OSMANLI

Pour les Russes, la bataille de Chisma marqua le jour où les côtes méditerranéennes de l’Empire Ottoman furent soumises à un blocus. Mais un blocus physique de ces côtes de plusieurs milliers de kilomètres dépassait la puissance et la capacité de la flotte russe. L’explication du gouvernement russe aux ambassadeurs à Saint-Pétersbourg sur le blocus lors de la mobilisation de la flotte de la Mer Baltique et l’acte de blocus se contredisaient :

« Nos amiraux ne bloqueront pas la navigation des navires chrétiens au contraire ils les protégeront contre les attaques des pirates nord-africains. Tous les navires de commerce de chaque pays seront partout sous la protection de nos flottes. »

 

Mais les Britanniques qui suivirent une politique neutre contre les Russes ne s’opposèrent pas à cela. Seuls les Français se plaignirent de la confiscation du matériel et des esclaves de 39 passagers turcs à l’intérieur d’un navire de commerce français l’Hevreux en route pour Izmir. L’ambassadeur de France à Pétersbourg envoya une note au Comte Panin sur la libération des passagers turcs qui avaient été arrêtés et la restitution du matériel confisqué, et en plus, de payer une indemnité aux propriétaires du navire français et en envoyant un ordre définitif à l’Amiral pour l’empêcher de répéter une telle erreur. Bien que la demande du navire français ait été acceptée, le blocus ne fut pas levé. Après que les Russes aient abandonné leurs espoirs de s’emparer des îles Lemnos et Lesbos, ils utilisèrent l’île de Paros comme base et continuèrent le blocus.

 

À la fin de 1185 (1771), la flotte russe en Méditerranée se composait de :

-10 galions.

– 22 frégates.

– 5 navires de fret armés.

– 3 bombardes.

– 3 Galères.

 

Opération égéenne de la marine russe en 1185 (1772)

 

En 1184 (1770), les Russes qui débarquèrent dans la péninsule du Péloponnèse essayèrent également de déclencher un grand soulèvement en Égypte. Une frégate, trois galères et six galères grecques qui quittèrent Patmos en avril furent rassemblées le 3 Safar (29 mai) à Damiette et ensemble elles se rendirent à Haïfa. Après cela, le 17 Rabi’ al-Awwal 1186 (18 juin 1772), la forteresse de Beyrouth fut bombardée pendant trois jours. Le 21 Rabi’ al-Awwal (22 juin), les troupes débarquèrent mais après avoir affronté une résistance féroce, les troupes retournèrent à leurs navires. Les navires russes revinrent à Naussa le 29 Rabi’ ath-Thani (30 juillet).

 

Le 28 Rabi’ al-Awwal (29 juin 1772), la flotte russe signa un traité de paix pour une durée de quatre mois.

 

Le 2 Sha’ban 1186 (29 octobre 1772), alors que le traité était terminé, la bataille reprit. L’Amiral Greig bombarda Chisma avec quatre galions, cinq frégates et une bombarde le 6 Sha’ban (2 novembre 1772).

 

Après le bombardement de Chisma, un galion de la flotte de Greig se rendit à terre entre son voyage d’expédition-patrouille entre Tenedos-Thassos, sur le chemin de Canakkale. Dans l’ouest de la péninsule du Péloponnèse, la flotte russe de Konyef combattit la flotte d’Ulgun dans les environs de l’île de Patros le 8 novembre, et elle retourna en mer Égée le 15 novembre 1772.

 

À la fin de 1772, la flotte russe en Méditerranée était composée de :

– 13 galions.

– 18 frégates.

– 5 navires de fret armés.

– 2 bombardiers.

– 4 Galères.

 

Opération égéenne de la marine russe en 1773

 

Le 21 février 1773, le galion Asia, partit de l’île de Mykonos, coula avec tout son équipage à bord et aucune trace ne fut trouvée.

 

Le Keulemen Bey, connu sous le nom de Bulut Kapan ‘Ali Bey, tenta de mettre fin à l’hégémonie turque en Égypte grâce à l’aide qu’il recevait des Russes depuis 1185 (1772).

 

Au cours de cette opération, une flotte plus petite, séparée de la flotte russe (3 frégates, 6 galères, 2 galères, 5 galères grecques, 1 cargo armé) bombarda le port de Beyrouth le 15 Rabi’ ath-Thani 1187 (6 juillet 1773) et débarqua des troupes. Mais il y eut de nombreuses victimes, la plupart de ces troupes se noyèrent dans la mer. Après un certain temps, les rebelles en Égypte et en Palestine furent anéantis par l’Algérien Gazi Hassan Bacha et les 400 soldats russes amenés en Égypte pour aider ‘Ali Bey furent également tués. Plus tard, la flotte russe navigua dans ces eaux jusqu’à la fin de l’année.

 

La flotte russe sous le commandement d’Elmanov (4 galions, 3 frégates, 3 bombardes, 1 cargo armé) amarré devant la forteresse de Bodrum le 22 Joumada al-Oula 1187 (11 août 1773) débarqua des troupes et bombarda la forteresse. Le même jour, l’autre flotte russe sous le commandement de Spiridov (4 galions, 1 frégate) jeta l’ancre près de l’île de Samos. Bien qu’Elmanov ait continué le combat à Bodrum le  23 Joumada al-Oula (12 août), il partit pour l’île de Kos le 24 (13 août) car il n’eut aucun résultat.

 

Le 27 (16 août), la flotte russe commença à tirer sur la forteresse de Kos et débarqua des troupes sur l’île. Il y eut des combats féroces qui durèrent trois longs jours. Mais les défenseurs turcs de Kos inspirés par les exemples glorieux de l’Algérien Gazi Hassan Bacha sur les côtes égéennes de l’Anatolie et des îles de la Mer Égée n’allaient pas se contenter de défendre seuls leurs positions. Ils firent une sortie surprise de la forteresse et après une bataille qui dura huit heures, forcèrent les Russes à courir vers leurs navires. De cette façon, le siège fut complètement terminé. Au cours de cette bataille 500 soldats russes furent tués, 7 canons et 5,5 tonnes de poudre à canon furent saisis.

 

Après leur échec, les Russes embarquèrent leurs soldats le 29 Joumada al-Oula (18 août) et partirent le lendemain. Le 10 Joumada ath-Thani (29 août), deux flottes russes se retrouvèrent entre les îles de Lipsoarki. Plus tard, il y eut une bataille en Eubée entre les navires tunisiens et la flotte russe.

 

À la fin de 1187 (1773), la flotte russe en Méditerranée était composée de :

– 11 galions.

– 17 frégates.

– 3 navires de fret armés.

– 3 bombardes.

– 6 galères.

 

Le 27 Rabi’ al-Awwal 1188 (7 juin 1774), la flotte russe composée de cinq galions, trois frégates et une bombarde, sous le commandement d’Elmanov arriva à Chisma, bombarda la forteresse et la ville les 29 et 30 de ce même mois (9 et 10 juin). La flotte jeta l’ancre près de Lesbos le 5 Rabi’ ath-Thani (15 juin), et près d’Imbros le 15 (25). Finalement se rendit à Thassos le 16 (26) puis la flotte russe commença à battre en retraite à partir de cette date.

 

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