OSMANLI

L’un des guerriers musulmans cria à l’ennemi : « Ô mécréants, c’est la tête de votre roi ! » Cette vue eut un effet puissant sur les soldats chrétiens qui furent pris de peur et de terreur. Les Musulmans les attaquèrent alors violemment et réussirent à décimer leur alliance.

Cette bataille eut lieu dans les plaines du Kosovo le 8 Sha’ban 852 (7 octobre 1448). Elle dura trois jours et se termina par une victoire écrasante des Ottomans.

 

 

Mourad II se retira à Manisa à la suite de la victoire à Varna, ce qui permit aux Hongrois et aux Valaques d’émerger à nouveau. En outre, une mutinerie dirigée par les janissaires éclata à Edirne, obligeant le vieux Sultan à revenir sur le trône pour un troisième mandat.

Peu de temps après, le Sultan Mourad marcha sur la Morée, puis contre l’Albanais Iskandar Bey. La Morée reconnut une fois de plus la suzeraineté ottomane.

 

Composés de soldats hongrois, valaques, polonais et allemands, les croisés envahirent la Serbie et s’installèrent dans le domaine ottoman dans le but de remédier aux conséquences néfastes de la défaite subie à Varna, sur la côte ouest de la mer Noire. Le Sultan Mourad II les affronta au Kosovo. Après une longue guerre de trois jours, l’empire ottoman infligea une nouvelle défaite écrasante aux croisés en 852 (1448). Cette victoire renforça l’autorité ottomane dans les Balkans, la Valachie fut à nouveau subordonnée aux Ottomans et les croisés devinrent trop  terrifiés pour attaquer les Ottomans. Après cette guerre, les Musulmans prirent l’offensive dans les Balkans et les croisés se retranchèrent défensivement. Ce qui est également frappant dans cette guerre, c’est que les Karamanides envoyèrent des renforts militaires au Sultan Mourad II, comme promis.

 

Le Sultan Mourad II tomba malade à Edirne après la cérémonie de mariage de Shehzade Muhammad et de Sitti Khatoun, la fille du Dzoul Qadiride Souleyman Bey. Il décéda quelques mois plus tard, le 10 février 1451, à l’âge de quarante-huit ans, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde. Il décéda dans son palais d’Edirne, âgé de 47 ans, et conformément à sa volonté, il fut enterré près de la mosquée Mourad ath-Thani à Bursa. Il ordonna que rien ne soit construit sur sa tombe et d’être enterré un vendredi. Son désir fut dûment honoré.

 

 

Dans sa lettre de testament qu’il écrivit cinq ans avant sa mort, il souhaita être enterré dans une tombe à ciel ouvert à Bursa, à côté de son fils disparu depuis longtemps, ‘Ala’ ad-Din, et qu’aucun autre membre de sa dynastie ne soit enterré dans la même cour.

 

Mourad II se tailla une réputation de Sultan qui ne s’est jamais abstenu de s’engager à combattre pour la cause de l’Islam, peu importe le temps ou les circonstances. Il était généreux, de bonne humeur et traitait ses sujets équitablement. Il ne prit pas de risque dans les affaires de l’état, tout comme il n’a jamais combattu simultanément en Anatolie et en Roumanie. Lorsque la situation était calme en Anatolie, il fit campagne dans les Balkans et vice-versa.

 

L’espion Broquière voulu voir les Musulmans en personne pour recueillir des renseignements supplémentaires pour les croisades. Il visita donc les terres ottomanes sur le chemin du retour de Jérusalem. Dans son Voyage d’Outremer, Broquière souligna que le Sultan était très fort et remarqua : « Parmi les dirigeants que je connais, ce Sultan Ottoman est celui qui reçoit le plus grand respect de son peuple » Lors de sa visite à Edirne 835 (1432), Broquière décrivit la force du Sultan de la manière suivante : « D’après ce qu’on m’a dit, il (le Sultan) n’aime pas les guerres. L’impression que j’ai de lui est la même ; il pourrait facilement conquérir une plus grande partie de l’Europe s’il souhaitait utiliser ses forces et ses vastes revenus, compte tenu de la faible résistance du monde chrétien à laquelle il faisait face. »

 

La vie ottomane du savoir acquit un prestige considérable au cours du règne du Sultan Mourad II : Mollah Qurani, ‘Ata’ ad-Din at-Toussi, Sharaf ad-Din Kirimi, Saydi Ahmad Kirimi venaient d’Arabie, du Turkestan et de Crimée. Beaucoup d’érudits et d’intellectuels de l’époque du Sultan Muhammad le Conquérant furent éduqués au cours de cette période, ce qui, en d’autres termes, jettera les bases de la formation savante si essentielle à la conquête d’Istanbul.

De plus, c’est pendant cette période que les ordres soufis se développèrent. Les ordres de Zeyniyye, Mevleviyye et Bayramiyye se répandirent dans les rangs officiels et le public.

Mourad II fit construire à Bursa, près de la mosquée à son nom, une Madrassah et un petit pavillon de derviches à Bursa. Ce quartier de la ville appelé « Mouradiye » abrite également les tombeaux du Sultan Mourad II et de son fils ‘Ala’ ad-Din.

Mourad II fit construire ses œuvres majeures à Edirne. En tête de liste se trouve le Dar al-Hadith (école d’enseignement du Hadith) situé près de la rivière Tunca et la Mosquée Yeni (nouvelle), également connue sous le nom de Mosquée d’Ouch Sherefeli (Trois Galeries). Ce dernier est considéré par les spécialistes du domaine comme l’archétype des immenses mosquées ottomanes. Le Sultan Mourad II jeta les bases de la mosquée alors qu’il se préparait à faire campagne contre la Hongrie en 842 (1438) et la mosquée entra en service en 851 de l’Hégire (1447).

 

On trouve également des mosquées et des fontaines en son nom à Salonique, à Skopje, à Alacahisar et à Merzifon. C’est de telles œuvres de charité qui lui valurent l’un de ses surnoms, Abou al-Khayrat, « le père des Biens. »

 

À l’instar de son grand-père, le Sultan Bayazid Ier et de son père Sultan Muhammad Ier, le Sultan Mourad II maintint la tradition consistant à envoyer une procession annuelle de cadeaux royaux aux Haramayn pendant la saison du Hajj ; de plus, il prit l’habitude de distribuer chaque année de l’or aux descendants du Prophète Muhammad (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), vivant dans son empire.

 

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