environ 300 hommes dans cette bataille.

 

La défaite rendit le Sultan furieux et Baltaoglu échappa de peu à l’exécution. Après cet événement, Hamza Bey fut nommé nouveau commandant de la flotte. Cette défaite créa une grave crise parmi les Ottomans et certains soldats qui avaient pris part à la bataille commencèrent à quitter l’armée. Malgré ces événements, le Sultan ordonna l’intensification des bombardements et les grandes tours de la Vallée de Lycos furent détruites.

 

D’autre part, le Sultan fit des plans pour lancer la flotte vers la Corne d’Or depuis Dolmabahce. De toute évidence, ces plans avaient été élaborés bien avant que le siège et les glissières ne soient construits sur la route reliant Tophane et Qassim Basha, le long des murs de terre de Galata.

 

12 Rabi’ ath-Thani (22 avril) : Dans la matinée, environ 70 navires, conduits par des bœufs et équilibrés des deux côtés par des cordes tirées par des centaines d’hommes, commencèrent à se déplacer par voie terrestre. À midi, les 70 navires furent lancés dans la Corne d’Or, les forces de défense byzantines regardèrent avec étonnement et peur cet incroyable événement.

 

18 Rabi’ ath-Thani (28 avril) : La tentative des forces de défense de mettre le feu aux navires qui étaient entrés dans la Corne d’Or fut découverte à temps par le Sultan et cette attaque fut empêchée par de lourds bombardements depuis les côtes. Deux navires ennemis furent détruits. La victoire dans la Corne d’Or fut une grande source d’encouragement pour les Ottomans. Avec cette victoire, toutes les digues de la ville furent encerclées par les forces ottomanes.

Bien qu’ils prétendirent être impartiaux, les Génois approvisionnèrent secrètement les forces de défense en vivres et en soldats. Cependant, lorsque la flotte ottomane apparue dans la Corne d’Or, ils devinrent obligés d’agir en toute neutralité. Le Sultan ordonna la construction d’un pont entre Ayvansaray et Sutluce pour faciliter le transport des forces militaires situées des deux côtés de la Corne d’Or. Le pont se composait de rondins de bois placés sur de gros tonneaux fermement attachés les uns aux autres. Des voitures lourdes pouvaient être transportées à travers le pont, qui était assez large pour que cinq hommes marchent côte à côte, des canons pour bombarder les murs de la ville du quartier de Blachernes furent également été placés sur le pont.

 

Cependant, la flotte ottomane ne fut pas en mesure d’établir un contrôle complet dans la Corne d’Or. Les navires ennemis attendaient dans les parties inférieures.

 

La pénurie alimentaire dans la ville devint plus grave, augmentant la possibilité de se rendre si aucune aide extérieure n’arrivait. Le seul espoir était l’arrivée ponctuelle de la flotte vénitienne. Le 3 Rabi’ ath-Thani (13 avril), l’amiral Alviso Longo reçut l’ordre de se rendre immédiatement sur l’île de Ténédos, où il attendrait que le capitaine Loredano le rejoigne. Ensuite, toute la flotte se rendrait à Constantinople et demanderait des ordres à l’Empereur. D’après Venise, un accord de paix entre le Sultan et l’Empereur n’était pas impossible, si la conquête avait été accomplie, l’ambassadeur Bartolomeo Marcello, partit avec la flotte, se rendrait auprès du Sultan et l’assurait des bonnes intentions de Venise. Il est évident que les Vénitiens craignaient beaucoup l’échec de la ville et agissaient donc lentement. De plus, le Pape n’était pas pressé de préparer les cinq navires de guerre qu’il envisageait de louer à Venise pour être envoyés à Constantinople. Cette situation était en faveur des Ottomans. Le Sultan, après la victoire dans la Corne d’Or, continua à bombarder les murs de terre de la ville. La flotte dans la Corne d’Or réveilla l’ennemi en faisant semblant d’attaquer de temps en temps et les canons situés sur le pont continua à bombarder le Quartier de Blachernes. À ce stade, l’Empereur, par la médiation des Génois, demanda à entrer en négociations avec le Sultan. Les avantages d’une paix pour les Génois étaient évidents. Le Sultan promit de garantir la vie et les biens des habitants contre la reddition inconditionnelle de la ville. L’Empereur serait alors libre de se rendre en Morée. Après la défaite, Lukas Notaras déclara qu’ils avaient envisagés de céder la ville au Sultan, mais que les Italiens s’y étaient opposés et il fut également proposé que l’Empereur s’échappe vers les Balkans et lève une nouvelle armée pour sauver la ville.

 

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