OSMANLI

La série de défaites subies par les Ottomans en Europe procura aux Européens une joie et une excitation extraordinaire et l’idée d’éloigner les musulmans des Balkans à l’aide d’une nouvelle croisade refit surface. De même, Byzance reconnut la croisade comme le seul moyen de se débarrasser des Ottomans. En 840 (1437), Byzantine aida à la signature d’un pacte stipulant la collaboration des Églises orthodoxe et catholique et la création d’une croisade. Enfin, l’armée croisée, dirigée par le Roi hongrois de Voïvodie de Transylvanie Hunyadi Janos Ladislas, le despote serbe et le prince valaque, traversèrent le Danube pour se rendre sur les terres ottomanes. La première bataille éclata près de Nis entre les escadrons de pionniers ottomans et les croisés. Les Ottomans subirent une autre défaite, perdant Nis et Sofia en 847 (1443).

 

Mourad II affronta cette armée de croisés au passage d’Izladi (Zlatitsa) et l’interrompue partiellement. Les croisés se retirèrent à cause des rudes conditions hivernales. Cependant, l’avancée des Hongrois à l’intérieur des Balkans entraîna de nouveaux développements. L’Albanais Iskender Bey (également connu sous le nom de Skanderbeg) s’échappa du champ de bataille pendant la guerre contre les Hongrois et se révolta dans son pays. Puis le Sultan Mourad II reçut une nouvelle qui l’écrasa : son fils aîné préféré, ‘Ala’ ad-Din Ali Chalabi, avait décédé subitement à Amasya. Pour le Sultan, les terribles événements ne s’arrêtèrent pas là. Une nouvelle fois, les Karamanides exploitèrent la situation pour attaquer les terres ottomanes.

 

Face à tout ce qui se passait dans les Balkans, Mourad II approcha les Hongrois pour la paix. Par conséquent, les deux parties signèrent le traité d’Edirne-Segedin en 848 (1444), qui définissait les conditions d’une paix perpétuelle de dix ans. Le traité redonna les terres conquises au Despote serbe Djuradj Brankovic (également connu sous le Vilkoglu dans les documents historiques turcs), reconnut le Danube comme la frontière entre les deux, reconnut la souveraineté du Sultan sur la Bulgarie, scella l’allégeance du prince valaque et son tribut continu au Sultan. Le Sultan Mourad II fut persuadé que ce traité lui donnerait la paix qu’il souhaitait.

Après avoir achevé la stabilité dans les Balkans grâce au traité de paix, le Sultan Mourad II marcha sur les Karamanides. Cependant, il choisit cette fois-ci de ne pas envahir la principauté de Karamanide mais de signer un accord avec les ambassadeurs de Karamanide à Yenishehir, Bursa. Il fut donc convenu que les Karamanides fourniraient chaque année une force militaire aux Ottomans en échange de la restauration de Beychehir, Seydichehir, Oklukhisari et Akchehir à la principauté Karamanide.

 

Les défaites qui suivirent, la mort de son fils aîné et l’opposition des autorités frontalières à son autorité amenèrent probablement le Sultan à appliquer ces politiques. À la suite des traités qu’il signa, le Sultan Mourad II dû se retirer des territoires stratégiques vitaux qu’il avait conquis à l’est et à l’ouest. Avec ces traités, il croyait aussi avoir apporté la paix en Anatolie et dans les Balkans. C’est cette conviction et ce sens qui le conduisirent à Mihalich, au mois de Rabi’ Thani 848 (août 1444), à céder son trône et son armée devant les Beys pour que son fils Shehzade Muhammad (Muhammad) reçoive de l’avancement. Cet acte fit de lui le premier Sultan à avoir jamais céder le trône de son propre gré, ce qui fut suivi par de sa meilleure dévotion à la pratique de ses prières à Bursa.

 

Les États Européens rivaux traduisirent la montée d’un jeune en tant que nouveau Sultan ottoman comme une terrible erreur et une incroyable opportunité. La papauté demanda aussitôt le rejet du traité d’Edirne-Segedin. Le roi hongrois Ladislas rompit sa promesse d’une paix mutuelle et s’activa à assembler et commander une armée de croisés composée de Hongrois, de Polonais et de Vénitiens. Les croisés traversèrent le Danube et envahirent le territoire ottoman dans les Balkans. Les Vénitiens fermèrent les Dardanelles au passage des navires ottomans. De plus, l’avancée des croisés à travers les frontières proches de Varna, sur la mer Noire en Roumanie, inquiétèrent les souverains et une migration d’Edirne en Anatolie suivie. A la suite de tout cela, Mourad II fut rappelé au travail par son fils, le Sultan Muhammad II, ainsi que le Grand Vizir Khalil Bacha le Jandaride et d’autres hommes d’état éminents. Mourad II se précipita vers Edirne et se prépara à affronter les croisés en tant que commandant de l’armée ottomane.

