OSMANLI

Il existe un intéressant travail sur ce sujet particulier : Primary Sources. The Battle of Kosovo: Early Reports of Victory and Defeat by Thomas A. Emmert. From Kosovo: Legacy of a Medieval Battle

Voici un passage que nous avons traduit pour la circonstance :

« L’historien est confronté à un problème difficile lorsqu’il tente de découvrir ce qui s’est passé lors de la bataille du Kosovo. Il n’y a pas de récits de témoins oculaires de la bataille, et des différences assez importantes existent entre les sources contemporaines qui mentionnent l’événement. Il ne fait aucun doute que la confrontation eut lieu sur le terrain de Kosovo le 28 (15 juin 1389) entre les forces chrétiennes dirigées par le prince Lazare de Serbie et les forces ottomanes dirigées par le Sultan Mourad I. À la fin, les deux dirigeants étaient morts et le fils de Mourad, Bayazid, retourna à Edirne pour assurer sa succession. La photo devient très trouble au-delà de ces maigres détails.

Les premiers documents ne traitent pas particulièrement des armements, de la tactique, de la taille des forces et du déroulement général de la bataille. De manière assez surprenante, il n’est même pas possible de savoir avec certitude, à partir du matériel contemporain, si l’une ou l’autre des parties a été victorieuse sur le terrain. Il y a certainement peu de choses qui indiquent que ce fut une grande défaite serbe ; et les premiers rapports sur le conflit suggèrent, au contraire, que les forces chrétiennes avaient gagné.

 

Des rumeurs sur la bataille furent diffusées jusqu’à Constantinople, Florence, Venise, Barcelone et Paris, mais elles semblaient mettre l’accent sur une seule nouvelle : la mort du Sultan Ottoman. Alors que l’Occident avait tardé à juger de la gravité de l’avancée ottomane en Europe, à la fin du XIVe siècle, on se rendit compte de cette nouvelle menace pour le monde chrétien. La mort de Mourad fut donc un motif de fête dans les rues des villes occidentales. En soi, ce fut une sorte de victoire chrétienne.

« Heureux, le plus chanceux sont ces mains des douze seigneurs loyaux qui, ayant ouvert leur chemin avec l’épée et ayant pénétré dans les lignes ennemies et le cercle de chameaux enchaînés, atteignirent héroïquement la tente d’Amurat (Mourad) lui-même.
La chance est avant tout celle qui a tué avec tant de force un Vojvoda aussi fort en le poignardant avec une épée dans la gorge et le ventre… »

 

Je ne vais pas traduire l’intégralité du document mais il apparait que ces contes de fées apparurent pour la première fois cinq siècles après les évènements et que toutes les sources tant mécréantes qu’ottomanes sont toutes différentes. Que les premiers documents serbes ne se lamentaient que sur la mort de leur roi ! De même Lammens qui a traduit l’Histoire des Ottomans de l’Allemand Hammer, qui est plein de mensonges et d’inventions rapporte qu’un historien ottoman a rapporté que Mourad fut tué dans sa tente et non pas sur le champ de bataille et aussi une histoire sordide sur son assassin qui n’était pas un saint comme on a fait de lui pour l’unique circonstance de redorer le blason de l’histoire d’une nation humiliée systématiquement par les Ottomans et qui se vengea des siècles plus tard en massacrant les populations civiles désarmées et innocentes de Bosnie tout comme ils massacrèrent plus d’un million de turcs lors du démembrement de l’État Ottoman après la première guerre mondiale. Ils se sont fait les héros de la mort du Sultan Mourad, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde, et c’est là la seule satisfaction qu’ils auront tout au long du conflit, il n’y pas donc de quoi s’émerveiller d’autant que ce qui suivit avec les autres Sultans seraient bien plus pire.

 

Voilà,  pourquoi, je ne crois pas un traitre mot de cette histoire abracadabrante rapportée aussi malheureusement pas tous les historiens musulmans. Un autre point est qu’il existe deux tombeaux du Sultan Mourad, l’un en Turquie et l’autre au Kosovo. L’un d’entre eux est donc faux et a donc été construit pour confirmer le mensonge. C’est comme le tombeau du soit disant Christ, il aurait été si facile de confirmer si c’est vraiment lui qui est dedans d’autant plus que des travaux récents ont été accomplis voir même une étude d’ADN sur les pierres ! Je comprends et certainement vous aussi pourquoi cela n’a pas été accomplis.

 

L’ultime argument reste qu’il est rapporté que le Sultan fut poignardé soit dans le cœur, le ventre ou la gorge alors qu’il était vêtu d’une cote de maille ! Relisons : « Avant que les sergents ne puissent intervenir, il s’agenouilla comme s’il allait embrasser la cote de maille du Sultan et avec le poignard qu’il ôta de ses bottes, poignarda le Sultan dans le cœur »
Ceci est mon point de vue personnel et Allah Exalté est plus Savant.

 

De toute manière même s’il mourut ainsi, mourir martyr est le désir de tout Musulman sincère puisqu’il ouvre les portes à toutes les excellences dans l’Au-delà, c’est pourquoi ce fut certainement une double victoire pour les Musulmans et l’histoire nous a prouvé que ce n’est pas la mort d’un homme qui arrêta les Musulmans ; bien au contraire cela leur dona des ailes et l’histoire des Sultans Ottomans qui suivirent en est une très large preuve puisqu’elle culmina avec la prise de Constantinople.

 

Les hauts responsables de l’état et les Beys (gouverneurs) discutèrent de l’incident de Savci Bey, qui plongea l’état presque dans le chaos et convinrent à l’unanimité que l’état naissant ne pourrait pas supporter une autre contestation de Sehzade. Par conséquent, ils convinrent que « la sédition est plus dangereuse que la mort, » ce qui signifie que l’autre Sehzade devrait être sacrifiée au nom de la religion et de l’état ; c’est-à-dire afin d’éviter des troubles à l’échelle du pays et de provoquer ainsi une guerre civile ainsi que pour le plus grand bien de l’état, qui était engagé sans cesse dans des ghazwa. Cette décision fut prise au Kosovo et le cercueil de Ya’qoub Bey fut envoyé avec celui de son père à Bursa. » Ce fut le premier fratricide de l’histoire ottomane résultant de la notion plus large de protéger et d’assurer la survie de l’État Islamique. Cela permis à l’état de continuer à s’engager dans les ghazwa et rester unifié.

 

Contrairement à certaines hypothèses (vous savez lesquelles), ces décisions ne plurent pas du tout aux Sultans Ottomans. Les événements pénibles qui suivirent, tels que ceux de Fetret Devri ou de l’ère de l’Interrègne, montrèrent que cette pratique se reproduisit mainte fois. Toutefois, le fratricide ne fut pas la norme tout au long de l’histoire ottomane.

La Loi Islamique ne fait pas de détails pour les opposants au pouvoir et ceux qui sèment la corruption sur terre. Nous avons détaillé ceci dans nos Abrégés de l’histoire des Omeyyades et ceux des Abbassides et nous avons vu de manière claire les résolutions qu’ils prirent en ce sens et démontré que la « Fitnah est plus grave que le meurtre. »

 

 

Il semble donc que le monde chrétien salua la mort de Mourad Ier au Kosovo. Il est dit que la nouvelle que le Sultan qui s’était révélé imbattable sur les champs de bataille ne constituait plus un danger suscita plus d’une vague de joie et de célébration à Paris et l’Istanbul Byzantine. « L’assassinat » du Sultan Ottoman entraîna également une série de fausses nouvelles en Europe qui devinrent des mythes : les Turcs auraient subi une défaite totale et le Sultan Ottoman, l’un de ses fils et la plus grande partie de son armée, éliminés ainsi que douze héros qui traversèrent les lignes ottomanes, entrèrent dans la tente du Sultan Mourad Ier et l’anéantirent !