 

Au cours de la confrontation, que l’histoire rapportera plus tard sous le nom de bataille de Varna, les unités hongroises de cavalerie lourde dispersèrent d’abord les flancs ottomans lors d’un assaut acharné. Lorsque les croisés se rapprochèrent du camp de Sultan Mourad II, il envisagea de se retirer mais à ce moment décisif, Karaca Bey intervint, rejeta l’idée d’un retrait et incita les soldats à se rassembler autour de leur Sultan. L’encerclement et l’exécution du Roi hongrois Ladislas par les janissaires suscitèrent un sentiment de panique parmi les croisés et Hunyadi Janos échappa de peu à la mort.

La victoire de Varna atteignit Edirne, l’ensemble des terres ottomanes, la demeure de l’Islam, et reçut un accueil joyeux. Cette victoire fut interprétée comme un signe futur de la chute de Byzance ; en fait, elle scella la suprématie ottomane dans les Balkans en 848 (1444).

 

Autres détails

 

Le cardinal Cezarini et certains de ses collaborateurs appelèrent à l’abrogation du traité de paix avec les Ottomans et à les chasser d’Europe, surtout après la nomination du fils de Mourad, Muhammad, qui était trop jeune et inexpérimenté pour être perçu comme une menace pour eux. Le Pape, Eugène IV (le quatrième), approuva cette mauvaise idée et appela les Chrétiens à rompre (une nouvelle fois) le traité et à attaquer les Musulmans.

 

Il souligna également que le traité conclu avec les Musulmans était invalide car il avait été ratifié sans la « bénédiction du Pape, » qui était le « représentant du Christ sur terre. »

Ainsi, les Chrétiens rompirent le traité et mobilisèrent leurs armées pour lutter contre les Musulmans. Ils assiégèrent la ville bulgare de Varna, située sur la rive de la Mer Noire, qui avait été libérée par les Musulmans.

 

Comme nous l’avons vu tout au long de nos traductions et Abrégés, la violation des traités est une caractéristique commune des ennemis de l’Islam. Ils ne respectent ni serments ni conventions, ce qui est leur trait commun. Ils n’hésitent pas à s’immiscer dans les affaires des nations faibles et attaquer et tuer qui ils veulent et quand ils veulent. Allah, Exalté et Loué soit-Il, les décrit réellement :

« Comment donc ! Quand ils triomphent de vous, ils ne respectent à votre égard, ni parenté ni pacte conclu. Ils vous satisfont de leurs bouches, tandis que leurs cœurs se refusent ; et la plupart d’entre eux sont des pervers. Ils troquent à vil prix les versets d’Allah (le Qur’an) et obstruent Son chemin. Ce qu’ils font est très mauvais ! Ils ne respectent, à l’égard d’un croyant, ni parenté ni pacte conclu. Et ceux-là sont les transgresseurs. » (Qur’an 9: 8-10)

 

C’est pour cette raison qu’Allah ordonna aux Musulmans de les combattre, en disant :

« Et si, après le pacte, ils violent leurs serments et attaquent votre religion, combattez alors les chefs de la mécréance – car, ils ne tiennent aucun serment – peut-être cesseront-ils ? » (Qur’an 9: 12)

 

Lorsque les Chrétiens marchèrent sur l’État Ottoman, les musulmans furent informés et devinrent extrêmement inquiets. Ils appelèrent le Sultan Mourad ath-Thani et insistèrent sur son retour rapide pour faire face à leur avance. Le Sultan quitta sa retraite et mena rapidement l’armée ottomane contre la menace croisée. Il réussit à atteindre Edirne le même jour que les Chrétiens. Le deuxième jour, une bataille intense eut lieu entre les armées musulmane et chrétienne. Le Sultan Mourad ath-Thani accrocha le traité rompu par les Chrétiens à la tête d’une lance pour le montrer, afin que les cieux et la terre soient témoins de la trahison et de l’agression de l’ennemi, insufflant ainsi plus de zèle et de courage à ses soldats.

 

Les deux groupes se battirent intensément et les Chrétiens auraient pu gagner la bataille en raison de leur nature croisée et de leur fanatisme accru, mais ils échouèrent en raison de l’esprit sincère du jihad des Ottomans. Le roi hongrois Ladislas, le contrevenant du traité, rencontra le Sultan Mourad face à face au combat et le Sultan réussit à le tuer d’un coup de lance qui le catapulta hors de son cheval. Les moujahidine se précipitèrent alors pour le décapiter, élevant sa tête, aux cris d’Allahou-Akbar (Allah est le Plus Grand).

 

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