Ceci est rapporté par les historiens turc, vous voyez par vous-même les contradictions : le champ de bataille ou la tente ?

 

La bataille du Kosovo, qui représente la dernière grande défense des Serbes, est considérée comme l’épopée nationale des Serbes bien qu’ils aient perdu la bataille. Les histoires serbes ont d’abord raconté « le grand exploit de Knez Lazar » et « la victoire des Serbes ! » De même des sources ultérieures leur attribuent même le mérite de la défaite des Ottomans car comme vous le savez toute l’histoire est en cours de réédition ! Curieusement, le Roi de Bosnie, Tvrtko Ier, qui envoya Vlatko Vukovic à la bataille, supposa dans ses lettres que la victoire revendiquée lui appartenait ! On est plus à un mythe près d’autant plus qu’il n’y a jamais personne pour contester !

 

Le Sultan Mourad I, qui fut « extraordinairement » le premier et le seul Sultan de l’histoire ottomane à avoir été martyrisé par l’ennemi sur le champ de bataille, bien que d’autre sources turques rapportent qu’il décéda sur son lit de mort, était un homme de taille moyenne, trapu, le visage rond et le nez crochu, des cheveux et des sourcils abondants et une épaisse moustache. Ses épaules étaient droites, ses bras musclés et forts. Il avait la peau claire et une barbe brune.

 

Le Sultan Mourad I accorda une telle priorité aux ghazwa qu’il fit six campagnes durant son règne en Roumélie et transporta l’Islam dans les Balkans. Il n’a jamais voulu se quereller avec les principautés anatoliennes et turques, dont il savait qu’elles étaient originaires de ses mêmes origines et préféra négocier et établir des alliances matrimoniales avec elles.

 

Les sources ottomanes le considèrent comme un Musulman pratiquant béni. Il était calme, attentionné, philanthropique et juste. Il refléta l’affection de l’Islam sur ses sujets chrétiens et fut aimé par ceux-ci en retour. Beaucoup de Chrétiens se convertirent à l’Islam grâce à son bon comportement et à son attitude. Il respectait les intellectuels et les artisans. Il était un commandant intelligent et un homme d’état organisateur. Il parlait très peu et parlait avec sagesse quand il le faisait. Il avait un caractère équilibré et une bonne prestance.

 

L’Anatolie et les régions environnantes sympathisèrent généralement avec le Sultan Mourad I en tant que grand Sultan Ghazi combattant contre les croisés. Les Turcs, les Arabes, les Perses et les autres ethnies originaires du monde Islamo-turc et voulant se battre au service des Ottomans furent recrutés dans les unités Sipahi du palais ; c’est ainsi que fut créée l’institution Kapikulu Sipahis (Cavalerie de la Porte), qui deviendra l’armée impériale chargée de protéger et d’assurer la sécurité du Sultan et des hommes d’état ottomans.

 

Le Sultan Mourad I construisit le Hudavendigar Kulliye, ou complexe de bâtiments construits autour de la mosquée pour le bien public, la Mosquée Hudavendigar et la Mosquée Hissar à Bursa, la Mosquée Hudavendigar à Ayvacik et une mosquée tant à Bilecik et Yenişehir. Il avait également un modeste palais à Edirne et une maison de charité à Iznik construite au nom de sa mère Nilufer Khatoun. Après la conquête d’Edirne, il convertit en mosquées une église située à l’intérieur de la forteresse et une autre à Plovdiv.

 

La tombe du Sultan Mourad Ier qui se trouvait à l’extérieur du territoire ottoman après les guerres des Balkans (1912-1913) fut transformée en ruines après la guerre. Ces dernières années, l’état turc restaura le tombeau et le rendit accessible aux visiteurs.

 

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